lundi 19 décembre 2022

My Policeman (2022)

Film Amazon, "My Policeman" donne une fois de plus une occasion à Harry Styles d'approfondir sa récente carrière d'acteur. Il est dirigé ici par Michael Grandage, homme de théâtre britannique. 

L'histoire est celle de Marion (Emma Corrin dans sa version jeune, très bien) et Tom (Harry Styles dans sa version jeune, pas mal), couple britannique à la retraite qui accueille chez lui Patrick (David Dawson dans sa version jeune, excellent), un vieil ami qui se remet d'une crise cardiaque. Marion a décidé de s'en occuper malgré le refus de Tom. Les deux hommes ont eu une intense relation amoureuse à la fin des années 1950 alors que l'homosexualité était illégale... 

J'aime : 

* Le casting. Si on peut réclamer encore plus d'expérience dans les rôles dramatiques de la part d'Harry Styles, on est conquis par les prestations de ses partenaires à l'écran, David Dawson et Emma Corrin, formidables. Leur version "âgée" (Rupert Everett, Linus Roache et Gina McKee respectivement) est tout aussi convaincante. 

* La photographie. Dans une ambiance toute britannique, souvent humide et simple, voire austère parfois, elle est douce et délicate, offrant un saisissant contraste avec la radieuse et belle séquence à Venise. 

* Les décors. On apprécie particulièrement l'atmosphère feutrée de la Grande-Bretagne des années 1950, encore lourde de tabous et de principes. Celle des années 80-90 est moins folichonne.

* Le scénario. Adaptée d'un roman de 2012 de Bethan Roberts, l'histoire est originale et poignante.

J'aime pas :

* La présentation de l'histoire à travers des allers-retours entre passé et présent, entre ce que savait Marion et ce qu'elle découvre, est parfois confuse et a pu nous perdre. De même, si la mise en scène est globalement très juste, celle de la révélation des sentiments de Tom pour Patrick à Marion, lorsque le second est interpellé, est totalement ratée (et ne met d'ailleurs pas Harry Styles en valeur). 

Beaucoup de bonnes choses dans "My Policeman", avec une relation interdite et un triangle amoureux filmés avec délicatesse par Michael Grandage, mais des problèmes de structure du récit et de mise en scène nous laisse sur notre faim.  

mardi 25 octobre 2022

Ticket to paradise (2022)

Est-ce le grand retour des comédies romantiques anglo-saxonnes ? C'est en tout cas l'objectif du méconnu britannique Ol Parker avec ce film sauvé par son couple vedette. 

L'histoire est celle de Lily (Kaitlyn Dever, correcte), jeune Américaine tout juste sortie de l'université, qui s'en va fêter son diplôme avec sa meilleure amie Wren (Billie Lourd, rigolote) à Bali. Là, la première tombe amoureuse d'un jeune Balinais, Gede (Maxime Bouttier, pas mal), et décide de tout plaquer pour rester vivre sur place. Elle convie alors ses parents divorcés, Georgia (Julia Roberts, très bien) et David (George Clooney, très bien aussi), pour le mariage. Ces deux derniers se détestent, mais vont devoir collaborer pour empêcher l'union d'avoir lieu...

J'aime :

* Le casting. Oh on n'évite pas un peu de cabotinage de la part du couple star Roberts-Clooney, mais cela reste un vif plaisir de les retrouver ensemble, particulièrement dans ce jeu à se tirer dans les pattes de manière vache et souvent drôle. Puis ils finissent par se lâcher dans une sympathique séquence de beer pong. Evidemment, ils écrasent totalement leurs principaux partenaires de jeu, bien plus jeunes et mièvres. 

* Les décors. La majeure partie du film a été tournée dans le magnifique Etat du Queensland, en Australie, mais le subterfuge fonctionne, sauf lors de plans larges (un coucher de soleil qui fait bien fake à un moment) tournés à Bali, mais sans le casting.

J'aime pas : 

* Le scénario. On a rarement vu plus prévisible. Même si la plupart des comédies romantiques sont elles aussi tissées de grosses ficelles, les meilleures réservent quelques fausses pistes et rebondissements. Ici, tout est cousu de fil blanc, on sait tout ce qu'il va se passer à l'avance ou presque. Ce ne sont plus des ficelles, mais des cordes. Cela limite donc fortement l'intérêt de l'histoire et les différentes petites aventures connues par les protagonistes sont loin d'être exaltantes.

Si Ol Parker a tout de même réussi son pari de redonner le sourire aux spectateurs en cette période post-pandémie, il le doit nettement plus à ses deux têtes d'affiche qu'à son histoire préfabriquée sans aucune surprise malgré de bien jolis décors de carte postale.

mardi 27 septembre 2022

Don't Worry Darling (2022)

Je ne souhaitais pas spécialement voir le second film d'Olivia Wilde, mais la bande-annonce était assez intrigante donc je me suis laissé tenter.

L'histoire est celle d'Alice (Florence Pugh, très bien) et Jack Chambers (Harry Styles, un peu fade), jeune couple heureux et amoureux qui vit, dans les années 1950, au coeur de Victory. Il s'agit d'un complexe résidentiel sous forme d'oasis idyllique au coeur du désert dans lequel les femmes assurent les tâches ménagères tandis que les hommes travaillent pour le mystérieux Frank sur des projets secrets. Alice va commencer à douter des bienfaits de ce paradis lorsque l'une de ses voisines, Margaret, se met à avoir un comportement étrange...

J'aime :

* Les décors. La reconstitution de cette cité californienne des années 1950 est somptueuse, tout comme costumes, accessoires ou encore voitures. Tous les lieux du film existent et sont impressionnants.

* La bande originale. On a droit à une foule d'excellents morceaux d'époque, ajoutant à nous plonger dans cette atmosphère 50's.

* Le casting. Avec ses airs de Virginie Efira, Florence Pugh est particulièrement impressionnante, avec cette évolution de comportement, de l'intense joie de vivre à l'insoutenable combat, seule contre tous, pour la vérité. A ses côtés, Harry Styles est bien joli mais manque encore de densité. Le reste du casting, dont Chris Pine ou les autres "Desperate Housewives" de Victory, est autrement plus consistant.

J'aime pas :

* Le scénario. Comme redouté, le film d'Olivia Wilde ressemble à plusieurs autres, à "Get Out" notamment. Puis il laisse franchement sur sa faim avec un dénouement, certes surprenant, mais sans clés pour comprendre ce qu'il se cachait derrière ce fameux projet Victory.

Comment un film aussi beau esthétiquement et musicalement peut-il nous décevoir? La faute à un scénario qu'on trouvera passablement bâclé dans ses largeurs. Dommage.

mercredi 31 août 2022

Elvis (2022)

Je ne suis pas particulièrement fan du style Baz Luhrmann (c'est le premier film de lui que je vois), mais j'aime plutôt bien Elvis Presley, enfin sa musique, idole de mes idoles. Donc j'ai cédé, sans être surpris du résultat.

L'histoire retrace la carrière flamboyante d'Elvis Presley (Austin Butler, pas mal) du point de vue de son mentor et manager, le colonel Parker (Tom Hanks, très bien). Ce dernier a tenu la carrière du King d'une main de fer - mais pas toujours, comme on le voit -, lui apportant beaucoup de réussites comme de malheurs...

J'aime :

* La bande originale. Une bonne partie des succès d'Elvis Presley y passe et c'est que du bon. Mention spéciale à son incroyable interprétation d'"Unchained Melody", sur scène quelques semaines avant sa mort, qui clôt le film. D'abord avec Austin Butler puis les images originales. Il n'y avait pas mieux comme conclusion. A noter que j'ai bien aimé aussi les versions modernisées (hip-hop notamment) de certains vieux morceaux qui vont bien avec le style du film. 

* Le casting. Si Austin Butler s'en sort bien, ne serait-ce que physiquement, mais est un peu trop dans l'imitation côté vocal, Tom Hanks est impeccable sous les kilos du colonel Parker, aussi malin que cynique. Le reste des rôles secondaires, la plupart australiens, fait bien le job. 

* Le scénario. La bonne idée, c'était de montrer la vie d'Elvis Presley via le regard de celui qui l'a "fait", le colonel Parker, montrant les coulisses d'une carrière mouvementée et surtout contrôlée par cet entourage parfois toxique. Jusqu'à ce que le King perce, la structure est assez linéaire avant de s'attarder seulement sur quelques épisodes importants (son grand retour en 1968 et sa permanence à Las Vegas). 

* Les décors. Un poil trop factice, collant avec l'univers du cinéaste, la reconstitution est néanmoins impressionnante. Admirable d'autant plus que tout ou presque a été réalisé en Australie.

J'aime pas :

* Le montage. Si cela se calme au fur et à mesure que le film avance, Baz Lurhmann nous balance frénétiquement de nombreuses images dès l'introduction avec beaucoup d'informations difficiles à digérer aussi rapidement. A l'image des décors, tout est aussi très polissé manquant d'authenticité.

A l'image de "Bohemian Rhapsody" ou encore "Rocketman" (pas encore vu), "Elvis" n'échappe pas à cette mode de faire des biopics d'artistes de manière à moitié fantasmée et grandiloquente. Ce sont presque des comédies musicales. Il y a beaucoup de bonnes choses dans le film de Baz Luhrmann, mais, si le colonel Parker en prend pour son grade, il n'a gardé que les paillettes ou presque pour le King, en faisant une figure sans doute un peu trop christique.

jeudi 25 août 2022

The Man from Toronto (2022)

Après deux opus de "The Hitman's Bodyguard" - j'avais bien aimé le premier, l'Australien Patrick Hughes semble se spécialiser dans les films d'action humoristiques avec des duos mal assortis. C'est de nouveau le cas ici sauf que ce n'est franchement pas une réussite.

L'histoire est celle de Teddy (Kevin Hart, qui joue constamment le même rôle), coach de gym au rabais qui rêve d'une vie d'entrepreneur à succès, mais finit par se faire virer de son club. Il décide de cacher la nouvelle à sa femme et l'emmène pour un séjour romantique pour son anniversaire. Alors qu'il la laisse au spa afin d'aller préparer leur airbnb, Teddy se trompe d'adresse et tombe sur une scène de torture. Les hommes de main croient qu'il est "l'homme de Toronto", un fameux tueur à gages... 

J'aime : 

* Le casting. J'aime assez Woody Harrelson, qui joue le vrai "homme de Toronto", donc j'ai surtout regardé pour lui. Le rôle était prévu pour Jason Statham (ce qui fait tout à fait sens), ce qui ne m'aurait, au contraire, pas donné envie de voir le film. Le duo est complété par Kevin Hart, pile électrique et hystérique qui n'est pas désagréable, loin de là, mais on l'a déjà vu 100 fois dans ce type de rôle.

* L'action. On a un expert aux manettes en la personne de Patrick Hughes et les scènes de bagarre et autres bravoures sont variées et souvent drôles.  

J'aime pas :

* Le scénario. C'est tout de même le plus important (enfin souvent !). Jouant donc sur cette éternelle base de deux personnes que tout oppose mais qui devront collaborer, il est alambiqué et guère passionnant. On a même l'impression que le film est très long alors qu'il ne l'est pas tant que ça. 

"The Man from Toronto" fait malheureusement partie de ces films "jetables" dont je suis incapable de donner les détails après l'avoir vu car je l'ai rapidement oublié. Histoire, acteurs, c'est vu et revu, merci de revenir avec plus original.

vendredi 12 août 2022

The Goonies (1985)

Il m'a fallu bien du temps pour voir ce fameux film d'aventures culte des années 1980 réalisé par Richard Donner juste avant "Lethal Weapon". Ce n'est pas l'envie qui me manquait, mais, malgré son statut, je n'étais tombé sur aucune diffusion télévisuelle jusque-là. C'est rectifié, mais je n'ai pas été totalement convaincu.

L'histoire est celle d'une bande de jeunes amis, se faisant appeler les "Goonies", menée par Mikey (Sean Astin, tout jeune et bien), qui, pour éviter que leur hameau ne soit rasé par des promoteurs immobiliers, vont partir en quête d'un trésor pirate caché près de leur village de la côte Ouest américaine. Hélas, ils tomberont sur une famille de malfaiteurs, les Fratelli, qui va leur donner du fil à retordre...

J'aime : 

* Le casting. S'ils sont tous très bons, avec chacun leur caractère, tous les "Goonies" ne connaîtront pas le même succès par la suite. Les plus en réussite seront Sean Astin et Josh Brolin, qui jouent les deux frères Walsh, ou encore, seulement durant les années 1980, Corey Feldman ("Mouth"). A contrario, Ke Huy Quan (qui joue "Data") était lui déjà connu pour son rôle inoubliable l'année précédente dans "Indiana Jones and the Temple of Doom". Jeff Cohen ("Chunk"), très drôle, aurait mérité meilleur destin. Le reste de la troupe, dont les "méchants", fait bien l'affaire aussi. 

* Le scénario. Signé de l'expert Chris Columbus, il est rondement mené. Si je suis un peu ennuyé par le début et la fin du film, tout ce qu'il y a au milieu est aussi haletant que sympathique.

* L'action. C'est une belle aventure, remplie d'embûches, à la Indiana Jones et ses pièges tous plus inventifs les uns que les autres. 

* L'environnement. Le lieu de l'histoire est bien choisi, très pittoresque, mais on regrette juste des décors parfois un peu moins aboutis que dans Indiana Jones justement pour ce qui est des scènes dans les grottes.

J'aime pas :

* J'ai mis un peu de temps à rentrer dans le film car il est longuet à se mettre en place à la suite de l'introduction sur l'évasion des frères Fratelli. Les jeunes Goonies arrivent les uns après les autres dans une ambiance bavarde et confuse. Quant au dénouement, sans le dévoiler, il est un poil mièvre, nous rappelant que ce ne sont que des enfants.

Si j'ai tout de même passé un très bon moment devant un film qui a, c'est normal, un peu vieilli, je me faisais sans doute trop d'illusion en raison de son statut. J'ai préféré "Young Sherlock Holmes", sorti quelques mois plus tard avec la même équipe (Columbus-Spielberg) aux manettes (Barry Levinson remplaçant Richard Donner derrière la caméra). 

jeudi 28 juillet 2022

Incroyable mais vrai (2022)

Quentin Dupieux est un artiste original, qui a débuté dans la musique électronique avant de s'essayer au cinéma avec une réputation et un succès de plus en plus grand. Il a le mérite d'avoir un style très personnel, avec des films totalement déroutants à l'humour absurde, qui ne m'attiraient pourtant pas tellement jusqu'à maintenant. Sa dernière oeuvre en date est donc ma première. 

L'histoire est celle de Marie (Léa Drucker, pas mal) et Alain (Alain Chabat, fidèle à lui-même), couple heureux sans problèmes qui désire être propriétaire en banlieue. Leur agent immobilier les convainc d'acheter une maison dotée d'une mystérieuse trappe dans la cave. Ce qu'elle renferme va changer leur vie... 

J'aime :

* Le scénario. On peut compter sur Quentin Dupieux pour mettre en scène ses idées les plus délirantes. Ici, sans être totalement extravagant mais tout de même drôle et intéressant, il propose deux histoires parallèles. Celle de la maison d'Alain et Marie donc, et celle de leurs amis Gérard et Jeanne, que je ne dévoilerai pas non plus en détails. 

* Le casting. Evidemment on adore Alain Chabat, mais mention spéciale à Anaïs Demoustier (Jeanne), très drôle en petite amie légèrement cagole de Benoît Magimel (Gérard, le patron d'Alain), beauf et vantard, lui aussi très bien. Petite déception donc de la part de Léa Drucker, un peu à l'écart de ce trio et au personnage moins tonitruant. 

* La bande originale. Elle est tirée d'un obscur disque que Quentin Dupieux jure être le seul à posséder, d'un certain Jon Santo qui joue du Bach sur synthé. Elle colle tout à fait à l'atmosphère décalée du film.

J'aime pas :

* Le dénouement. Le réalisateur décide à un moment de terminer son oeuvre sans plus aucun dialogue, sur une longue séquence musicale, tel un roman photo animé, où on assiste à la conclusion de manière presque accélérée. Un peu dommage car il y avait largement de quoi exploiter la situation dans laquelle se retrouve Jeanne, d'autant que le film est court (1h14 seulement). 

Simple et efficace, "Incroyable mais vrai" ne serait néanmoins pas le meilleur Dupieux. On peut le comprendre tant on reste sur notre faim malgré les rires provoqués par l'histoire loufoque concoctée par le cinéaste. On en aurait volontiers pris un peu plus.

jeudi 16 juin 2022

Top Gun : Maverick (2022)

Même si c'est loin d'être mon préféré, "Top Gun" est un film qui a marqué ma vie, car c'est, dans mon souvenir, le premier que j'ai pu voir. J'avais 5-6 ans et mon voisin, l'un de mes premiers amis, en était un grand fan et regardait la VHS en boucle. Je n'attendais pas particulièrement cette suite, signée du peu connu Joseph Kosinski, mais la curiosité ainsi que les bonnes critiques m'ont encouragé à y aller. 

Nous retrouvons donc plus de trente ans plus tard Pete "Maverick" Mitchell (Tom Cruise, qui renfile parfaitement sa combinaison), qui a refusé les promotions dans la Navy pour continuer à piloter. Désormais pilote d'essai, il est envoyé à "Top Gun" afin de former un commando de jeunes pilotes de chasse dans le but de détruire une installation nucléaire dans un "Etat voyou". Une mission plus complexe qu'il n'y paraît...

J'aime :

* L'action. Je crois que c'est ce qui est le plus frappant dans le film, des scènes d'aviation à couper le souffle, avec des acteurs qui ont réellement expérimenté ces sensations. Du grand art.

* Le casting. Evidemment, le film est fait pour servir Tom Cruise, qui semble prendre beaucoup de plaisir à reprendre ce rôle. On est heureux de revoir le quelque peu oublié Jon Hamm et surtout le très diminué Val Kilmer, pour une unique scène très émouvante avec Tom Cruise (et où on sent que rien n'est feint, c'est de l'émotion pure). Du côté des apprentis pilotes, c'est banal mais assez éclectique (la diversité est respectée avec au moins une femme, un afro-américain et un latino, mais ce sont les deux WASP, bien caricaturaux, surtout Glen Powell, qui sont mis en avant). Et puis il y a la faire-valoir féminine Jennifer Connelly, qui prend assez inutilement la place de Kelly McGillis dans les bras de Tom Cruise.

* Le scénario. Comme le premier épisode, il ne casse pas des briques, mais, malgré un schéma assez prévisible, il est plutôt malin (Maverick va-t-il reprendre du service ?) et plus spectaculaire qu'on ne s'y attend. 

J'aime pas :

* La mise en scène. Dès la toute première scène, Joseph Kosinski rend hommage au "Top Gun" de Tony Scott et les plans en forme de clins d'oeil - virées à moto sans casque, la séance de sport au coucher du soleil, les échanges virils... - se multiplient tout au long du film. A ne surtout pas regarder au premier degré, sinon c'est écoeurant.

* L'ennemi. N'ayant plus de Soviétiques sous la main, les scénaristes ont préféré laissé un gros flou sur la nation hostile visée. Vu cette histoire d'enrichissement d'uranium, on imagine assez facilement l'Iran. Si on peut admettre que son nom ne soit pas cité pour ne pas provoquer ses foudres, le minimum aurait été de proposer un décor approprié. Là, on devine tout de suite que cela a été tourné en Amérique du Nord. On se croirait dans "MacGyver" quand les épisodes se déroulant en Amérique centrale étaient tournés au Canada... Cheap.

Malgré cette célébration de l'armée américaine attendue mais à laquelle on n'était plus habitué, ce manque de rigueur pour les décors étrangers et ces hommages stylistiques qui frôlent le remake, le retour de Tom Cruise dans sa combinaison de pilote de chasse est tout de même une réussite. On en prend plein les yeux et c'est tout ce qu'on avait demandé.

mercredi 1 juin 2022

Coupez ! (2022)

J'aime beaucoup Michel Hazanavicius et les critiques dithyrambiques m'ont convaincu d'aller voir son nouveau film, remake du japonais "Kamera o tomeru na !". Néanmoins, je n'avais pas lu non plus les détails qui en font un long-métrage atypique et la bande-annonce ne le laisse pas présager. J'ai donc eu la surprise et c'est encore mieux donc je vais tenter de ne pas trop en dire non plus...

L'histoire débute sur le tournage d'un film de zombies bon marché réalisé par un cinéaste excentrique (Romain Duris, excellent), mais les conditions sont chaotiques et il s'avère que le lieu est hanté par une malédiction...

J'aime : 

* Le scénario. Si donc, comme moi, on ne sait pas ce qu'il va se passer, il est d'autant plus surprenant et cela en bien ! On est particulièrement décontenancé par la première demi-heure et puis... Une structure plutôt originale en trois parties, qui fonctionne bien. Par ailleurs, si Michel Hazanavicius propose un remake très fidèle de l'original (avec même une actrice japonaise dans le même rôle), il a évidemment adapté certains éléments pour le "franciser", mais pas toujours, et cela rend le tout encore plus drôle.

* L'humour. C'est très déconcertant car la première partie est franchement lourdingue, mais en devient hilarante dans la dernière partie quand on comprend le stratagème. Et ce final offre un pur moment de bonheur où l'on ne s'arrête plus de rire comme des baleines. 

* Le casting. Romain Duris mène le show en réalisateur raté de films "rapides, pas chers et dans la moyenne", mais il est entouré d'une très chouette troupe dont la fidèle épouse du réalisateur, Bérénice Bejo, les jeunes Finnegan Oldfield et Matilda Lutz, que je découvre, ou encore les toujours excellents Grégory Gadebois et Jean-Pascal Zadi.

J'aime pas :

* Les décors. Ils sont assez simplistes et monotones, mais c'est le contexte qui veut ça. Il faut quand même se les farcir quasiment tout le film. 

Après l'échec du "Prince oublié", Michel Hazanavicieus est de retour avec un film bien plus modeste et surtout complètement inattendu, remake certes et d'un genre qu'il n'affectionne pas, mais d'une remarquable drôlerie et ingéniosité. Courez(-y) !

lundi 23 mai 2022

The Weekend away (2022)

Les plates-formes de streaming produisent de plus en plus d'oeuvres fortes et puis parfois aussi des petits films sans intérêt. Ce thriller, issu de Netflix et réalisé par l'inconnue australienne Kim Farrant, fait partie de la seconde catégorie. 

L'histoire est celle de deux amies anglo-saxonnes, Beth (Leighton Meester, pas mal) et Kate (Christina Wolfe, correcte), qui se retrouvent en vacances à Split, en Croatie. Elles sortent en boîte de nuit dès le premier soir, rencontrent deux hommes, se disputent... Le lendemain, alors que Beth ne se souvient plus de ce qu'il s'est passé lors de cette nuit agitée, Kate est portée disparue puis retrouvée morte dans la mer...

J'aime :

* Les décors. La ville de Split est magnifique et cela donne vraiment envie d'y aller.

J'aime pas :

* Le scénario. D'abord, la recette de "The Hangover" (grosse cuite et on essaye de reconstituer ce qui a bien pu se passer la nuit précédente) est éculée, même si là, ce n'est pas une comédie. Certes, "The Weekend away" est aussi plein de rebondissements, jusque même la scène finale, mais les ficelles sont grosses et tout y est désespérément prévisible (l'hôte Airbnb qui sent le sociopathe à 1000 km en exemple notable). 

* Le casting. Rien de catastrophique, mais aucune actrice ou acteur vraiment charismatique pour des personnages bien trop caricaturaux.

"The Weekend away" est un peu comme ces romans d'été qu'on oublie sitôt la rentrée effectuée. Tous les codes du thriller sont respectés, mais il ne laissera aucun souvenir une fois visionné. Dommage parce que le lieu de tournage est splendide.

mardi 17 mai 2022

Maigret (2022)

Encore un film que je n'aurais sans doute pas été voir si je n'avais été invité à l'avant-première (en présence de son réalisateur, Patrice Leconte). Mais je n'ai pas regretté de l'avoir vu.

Il s'agit de l'adaptation de "Maigret et la jeune morte", de Georges Simenon. L'histoire se déroule à Paris dans les années 1950. Une jeune femme en robe de soirée est retrouvée morte, sans document d'identité sur elle. Le commissaire Maigret (Gérard Depardieu, très bien), qui mène l'enquête, va devoir trouver non seulement qui l'a tuée mais d'abord qui elle était...

J'aime : 

* Le scénario. Une enquête classique, mais pas si évidente et intéressante, avec des personnages authentiques et charismatiques.

* Le casting. Gérard Depardieu en impose avec sa carrure à la fois massive et tranquille, mais aussi pétri d'incertitudes et de doutes. Il se fond impeccablement dans ce rôle, tout en maîtrise et sobriété. Il éclipse allègrement tous les seconds rôles, tenus par des comédiennes et comédiens peu connu(e)s mais solides.

* La reconstitution. Patrice Leconte n'a pas voulu non plus faire un film musée donc cela reste minimal, mais bien fait. 

* L'atmosphère. On aime ce Paris sombre et brumeux des années 1950 d'où la silhouette de Maigret surgit à tout moment.

J'aime pas :

* Rien à signaler.

Patrice Leconte ne révolutionne pas le genre. Il voulait faire son "Maigret" et il l'a fait de manière honnête et populaire, avec un excellent Gérard Depardieu. A voir !

jeudi 5 mai 2022

Chicago (2003)

La comédie musicale n'est pas vraiment mon genre préféré, mais j'ai été tellement époustouflé par "Chicago" à Broadway que j'ai décidé de voir dans la foulée l'adaptation cinématographique, qui a révélé Rob Marshall. Pas aussi bien, forcément, mais on passe tout de même un bon moment.

L'histoire se déroule donc à Chicago dans les années 1920 et met en scène deux artistes de cabaret accusées de meurtre : la jeune et ambitieuse Roxie Hart (Renée Zellweger, excellente) et la star incontestée Velma Kelly (Catherine Zeta-Jones, bien). Leur rivalité va s'accentuer jusque dans les tribunaux où elles sont défendues par le roi des avocats Billy Flynn (Richard Gere, très bien). Eviteront-elles la peine de mort ?

J'aime :

* La bande originale. C'est forcément l'attrait principal d'une comédie musicale et les chansons de "Chicago" sont fabuleusement entraînantes, ça swingue à souhait.

* Le casting. J'étais très curieux de voir comment se débrouilleraient un trio d'acteurs que je n'avais personnellement jamais entendu chanter et j'ai été assez impressionné, car ce sont bien eux qui interprètent leurs morceaux. C'est surtout Richard Gere qui m'a le plus épaté.

* La mise en scène. Rob Marshall a choisi de rester très fidèle à la version scénique de "Chicaco", avec de nombreuses similitudes dans la chorégraphie et les décors. Ce qui permet d'admirer d'ailleurs encore un peu plus le jeu des acteurs.

* La reconstitution. Même s'ils sont tout de même assez réduits, les décors sont forcément un peu plus fournis que sur scène, le film permettant d'aller plus en profondeur avec aussi plus de figurants. Et c'est tant mieux !

J'aime pas :

* Rob Marshall aurait sans doute pu aller un peu plus loin en proposant un vrai film plutôt qu'une quasi-version filmée de la comédie musicale.

Même si cela ne sera jamais aussi marquant que de voir le "Chicago" de Bob Fosse à Broadway, le long-métrage a été amplement récompensé d'Oscars et cela convient largement pour qui ne peut voir cette comédie musicale géniale sur scène. 

lundi 2 mai 2022

A Beautiful day in the neighborhood (2020)

Une rare recommandation de mon père. Signé Marielle Heller, ce film tente d'aborder la carrière de l'animateur américain de programmes télévisés pour enfants Fred Rogers sous un angle original. Mais...

L'histoire est celle de Lloyd Vogel (Matthew Rhys, bien), journaliste au magazine "Esquire", connu pour le cynisme de ses articles, qui a pour mission d'interviewer Fred Rogers (Tom Hanks, aussi sirupeux que son personnage). Alors que le journaliste cherche à faire craquer le vernis qui recouvrirait la popularité de l'animateur, symbole de douceur et bienveillance, ce dernier le confronte à ses propres problèmes familiaux et tente de l'aider à les surpasser.

J'aime :

* Le casting. Bonne distribution, avec notamment un Tom Hanks qui s'est totalement fondu dans le costume de Fred Rogers, même si on est souvent au bord de l'imitation et cela se voit un peu trop. 

* Le scénario. Plutôt qu'un biopic classique, les scénaristes ont choisi la véritable histoire du journaliste Tom Junod, qui avait écrit le portrait de Fred Rogers pour "Esquire" en 1998. Bien vu, apportant une autre profondeur au film.

J'aime pas :

* Le rythme. A l'image de Fred Rogers, le film prend son temps... c'est très lent et donc vite ennuyeux.

* La différence culturelle. Fred Rogers étant tout à fait inconnu chez nous, il est bien difficile de capter toutes les subtilités du film. Le choix justement de ne pas proposer une biographie standard ne nous aide pas du tout. 

Ce dernier point, en plus des longueurs, a fait que je n'ai jamais réussi à rentrer dans le film de Marielle Heller. Comme rien n'est acquis pour nous concernant Fred Rogers et son programme télévisé, cela place directement un mur difficilement franchissable (alors que le long-métrage a été acclamé aux Etats-Unis).  

jeudi 7 avril 2022

Le Discours (2021)

Encore un film français découvert dans l'avion. Et qui s'y regarde très bien. Le dernier long-métrage de Laurent Tirard, adaptation du roman de l'excellent Fabcaro, est une comédie fine et drôle. 

L'histoire est celle d'Adrien (Benjamin Lavernhe, parfait), que Sonia (Sara Giraudeau, bien), a quitté pour "une pause" dans leur couple. Trente-huit jours plus tard, il décide de lui envoyer un SMS pour reprendre contact. En attendant sa réponse, il se rend chez ses parents (Guilaine Londez et François Morel, bien aussi) pour dîner. Sa soeur (Julia Piaton, pas mal) et son beau-frère (Kyan Khojandi, pas mal aussi) sont là, ce dernier lui demandant de préparer un discours pour leur mariage à venir. La soirée s'annonce longue...

J'aime :

* Le casting. Il fallait un sacré acteur pour jouer Adrien, qui parle presque du début à la fin, qui soit aussi tête à claques qu'attachant, qu'on ait surtout envie d'écouter jusqu'au bout. Benjamin Lavernhe, de plus en plus présent au cinéma, remplit parfaitement cette mission, dans un rôle à la Woody Allen. Il est entouré d'une troupe sympa, avec quelques têtes connues, mais qui ne lui volent pas la vedette. 

* Le scénario. Il y a autant de flashbacks que de projections (notamment du fameux discours), ce qui peut apparaître répétitif, mais le rythme est heureusement soutenu et le film pas trop long pour éviter l'ennui. Et même si finalement, ce discours n'est pas la chose la plus emballante qui soit, on est diverti tout au long de l'histoire par les différentes aventures d'Adrien.

* La mise en scène. Le point central du film, c'est ce dîner chez les parents d'Adrien. Là, c'est vraiment du théâtre, avec dialogues au millimètre et un Benjamin Lavernhe s'exprimant la plupart du temps face caméra. C'est très fluide et très bien fait.

J'aime pas :

* Pas de reproches particuliers, peut-être des séquences comiques inégales, mais rien de bien grave.

"Le Discours" n'est pas non plus un très grand film, mais Laurent Tirard propose une oeuvre drôle et originale, et ce n'est pas si commun dans les comédies françaises contemporaines. Merci !

mardi 5 avril 2022

11.6 (2013)

Je n'avais absolument jamais entendu parler de ce film avant de le voir par hasard lors d'un voyage en avion. J'ai été curieux de voir cette adaptation par Philippe Godeau de l'affaire Toni Musulin, que j'avais bien suivie à l'époque. 

Se voulant très fidèle à la réalité, l'histoire raconte ainsi la genèse du vol de 11,6 millions d'euros du fourgon conduit par le convoyeur de fonds Toni Musulin (François Cluzet, bien, mais...) à Lyon en novembre 2009. 

J'aime : 

* Le scénario. Même si Toni Musulin reste à ce jour un personnage dont on n'a pas encore vraiment percé les mystères et motivations (on ne sait même pas où sont les millions qu'il avait emportés avec lui !), Philippe Godeau s'attache à montrer tous les éléments dont il dispose, glanés notamment dans un livre documenté consacré à l'affaire. Et c'est intéressant. 

* Le casting. François Cluzet est un excellent acteur, il le prouve une fois de plus, mais j'ai des réserves pour ce film, dont je parlerai par la suite. Il est surtout entouré de deux solides seconds rôles : Bouli Lanners, qui joue son collègue le plus proche, et Corinne Masiero, qui joue sa compagne.

J'aime pas :

* Revenons donc sur François Cluzet. Ce que je reproche à son choix : il ne ressemble pas du tout à Toni Musulin (et rien n'a été fait pour qu'il lui ressemble) et je n'arrive pas à me détacher du fait que c'est François Cluzet et non Toni Musulin car je trouve que ce rôle de convoyeur de fonds mutique, costaud et adepte des arts martiaux ne lui va pas du tout, moi qui suis plutôt habitué à ses rôles de Français moyen. 

* De même, pour ce qui est du scénario, comme les zones d'ombre sont légion, on sent qu'une majorité du film est du remplissage pour faire passer le temps entre les moments connus importants. Et vu le style de vie de Toni Musulin, c'est loin d'être divertissant... 

Ainsi, je reste assez mitigé quant à ce "11.6". Quitte à ne pas tout savoir et à vouloir absolument François Cluzet dans le rôle titre (ce qui fut le cas), Philippe Godeau aurait mieux fait de proposer un film "inspiré" du casse de Toni Musulin plutôt qu'une oeuvre se voulant proche de la réalité mais bien imparfaite.

jeudi 31 mars 2022

En attendant Bojangles (2022)

C'est dans le flou le plus total que j'ai assisté à l'avant-première du dernier film de Régis Roinsard (en sa présence). Je ne connaissais déjà pas ce dernier, ni le livre qu'il adapté et donc nullement aussi l'histoire. J'avais fait exprès d'ailleurs de ne pas me renseigner au préalable, pour garder un peu de surprise. Je n'avais vu que l'affiche, m'attendant à un "Dirty Dancing" français. Rien à voir...

L'histoire se déroule dans les années 1950-1960. Lors d'une fête chic sur la Côte d'Azur, l'excentrique Georges (Romain Duris, bien mais en fait un peu trop), qui s'invente des vies et nationalités pour plaire aux convives, rencontre la toute aussi enjouée et sans gêne Camille (Virginie Efira, très bien). C'est le coup de foudre et les voilà partis dans une folle vie à deux qui virera bientôt à la tragédie...

J'aime :

* Le casting. Si Romain Duris nous agace quelque peu au début, dans cette imitation (volontaire) de Jean-Paul Belmondo, ça va mieux par la suite, mais on retiendra surtout la performance vraiment forte de Virginie Efira dans un rôle complexe et celle de l'épatant Solan Machado-Graner, qui joue le fils du couple. A noter aussi la présence chaleureuse et facétieuse de Grégory Gadebois.

* La bande originale. Le titre du film (et du livre) fait référence à la très belle chanson "Mr Bojangles" de Nina Simone, morceau préféré du couple. On l'entendra (de manière un peu redondante parfois) tout au long du film, mais jamais en entier (cela aurait été bien de la proposer en générique de fin, mais non).

* La reconstitution. C'est Régis Roinsard qui a choisi de situer son film dans cette époque 1950-1960 bien que "Mr Bojangles" ne date que de 1970. Peu importe, cela donne lieu à de jolis décors (intérieurs comme extérieurs) et costumes, c'est très coloré, il y a beaucoup de bonnes idées.

* La mise en scène. Le cinéaste sait offrir beaucoup de rythme et de pétillement dans les scènes joyeuses, et d'émotion dans celles plus malheureuses, qui sont parfois particulièrement dures.

* Le scénario. Quand on ne s'y attend pas, et tel fut mon cas, le changement d'atmosphère entre un début en folie douce et la fin en folie dure prend aux tripes. Le contraste est saisissant et Régis Roinsard a bien su mettre en scène cette transition sans que ce ne soit trop brutal. 

J'aime pas :

* Les dialogues. Le cinéaste a choisi de conserver tels quels ceux du livre, ce qui donne des échanges tout de même très voire trop littéraires, surtout ceux impliquant le petit Gary.

* Les longueurs. Le film aurait sans doute gagné à être moins long, notamment pour la partie finale. 

Parfois on peut donc avoir de bonnes surprises en ne sachant pas du tout ce qu'on va regarder. Même si ce n'est pas vraiment mon genre de film préféré, je ne peux cacher qu'"En attendant Bojangles" a réussi à pas mal me chambouler. Un bien joli film signé Régis Roinsard.

lundi 28 mars 2022

House of Gucci (2021)

Je connais un peu le monde de la mode, surtout contemporaine, mais je n'avais jamais rien lu sur la saga Gucci. Une histoire qui valait bien un film ! Et il ne fallait pas moins qu'un réalisateur de poids (Ridley Scott) et un casting glamour pour porter cette oeuvre massive à l'écran.

Le film se concentre sur l'ascension de Maurizio Gucci (Adam Driver, très bien), petit-fils du fondateur de la maison Gucci et potentiel héritier de 50% des parts à la mort de son père. Sa rencontre avec Patrizia Reggiani (Lady Gaga, pas mal) alors qu'il est encore un jeune étudiant en droit pas forcément intéressé par les affaires de sa famille va changer sa vie... jusqu'au pire...

J'aime : 

* Le scénario. Il est complexe, mêlant néanmoins habilement la relation sentimentale de plus en plus mouvementée de Maurizio et Patrizia, ainsi que tout l'aspect business et héritage familial de la maison Gucci. Tout cela est extrêmement fascinant.

* Le casting. A l'image de la marque, c'est du grand luxe. Outre le duo principal, on retrouve ainsi Jeremy Irons, Al Pacino, Salma Hayek, un Jared Leto méconnaissable (mais formidable) ou encore notre Frenchy Camille Cottin.

* Les décors. Tout a été tourné en Italie (même les boutiques de Manhattan !) et c'est tout bonnement magnifique, avec une reconstitution soignée des années 1970 aux années 1990.

* La bande originale. On apprécie les nombreux tubes, notamment disco. 

J'aime pas :

* Les accents. C'est toujours le problème quand une production américaine comprend des personnages étrangers : ou ils parlent un anglais parfait et c'est absurde, ou les acteurs prennent l'accent local et ça peut paraître ridicule. La seconde option a été choisie ici et malgré tous leurs efforts, les interprétations de plusieurs acteurs dont Lady Gaga irritent. Cela donne aussi des performances sans doute trop extravagantes comme celles d'Al Pacino ou encore Jared Leto (qui est pourtant celui qui semble le mieux maîtriser l'accent italien).

* Les ellipses. Il est certes très compliqué de raconter une telle histoire dans un seul film, mais je n'ai pas été marqué par des longueurs et ce sont plus les raccourcis qui m'ont agacé. Il y en a plusieurs, notamment le désintérêt un peu brutal de Maurizio pour Patrizia, mais le plus dommageable pour moi est le revirement d'attitude de Maurizio vis-à-vis de son cousin Paolo, lui aussi radical.

Malgré ses imperfections notables, "House of Gucci" porte une histoire qui nous tient en haleine jusqu'au bout. Et c'est ça qui l'emporte au final. Bien joué signor Scott !

mardi 15 mars 2022

The French Dispatch (2021)

J'attends chaque film de Wes Anderson tel un enfant avant de recevoir ses cadeaux Noël. La dixième oeuvre de sa sublime filmographie ne surpasse toujours pas mon préféré ("The Life Aquatic of Steve Zissou"), mais offre tout de même de bien belles réjouissances. 

L'histoire se déroule dans la ville française et fictive d'Ennui-sur-Blasé où le rédacteur en chef du magazine américain "The French Dispatch", Arthur Howitzer Jr (Bill Murray, impeccable, forcément), meurt d'une crise cardiaque. A sa demande, plus aucun numéro ne sera publié après sa mort si ce n'est un ultime comportant notamment trois articles. Le making-of de ces derniers est présenté à la suite via trois saynètes.

J'aime :

* Le casting. On est à chaque fois servi avec Wes Anderson qui emporte ici une partie de sa fidèle troupe (Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Frances McDormand, Bob Balaban, Edward Norton, Adrien Brody...) et y intègre quelques nouveaux éléments dont Benicio Del Toro, Timothée Chalamet, Elisabeth Moss et surtout la jeune et épatante Lyna Khoudri.

* Les décors. C'est à Angoulême que le cinéaste a trouvé son "Ennui-sur-Blasé", une charmante ville de vieille France, entre Paris et la province. Le sens du détail est toujours présent.

* La mise en scène. On ne change pas une formule qui gagne (ou agace), avec ces cadrages et mouvements subtilement étudiés, filmant des comédiens au geste juste et millimétré, tous plus expressifs les uns que les autres. Sans oublier un peu d'animation.

* Le scénario. Wes Anderson a déjà offert des films à chapitres mais celui-ci est le plus morcelé. Ce n'est pas un livre mais donc un magazine que l'on feuillette et chaque article est présenté tel un véritable court-métrage tellement les histoires sont diverses et variées. Les deux derniers sont particulièrement réjouissants.

* La bande originale. De nouveau un film sans tubes ou pépites pop-rock, mais un virevoltant Alexandre Desplat à la baguette.

* L'humour. On ne sort pas de l'univers pince-sans-rire et du comique de situation hautement visuel de Wes Anderson.

J'aime pas :

* On peut reprocher que toutes les saynètes ne soient pas de la même durée et que la moins drôle (le peintre prisonnier) soit la plus longuette.

C'est certes un peu un "best of" de son style que nous propose Wes Anderson avec "The French Dispatch", mais c'est surtout un hommage touchant au journalisme et à la France. Doublement merci.

vendredi 4 mars 2022

The Woman in the window (2021)

Voici donc l'hommage de Netflix cette fois à "Fenêtre sur cour", signé Joe Wright, bien plus connu que son homologue d'Amazon. Autre petite nuance : ce film-ci, au gros casting, devait bien sortir en salles, mais la pandémie l'en a empêché. Heureusement pour les spectateurs.

L'histoire est celle d'Anna Fox (Amy Adams, très bien), psychologue new-yorkaise souffrant d'agoraphobie. Recluse chez elle, son seul contact avec l'extérieur est ce qu'elle voit par la fenêtre. Elle observe ainsi ses voisins d'en face : Alistair (Gary Oldman, correct) et Jane Russell (Julianne Moore, bien), et leur fils Ethan (Fred Hechinger, pas mal). Un soir, Anna, qui s'est liée d'amitié avec Jane, est témoin, via sa fenêtre, du meurtre de cette dernière, mais elle ne voit pas le meurtrier. Elle appelle la police, mais celle-ci lui rend visite avec la famille Russell en pleine forme. Sauf que Jane n'est plus la même femme...

J'aime :

* Le casting. Il y a du beau monde, mais c'est surtout Amy Adams qui est largement mise en valeur et offre une prestation plus que satisfaisante. On ne voit pas assez les autres stars.

J'aime pas :

* Le scénario. Non seulement on a une sérieuse impression de déjà vu, mais il est aussi rempli de petits détails agaçants dans son déroulement. 

* La mise en scène. Je n'aime généralement pas les huis-clos et ici, contrairement à "The Voyeurs", on est constamment enfermé dans la sombre maison d'Anna Fox et on devient aussi névrosé qu'elle.

Joe Wright a sans doute signé avec "The Woman in the window" l'un de ses pires films alors qu'il était plutôt prometteur. C'est ni original ni haletant, mais ennuyeux et énervant.

mercredi 23 février 2022

The Voyeurs (2021)

L'an dernier, chacune des deux principales plates-formes de streaming a sorti son petit thriller rendant hommage à "Rear Window". Aucun des deux ne m'a convaincu. On commence par celui d'Amazon, dirigé par l'inconnu Michael Mohan.

L'histoire se déroule à Montréal, où le jeune couple formé par les Américains Pippa (Sydney Sweeney, pas mal) et Thomas (Justice Smith, pas mal aussi) vient d'emménager. De leur appartement, ils peuvent observer celui en face, en contreplongée, d'un autre couple dont ils vont commencer à suivre la vie mouvementée avec assiduité (notamment les ébats adultérins de monsieur, photographe de mode) jusqu'au drame...

J'aime :

* Le casting. L'aspect érotique du film imposait d'y intégrer de belles personnes et on peut dire que nous sommes servis, tant côté féminin que masculin. 

* L'environnement. On est content que l'histoire se déroule à Montréal même si l'on ne voit jamais la ville.

* La mise en scène. C'est plutôt bien maîtrisé par notre cinéaste, notamment l'aspect huis-clos que j'apprécie rarement, mais qui n'est ici jamais étouffant.

J'aime pas :

* Le scénario. Sans doute pour convaincre le spectateur que son oeuvre est moins prévisible que prévu, Michael Mohan la conclut par un dénouement fort et inattendu. Mais il arrive après des longueurs et surtout de nombreux éléments aussi absurdes que grandiloquents (la manière dont Pippa et Thomas vont écouter les conversations en face est un must).

Détrompez-vous, j'ai mis plus d'éléments positifs, mais ils ne sont rien à côté des ratés du scénario qui m'ont fait lever les yeux au ciel de nombreuses fois. Pas totalement mauvais, mais difficilement crédible et une fin qui traîne en longueur.

jeudi 10 février 2022

Nomadland (2021)

"Nomadland" a propulsé la jeune Chloé Zhao sous les projecteurs hollywoodiens avec trois Oscars à la clé. Mérité.

L'histoire, qui se déroule en 2011, est celle de Fern (Frances McDormand, formidable), qui doit se résoudre à quitter sa bourgade du Nevada après la fermeture de son usine, unique employeuse de la région. Veuve, elle se résout à s'acheter un van et à débuter une vie de nomade, sur les routes américaines, vivant de boulots piochés au gré de ses déplacements.

J'aime :

* Le casting. Frances McDormand confirme une fois de plus tout son talent, se fondant parfaitement dans ce personnage de nomade économique qui poursuit son chemin inexorablement malgré les ennuis mécaniques ou les appels de sa famille à se sédentariser. A noter la présence de nombreux nomades "réels" dans les seconds rôles.

* La mise en scène. Elle est très sobre, il y a beaucoup de silence, de vide, apporté aussi par ces vastes horizons déserts, ainsi qu'un attachement aux petits détails de cette vie hors du temps et des sentiers battus.

* Le scénario. Au fur et à mesure que le film avance, il n'y a plus trop de destination, même pour le spectateur. C'est particulier mais c'est parce que Chloé Zhao apporte un regard presque documentaire (via notamment l'utilisation de personnages réels). Cela a déplu à certains. Au contraire, je trouve que le côté docu-fiction fait justement la force de son oeuvre, on se rend compte que tout cela existe et on essaye de comprendre la motivation de ces personnes. La cinéaste ne l'explique pas tellement, tout comme elle n'apporte aucun jugement sur ce qui a pu mener ces gens sur la route. Ce serait trop simple, à nous de nous forger notre propre opinion.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier à faire.

Je me suis laissé guider comme beaucoup avec intérêt et même fascination dans ce "Nomadland" porté magnifiquement par Frances McDormand. Un film différent d'une grande cinéaste en devenir.

samedi 29 janvier 2022

Gravity (2013)

Peu de films, mais une pluie d'Oscars pour le cinéaste mexicain Alfonso Cuarón, dont cette oeuvre spatiale. C'est plutôt mérité.

L'histoire est celle de trois astronautes en mission de maintenance sur le télescope Hubble. Alors qu'ils sont dans l'espace à effectuer leurs tâches, ils sont menacés par les débris d'un satellite russe ayant été détruit par un missile. Le premier astronaute meurt tandis que les deux autres, le chevronné Matt Kowalski (George Clooney, bien) et la novice Ryan Stone (Sandra Bullock, excellente) parviennent à regagner leur navette. Cette dernière ayant été fortement endommagée, le seul espoir de retour sur Terre pour les deux collègues est de tenter de rejoindre la station spatiale internationale...

J'aime :

* Le casting. Ce n'est ni Sandra Bullock ni George Clooney qui devaient tenir leur rôle à l'origine, mais ils assurent et évidemment encore plus la première, qui a su démontrer ces dernières années tout son talent dans des films plus complexes et dramatiques qu'à l'accoutumée pour elle. C'est un rôle très solitaire, dans des conditions qui n'ont rien de facile, bref un vrai one woman show qu'elle mène avec brio.

* La reconstitution. S'il y a forcément des éléments non réalistes, mais que seuls les experts remarqueront, on ne peut qu'applaudir la minutie avec laquelle Alfonso Cuarón a mis en scène son film : presque un documentaire ! 

* Les effets spéciaux. Ils sont tout aussi impressionnants, alliés à une bande son, souvent des plus silencieuses, qui nous immerge totalement avec les personnages.

* Le scénario. Il n'est pas des plus élaborés au final, mais ce n'est pas le plus important. Il en reste néanmoins à couper le souffle (c'est le cas de le dire).

J'aime pas :

* Pas de reproches spéciaux à faire si ce n'est que j'aurais mieux fait d'éviter de le regarder dans un avion.

"Gravity" a surtout reçu des récompenses techniques, mais au-delà de ces prouesses c'est aussi une oeuvre profondément humaine magnifiée par Sandra Bullock.

lundi 24 janvier 2022

The Guilty (2021)

Depuis quelque temps, les Américains multiplient les remakes des excellents polars scandinaves, séries ou films. C'est encore le cas ici avec à l'origine un long-métrage danois du même nom sorti à peine trois ans plus tôt.

L'histoire est celle de Joe Baylor (Jake Gyllenhaal, très bien), policier en attente de son procès pour avoir abattu un ado. Il a été provisoirement transféré au centre d'appels de la police de Los Angeles. Là il reçoit l'appel d'une jeune femme, Emily (Riley Keough, bien), qui dit avoir été kidnappée par son ex. Joe va alors tout faire pour la secourir à distance...

J'aime :

* Le casting. C'est la force principale du film, avec un Jake Gyllenhaal qui démontre une fois de plus son talent dans un rôle complexe de policier torturé par la culpabilité et décidé à faire le bien aveuglément. Les seconds rôles sont rares mais solides, à l'image de Riley Keough, dont on entend surtout la voix. 

* Le scénario. Il n'est pas follement original (il rappelle beaucoup "The Call", de Brad Anderson), mais suffisamment malin pour nous emmener sur un dénouement inattendu et plein de rebondissements.

* La mise en scène. Elle serait copiée plan sur plan sur celle de l'oeuvre originale, mais elle est en tout cas efficace, avec un résultat bien rythmé et surtout pas trop long (1h30, parfait).

J'aime pas :

* Quelques petites incohérences scénaristiques dont le fait que la victime de l'enlèvement garde son téléphone jusqu'au bout (mais on finit par comprendre pourquoi même si ceci n'explique pas totalement cela).

Je ne suis pas un grand amateur du cinéma d'Antoine Fuqua, mais la copie est ici assez satisfaisante. Peut-être parce qu'il s'agit d'un remake et qu'il n'a été qu'exécutant ?

vendredi 14 janvier 2022

No Time to die (2021)

Et voilà, Daniel Craig a tiré sa révérence avec le 25e épisode de la saga "James Bond". Réalisé par le relativement peu connu et expérimenté Cary Joji Fukunaga, il est néanmoins de bien bonne facture.

L'histoire reprend là où elle avait été laissée, avec un James Bond (Daniel Craig, très bien) à la retraite aux côtés de Madeleine (Léa Seydoux, bof). Alors qu'ils se trouvent à Matera, en Italie, où est enterrée l'ex de l'espion britannique, Vesper Lynd, des membres du Spectre cherchent à les éliminer...

J'aime :

* Le scénario. Il est bien complexe comme il faut avec deux méchants pour le prix d'un grâce au retour de Blofeld et rempli de rebondissements et autres voyages exotiques.

* Le casting. Côté hommes, on sent que Daniel Craig est aussi fatigué que son personnage, mais toujours aussi classe et efficace, tandis que Rami Malek a une bonne gueule de méchant, même si finalement pas des plus charismatiques. Côté femmes, puisqu'elles ont été particulièrement mises en avant, Léa Seydoux manque toujours d'énergie, contrairement à Ana de Armas qui fait jeu égal avec Daniel Craig lors d'une haletante séquence de fusillades. Déception pour Nomi, la remplaçante de James Bond au matricule 007, trop sérieuse et finalement réduite à un rôle de faire-valoir avant de, peut-être, prendre toute la place du "maître".

* Les décors. Nous sommes gâtés, comme toujours, avec notamment, après l'intro, une superbe séquence d'ouverture italienne, ou encore, plus tard, la Jamaïque et la Norvège sauvage.

* L'action. De même, nous sommes rarement déçus de ce côté-là et toutes les scènes de fusillade sont impressionnantes, surtout celles à Matera et Cuba.

J'aime pas :

* La B.O.. Nous parlons plus de la chanson du générique, signée Billie Eilish, qui n'est pas mauvaise, mais aussi ennuyeuse que Léa Seydoux. 

* Le dénouement. Sans le dévoiler, nous avons envie de garder un peu espoir.

"No Time to die" clôt de manière à la fois sombre et spectaculaire le cycle Daniel Craig, qui aura été exemplaire dans le rôle. Ce dernier épisode n'est peut-être pas son meilleur, mais il atteint les standards requis et l'inclusion qu'il fait, que ce soit pour les femmes ou les minorités, ne choque guère. Mission accomplie Mr Bond !

mardi 11 janvier 2022

Pokémon: Detective Pikachu (2019)

Si je ne suis jamais tombé dans la Pokémonmania, j'en suis tout de même légèrement familier et la bande-annonce de cette étonnante adaptation d'un jeu vidéo de Rob Letterman a suffi à m'intriguer et me donner envie de le voir. 

L'histoire est celle Tim Goodman (Justice Smith, fade), qui doit se rendre à Ryme City, ville où humains et Pokémon vivent en harmonie, car son père est annoncé comme décédé. Mails il a disparu dans de mystérieuses circonstances. Ce dernier, policier, était sur une enquête en compagnie d'un Pikachu (voix de Ryan Reynolds, très bien) dont le jeune homme va faire la connaissance à l'appartement de son père. Ils vont alors reprendre ensemble les investigations...

J'aime :

* L'humour. C'est ce qui m'a tout de suite attiré, ce côté "Ted" soft, avec un certain côté adulte dans le comportement des Pokémon, Pikachu en premier lieu, drôle et grinçant.

* L'univers. Il y a du Toonville dans Ryme City, où se côtoient tout à fait normalement humains et Pokémon. 

* Les effets spéciaux. Tout ne serait pas aussi "normal" si les effets spéciaux ne suivaient pas et c'est ici largement le cas. Rob Letterman a l'avantage d'avoir travaillé avant tout sur des dessins animés.

* Le casting. Si Justice Smith manque vraiment d'épaisseur, il est heureusement épaulé par un Pikachu doublé par un énergique Ryan Reynolds (et les autres Pokémon sont plutôt marrants). Mention aussi à Kathryn Newton, dans le rôle d'une jeune reporter intrépide qui va leur donner un coup de main dans leur enquête.

J'aime pas :

* Le scénario. Si l'histoire débute plutôt bien avec l'apprentissage à se connaître des deux héros et les premiers pas de l'enquête, le tout vire ensuite au grand pataquès, avec profusion de combats et au final, moins d'humour et beaucoup d'ennui.

Il y a des films comme ça, dont la bande-annonce offre beaucoup de promesses non récompensées. C'est le cas de ce "Detective Pikachu" qui ne me donnera donc toujours pas envie de me mettre aux Pokémon.

mercredi 5 janvier 2022

BlacKkKlansman (2018)

J'étais intrigué par cette histoire inédite et incroyable - mais vraie - dont Spike Lee s'est emparé dans le contexte d'une Amérique trumpiste qui tombait bien.

Les faits se déroulent à la fin des années 1970 à Colorado Springs. L'intégration de Ron Stallworth (John David Washington, très bien), premier policier noir de la ville, n'est pas des plus faciles et il obtient de travailler sur la surveillance des mouvements noirs locaux. Mais c'est en tombant par hasard sur une annonce dans le journal qu'il décide de postuler pour le Ku Klux Klan. Sa couverture "blanche" sera son collègue juif Flip Zimmerman (Adam Driver, pas mal). Une seconde mission parallèle d'infiltration peut commencer...

J'aime :

* Le casting. Premier grand rôle pour le fils aîné de Denzel Washington, John David, qui assure comme il faut, épaulé par un Adam Driver plus détaché, mais la paire fonctionne bien. Les seconds rôles sont eux aussi tout à fait satisfaisants.

* La reconstitution. Costumes, coiffures, décors, l'ambiance 1970's est soignée. 

* La bande originale. On peut toujours compter sur une playlist de qualité lorsque l'on aborde les 1970's, Spike Lee n'avait que l'embarras du choix et récolte même un inédit de Prince.

* Le scénario. Si on a du mal à croire à cette ubuesque histoire, elle est bien menée et nous accroche jusqu'au bout sur un rythme effréné.

J'aime pas :

* Spike Lee veut clairement faire passer un message politique et contre le racisme aux Etats-Unis (à l'image de la séquence contemporaine finale), mais "BlacKkKlansman" n'est pas sans humour, avec parfois des airs de buddy movie. On sent ainsi une certaine ambivalence pas claire. 

L'avant-dernier film de Spike Lee n'est sans doute pas son meilleur, mais il montre que le cinéaste est toujours forme et plus grinçant que jamais pour critiquer les tares de son pays.