Noah Baumbach, comparse de Wes Anderson, m'avait beaucoup plu avec "The Squid and the whale". Cinq ans plus tard, il plaçait Ben Stiller en tête d'affiche de son "Greenberg". Je ne pouvais pas rater ça.
Ben Stiller est donc Greenberg, un rôle tout à fait différent pour l'acteur américain souvent cantonné à jouer le mec peureux et naïf ou super sûr de lui et bas du front. Ici, il joue un type totalement déprimé qui vient garder la maison californienne de son frère pendant que celui-ci part en vacances en Asie du Sud-Est. Une mission a priori facile pour le charpentier de New York, ancien leader d'un groupe de rock, sauf qu'il faudra aussi s'occuper du chien malade, faire face à ses sentiments pour la jeune femme à tout faire de son frère, Florence (Greta Gerwig, très bien), et à ses anciens amis qui ont bien changé après tant d'années sans les voir...
J'aime :
* Le casting et particulièrement ce joli duo d'acteurs qu'offrent Ben Stiller, très bon à contre-emploi, et Greta Gerwig, tous les deux paumés dans leur petit monde. Greenberg est impulsif, limite schizophrène, tandis que Florence est une grande fille hésitante, qui ne sait jamais vraiment ce qu'elle veut. Deux personnages faits pour se retrouver même si ce sera loin d'être simple! On salue aussi la prestation du toujours très bon Rhys Ifans dans le rôle d'Ivan, l'ami fidèle, sobre et sympa de Greenberg.
* Plus que le scénario, qui est assez banal, c'est cette succession de saynètes drôles, loufoques ou contemplatives qui font la force du film. Noah Baumbach n'a pas le "style" de son compère Wes Anderson, mais il a son idée de la mise en scène et il sait parfaitement instaurer une atmosphère à ses films. Ici, c'est l'image d'un Los Angeles paisible, mais où tout paraît trop grand pour Greenberg.
* La B.O.. C'est folk, c'est pop, plus indé que chez Wes Anderson, mais y a notamment Greta Gerwig qui chante "Uncle Albert/Admiral Halsey" de Paul McCartney à tue-tête et rien que ça, c'est chouette.
J'aime pas :
* Le rythme. C'est sans doute le gros point noir de "Greenberg". Si on aime le style, la mise en scène, aucun problème, mais on concède qu'il n'est pas facile d'entrer dans le film et que le temps paraît parfois long, surtout qu'il n'y a quasiment aucune avancée concrète dans le scénario du début à la fin.
Avec "Greenberg", Noah Baumbach poursuit son oeuvre profondément indépendante et attachante, avec un univers bien à lui, et surtout la mise en valeur d'excellents acteurs dans des rôles pas simples à jouer. Après ça, on aime toujours autant Ben Stiller et on est ébloui par le talent de Greta Gerwig qu'on est impatient de retrouver dans le prochain film du cinéaste : "Frances Ha".
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