vendredi 27 décembre 2013

The Secret life of Walter Mitty (2013)

J'aime beaucoup Ben Stiller, je l'ai déjà dit ici et j'étais particulièrement impatient de découvrir son nouveau film, le dernier étant le foutraque "Tropic Thunder" (cinq ans déjà). Sauf que cette "vie secrète de Walter Mitty" (un remake) n'est pas exactement un projet personnel, mais plus une "commande" dans laquelle il devait jouer, mais pas réaliser au départ. Peu importe, cela reste un excellent film !

Walter Mitty (Ben Stiller donc, parfait dans ce genre de rôle) est un ennuyeux et timide archiviste du magazine "Life", sa vie banale étant ponctuée de rêves dingos qui lui permettent de s'en évader. Il est en plus secrètement amoureux de sa collègue Cheryl (Kristen Wiig, bien) qui l'ignore la plupart du temps. Mais cette situation compliquée va être bouleversée par l'annonce d'un plan social au sein du magazine et cette mystérieuse dernière photo de couverture offerte par Sean O'Connell (Sean Penn, très bien) que Walter ne retrouve pas dans le paquet envoyé par le photographe. Le petit employé va alors partir dans la première folle aventure véridique de sa vie à la recherche de ce cliché...

J'aime : 

* Le scénario. Remake, mais histoire sans doute complètement adaptée par rapport à l'originale et tout à fait divertissante. On prend beaucoup de plaisir à nous plonger dans cette quête incroyable à travers l'Atlantique Nord et plus loin encore pour retrouver le photographe et son cliché manquant. On apprécie également le message défendant le photojournalisme et les magazines papier.

* Le rythme. On ne s'ennuie jamais, le film est rempli d'action et de rebondissements constants.

* Le casting. Je suis un grand fan de Ben Stiller qui alterne entre des rôles complètement barrés ou ce genre-là, de type tout à fait banal tombant dans une aventure extraordinaire. Il sait donc y faire et s'en sort comme un charme. A part Sean Penn que l'on voit en chair et en os le temps d'une seule scène, les seconds rôles ne sont pas très connus, mais sont très bien aussi.

* Les décors. Il y a sans doute quelques fonds verts, mais globalement, "The Secret life of Walter Mitty" est un très "beau" film, avec une splendide photographie mettant en valeur de superbes paysages, originaux qui plus est (Groënland et Islande notamment).

* La bande originale. "A Space oddity", magnifique chanson de David Bowie, occupe une place particulière dans le film et le reste des quelques choix (Arcade Fire, etc.) sont excellents.

J'aime pas :

* L'atmosphère bon enfant. Ben Stiller a laissé son caractère foutraco-trash de côté pour ne garder que le foufou gentillet. Happy end un peu trop prévisible donc.

Ben Stiller tenait ici un super scénario, avec une jolie idée, qu'il a réussi à parfaitement exploiter, avec une mise en scène de très belle facture. On ressort le coeur léger de cette épopée d'une vie qui donne la pêche pour la nouvelle année. Bravo Ben !

mercredi 18 décembre 2013

Last Vegas (2013)

Voir des films au cinéma sans jeter un coup d'oeil à la bande-annonce devient mon fort. C'est à nouveau le cas avec ce "Last Vegas" dont la (belle, "castinguement" parlant) affiche laissait tout de même présager du beau réchauffé côté scénario. Et bien la surprise a tout de même été agréable.

Si beaucoup comparent "Last Vegas" à "The Hangover" à cause du lieu et du film de (vieux) potes, ce n'est pas vraiment cela non plus. Billy (Michael Douglas, plutôt en forme), Paddy (Robert de Niro, toujours cabotin), Archie (Morgan Freeman, très cool) et Sam (Kevin Kline, très bien) sont un quatuor d'amis d'enfance dont les routes se sont séparées depuis bien longtemps. Billy les rappelle pour les inviter à son mariage avec une jeune femme à Las Vegas. Si Archie et Sam sont ravis de pouvoir batifoler pour l'enterrement de vie de garçon de leur vieil ami, ce n'est pas le cas de Paddy, qui n'est plus sur la même longueur d'onde et ressasse le passé. Les quatre papys ont néanmoins tout un week-end pour s'amuser, peut-être une dernière fois, ensemble...

J'aime :

* Le casting. Le film ne se base quasiment que là-dessus donc il faut bien qu'il soit récompensé par quelque chose. Et on apprécie toujours de retrouver de grands acteurs jouer ensemble, qui plus est dans une comédie. Mis à part Robert de Niro qui cabotine toujours aussi sévèrement (je crois que je ne suis pas très fan de manière générale), Michael Douglas et Morgan Freeman s'amusent bien et mention spéciale à Kevin Kline qui s'avère être le plus drôle et le plus intéressant du quatuor.

* L'humour. On a beau avoir à l'écran une réunion de monstres sacrés du cinéma américain, le scénario n'hésite pas à les mettre dans des situations cocasses et surtout à multiplier les vannes sur leur grand âge. De l'auto-dérision tout à fait réaliste qui passe bien et réserve les moments les plus drôles.

J'aime pas :

* Le scénario. Enterrement de vie de garçon à Las Vegas, on a déjà vu ça 100 fois et évidemment, on pense tout de suite à "The Hangover", l'histoire étant malgré tout bien différente. Même si les garçons en question sont de vieux croûtons, cela ne rend pas le scénario très original, d'autant qu'il est ultra prévisible avec des ficelles grosses comme des maisons.

* La morale. Ah on n'y échappe pas non plus, aucun dérapage à prévoir, tout est bien qui finit bien avec des réconciliations en chaîne et une mièvrerie 100% américaine.

"Last Vegas" ne restera assurément pas dans les meilleures places de la filmographie de ce quatuor de (vieilles) stars d'Hollywood en raison d'un scénario vraiment raté. Mais on passe tout de même un moment pas désagréable avec quelques bonnes blagues disséminées ici et là. C'est déjà ça.

dimanche 8 décembre 2013

Blue Jasmine (2013)

L'attente du prochain Woody Allen, c'est à chaque fois la même chose : va-t-il être meilleur que le précédent, aussi bon que ses oeuvres les plus cultes ? Je restais sur une bonne opinion de "To Rome with love" et, s'il est moins dans le comique, ce "Blue Jasmine" est encore un bon cru.

Retour aux Etats-Unis donc, avec Jeannette French (Cate Blanchett, formidable), qui s'est rebaptisée Jasmine, et débarque de New York chez sa soeur Ginger (Sally Hawkins, bien) qui vit à San Francisco. La bourgeoise Jasmine est en perdition financière et mentale depuis que son mari, Hal (Alec Baldwin, très bien), pseudo Madoff, a été arrêté par le FBI et s'est suicidé en prison. Elle va alors tenter de se refaire une vie dans un milieu bien plus modeste et bien moins classe...

J'aime : 

* Le casting. Les critiques sont relativement unanimes et je les partage, la performance de Cate Blanchett est remarquable. Je l'ai toujours beaucoup aimé, mais là elle apporte une sorte de folle grandeur en plus dans ce rôle de diva déchue, qui tente de se maintenir droite malgré sa mythomanie. A ses côtés, à part Alec Baldwin, impeccable, des seconds rôles pas très connus, mais qui font bien le job.

* Les dialogues. C'est le point fort de Woody Allen, quel que soit le film. Les joutes sont enflammées, les réponses clinquantes, les envolées bien senties, et l'on se régale de ses bons mots et des névroses qu'il offre à chaque personnage.

* Le scénario. Il n'est pas follement original, mais on sait que le cinéaste saura manipuler avec délice son personnage principal et lui offrir les pires humiliations. Woody Allen est dans son élément et il nous ravit.

J'aime pas : 

* Parmi les quelques critiques du film, j'ai vu revenir cette caricature du milieu populaire que donnerait le réalisateur. C'est vrai qu'il maîtrise sans doute mieux le registre bourgeois, mais Woody Allen nous décrit tout de même de gentils beaufs californiens qui sont plus attachants au final que repoussants.

Nouvelle bonne année donc pour Woody Allen qui continue sa route et parsème un excellent film de plus sur celle-ci. Ce n'est pas forcément mon préféré, mais sa qualité est incontestable, grâce notamment à une grande Cate Blanchett.

mercredi 27 novembre 2013

Tango Libre (2012)

Je n'ai pas vu assez de films belges, pourtant j'aime beaucoup ce pays, sa culture, sa musique et surtout son humour. L'avant-première de "Tango Libre" au Brésil m'a permis de compléter un peu ma filmographie, même si ce n'est sans doute pas le meilleur long-métrage de ce pays que j'aurais pu voir.

Comme son nom l'indique, tout tourne autour du tango et de ces leçons que prend Jean-Christophe, alias JC (François Damiens, très bien), gardien de prison solitaire. Et voilà qu'une nouvelle élève se pointe, c'est Alice (Anne Paulicevitch, bien), jolie brin de femme, dont il tombe rapidement amoureux. Sauf qu'elle a déjà elle-même deux compagnons, tous deux détenus dans la prison de JC. Ce sont Fernand (Sergi Lopez, excellent) et Dominic (Jan Hammenecker, bien aussi) qui sont là pour longtemps, emprisonnés après un braquage qui a mal tourné. Une ronde cocasse et tendue à la fois débute alors entre les quatre personnages, sous l'oeil suspicieux d'Antonio, le fils d'Alice...

J'aime : 

* Le casting. Les films belges font la part belle aux acteurs, particulièrement à ceux qui ont de vrais "trognes" et c'est le cas ici avec François Damiens en tête, un peu à contre-emploi en plus, ou encore Sergi Lopez et le massif Jan Hammenecker. Ils jouent tous très juste et c'est donc un des points forts du film.

* Le scénario. Ou plutôt le fil rouge, ces leçons de tango et surtout celles que va commencer à prendre Fernand en prison auprès de ses co-détenus argentins pour reconquérir Alice. Cette idée générale est très original et donne lieu aux plus belles scènes du film.

J'aime pas :

* Le dénouement. Sans le dévoiler, on sent que la scénariste (et actrice principale) ne savait plus trop quoi faire de son quatuor et elle a opté pour une fin mélancolico-cocasse qui sort totalement du schéma initial. Dommage.

* Le rythme. Le réalisateur aime les longs silences, les dialogues abrupts et parfois sans aucun sens, surtout quand François Damiens, quasi mutique, est en scène. Malheureusement, cela plombe plus le film qu'autre chose et on s'agace vite de tous ces blancs.

"Tango Libre" est un joli petit film belge, avec une idée de départ bien originale, mais qui ne sait justement jamais sur quel pied danser entre l'émotion et la comédie. C'est un peu dommage parce que tout était réuni pour que ce soit une vraie réussite.

vendredi 22 novembre 2013

Thor : The Dark World (2013)

J'avais été plutôt déçu par le premier Thor, mais comme j'aime assez l'univers Marvel, je me suis forcé à aller voir le deuxième épisode, en espérant mieux. Malheureusement, je pense que c'est presque pire...

Quel que soit le héros mis en scène, les films de la franchise se suivent donc nous ne débarquons pas juste après le premier opus, mais encore plus loin, à la suite de "The Avengers". Thor (Chris Hemsworth, pas mal) fait son job de sauver les différentes planètes de son royaume, mais un danger bien plus sérieux menace les siens : le réveil de Malekith (Christopher Eccleston, bien), un méchant très méchant qui veut faire du monde un "monde des ténèbres". D'autant plus que la petite amie de Thor, Jane Foster (Natalie Portman, qui fait le job) est entraînée dans la tourmente...

J'aime : 

* Le scénario. Le fil rouge est ultra classique avec un grand méchant à tuer, mais le déroulé est intéressant avec l'intégration de Jane Foster dans l'univers de Thor ainsi que le retour du vilain Loki et toujours un lien, même ténu, avec ce qu'il se passe sur Terre.

* Le casting. Aucune performance vraiment exceptionnelle, mais tout le monde est bien, de Chris Hemsworth  à Natalie Portman en passant par Tom Hiddleston (Loki), fourbe à souhait, Anthony Hopkins, parfait Odin, ou encore les sympas Stellan Skarsgard et Kat Dennings.

J'aime pas : 

* Les dialogues. Pour un film d'action, c'est beaucoup trop bavard et cela s'embourbe dans des milliards d'explication sur comment on en est arrivé. Déjà que le film est long, cela conduit à un grave manque de rythme voire de l'ennui. Surtout que, comme dans le premier, il n'y a pas plus de trois séquences humoristiques...

* Les décors. En dehors de la citadelle d'Asgard, qui rappelle vaguement "Lord of the Rings", tout est globalement assez moche, des planètes abandonnées aux vaisseaux spatiaux. Même Londres n'apparaît pas sous son meilleur jour.

J'étais donc resté sur ma faim avec le premier Thor, je ne suis pas plus emballé par ce deuxième épisode qui manque singulièrement de folie, d'humour et d'action. Avec cette franchise, Marvel ne me convainc toujours pas. Dommage parce que le scénario et les acteurs assurent.


dimanche 27 octobre 2013

The Contract (2007)

Parfois, on n'a rien à faire alors on décide de regarder un petit thriller pour passer le temps. "The Contract", du vieux routard australien Bruce Beresford, fait parfaitement l'affaire. Ou presque.

L'histoire est relativement simple. Ray Keene (John Cusack, pas mal), un ancien flic, emmène son ado rebelle, Chris, faire du camping en forêt pour qu'ils se retrouvent un peu tous les deux. Mais ils tombent sur Frank Carden (Morgan Freeman, sobre), un tueur à gages qui vient d'échapper au FBI grâce à sa petite équipe de mercenaires. Le père et son fils réussissent à tenir le malfaiteur en joue et partent pour un long raid en forêt afin d'échapper à ses complices...

J'aime : 

* Le casting. Il n'y a guère cela qui donne un peu d'attraction à ce film. Parce que Morgan Freeman joue pour une fois le rôle d'un "méchant", mais du genre tranquille et un peu roublard. A ses côtés, John Cusack joue bien le type très banal embrigadé dans une histoire trop grande pour lui. L'ado n'est pas si mal, mais les autres rôles secondaires sont vraiment insignifiants.

J'aime pas : 

* Le scénario. Même si on essaye de nous coller du complot dans les hautes sphères du pouvoir, l'essentiel est donc cette course-poursuite dans la forêt, totalement linéaire. Les rebondissements sont moins fréquents que les incohérences grossières, entre la planque dans la seule maison des environs ou la romance finale complètement absurde.

* L'environnement. C'est beau la nature, mais celle-ci est extrêmement monotone, toujours cette même forêt sombre et humide. Il n'y a guère qu'une jolie rivière de rochers pour varier un peu le décor.

"The Contract" est un tout petit thriller, pas forcément ennuyeux, mais dont le scénario n'a vraiment que peu d'intérêt. On attendait mieux d'une confrontation entre deux bons acteurs. Dommage.

lundi 21 octobre 2013

This is the end (2013)

Je n'avais pas du tout entendu parler de ce film avant qu'un ami en fasse une belle promotion, insistant sur l'hilarité qu'a provoqué chez lui la dernière oeuvre du trublion canadien, Seth Rogen. J'ai eu l'occasion de le voir et je confirme : c'est très drôle.

Le co-réalisateur et sa troupe d'amis ont pris le parti de tous jouer leur propre rôle. Ainsi, Jay Baruchel (bien) passe voir son pote Seth Rogen (bien aussi) à Los Angeles. Ce dernier décide de l'emmener à une grosse fête organisée chez James Franco (très bien). On y retrouve notamment Jonah Hill, Michael Cera, Craig Robinson, Emma Watson ou encore Rihanna. Tout se passe pour le mieux lorsque la fin de monde intervient. Une intense lutte pour leur survie va alors débuter pour nos jeunes héros...

J'aime : 

* Le scénario. Et peut-être même encore plus l'idée de base (confronter de vrais acteurs à la vraie fin du monde) qui est vraiment excellente. Certes, ça part vite dans le n'importe quoi et tout ce petit monde abandonne finalement son propre rôle pour partir dans un délire complet et difficilement imaginable. Mais le début surtout est vraiment très bon.

* L'humour. Plus c'est gros, plus ça passe, et la bande à Rogen n'a peur de rien, allant jusqu'au bout de toutes les situations qu'elle met en scène, toujours plus cradingue. Beaucoup de private jokes, d'autodérision et de moqueries sur le petit monde hollywoodien qui font du bien.

* Le casting. Je ne connais pas tous les membres de la bande, mais on sent une super complicité et beaucoup de plaisir. On salue particulièrement la prestation de James Franco, le plus connu de tous, qui est formidable de dinguerie et semble s'éclater comme un petit fou. Excellentes (et courtes) interventions barrées de Michael Cera et Channing Tatum qui, dans des registres différents, n'ont vraiment pas peur du ridicule.

J'aime pas :

* Les effets spéciaux. Je crois avoir lu que la plupart des acteurs ont lâché du cachet pour pouvoir acheter des effets spéciaux. Le résultat est assez dégueulasse dans l'ensemble, souvent grossier et mal réalisé. L'équipe a sans doute mis tout ce qu'elle voulait, mais ce n'était franchement pas nécessaire pour la plupart d'entre eux.

* Des longueurs. Eh oui, une bonne partie du film se déroule à huis-clos dans la maison de James Franco et certaines scènes sont un peu trop bavardes, ralentissant le rythme.

Très jolie perle comico-trash que ce "This is the end" par une nouvelle équipe du cinéma comique américain qui commence à prendre très sérieusement ses marques, sous la houlette de Seth Rogen. Hollywood en prend pour son grade, personne ne se prend au sérieux et on rit beaucoup. Mais pourront-ils aller plus loin ?

mardi 15 octobre 2013

The Internship (2013)

Cela faisait un moment que je n'avais pas vu un sympathique "buddy movie". Devant la caméra de Shawn Levy, réalisateur du très sympathique "Date Night", le retour de la paire Owen Wilson-Vince Vaughn m'a ainsi attiré dans ses filets. Ils ont déjà fait mieux, mais c'est quand même pas si mal.

Nos deux joyeux compères sont ici Billy McMahon (Vince Vaughn, dans son rôle traditionnel de type un peu rustre et sûr de lui) et Nick Campbell (Owen Wilson, l'alter ego doux et romantique), vendeurs de montres de luxe. Sauf que le business ne marche plus et leur patron, Sammy Boscoe (John Goodman, sympa), ferme boutique et les licencie. Au chômage, ils tournent en rond jusqu'à ce que Billy décide d'inscrire leur candidature pour effectuer un stage chez Google. La manoeuvre fonctionne et voilà nos deux "vieux" VRP au coeur du géant de l'Internet, en concurrence avec tout un tas de jeunes geeks...

J'aime : 

* Le casting. C'est surtout pour ça qu'on se régale devant les buddy movies, toujours cette même bande d'acteurs (par deux ou trois) dans des aventures plus ou moins absurdes et drôles. Ici, Owen Wilson et Vince Vaughn sont quasiment les mêmes zigotos que dans leur précédente épopée, "Wedding Crashers", et on sent cette complicité et cette bonne humeur communicative. Le reste du casting, beaucoup de petits jeunes (dont Rose Byrne, qui a fait du chemin depuis son Australie natale et "Two Hands" avec Heath Ledger), est sympathique. Pas de fausse note et les guests, John Goodman et Will Ferrell surtout, assurent.

* Le scénario. L'idée est bonne, confronter deux "vieux" VRP dépassés aux nouvelles technologies, qui est plus celles de pointe de Google et en tant que stagiaires, c'est original et sujet à de nombreux gags plutôt réussis même si ce n'est pas la grosse poilade non plus.

J'aime pas :

* La publicité pour Google. Certes, difficile d'inventer tout l'univers du géant de l'Internet et son concept de travail fort original. Mais il est vrai que rien ne vient jamais vraiment égratigner le moteur de recherche. On se moque des geeks, mais pas de Google. Après, ce n'est pas inintéressant non plus de voir tout cela, c'est presque un documentaire, mais rempli d'éloge.

"The Internship" n'est pas le buddy movie le plus marrant réunissant Owen Wilson et Vince Vaughn parce qu'il manque de folie, enfermé dans la bulle Google que le scénario veut à tout prix nous présenter sous toutes les coutures. Mais cela reste un divertissement sympa et bien rythmé, avec des acteurs qui s'amusent bien. Alors pourquoi pas.

dimanche 29 septembre 2013

Frances Ha (2013)

Noah Baumbach me plaît de plus en plus. Moins prolifique et connu que son ami Wes Anderson, que je vénère, vous le savez, il m'avait épaté avec "The Squid and the whale" puis j'avais pas mal aimé "Greenberg", même si un peu moins que le précédent cité. J'attendais tout de même le prochain, "Frances Ha", avec une belle impatience. Et elle ne fut pas déçue.

Frances (Greta Gerwig, splendide) est une jeune danseuse de 27 ans. Bon, c'est loin d'être la gloire, mais elle vit bien sa vie, en coloc à New York avec sa meilleure amie Sophie (Mickey Sumner, bien). L'osmose est telle que Frances n'hésite pas à rompre avec son petit ami qui lui demande d'emménager avec lui pour rester avec sa coloc. Mais cette dernière finit elle par déménager, forçant Frances à en faire de même. A cela s'ajoutent des galère d'argent, de contrats de danse, et c'est toute la vie de Frances qui vacille. La jeune femme va alors s'efforcer de reprendre les choses en main, jonglant entre boulot, colocs et voyages...

J'aime :

* Le casting. "Frances Ha" laisse éclater tout le talent de la jeune Greta Gerwig, personnage central et omniprésent de cette odyssée new-yorkaise. On ne la quitte pas des yeux, du début à la fin, et on a bien du mal à la laisser vivre sa vie définitivement lorsque le générique final arrive tant elle est drôle et attachante. Autour d'elle, toute une galaxie d'autres personnages, plus ou moins importants, qui vont et passent dans sa vie, et tous très bien joués aussi.

* Le style. Noah Baumbach en a, très clairement. Après avoir capté, parmi ses films que j'ai vu, les couleurs du New-York des années 1980 ("The Squid and the whale") et la lumière californienne ("Greenberg"), le cinéaste opte cette fois pour le noir et blanc qui sied tant à New-York, Woody Allen en sait quelque chose. Outre la photographie, il y a un cadrage et d'excellents dialogues caractéristiques du cinéma indépendant américain.

* La bande originale. Ce n'est pas la première fois non plus que Noah Baumbach nous régale de morceaux subtilement choisis dans un répertoire pop-rock (David Bowie, Rolling Stones, etc.) de grande qualité.

J'aime pas :

* Le scénario. Si l'on peut reprocher quelque chose à cette jolie pépite indie, c'est peut-être cette suite de séquences, comiques et touchantes certes, mais qui ne s'appuie pas sur un scénario très solide non plus. A la fin du film, les choses n'ont finalement pas énormément évolué pour l'amie Frances, mais ce n'était clairement pas sur l'histoire en elle-même que misait le réalisateur.

Avec "Frances Ha", le cinéma de Noah Baumbach reprend du poil de la bête après un bon mais néanmoins un peu plat "Greenberg". Ici, ça bouge et ça pétille grâce à une formidable Greta Gerwig, co-scénariste, que le cinéaste filme avec amour (ils sont désormais ensemble dans la vie). Pour une déclaration, c'en est une très belle.

samedi 14 septembre 2013

Olympus has fallen (2013)

Je ne fais pas vraiment confiance aux films d'Antoine Fuqua. Je n'ai vu que "Training Day" que je n'avais pas vraiment aimé. J'ai été un peu forcé de voir "Olympus has fallen" et je ne pensais pas qu'il était encore possible de faire des films de ce genre aujourd'hui.

Notre héros s'appelle Mike Banning (Gerard Butler, peu charismatique). Garde du corps préféré du président des Etats-Unis, il est mis au placard après un accident de la route qui l'a vu privilégier la vie de son boss, Benjamin Asher (Aaron Eckhart, bien), plutôt que celle de l'épouse de ce dernier alors qu'il tentait de les sauver. Mike Banning va cependant devoir reprendre du service lorsque la Maison Blanche (l'Olympe du titre) est attaquée par un commando nord-coréen qui en prend le contrôle...

J'aime : 

* L'action. On ne va pas se mentir, on ne s'ennuie pas un instant (sauf peut-être durant l'assaut nord-coréen, trop longuement pétaradant mais il faut ce qu'il faut), il y a un rythme relativement élevé et on reconnaît donc une certaine efficacité dans le déroulement des événements. Pas besoin de réfléchir, Mike Banning tire sur tout ce qui est bridé (ou presque) et qui bouge, et on sait qu'il va nous nettoyer tout ce bordel fissa.

J'aime pas :

* Le scénario. Cela commence très mal parce que l'on ne comprend pas bien si l'accident du préambule a été causé volontairement ou non. Et on n'en saura jamais rien. Puis cet assaut nord-coréen est vraiment ridicule et invraisemblable (oui, je sais, ce n'est qu'un film, mais quand même), surtout l'avion qui évite tous les missiles. Evidemment, ni les gardes de la Maison Blanche ni l'armée ne sont capables de les arrêter, il n'y a que ce bon vieux Mike qui peut tout faire tout seul. N'en jetez plus, la cour est pleine.

* Le casting. Gerard Butler fait partie de ces acteurs de films d'action dont le corps et la tronche sont assez interchangeables avec d'autres du même type, genre Jeremy Renner. Ils ne sont pas mauvais, mais manquent singulièrement de charme, de charisme et d'humour. On est loin de Bruce Willis ou même de Kiefer Sutherland puisqu'il s'agit de copier "24". Pour le reste, c'est pourtant pas mal, mais on se demande ce que sont venus faire Morgan Freeman et Aaron Eckhart dans cette galère.

On finit fourbu de ce grand pataquès cinématographique. Si on concède un plaisir coupable à regarder cela au troisième degré, tellement il y a d'invraisemblances et de séquences tirées par les cheveux (patriotisme quand tu nous tiens), on regrette qu'il soit encore possible de tourner de tels navets. "Olympus has fallen" lorgne bien du côté de "24", mais la série avait au moins le mérite d'assumer à fond sa ligne et proposait surtout des scénarios vaguement crédibles. Là c'est du grand n'importe quoi, mais les Nord-Coréens peuvent être fiers de leur coup.

jeudi 12 septembre 2013

The Hot Rock (1972)

Après tous ces films récents, il est bon de repartir quelques dizaines d'années en arrière pour apprécier une bonne vieille comédie policière à l'ancienne. J'étais assez curieux de voir ce film de Peter Yates, surtout connu pour "Bullitt", dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. J'avoue, j'ai un peu roupillé devant, mais mes souvenirs devraient faire l'affaire...

L'histoire est des plus classiques. John Dortmunder (Robert Redford, très à l'aise) vient de sortir de prison et se voit déjà proposer un nouveau coup par son beau-frère, Andrew Kelp (George Segal, très bien). La mission leur est confiée par un riche homme d'affaires africain qui veut récupérer un diamant appartenant à son pays et exposé dans un musée de New York. La tâche est périlleuse, mais John ne recule devant aucun exploit et monte une joyeuse équipe pour s'emparer du bijou...

J'aime : 

* Le casting. On retrouve là une bande sympathique, pas tous très connus, mais qui a l'air de bien s'amuser. Robert Redford, alors au sommet de sa beauté et de sa gloire, est particulièrement avenant, très à l'aise dans ce personnage de bandit classe et déterminé.

* Le scénario. L'idée de départ n'est donc pas des plus originales (voler un diamant), mais les différentes épreuves rencontrées par notre quatuor de choc le sont et il leur faudra plus d'un tour dans leur sac pour mettre la main sur le bijou qui ne cesse de leur échapper.

* L'humour. Même s'il n'y a aucun côté parodique et l'aventure paraît parfois "sérieuse", "The Hot Rock" a tout de même une réelle atmosphère de comédie avec de nombreuses séquences savoureuses, à l'image du premier casse du diamant, extrêmement drôle.

J'aime pas :

* La durée du film. Bon, 1h45, ce n'est pas si long que ça par rapport aux standards actuels, mais malheureusement, il y a beaucoup trop de longueurs et un manque de rythme singulier. Avec un montage "contemporain", cela aurait donné un résultat sans doute bien plus efficace.

"The Hot Rock" a beaucoup de charme, autant par son style que par son acteur principal, mais ce joyeux divertissement, pourtant léger, est plombé par ce rythme bien trop lent et des séquences à rallonge. Dommage, parce qu'on tenait là un sacré bon film autrement.

mardi 10 septembre 2013

The Hangover Part III (2013)

Fallait-il une fin à "The Hangover" ? Surfant sur le succès des deux premiers épisodes, que j'ai bien aimé, Todd Phillips a tenté le coup. En voyant le résultat, on se dit que ce n'était pas vraiment nécessaire finalement...

Le réalisateur a en effet décidé de ne pas reprendre le principe fondateur de la trilogie, à savoir "la gueule de bois", l'amnésie qui va avec, et l'enquête pour remonter le fil des événements. Ainsi, nous retrouvons Phil (Bradley Cooper, en petite forme), Stu (Ed Helms, pareil) et Doug (Justin Bartha, toujours aussi peu utilisé) autour du malheureux Alan (Zach Galifianakis, le meilleur du quatuor) qui vient de perdre son père et qui déraille sérieusement.

Alors que ses trois copains désirent l'emmener en cure, ils sont arrêtés en chemin par les sbires de Marshall (John Goodman, qui fait le job), un gros mafieux qui accuse leur vieil ami Chow (Ken Jeong, dans la surenchère) de lui avoir volé un gros pactole. Doug est alors pris en otage et le trio d'enfer a pour mission de trouver le Coréen extraverti et de le livrer à Marshall. Sauf que cette entreprise, qui les mènera du Mexique à Las Vegas, va prendre des proportions démentielles...

J'aime :

* L'humour. Même si cet épisode n'est pas à la hauteur des deux précédents, il reste quand même globalement assez drôle avec une large mise en avant de ses deux personnages les plus barrés : Alan et Chow. Et ici je préfère largement le premier, constamment imprévisible.

J'aime pas :

* Le scénario. Le choix de ne pas reproduire le schéma des deux premiers films est une faute selon moi car tout reposait là-dessus et même si le deuxième donnait déjà des signes de fatigue, un peu d'imagination aurait pu aider à construire encore quelque chose de sympa. L'histoire est donc ici linéaire et même si elle est remplie de chausses-trappes, ce système traditionnel banalise le tout et est même un peu longuette.

* Le casting. Malgré l'apport de John Goodman, tout le monde semble être assez pressé d'en finir, notamment les acteurs qui sont mis à l'écart comme Bradley Cooper et Ed Helms. Même si on remarquait toujours plus Zach Galifianakis avant, leurs personnages avaient leur place et complétaient parfaitement le trio. Ici, ils ne sont plus que faire-valoir pour les pitreries démesurées d'Alan et Chow.

Evidemment, on n'avait pas de grandes espérances autour de la fin de cette joyeuse trilogie, ne serait-ce que pour l'abandon du principe originel, mais on reste déçu quand même du résultat. Tout est misé sur Alan et Chow, les autres ne servent plus à grand chose et c'est assez désolant. Le divertissement est là, plutôt drôle, mais sans plus aucune âme. Dommage.

vendredi 6 septembre 2013

Monsters University (2013)

Comme beaucoup de monde, je suis vraiment fan des studios Pixar, même si je n'ai pas vu tous leurs films. Mon préféré, le plus drôle selon moi, c'est "Monsters, Inc.". Alors quand j'ai su qu'une suite allait sortir, j'étais ravi malgré un peu d'appréhension car c'est un "prequel". Mais enfin, ne boudons pas notre plaisir de revoir Mike et Sulli dans une nouvelle aventure.

Nous voici donc quelques années en arrière, avant que notre duo monstrueux ne soient les pros de la Monsters Inc.. Tous jeunots, Mike (voix de Billy Crystal, impeccable) et Sulli (voix de John Goodman, pareil) rentrent à l'université qui va faire d'eux des monstres professionnels. Sauf que le premier, bien que travailleur forcené, ne fait vraiment peur à personne et que le second, héritier d'une grande lignée, se la raconte un peu trop.

Les deux jeunes monstres ne s'apprécient donc pas du tout au premier abord, mais voilà qu'ils vont devoir faire équipe après un malheureux incident lors d'un examen, provoquant leur exclusion temporaire de l'université. Accompagnés d'une bande d'autres monstres en herbe, Mike et Sulli ont l'obligation de remporter une olympiade universitaire s'ils veulent réintégrer le cursus...

J'aime :

* Les personnages. Ils font toute la force du film, Mike et Sulli en tête, mais la plupart des seconds rôles sont très bien aussi, en particulier l'équipe de losers qu'ils intègrent pour la compétition universitaire. On sent également un vrai travail des scénaristes sur la psychologie de notre joyeux duo, avec une relation qui évolue petit à petit et qui passe par divers épreuves.

* L'environnement. La reconstitution d'un monde humain pour les monstres est toujours très bien faite, l'esthétique des décors, des personnages et des effets spéciaux sont toujours largement à la hauteur. Le savoir-faire Pixar.

J'aime pas :

* Le scénario. Je m'explique. Tous les codes du film de fac américaine y sont, c'est plutôt bien joué pour la transposition. Mais ce n'est du coup pas du tout original comparé au premier épisode qui regorgeait d'inventivité. Là, nous n'avons aucune réelle surprise hormis la naissance des relations entre les différents personnages principaux. Reste cette olympiade décisive pour nos héros qui, on doit bien le dire, est bien fun et donne beaucoup de rythme au film.

"Monsters University" n'est pas à la hauteur du premier épisode de nos monstres préférés, mais reste malgré tout un bon divertissement où la drôlerie a pris totalement la place de la pointe d'émotion que l'on trouvait aussi dans le film précédent. Et on ne serait pas contre une nouvelle suite...

vendredi 30 août 2013

The Call (2013)

Je ne voulais pas spécialement voir ce film, mais on m'a mis devant donc j'ai bien été obligé de le regarder. Je n'avais pas un bon a priori, et j'avais raison. Ce n'est pas parce que Brad Anderson a réalisé un épisode de l'une de mes séries cultes, "The Shield", que j'ai pour autant apprécié son thriller de série.

Toute l'histoire tourne autour d'un centre d'appel de la police de Los Angeles, où travaille Jordan (Halle Berry, crispée). Malgré son expertise, tout va basculer un jour lorsqu'elle reçoit l'appel d'une ado en détresse qu'elle ne réussit pas à sauver d'une agression, indirectement provoquée par elle. Quelques mois plus tard, alors que Jordan s'est mise en retrait des appels, une nouvelle ado, Casey (Abigail Breslin, pas mal), est victime d'un enlèvement, mais parvient à contacter la police. Jordan va alors reprendre du service et il semblerait que l'agresseur soit le même que la dernière fois...

J'aime : 

* L'idée. C'est-à-dire placer le scénario dans le cadre quasi strict de ce centre d'appel de la police. C'est original et l'utilisation du téléphone portable est très habile et rigoureuse (problème de batterie, de réseau, etc.).

J'aime pas :

* Le scénario. Alors on ne s'ennuie pas parce qu'il regorge de rebondissements, mais, évidemment, pour faire en sorte quand même que le suspense dure jusqu'au bout, il est aussi rempli d'invraisemblances et de séquences plus agaçantes les unes que les autres (le personnage de Casey nous rappelle parfois la potiche malchanceuse Kim Bauer de "24"). Et le pire est le dénouement, énième apologie du cinéma américain à la vengeance personnelle et donc légitime selon lui.

* Le casting. Depuis sa jolie performance dans James Bond, on a perdu Halle Berry. Ici, elle est assez insipide, froide et crispée, et le pompon, c'est cette choucroute infâme qu'elle a sur la tête. Alors ok, elle n'est pas censée jouer une séductrice, mais bon, franchement... Le méchant, Michael Eklund, en fait des caisses dans le genre psychopathe et on sera indulgent avec Abigail Breslin qui fait une adolescente affolée mais brave tout à fait honorable.

Pas grand chose de plus à dire sur ce thriller de commande dont l'idée originale aurait pu valoir le coup d'oeil, mais malgré quelques moments de bravoure efficaces, on remarque largement plus toutes les faiblesses du scénario qui se conclut par le pire des dénouements. De plus, Halle Berry n'est pas au mieux de sa forme, et le reste du casting est, hormis Abigail Breslin, vraiment au rabais.

vendredi 23 août 2013

A Glimpse inside the mind of Charles Swan III (2013)

Roman Coppola n'a pas tourné grand chose, mais il est un producteur et scénariste fin et subtil, qui a notamment collaboré avec mon chouchou Wes Anderson. Il vient de se remettre à la réalisation avec quelques camarades prestigieux devant la caméra. On sent bien le film de potes, très barré, mais sans doute un peu trop.

L'histoire, si on peut parler d'histoire, c'est celle de Charles Swan III (Charlie Sheen, qui fait un peu trop bien le type blasé), publicitaire de génie, riche aux as, mais que sa petite amie, Ivana (Katheryn Winnick, bien), vient de quitter. Le monde s'effondre alors pour lui même s'il décide tant bien que mal de se remettre en question avec l'aide de ses amis Kirby Star (Jason Schwartzman, marrant) et Saul (Bill Murray, en roue libre) ainsi que sa soeur Izzy (Patricia Arquette, sobre).

J'aime : 

* L'esthétique. C'est un "beau" film, qui compense au moins sa faiblesse scénaristique par sa beauté visuelle, entre pop art et exubérances des années 1970. Roman Coppola n'est pas un copain de Wes Anderson pour rien. D'ailleurs, on se rapproche presque plus de Michel Gondry dans le style rempli de trouvailles surréalistes.

* Le casting. Même si nos joyeux lurons ne sont pas au top de leurs performances et n'ont pas l'air non plus totalement convaincus de l'oeuvre dans laquelle ils jouent, ils restent tout de même très amusants. Charlie Sheen manque singulièrement d'énergie, il se traîne un peu, mais son duo avec Katheryn Winnick sur "Aguas de Março" restera dans les annales (c'est d'ailleurs le meilleur moment du film pour moi). Puis c'est toujours un plaisir de retrouver Jason Schwartzman et encore plus Bill Murray.

J'aime pas :

* Le scénario. Les films délirants de ce type échouent souvent à offrir un divertissement qui tient le spectateur de bout en bout. Le fil rouge (la rupture et ses conséquences) est mince et tout ce qui s'agite autour est inégal, alors parfois on est amusé et parfois on s'ennuie franchement, la faute à des dialogues pas vraiment convaincants non plus.

Au vu de la bande-annonce, on s'enthousiasmait déjà pour ce film de Roman Coppola, rare derrière la caméra en tant que "premier" réalisateur. Malheureusement, le résultat n'est pas à la hauteur des espérances. "A Glimpse inside the mind of Charles Swan III" est une oeuvre parfois drôle et barrée, mais aussi tortueuse et qui n'est finalement que bien anecdotique.

samedi 10 août 2013

The Lone Ranger (2013)

Le duo Gore Verbinski-Johnny Depp est de retour. Après les pirates (des Caraïbes), voici les cowboys et les Indiens. Moi qui suis un grand amateur de western et qui suis à chaque fois curieux de voir de nouvelles adaptations "modernes", je me suis avancé sans scepticisme pour voir ce blockbuster du Far West (reprise d'une vieille série à succès des années 1930) malgré le flop international qui commence à prendre forme. Eh bien le résultat n'est pas si mal.

L'histoire est assez fournie, se déroulant sur plusieurs tableaux qui finissent par se regrouper à la fin. John Reid (Armie Hammer, pas mal) est un jeune avocat de la ville qui revient dans son village natal en pleine expansion avec l'arrivée du chemin de fer. Au même moment, un dangereux criminel, Butch Cavendish (William Fichtner, bien), doit y être livré, mais parvient à s'échapper. Il était emprisonné en compagnie de l'Indien Tonto (Johnny Depp, un peu toujours pareil) qui se fait lui aussi la malle.

Le frère de John Reid, Dan, Sheriff de la ville, lance alors une expédition à la poursuite de Cavendish à laquelle l'avocat prend part. La troupe de rangers est prise dans une embuscade et seul John Reid en réchappe, laissé pour mort par le gang de Cavendish. Tonto vient à sa rescousse et lui conseille de garder l'anonymat grâce à un masque. John Reid devient alors "The Lone Ranger" et repart en quête de Butch Cavendish tout en sauvant, au passage, la veuve de son frère, Rebecca, et son fils, ainsi que les Indiens locaux, menacés par l'avancée du chemin de fer...

J'aime : 

* Le scénario. On ne s'attendait pas à une histoire aussi pleine de fils secondaires qui finissent par se rejoindre à la fin pour un film grand public comme celui-ci. Mais c'est suffisamment complexe pour être intéressant et le résultat est bien ficelé justement, prenant en compte divers thèmes de la conquête de l'Ouest comme le chemin de fer, les mines et les relations avec les Indiens.

* L'environnement. Fan de western et de cette époque, la reconstitution soignée (les moyens sont là) est tout à fait à mon goût. Joli.

J'aime pas : 

* La durée du film. Il se passe pleins de choses, très bien, mais sans doute trop et le film n'en peut plus de s'étendre en longueur... Si la violence de certaines scènes choque les plus jeunes, la durée devrait les achever.

* Le casting. Johnny Depp est sympa, mais joue toujours de la même façon, quelque soit son costume. Le reste est pas mal non plus, mais pas très charismatique. Même le cheval blanc a plus de consistance que son "cavalier solitaire". Sans oublier une utilisation très mineure des femmes.

Ce n'est pas le western du 21e siècle, mais ce "Lone Ranger" méritait sans doute un accueil un peu plus chaleureux même si l'on comprend aussi ce qui ne va pas dans le film de Gore Verbinski. Trop long, le divertissement est quand même assuré, mais on conseille à Johnny Depp de changer un peu de registre.

jeudi 1 août 2013

World War Z (2013)

D'habitude, je n'aime pas vraiment les films de zombies et les films d'horreur en général. Mais là, la seule présence de Brad Pitt à l'affiche m'a fait comprendre que je n'aurais pas à avoir peur. Après avoir vu le blockbuster de Marc Forster, j'ai en effet beaucoup plus ri.

On plonge dans l'histoire très rapidement, lorsque Gerry Lane (Brad Pitt, pas mal), ancien négociateur de l'ONU, et sa famille sont pris dans une déferlante de zombies dans le centre de Philadelphie. On ne sait trop comment l'épidémie s'est développée, mais elle croît à une vitesse phénoménale, chaque personne mordue finissant par devenir un zombie en dix minutes.

Alors que les Etats-Unis et le reste du monde sont submergés, l'ONU demande à Gerry de reprendre du service et d'enquêter sur les racines du mal. Cela va le conduire des Etats-Unis au Pays de Galles en passant par la Corée du Sud et Israël, dans un combat permanent contre les zombies...

J'aime :

* Le rythme. Je n'aime pas vraiment l'introduction du film, beaucoup trop rapide. Mais la suite est vive et intense, souvent spectaculaire, avec peu de moments de répit et c'est plutôt appréciable pour un film d'action.

J'aime pas :

* Le casting. Mettre en valeur Brad Pitt, soit, et il se débrouille pas mal en baroudeur de l'ONU, mais les personnages secondaires sont tellement insignifiants que ça en devient dérangeant.

* De l'action consensuelle. C'est un blockbuster, pas un film d'horreur, la différence se constate dans l'absence totale de sang à l'écran.

* Le scénario. La ligne générale est intéressante et on aime bien voyager, mais il y a trop d'invraisemblances et en premier lieu, on ne comprend pas trop pourquoi c'est à Brad Pitt de tout assumer tout seul.

"World War Z" est donc bien un blockbuster de l'été. On lui demande juste de nous divertir légèrement, mais pas de faire en sorte qu'on s'en rappelle. Il y avait du potentiel derrière un scénario plutôt intéressant, puis les zombies, ça change des extraterrestres envahisseurs, mais le pari n'est malheureusement pas remporté. Le premier film de zombies sans aucune goutte de sang, c'est pas possible.

jeudi 25 juillet 2013

L'Homme de Rio (1964)

Les films avec Jean-Paul Belmondo qui ont illuminé toute ma jeunesse me manquaient. Et celui-là, je ne l'avais jamais vu, n'en entendant pourtant que du bien. J'ai corrigé cela et fut émerveillé du voyage concocté par Philippe de Broca.

"L'Homme de Rio", c'est Adrien (Jean-Paul Belmondo, génial), jeune soldat, qui profite d'une permission pour revenir à Paris voir sa fiancée, Agnès (Françoise Dorléac, joliment espiègle). Au même moment, une statue maltèque est volée au musée de l'Homme. Celle-ci fait partie d'une trilogie appartenant à trois explorateurs dont l'un est mort, l'autre est homme d'affaires au Brésil et le troisième, le professeur Catalan, travaille justement au musée.

Ce dernier est enlevé peu après le vol, puis c'est au tour d'Agnès d'être kidnappée dans la foulée. Ni une, ni deux Adrien prend ses ravisseurs en chasse. Cette longue traque aventureuse va le mener au Brésil, à Rio, Brasilia puis dans le Nordeste avant de plonger au coeur de l'Amazonie sur les traces d'un fabuleux trésor dont les statues maltèques sont la clé...

J'aime : 

* Le scénario. Cosigné par de grands noms du cinéma français dont Philippe de Broca, Jean-Paul Rappeneau et Ariane Mnouchkine, il part dans tous les sens, s'inspirant fortement des aventures de Tintin. Sauf que notre reporter ici est bien intrépide et déterminé, mais surtout fatigué par son Agnès après qui il court constamment. Ce cas de figure rend l'histoire encore plus croustillante et amusante. On apprécie aussi le personnage du professeur Catalan, au double visage inattendu.

* La mise en scène. C'est un vrai film d'aventures et même à l'ancienne, les cascades et actes de bravoure sont nombreux. On ne s'ennuie jamais devant cette course-poursuite pétaradante.

* Le casting. En pleine jeunesse, Jean-Paul Belmondo est formidable en aventurier improvisé, ne renonçant jamais à sa quête initiale : Agnès. Cette dernière, jouée une excellente Françoise Dorléac, lui rend bien la pareille, parfaite femme au fort caractère ignorant le danger.

* Les décors. En grande partie naturels, ils sont magnifiques. D'une ville de Rio en pleine croissance à Brasilia qui sortait à peine de terre, le film explore des contrées inédites pour l'époque et cet environnement exotique augmente d'autant plus le côté aventurier du scénario.

J'aime pas : 

* La durée du film. Cela ne devait tout de même pas être courant à l'époque des films d'aventure de deux heures. Ici, on les sent quand même passer à certains moments, notamment dans les séquences plus lentes.

"L'Homme de Rio" démontre que le cinéma français avait lui aussi du savoir-faire dans le film d'aventure. Tout est réuni pour réussir un divertissement enthousiasmant entre décors exotiques, scénario riche, mise en scène virevoltante et acteurs pleins de ressources. Récemment, les OSS 117, dont le dernier rend clairement hommage au film de Philippe de Broca, ont redoré le blason national, mais on en aimerait beaucoup plus.

dimanche 7 juillet 2013

Two Lovers (2008)

James Gray fait désormais partie des cinéastes indépendants qui comptent aux Etats-Unis. Et c'est mérité parce qu'il possède une vraie touche personnelle, un style qu'il a su adapter notamment pour "Two Lovers" dont le scénario diffère complètement de ses précédents films qui étaient plus des thrillers. Là, c'est une histoire, voire des histoires, d'amour, mais compliquées.

Nous ne quittons pas New York pour ce film. Ce New York de banlieue, sombre et industriel, bien loin de Manhattan. C'est là que vivent les parents de Leonard (Joaquin Phoenix, toujours lui, excellent) où ce dernier s'est réfugié après que sa femme l'a quitté. Dépressif, Leonard est au bord du suicide malgré les efforts de ses parents pour le remettre sur selle, avec l'espoir qu'il reprenne le pressing familial. Dans cette optique, ils espèrent également le caser avec une nouvelle copine, la brune Sandra (Vinessa Shaw, très bien), fille d'un autre patron de pressing.

Même si la rencontre est plus ou moins arrangée - nous sommes dans la communauté juive de New York -, le courant passe bien entre Sandra et Leonard et l'idylle naît rapidement. Puis ce dernier rencontre par hasard sa voisine, la blonde Michelle (Gwyneth Paltrow, intéressante), pour qui il a le coup de foudre. Mais celle-ci est déjà la maîtresse d'un homme marié. C'est alors que le coeur de Leonard va sérieusement balancer entre la brune et la blonde...

J'aime : 

* Un casting impeccable. Après avoir joué pour le même James Gray des rôles plus sombres, plus inquiétants, Joaquin Phoenix étend ici sa palette en vieil adolescent de retour chez ses parents, amoureux gauche et en manque de confiance. Il est épatant, tout comme ses deux partenaires féminines et particulièrement Gwyneth Paltrow, qui joue très juste dans un rôle pas évident de working girl elle aussi en sérieux manque de repères.

* Une atmosphère à la "James Gray". Nouvelle incursion dans New York, mais toujours de manière excentrée, dans une banlieue grise et sans âme, au sein du logement des parents de Leonard dont l'intérieur semble être le même depuis des années. Le contraste est très marquant avec le Manhattan où travaille et sort Michelle. L'image est elle aussi râpeuse, dans les tons marrons-verts, et c'est très beau.

* Le scénario. Il ne brille pas par son originalité, mais on apprécie le travail fait sur les atermoiements de Leonard et ce suspense final suivi d'un dénouement beau et triste à la fois.

J'aime pas : 

* On ne voit peut-être pas assez le personnage de Sandra, l'officialisation de leur union étant vraiment trop elliptique. Elle aurait mérité une place égale à l'autre "lover" de Leonard.

"Two Lovers" est sans doute en mode mineur par rapport aux oeuvres précédentes de James Gray, mais même avec un scénario plus modeste, le cinéaste trouve des choses à dire et à montrer avec toujours sa patte de velours. Ce qui est cocasse, c'est que je n'ai regardé ce film qu'avec des femmes, et à chaque fois, elles n'ont pas aimé. Il y aurait encore beaucoup à dire là-dessus...

vendredi 28 juin 2013

Greenberg (2010)

Noah Baumbach, comparse de Wes Anderson, m'avait beaucoup plu avec "The Squid and the whale". Cinq ans plus tard, il plaçait Ben Stiller en tête d'affiche de son "Greenberg". Je ne pouvais pas rater ça.

Ben Stiller est donc Greenberg, un rôle tout à fait différent pour l'acteur américain souvent cantonné à jouer le mec peureux et naïf ou super sûr de lui et bas du front. Ici, il joue un type totalement déprimé qui vient garder la maison californienne de son frère pendant que celui-ci part en vacances en Asie du Sud-Est. Une mission a priori facile pour le charpentier de New York, ancien leader d'un groupe de rock, sauf qu'il faudra aussi s'occuper du chien malade, faire face à ses sentiments pour la jeune femme à tout faire de son frère, Florence (Greta Gerwig, très bien), et à ses anciens amis qui ont bien changé après tant d'années sans les voir...

J'aime :

* Le casting et particulièrement ce joli duo d'acteurs qu'offrent Ben Stiller, très bon à contre-emploi, et Greta Gerwig, tous les deux paumés dans leur petit monde. Greenberg est impulsif, limite schizophrène, tandis que Florence est une grande fille hésitante, qui ne sait jamais vraiment ce qu'elle veut. Deux personnages faits pour se retrouver même si ce sera loin d'être simple! On salue aussi la prestation du toujours très bon Rhys Ifans dans le rôle d'Ivan, l'ami fidèle, sobre et sympa de Greenberg.

* Plus que le scénario, qui est assez banal, c'est cette succession de saynètes drôles, loufoques ou contemplatives qui font la force du film. Noah Baumbach n'a pas le "style" de son compère Wes Anderson, mais il a son idée de la mise en scène et il sait parfaitement instaurer une atmosphère à ses films. Ici, c'est l'image d'un Los Angeles paisible, mais où tout paraît trop grand pour Greenberg.

* La B.O.. C'est folk, c'est pop, plus indé que chez Wes Anderson, mais y a notamment Greta Gerwig qui chante "Uncle Albert/Admiral Halsey" de Paul McCartney à tue-tête et rien que ça, c'est chouette.

J'aime pas :

* Le rythme. C'est sans doute le gros point noir de "Greenberg". Si on aime le style, la mise en scène, aucun problème, mais on concède qu'il n'est pas facile d'entrer dans le film et que le temps paraît parfois long, surtout qu'il n'y a quasiment aucune avancée concrète dans le scénario du début à la fin.

Avec "Greenberg", Noah Baumbach poursuit son oeuvre profondément indépendante et attachante, avec un univers bien à lui, et surtout la mise en valeur d'excellents acteurs dans des rôles pas simples à jouer. Après ça, on aime toujours autant Ben Stiller et on est ébloui par le talent de Greta Gerwig qu'on est impatient de retrouver dans le prochain film du cinéaste : "Frances Ha".

mercredi 5 juin 2013

The Sugarland Express (1974)

Qu'il est bon d'explorer les premiers pas cinématographiques d'un réalisateur aussi chevronné et adulé que Steven Spielberg. Ce dernier, habitué depuis longtemps désormais à de grosses productions, se montre capable de beaucoup d'habileté malgré des moyens limités. C'est le cas avec son premier long-métrage destiné au cinéma : "The Sugarland Express".

Après le road movie angoissant "Duel", son premier téléfilm finalement diffusé au cinéma, Steven Spielberg reste dans le même genre en reprenant l'histoire vraie d'un couple en fuite à travers les Etats-Unis afin de retrouver leur bébé qui leur a été enlevé par les services sociaux. Clovis Poplin (William Atherton, très bien) est un piètre délinquant qui termine tranquillement sa peine de prison. Alors qu'il n'est plus qu'à quelques jours de la sortie, sa petite amie débrouillarde et pas piquée des hannetons, Lou Jean (Goldie Hawn, excellente), le force à s'évader pour récupérer leur fils à l'autre bout du pays.

Hésitant, Clovis finit par se faire la malle et le couple commence sa fuite en compagnie d'un autre couple de personnes âgées. Mais la voiture de ces derniers, qui ne se doutent de rien, est bien trop lente et un policier, Maxwel Slide, les arrête. Après une première course poursuite qui se termine en accident, le couple prend le policier en otage et le force à les conduire jusqu'à Sugarland, où se trouve leur fils. Pris en chasse par de plus en plus de forces de l'ordre et gagnant ainsi en notoriété, le couple entame alors un très long voyage aux multiples rebondissements...

J'aime : 

* Un bon petit scénario. Des histoires de cavale au cinéma, il y en a eu pleins. Celle-ci, inspirée d'une histoire vraie, est fraîche et sympathique, portée par des personnages hauts en couleur qu'on affectionne rapidement, du couple de fugitifs aux policiers qui les traquent. Steven Spielberg sait placer des rebondissements quand il faut et ne gâche pas les faits réels d'un happy end.

* Le casting. On est un peu surpris au départ de la manière exacerbée dont jouent Goldie Hawn surtout, et William Atherton, très "bruyants" dans leur façon de parler. C'est un peu vintage, mais on s'habitue ensuite et ils sont vraiment très attachants tous les deux. Les seconds rôles sont très bien aussi.

* La mise en scène. On apprécie particulièrement quelques cadrages, malins et beaux à la fois. Bref, on sent déjà la patte d'un excellent réalisateur.

J'aime pas : 

* Comme tout film de cavale, il y a des longueurs, des moments plats inévitables et c'est le cas ici parfois.

Pour son premier film "au cinéma", Steven Spielberg s'en sort très bien. Déjà affûté avec "Duel", le jeune cinéaste maîtrise bien sa belle histoire d'un couple de fugitifs dingues qui croient jusqu'au bout à leur cause alors que l'issue devient de plus en plus incertaine. On est plongé dans la ferveur de leur course et tout autant touché par l'indulgence des forces de l'ordre qui les suivent en file indienne. Bien joué Mr Spielberg.

vendredi 24 mai 2013

Mud (2013)

Avec "Take Shelter", Jeff Nichols avait livré une oeuvre minimaliste, mais puissante et "cérébrale". Le voilà de retour avec "Mud", un film doté d'une histoire plus classique, mais non sans passion et chaleur humaine.

Ellis et Neckbone sont deux gamins vivant sur les rives du Mississippi. Un jour, ils repèrent sur une île du delta un bateau perché dans un arbre en raison d'une récente crue. Ils décident d'en prendre possession, mais tombent sur son occupant, Mud (Matthew McConaughey, excellent), un fugitif. Ce dernier, qui a tué le violent petit ami de son ex, Juniper (Reese Witherspoon, très  bien), demande aux deux garçons de l'aide pour pouvoir survivre et retaper le bateau afin de fuir avec. Juniper, qui vit temporairement dans les environs, doit le rejoindre quand les préparatifs seront terminés. Malgré les risques, Ellis et Neckbone décident de venir en aide à Mud...

J'aime : 

* Le scénario. En mode Mark Twain, Jeff Nichols nous entraîne aux confins du Mississippi pour une histoire belle et forte prise du point de vue d'Ellis, le véritable héros du film. Le réalisateur ne s'en tient pas qu'à la relation entre le jeune ado et Mud, tous ses autres liens sont explorés que ce soit avec son fidèle ami Neckbone, ses parents sur le divorce, Juniper ou encore sa petite amie May Pearl. Cette belle aventure n'est pas sans suspense, la tension augmentant avec l'arrivée des malfrats voulant se venger de Mud jusqu'au climax de la scène de fusillade finale.

* Le casting. Il est tout bonnement parfait avec deux enfants formidables et un Matthew McConaughey qui se révèle toujours plus brut et mature, dans un rôle qui rappelle un peu son dernier en date dans "Paperboy" dont l'ambiance poisseuse était un peu similaire. Tous les autres seconds rôles, dont une Reese Witherspoon presque méconnaissable et un Michael Shannon cocasse, sont également admirables.

* L'environnement. La photographie de "Take Shelter" était déjà splendide avec les grands paysages sans fin du Midwest et ses ciels orageux. Le résultat est tout aussi magnifique ici avec les décors marécageux du delta du Mississippi qui inspirent puissance et mystère à la fois, avec une nature indomptable et dangereuse. Ils sont ainsi très bien utilisés, à l'image de ce bateau perché dans un arbre, point de départ du film.

J'aime pas : 

* Deux petits regrets concernant le scénario. Le premier concerne la relation d'Ellis et de May Pearl qui est vraiment très elliptique et qui aurait mérité soit d'être approfondie, soit de ne pas exister. En tout cas, elle nous laisse un peu sur notre faim. De même, le film aurait très bien pu se clore sur la dernière scène d'Ellis plutôt que pour le "happy end" proposé juste après.

"Mud" a donc été pour moi un véritable coup de coeur que je recommande vivement. Après le vibrant "Take Shelter", Jeff Nichols récidive avec une nouvelle oeuvre poignante et prenante de bout en bout, composée avec des acteurs formidables. On ne peut alors que se retrouver tout impatient de voir son prochain film.

dimanche 19 mai 2013

The Jackal (1998)

"The Jackal" fait partie de mes films d'action "madeleine", soit des oeuvres qui ne resteront pas forcément dans les annales du cinéma, mais que j'avais vraiment beaucoup apprécié étant plus jeune. Je me rappelle l'avoir vu plusieurs fois de suite lorsqu'il était passé, à l'époque, sur Canal +. Bref, cela ne veut pas dire non plus que c'est complètement nul, il y a Michael Caton-Jones à la baguette et un bon duel à distance entre Richard Gere et Bruce Willis.

Le "Chacal" du titre (Bruce Willis, qui fait bien le méchant pas commode) est un tueur à gages très dangereux et dont peu de personnes ne connaissent le visage. Il est engagé par la mafia russe qui entend venger la mort de l'un de ses membres, tué dans une opération menée conjointement par la police russe de Valentina Koslova et le FBI de Carter Preston (Sidney Poitier, impeccable). Craignant des représailles sur le sol américain, mais sans connaître la cible de la mafia russe, ce dernier met tout en oeuvre pour traquer le Chacal. Il fait alors appel à deux anciens membres de l'IRA et de l'ETA qui ont cotoyé le tueur : Declan Mulqueen (Richard Gere, pas mal), qui est emprisonné, et Isabella Zanconia (Mathilda May, pas très expressive).

J'aime : 

* Le scénario. Cela s'éparpille parfois un peu trop dans tous les coins, mais on est bien pris par cette traque au Chacal, insaisissable et qui fait régner la terreur partout où il passe. Surtout, le suspense est bien gardé quant à la cible finale du tueur qu'on découvre en même temps que les enquêteurs.

* Le casting. Il y a quand même du lourd, entre Richard Gere et Bruce Willis, qui la jouent loup contre loup, on trouve le sobre Sidney Poitier et un Jack Black un peu égaré. On ne sait pas trop ce que vient faire là Mathilday May, mais c'est pas si mal.

* L'action. On sent qu'il y a du budget devant tant de décors et lieux visités. Cela pétarade pas tant que ça, mais ça suffit amplement avec une grosse scène de fin dans le métro.

J'aime pas : 

* Quelques scènes téléphonées, notamment celles du début avec les vilains russes, et un jeu caricatural, de la part de ceux qu'on vient de citer, mais aussi de Richard Gere, qui se force un peu à faire le bad boy et n'a pas l'air de tellement croire à son rôle, et de Bruce Willis dont la moue de méchant et le changement de moumoute frisent parfois le ridicule.

Comme je le disais en préambule, Michael Caton-Jones n'a pas sorti les film d'action de la décennie avec ce "Jackal", mais cela reste un honnête divertissement, bien réalisé et avec des acteurs qu'on apprécie tout de même bien. Alors ne boudons pas ce plaisir coupable.

samedi 18 mai 2013

Absolute Power (1997)

Il y a plusieurs Clint Eastwood. Celui des débuts, branché western (spaghetti ou américain), que je vénère. Puis l'époque "Dirty Harry" et autres rôles toujours un peu ambigus et tout de même donneurs de leçon. Et depuis une vingtaine d'années, c'est un peu éclectique, il y a du bon et du moins bon, du majeur et du mineur. "Absolute Power" est plutôt en mode mineur, mais fournit un très bon divertissement.

Luther Whitney (Clint Eastwood, très bien) est un vieux cambrioleur chevronné. Avant de se retirer définitivement du marché, il tente un dernier coup dans la propriété d'un proche du président des Etats-Unis, Walter Sullivan. Alors qu'il s'affaire dans une pièce secrète attenante à la chambre des propriétaires, il est contraint de s'y enfermer alors que la femme de Walter Sullivan, Christy, rentre en compagnie d'Alan Richmond, le président (Gene Hackman, toujours parfait en méchant).

Un miroir sans tain lui permet d'assister aux ébats des deux amants, sauf que ça tourne mal. Ils sont éméchés,  Alan Richmond devient violent, elle le blesse avec un coupe-papier et les gardes du corps du président interviennent, tirant sur Christy Sullivan qui meurt sur le coup. La conseillère d'Alan Richmond, Gloria Russell (Judy Davis, bien), décide d'étouffer l'affaire, faisant croire à un cambriolage qui aurait mal tourné. La sécurité du président quitte les lieux en oubliant le coupe-papier ensanglanté. Luther Whitney l'a récupéré au passage avant de quitter lui aussi la maison, mais il est surpris par les gardes du corps d'Alan Richmond qui le pourchassent. Le voleur parvient à s'enfuir et il va alors être traqué aussi bien par ces derniers que par l'inspecteur Seth Frank (Ed Harris, excellent), chargé de l'enquête...

J'aime : 

* Le scénario. Adapté d'un roman, il offre un passionnant jeu du chat et de la souris entre le gentleman cambrioleur, le gentil inspecteur qui finira par se placer de son côté - et on apprécie leur complicité et respect mutuel - et les méchants hommes du président.

* Le casting. Ce n'est pas forcément toujours le cas, mais Clint Eastwood a réuni ici autour de lui de grosses pointures tels que les excellents Gene Hackman et Ed Harris. On s'amuse aussi de voir, dans des seconds rôles, Dennis Haysbert (l'un des deux gardes du corps du président) et Penny Johnson (une inspectrice), le futur couple présidentiel de la série "24".

J'aime pas : 

* Un dénouement un peu trop fluide. Clint Eastwood ne cherche pas vraiment la complexité et l'enquête file assez rapidement - malgré une trop longue scène de crime -, sans énormément de rebondissements.

Avec "Absolute Power", Clint Eastwood signe un bon petit polar, avec un casting impeccable, qui vient lorgner du côté des hautes sphères du pouvoir américain. On aurait aimé un peu plus de complication dans la résolution de l'enquête, mais la mission de divertissement est hautement remplie. C'est déjà ça !

mercredi 8 mai 2013

Free Angela and all political prisoners (2013)

Angela Davis, figure de l'extrême gauche et du mouvement des droits civiques des Etats-Unis, méritait assurément un documentaire. Elle en a déjà eu je crois, mais c'est toujours bon de rafraîchir les mémoires en notre époque qui a souvent tendance à oublier beaucoup de combats justes et sincères. Malheureusement, ce documentaire de Shola Lynch manque de beaucoup de choses.

Le film se confine à la période la plus agitée de la vie d'Angela Davis, soit ses années d'étudiante et le début de sa carrière universitaire en Californie. On découvre une femme de caractère, profondément militante, tentant d'associer plusieurs causes en une: socialisme, féminisme et mouvement noir. Une approche originale qu'elle devra défendre tant bien que mal durant ces années troubles de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Mais la jeune militante et son combat seront mis en lumière par son retentissant procès de 1971 durant lequel elle est accusée d'être complice d'une tentative d'évasion meurtrière de trois prisonniers noirs qu'elle soutenait. Après cela, plus rien ne sera pareil pour Angela Davis...

J'aime : 

* Le sujet. Je connaissais finalement peu le parcours d'Angela Davis et, même si avenir post-procès n'est pas raconté dans le documentaire, on en apprend beaucoup sur son enfance et les prémices de son militantisme. Elle incarne une époque particulière et intense de l'histoire contemporaine américaine et c'est fascinant.

* Les intervenants. Ils sont nombreux et solides. Il y a Angela Davis elle-même, mais aussi ses proches, ses avocats et d'autres témoins de choix.

* Les archives. Elles sont riches, beaucoup d'images de cette époque sous tension, du contexte comme des moments de vie d'Angela Davis. Des critiques ont été portées contre l'utilisation de quelques images de fiction (avec la nièce d'Angela Davis dans son rôle) pour montrer des séquences plus intimes à des fins d'illustration, mais je les ai trouvées plutôt jolies (sombres, elles ne laissent pas voir les visages) et peu intrusives d'autant plus qu'elles sont muettes.

J'aime pas :

* Le rythme. Certes, ce n'est pas une fiction, mais c'est tout de même bien lent. Il y a aussi beaucoup de longueurs, notamment le procès qui occupe tout le dernier tiers du documentaire et qui regorge de détails, sans doute trop.

* Les manquements dans le contenu. On en apprend beaucoup certes, mais on en voudrait plus, notamment sur l'après-procès. La réalisatrice nous offre un rapide aperçu de la tournée mondiale qui a suivi, mais c'est beaucoup trop elliptique. Pareil pour l'énorme mobilisation internationale qui a eu lieu pendant son procès et qui est trop rapidement abordée. Ainsi, on ne sait pas bien ce qu'Angela Davis a fait depuis son procès jusqu'à aujourd'hui.

* La bande originale. Très classique, elle n'utilise aucune des grandes chansons composées en l'honneur d'Angela Davis, notamment celles de John Lennon et des Rolling Stones. Il y a peut-être une histoire de droits derrière, mais c'est tout de même bien dommage.

"Free Angela and all political prisoners" est un documentaire nécessaire, de ceux qui doivent exister pour faire connaître le parcours et le combat de personnes aussi importantes et dignes qu'Angela Davis. Malheureusement, lorsqu'il a la chance de passer en salles, on attend un peu plus qu'un film relativement sobre et non exhaustif. Bien, mais peut vraiment mieux faire.

jeudi 11 avril 2013

Moonrise Kingdom (2012)

Et nous arrivons à la revue du dernier chef d'oeuvre en date de Wes Anderson, le fabuleux "Moonrise Kingdom". Ce n'est pas pour autant mon préféré, mais on ne peut que s'incliner devant autant de méticulosité  (encore !) poétique.

On sait combien le cinéaste est attaché au monde de l'enfance et il y plonge pleinement ici faisant d'un jeune couple de pré-adolescents les héros de son film situé au coeur des années 1960, sur une île fictive de l'est des Etats-Unis. Sam (Jared Gilman, splendide) est un orphelin, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, qui a bien du mal à se trouver des amis, même dans sa compagnie de scouts, menée par Ward (Edward Norton, fort mignon). Tombé amoureux de la jeune Suzy (Kara Hayward, excellente), solitaire et tourmentée, il décide de s'enfuir avec elle pour vivre une véritable épopée romantique dans la nature.

Leur fuite, qui se déroule alors qu'une tempête menace, provoque un branle-bas de combat sur l'île et tout le monde se met à les rechercher : Ward et sa meute de scouts, les parents de Suzy, Walt (Bill Murray, génial) et Laura (Frances McDormand, très bien), ainsi que Sharp (Bruce Willis, épatant à contre-emploi), le seul policier de l'île.

J'aime : 

* L'univers. Une fois de plus, Wes Anderson (et Roman Coppola) tisse une histoire puisée dans un domaine pittoresque et original. Dans ces précédents films, le cadre était souvent intemporel, à mi-chemin entre l'époque actuelle et une autre plus ancienne. Ici, on est bien dans le passé, même si cela n'influence pas tant l'histoire que cela. Le cinéaste nous plonge, comme souvent, directement dans sa bulle grâce à l'apparition habile d'un narrateur/conteur.

* L'histoire. Elle est belle comme tout. Depuis "Rushmore", Wes Anderson n'avait plus fait appel à des enfants pour héros. Ici, ils sont de retour en force avec une merveille d'évasion amoureuse qu'on soutient complètement. On rêve que les adultes ne les retrouvent jamais, mais le dénouement est tout aussi mignon. Bref, on fond devant une telle rêverie.

* Les dialogues. Cela fait partie aussi du savoir-faire de Wes Anderson. Mais ils sont encore plus fameux quand ils sont mis dans la bouche d'enfants qui se prennent pour des grands, ou presque. Comme d'habitude, pas de discours fleuves, que de petites pointes de romantisme, d'ironie ou de fatalisme.

* Le casting. Comme toujours, c'est du cinq étoiles, même si on retrouve plus de nouvelles têtes que d'anciennes. On est ravi de revoir Bill Murray et Jason Schwartzman, mais on accueille avec plaisir Edward Norton, Bruce Willis, Frances McDormand, Tilda Swinton ou encore Harvey Keitel. Mais on retiendra avant tout la fabuleuse performance des deux jeunes comédiens Kara Hayward et Jared Gilman.

* La B.O.. Sur le modèle de "Fantastic Mr Fox", Wes Anderson délaisse quelque peu la jolie compile de chansons (mis à  part du François Hardy et des morceaux de Benjamin Britten notamment) pour donner de l'espace à une véritable partition musicale composée par Alexandre Desplat une fois de plus.

J'aime pas : 

* Si le film ne manque donc pas de poésie mêlée de mélancolie, on n'aurait rien contre une once d'humour en plus. Il y en a déjà pas mal quand même, mais depuis "The Life Aquatic", ça décline un peu.

Avec sa dernière oeuvre en date, Wes Anderson ne déçoit toujours pas et s'affirme même encore peu plus dans un univers et un style (on n'a pas reparlé de sa photographie, cadrages et autres travellings désormais légendaires) qu'il maîtrise parfaitement. C'est beau et propre comme tout, que demander de plus ? Eh bien un prochain film, vite !

samedi 6 avril 2013

No (2013)

Cela m'arrive rarement de m'endormir au cinéma, même si j'ai parfois des sautes de fatigue, pour telle ou telle raison. Mais là, c'est bien ce film, dont j'attendais beaucoup, au vu notamment des bonnes critiques, qui a provoqué cela. Je vais m'en expliquer.

"No" reprend un événement historique du Chili. Ce "non" au référendum proposant la reconduction du général Pinochet au pouvoir a permis au pays de sortir de la dictature en place depuis 15 ans. Ce résultat a notamment été obtenu grâce à une formidable campagne politique et publicitaire menée par les partisans du "non", empruntant des techniques commerciales révolutionnaires à l'époque. Le réalisateur, Pablo Larrain, nous montre tout le déroulement de cette campagne par l'intermédiaire de son inspirateur fictif, René Saavedra (Gael Garcia Bernal, bien), qui est allé jusqu'au bout malgré les problèmes familiaux et les pressions du régime.

J'aime : 

* Le scénario. L'histoire, vraie, est fascinante et peu connue de nous autres Français notamment. Le réalisateur tenait évidemment un scénario en or qui, en plus, se finit bien. Ou comment des publicitaires, remplis d'humour, ont fait tomber une dictature.

* Le casting. Il est bon, Gael Garcia Bernal en tête dans le rôle de ce brillant publicitaire qui agit d'abord cyniquement, faisant tout simplement son boulot, avant de se prendre au jeu, même si, jusqu'au bout, il restera relativement éloigné de toute l'agitation militante à laquelle participe son ex-compagne.

J'aime pas : 

* Le rythme. C'est pour moi ce qui plombe tout le film. C'est extrêmement lent et, malgré leur valeur, les nombreuses images "réelles" du film (les véritables publicités notamment) ajoutent sans doute un peu à cette lourdeur. Et l'histoire parallèle, sur la vie personnelle de René Saavedra, n'est pas assez exploitée, ratant l'occasion de donner un peu plus de piment à tout ça.

* Un manque de pédagogie. L'intégration des vraies images d'époque est subtile et passe très bien, mais il y a un manque d'information quant au choix du message transmis par ces spots. On ne nous explique pas assez pourquoi de telles mises en scène ou les coulisses de ces choix.

* Le grain de l'image. Le réalisateur a fait le choix d'aller à fond dans son sujet en utilisant des caméras d'époque pour tourner. Pas sûr que ce soit la meilleure idée, parce qu'on met du temps à s'y habituer et cela ajoute à rendre le film un peu difficile à regarder.

C'est triste à dire, mais on se demande si le même film, fait par des Américains, n'aurait pas donné un résultat largement meilleur, surtout en ce qui concerne le rythme. Toute la partie divertissement est ici gâchée par une lenteur et des bavardages qui empêchent de donner du plaisir à voir une histoire pourtant passionnante. Bien dommage, mais c'est un film à revoir, assurément.

dimanche 31 mars 2013

Fantastic Mr Fox (2010)

Deux ans après son "Darjeeling Limited", Wes Anderson surprenait en s'attaquant au film d'animation, reprenant le livre pour enfant de Roald Dahl, "Fantastic Mr Fox". Au départ, j'ai raté un peu volontairement ce film au cinéma, car je pensais que cela serait vraiment loin du style du cinéaste, peut-être trop enfantin. Je l'ai acquis plus tard en DVD et j'ai vraiment regretté de ne pas être allé le voir, parce que nous avons de nouveau droit à un petit bijou.

Le "fantastique" M. Fox (voix de George Clooney, splendide) est donc un renard qui sévit sur les poulaillers de sa région jusqu'à ce que sa femme (voix de Meryl Streep, très bien) tombe enceinte et lui demande d'arrêter cette vie risquée. M. Fox devient alors journaliste, mais s'ennuie terriblement. Son déménagement d'un terrier à un arbre lui sied mieux et, toujours aussi roublard, il décide de s'en prendre, accompagné de son ami Kylie, aux trois puissants fermiers qui font face à sa maison : Bean, Boggis and Bunce. Mal lui en prend puisque ces trois derniers répliquent avec la grosse artillerie en terrassant sa maison. M. Fox, sa femme, son fils (voix de Jason Schwartzmann, chouette), Kylie et tous leurs amis animaux sont menacés et vont devoir errer sous terre... 

J'aime : 

* Le casting vocal. Un film d'animation n'a pas toujours besoin de cela pour être de qualité, mais là, c'est une magnifique plus-value. George Clooney notamment est grandiose dans son interprétation de M. Fox avec toute la roublardise qu'on lui connaît et on aimerait tant le voir en action dans un prochain film de Wes Anderson. Jason Schwartzmann également apporte une excellente performance au fils de M. Fox, dénigré par son propre père et qui a tellement envie de briller. Et cela a beau être un film d'animation, le cinéaste a donc convié avec lui d'autres comparses tels que Bill Murray, Willem Dafoe, ou encore Adrien Brody. Autant dire qu'il ne pouvait pas se rater.

* Le scénario. Wes Anderson, assisté de Noah Baumbach, a parfaitement adapté à son style l'histoire originelle de Roald Dahl. Le cinéaste y a apporté tout son art des dialogues et de l'action comique. Il s'adresse toujours tout de même à un public adulte, mais il met ici un rythme bien plus effréné que ses films en général, comme s'il voulait aussi capter l'attention des plus jeunes jusqu'au bout.

* L'animation, image par image. On ignore si le projet originel avec Henry Selick se reflète ici, mais visuellement, c'est splendide. Les personnages, sous forme de marionnettes, sont très beaux, bien vêtus. D'autant plus que Wes Anderson ne s'arrête pas devant ce changement radical de mise en scène pour y apporter ses fameux travellings, cadrages précis et autres gros plans caractéristiques.

* La B.O.. Moins de chansons, mais toujours que du bon, avec notamment les Rolling Stones, les Beach Boys et même Jarvis Cocker himself. Pour le reste, une partition musicale de toute beauté écrite par le désormais renommé Alexandre Desplat.

J'aime pas : 

* Difficile de trouver des défauts au film. Là, comme ça, je n'en trouve pas !

Au vu de ses précédents films, parfois proches du cartoon (notamment "The Life Aquatic" et ses fabuleuses scènes sous-marines), Wes Anderson était fait pour mettre un pied dans l'animation. L'essai est magistralement réussi avec ce délicieux "Fantastic Mr Fox", dans lequel on retrouve, même si l'histoire n'est pas de lui, tous les codes graphiques et scénaristiques du cinéaste (aventure et relations familiales). S'il peut apparaître "mineur" en raison de son genre, ce film tient pourtant toute sa place parmi les oeuvres de Wes Anderson. Du grand art !

dimanche 24 mars 2013

The Darjeeling Limited (2008)

Après le fabuleux "Life Aquatic", j'attendais encore du lourd de la part de Wes Anderson. "The Darjeeling Limited" n'est cependant pas aussi drôle, mais joue plus la carte émotionnelle et le cinéaste poursuit son oeuvre avec un film somptueux et magnifiquement interprété.

Il est précédé d'un court-métrage ("Hôtel Chevalier"), sorte de prologue, mettant en scène un personnage, Jack Whitman (Jason Schwartzman, très bon), que l'on retrouvera dans le long-métrage à suivre. Il se trouve dans un hôtel parisien à s'ennuyer quand son ex-petite amie (Natalie Portman, radieuse) débarque à l'improviste. Et les retrouvailles sont chaleureuses... Puis nous pouvons ensuite partir sur "The Darjeeling Limited". Après l'odyssée maritime sur le "Belafonte", on repart pour un voyage épique qui sera cette fois en train et à travers l'Inde.

Le nom du film correspond à celui du train qui doit emmener les trois frères Whitman, Jack, Francis (Owen Wilson, excellent en maniéré insupportable) et Peter (Adrien Brody, tout aussi que les deux autres), retrouver leur mère (Anjelica Huston, toujours très bien) qui s'est retirée dans un couvent au fin fond du pays. L'expédition a été organisée par Francis qui veut ressouder sa fratrie un an après la mort de leur père. Mais, évidemment, rien ne va se dérouler comme prévu, notamment à cause des chamailleries des trois frères...

J'aime : 

* Un nouvel univers quasi omniprésent durant tout le film : un voyage en train à travers l'Inde. Après le bateau, c'est ce nouveau véhicule dont on va connaître les moindres recoins, des cabines au wagon-restaurant. Il est évidemment magnifique et s'insert avec beauté dans les splendides décors désertiques indiens.

* Le casting. Peut-être légèrement moins fourni (et encore) que les précédents, "The Darjeeling Limited" voit l'intronisation parfaite d'Adrien Brody (et de Natalie Portman, un peu) parmi la troupe de Wes Anderson qui nous ramène avec délice Owen Wilson, Jason Schwartzmann, Anjelica Huston et même Bill Murray dans une introduction drôlement géniale.

* Le style Wes Anderson. On se répète à chacun de ses films, mais là encore, le cinéaste nous régale de ses travellings (notamment ceux au ralenti, encore plus présents ici) et autres mouvements de cadre au cordeau. Ses images, sa photographie, sont des bijoux.

* La B.O.. Les Kinks, les Rolling Stones... et quelques morceaux indiens bien sentis pour composer un accompagnement musical aux petits oignons.

* Le scénario. Après Steve Zissou et sa quête inébranlable du requin-jaguar, c'est ici Francis Whitman qui veut absolument réunir ses frères et les emmener voir leur mère qui s'est évaporée dans la nature indienne. Il y croit dur comme fer, allant jusqu'à être particulièrement loufoque et agaçant. Le reste de la galerie de personnages, on ne peut plus liés par le sceau sacré de la famille, est une fois de plus très bien trouvé, s'ébouriffant à l'aide de dialogues drôles, fins et piquants.

J'aime pas :

* Comme je le disais en préambule, Wes Anderson dresse ici une histoire aux contours plus profonds que son précédent film, plus axé sur un délire cocasse. Ici, le délire est rempli d'une mélancolie et d'une tendresse beaucoup plus prononcées. Ce n'est pas forcément un défaut, mais ça manque parfois d'un peu de gags.

Il n'y a pas à hésiter, il faut embarquer une fois de plus à bord du fabuleux voyage concocté par Wes Anderson. Sa folie douce, filmée avec une précision d'orfèvre, est un régal et dès que la fin approche, on attend qu'une chose : prendre un billet pour la prochaine oeuvre ! Cela tombe bien, elle arrive bientôt...

mardi 12 mars 2013

Mississipi Burning (1988)

Allez, petit retour 25 ans en arrière pour un film brûlot d'un cinéaste engagé, Alan Parker. Bon, il n'a pas réalisé que des chefs d'oeuvre, mais "Mississipi Burning" est un film qui compte dans la dénonciation forcenée de la ségrégation raciale qui a dominé le sud des Etats-Unis jusque dans les années 1960.

Alan Parker se sert d'une histoire vraie pour appuyer son récit. En 1964, trois jeunes militants des mouvements de défense des droits civiques, deux blancs et un noir, sont assassinés dans l'Etat du Mississipi par des membres du Ku Klux Klan. Deux agents du FBI, l'expérimenté et local Rupert Anderson (Gene Hackman, excellent) et le jeune perfectionniste et idéaliste Alan Ward (Willem Dafoe, jeunot et déjà très bon) sont envoyés sur place pour enquêter sur leur disparition.

Très vite, ils se heurtent, en pleine ségrégation raciale, à la mauvaise volonté des autorités locales et des habitants blancs, tandis que les noirs refusent de les aider, par peur des représailles. Alan Ward décide alors d'employer tous les moyens dont il dispose afin de faire la lumière sur le crime, déclenchant une véritable guerre civile avec le Ku Klux Klan...

J'aime : 

* Le scénario. Alan Parker ne fait pas durer longtemps le suspense, on sait dès la première scène ce qu'il s'est passé. Mais il est alors passionnant de voir comment nos deux agents vont réussir à boucler leur enquête, les obstacles étant légion.

* Les décors. La reconstitution du Sud ségrégationniste des Etats-Unis est précise et implacable, montrant cette hallucinante séparation des communautés de couleur parfaitement institutionnalisée et le harcèlement criminel systématique du Ku Klux Klan envers les noirs, allant jusqu'à brûler leurs églises.

* Le casting. Particulièrement notre duo d'enquêteurs, joués par les excellents Gene Hackman et Willem Dafoe, chacun avec leur méthode, leur point de vue et leurs espérances. Les seconds rôles, dont Frances McDormand et qques autres acteurs connus pour leurs seconds rôles justement, sont tous également à la hauteur.

J'aime pas : 

* C'est par l'intermédiaire du FBI que le Ku Klux Klan et la ségrégation sont dénoncés et déracinés (localement), mais, même si on croit bien que tout le pays n'était pas d'accord avec ce mouvement, on a un peu de mal à imaginer une institution fédérale se battre aussi vigoureusement, avec tous les renforts possibles, et avec tant d'idéalisme contre ces honteux démons.

"Mississipi Burning" remplit donc parfaitement ses deux missions : celle du divertissement avec une enquête passionnante et plus complexe qu'il n'y paraît et celle du message pour la tolérance et contre le racisme dans un pays, les Etats-Unis, qui a, comme beaucoup d'autres, parfois du mal à faire entièrement table rase du passé et admettre la vérité. Merci Alan Parker.

dimanche 10 mars 2013

Cherchez Hortense (2012)

Et rebelote avec un autre film français, par un réalisateur plutôt discret, Pascal Bonitzer. Sa dernière oeuvre, "Cherchez Hortense", a tout du film bobo/parisien/intello de chez nous, mais on a au moins ce savoir-faire que j'aime bien. Parce que c'est fin, drôle et joli à la fois.

Damian Hauer (Jean-Pierre Bacri, fidèle à lui-même, excellent) est prof de civilisation asiatique pour des entreprises. Son père, Sébastien (Claude Rich, savoureux), a une haute-fonction au Conseil d'Etat et c'est ainsi que sa femme, Iva (Kristin Scott Thomas, très bien), fait pression sur lui pour qu'il lui demande d'intervenir en faveur d'une sans-papiers serbe, Zorica. Damian va alors tergiverser, entre les difficultés à voir son père, les problèmes personnels de ses amis proches, les tromperies de sa femme et son intérêt croissant pour la jolie Aurore (Isabelle Carré, bien)...

J'aime : 

* Le casting. Ce qui fait la force de ce genre de films, avec une histoire relativement simple, c'est sa galerie de personnages, composés avec bonheur et malice par les comédiens qui les incarnent. Je suis très fan de Jean-Pierre Bacri évidemment. Certes, il joue toujours un peu le même rôle de type bougon et pas très adroit, mais c'est comme ça qu'on l'aime au fond. Cela fait un peu bizarre de voir Claude Rich camper son père, et pourtant la différence d'âge (23 ans) est plausible. Il est ici délicieux en élite de la nation constamment occupée, imbue de sa fonction et surtout bien peu préoccupée par l'existence des autres et notamment de ses proches. On apprécie toujours Kristin Scott Thomas, très bien en metteuse en scène elle aussi débordée, volage et finalement malheureuse. Mention également au jeune comédien qui joue le fils Hauer. Il ne ressemble pas du tout à ses parents, mais joue très bien le gamin insolent et déjà très autonome.

* L'histoire. La quête de Damian Hauer, le fil rouge du film, ne va pas chercher bien loin, certes, quoique "Hortense" se laisse désirer, mais elle vaut par ses détours, ses obstacles, ses révélations et autres quiproquos. Ce que j'aime donc dans ce genre de films, c'est la valse des personnages autour d'elle, qui aboutit à une conclusion malgré tout bien lointaine de son point de départ.

* L'atmosphère et les dialogues. J'aime aussi, dans ce type de films, cette ambiance cosy, avec des gens intelligents, qui ont de la répartie, permettant logiquement des dialogues subtils et piquants à la fois. C'est très bien écrit et c'est hautement appréciable tant beaucoup de comédies françaises sont insipides et plates, notamment parce qu'elles sont mal écrites.

J'aime pas :

* Peu de choses à reprocher, si ce ne sont quelques détails. Par exemple, je ne trouve pas Bacri très crédible en prof de civilisation asiatique et la relation avec son petit groupe d'amis est obscure et aurait pu être plus fouillée que cela. Des détails, donc.

Pascal Bonitzer nous offre ainsi une bonne petite comédie à la française, qui reste dans le même sérail que beaucoup d'autres du même genre, certes, mais qui détend et permet d'admirer une très jolie brochette d'acteurs deviser dans tous les sens. Le message gauchisant sur la défense des sans-papiers est lui aussi peut-être un peu trop léger, l'essentiel c'est quand même d'en avoir un peu parlé, hein ?

vendredi 8 mars 2013

Dans la maison (2012)

Je ne regarde pas beaucoup de films français, vous pouvez le constater, et c'est dommage, parce qu'on a tout de même de bons cinéastes chez nous, comme François Ozon. Mais, je sais pas, la flemme, l'appréhension de l'ennui. Bref, mais j'ai vu "Dans la maison" et c'était bien.

Les films du réalisateur sont un peu comme des petites pièces de théâtre dans lesquelles il manipule aussi bien ses personnages que les spectateurs. Nous sommes ici dans une banlieue tranquille et aisée, dans un lycée où exerce Germain Germain (Fabrice Luchini, parfait), professeur de français. Après avoir demandé une première rédaction à ses élèves, il tombe sur celle de Claude Garcia (Ernst Umhauer, très bien) qui l'épate par son excellence d'écriture, contrairement à toutes les autres.

Ce dernier décrit comment il est entré dans la vie de la famille Artole via son fils, Raphaël (Bastien Ughetto, très moyen), en l'aidant à faire ses devoirs de maths. Au fil de ses rédactions, Claude va raconter le quotidien de cette famille "banale" et notamment de son couple de parents, Raphaël (Denis Ménochet, bien) et Esther (Emmanuelle Seigner, un peu rigide). Ce feuilleton, plus ou moins fictif, va passionner Germain et sa femme Jeanne (Kristin Scott Thomas, très bien), galeriste, même si le professeur va cependant tomber dans une surenchère malsaine...

J'aime :

* Le scénario. Tiré d'une pièce de théâtre espagnole, il est tout à fait original et malin. On a déjà vu des histoires où la fiction vient se mêler plus ou moins à la réalité, ici, même si elle est parfois romancée, Claude Garcia raconte une autre réalité à son professeur et on se délecte autant que ce dernier et sa femme de connaître le prochain épisode. C'est un peu pervers mais on tombe dans le même piège que les personnages du film. Savoureux.

* Le couple Luchini-Scott Thomas. Lui surtout parce qu'il est totalement au naturel en prof de français, déclamant toute sa connaissance et son amour de la littérature française et de l'écriture en général et elle, parce qu'elle est toujours aussi élégante et offre un jeu sobre, mais efficace.

J'aime pas :

* L'environnement proposé par François Ozon. Le cinéaste aime ce côté petit bourgeois propre, pas forcément reconnaissable, même lorsqu'il va dans une banlieue paisible. S'il tourne en décors "naturels", sa banlieue fait on ne peut plus américaine, à l'image de la maison de la famille Artole et la passion du père et du fils pour le basket et la NBA. Cela n'a aucune incidence sur le récit, mais c'est dommage, ça enlève du cachet "français" au film.

* Le jeu des acteurs dans les séquences "Artole". Non seulement il y a cette atmosphère proprette à l'américaine, mais il y a aussi une façon de jouer qui ressemble presque à une sitcom, et c'est assez dérangeant. Je ne sais pas si c'est moi qui ne suis plus habitué au jeu "français", mais je le ressens parfois dans certains films de chez nous. Bref, c'est joué mécaniquement, notamment par Emmanuelle Seigner et pire par le fils Artole, vraiment pas bon.

C'est encore une oeuvre subtile et excellente que nous propose Franois Ozon. Fabrice Luchini est admirable en prof de français arrogant qui se fait mener par le bout du nez par un jeune chef d'orchestre littéraire dont il se veut le mentor, mais qui va peu à peu lui échapper jusqu'à un destin presque tragique. Car cela aurait même pu être plus noir, mais le cinéaste s'est retenu. Dommage que son perfectionnisme le pousse à adopter un environnement franchement artificiel et une mise en scène plus faible quand Luchini n'est pas là.

Forgetting Sarah Marshall (2008)

Il y a les Buddy Movies, à la Ben Stiller et toute sa bande, et puis, depuis qques années, une branche de ceux-ci signés ou produits par Judd Apatow. Il y a de tout, mais c'est en général un peu moins trash et un peu plus réfléchi. Reste que je n'ai toujours pas réussi à vraiment accrocher une partie de ces oeuvres, dont ce "Forgetting Sarah Marshall".

Nous retrouvons ici le pauvre Peter Bretter (Jason Segel, plutôt bon en loser attachant), compositeur de musique de films et séries, qui vient de se faire larguer par la fameuse Sarah Marshall (Kristen Bell, bof), actrice principale d'une sorte de "CSI". Au fond du gouffre, lui qui est toujours resté dans l'ombre de la célébrité, il décide de changer d'air à Hawaï, le temps de quelques vacances. Sauf qu'il se retrouve par hasard dans le même hôtel que son ex et son nouveau mec, le chanteur destroy britannique Aldous Snow (Russell Brand, pas mal). La cohabitation s'annonce désastreuse, mais heureusement, la réceptionniste du palace, Rachel Jansen (Mila Kunis, délicieuse), sera là pour aider Peter à surmonter sa peine...

J'aime : 

* Les qques bonnes séquences drôles du film, comme les extraits du CSI de Sarah Marshall, avec William Baldwin, tout plein de jeux de mots foireux et scabreux, qui joue son acolyte, ou encore les conversations Skype avec le meilleur ami de Peter (et sa femme qui s'incruste à chaque fois). A part ça...

* La présence de Mila Kunis, qu'on aime beaucoup retrouver dans des comédies parce qu'elle est bien jolie, puis drôle et rafraîchissante. A ses côtés, Jason Segel assure très bien en grand bonhomme loser et déprimé, même si l'on ne comprend pas trop comment il peut avoir autant de sex appeal.

J'aime pas :

* Le scénario qui n'est pas follement original. S'il nous donne, comme tant d'autres, une vision idyllique d'Hawaï, les péripéties de Peter Bretter et de son ex sont assez mollassonnes et on ne peut donc pas miser sur tant de gags que cela.

* L'entre-deux pas vraiment trouvé entre la comédie hilarante et la comédie romantique à l'eau de rose. On mélange un peu les deux, mais le film ne sait pas trop sur quel pied danser, un peu comme dans "Knocked up" de Judd Apatow, assez décevant lui aussi à cause de ce problème. Du coup, l'ennui guette souvent, d'autant plus que la dernière partie, retour à Los Angeles, allonge encore le film.

Je ne m'attendais pas à un grand film, mais j'avais lu de bonnes choses dessus. Au final, c'est une belle déception car, mis à part qques sourires, je n'ai pas réussi à décrocher plus que ça. "Forgetting Sarah Marshall" manque singulièrement d'énergie et d'identité, malgré les efforts de Jason Segel et Mila Kunis. Dommage.

mercredi 6 mars 2013

Searching for Sugar Man (2012)

Venez découvrir le parcours incroyable de Sixto Diaz Rodriguez. Une bonne partie du monde, et notamment son propre pays, les Etats-Unis, a entendu parler du musicien oublié de Détroit grâce à ce documentaire de Malik Bendjelloul. Pour ma part, ça a été un petit peu avant. Sa chanson la plus connue, "Sugar Man", a été utilisée en bande originale du film "Alyah" dont je vous ai parlé ici et que j'avais vu il y a quelques mois. J'ai adoré, j'ai retrouvé, et j'avoue que je n'ai pas vraiment été chercher plus loin. Puis quand j'ai vu qu'un documentaire portait justement le titre de cette chanson et qu'il parlait de son interprète mystérieux, j'ai tilté.

Le film reprend l'enquête menée il y a une dizaine d'années par des journalistes musicaux et musiciens sud-africains pour retrouver la trace de ce Sixto Rodriguez dont le premier disque est arrivé par hasard dans leur pays au début des années 1970 et a connu un véritable succès sans que son auteur ne soit jamais au courant ! En effet, la réussite commerciale ne fut pas du tout au rendez-vous aux Etats-Unis malgré deux albums léchés publiés à la suite par le musicien de Détroit. Ce n'est donc pas avant la fin des années 1990 que Sixto Rodriguez, passé par tous les métiers du bâtiment et la pauvreté, connaîtra une petite renommée boostée d'autant plus par ce documentaire.

J'aime : 

* La musique. Certes, l'histoire est formidable, mais je ne me serais jamais laissé tenter si je n'avais pas du tout aimé la musique de Sixto Rodriguez, mélange de folk, de blues et de soft rock mélancolique, avec souvent l'aide d'un petit orchestre de cordes. Il est comparé dans le film à un Dylan latino, c'est un peu ça en effet.

* L'histoire, donc. Elle est passionnante évidemment. Ou comment un excellent auteur-compositeur a été oublié durant toutes ces décennies avant de réapparaître comme par enchantement et sans qu'il s'y attende grâce à une poignée de fans à l'autre bout de la Terre. C'est presque un conte de fées !

* L'enquête. Si elle a ainsi déjà été menée par les admirateurs sud-africains de Sixto Rodriguez, le réalisateur décide d'en reprendre le cheminement afin d'instaurer une once de suspense. C'est ainsi qu'on se retrouve vraiment à la recherche du musicien durant un bon moment. Et quand il apparaît enfin, c'est lumineux !

J'aime pas :

* Le montage. Heureusement que le scénario est génial, parce que la structure du documentaire est assez décousue. Les interviews manquent souvent de liants (insistance sur certains intervenants, peu de choses sur d'autres, gros raccourcis), les images du concert sud-africain sont décevantes et les zones d'ombre restent nombreuses.

Malgré ces maladresses, on reste indulgent parce qu'il est difficile de confectionner un documentaire sur un homme dont aucune archive n'existe sur une période de presque trente ans. Malik Bendjelloul brode parfois avec quelques bouts de ficelle, mais il réussit tout de même à nous offrir un formidable film, plein d'émotion et de passion sur ce fascinant musicien qu'est Sixto Rodriguez. On ne sait trop ce qu'il adviendra de lui dans le futur, mais il est désormais certain de passer à la postérité.