jeudi 16 décembre 2021

OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire (2021)

On savait que ce troisième épisode tant attendu d'OSS 117 serait forcément moins bien que les précédents car Michel Hazanavicius a laissé sa place derrière la caméra à Nicolas Bedos. Mais on avait quand même un petit espoir. 

Nous retrouvons ce cher OSS 117 (Jean Dujardin, très bien) une dizaine d'années après ses aventures brésiliennes. A la suite de nouvelles péripéties en Afghanistan, il est consigné au service informatique des services secrets où il finit par bien se plaire. Mais il va devoir retrouver le terrain alors que l'un de ses jeunes collègues, OSS 1001 (Pierre Niney, pas mal), a disparu dans un pays d'Afrique de l'Ouest...

J'aime :

* Le casting. On aurait pu s'attendre à un défilé de stars pour cet épisode tourné bien après le précédent et il n'en est rien. En dehors de Jean Dujardin et Pierre Niney, cela fleure bon le second rôle solide et efficace. Et notre duo de choc mal assorti assure plutôt bien, avec un personnage d'OSS 1001 qu'on apprécie mieux au fur et à mesure du film tandis qu'0SS 117, bien qu'ayant passablement vieilli, reste fidèle à lui-même et ne déçoit pas.

* La mise en scène. Nicolas Bedos a plutôt bien respecté les codes de la saga, en s'adaptant aux films d'action de l'époque, tout en les singeant. 

* La reconstitution. Elle est forcément un peu caricaturale de l'Afrique, mais elle est assez soignée et fidèle à l'ambiance (notamment aussi dans la partie française).

J'aime pas :

* Le scénario. Contrairement aux deux épisodes précédents qui avaient un minimum de complexité pour ne pas s'appuyer que sur les gags, celui-ci est loin d'être passionnant, trop attendu sur le contexte proposé, avec peu de rebondissements.

* L'humour. L'époque a changé et choisir l'Afrique comme lieu de chute offrait un double risque pour le scénariste, Jean-François Halin. Malheureusement, contrairement à ses deux scripts précédents, il est passé totalement à côté de la subtilité. De plus, son astuce consistant à compenser les énormités sorties par OSS 117 par le mépris des autres personnages ne fonctionne pas car la ficelle est trop grosse. 

La déception annoncée pour ce troisième OSS est bien au rendez-vous, mais on reste fidèle à ce fabuleux personnage qui nous permet de trouver quelques bons côtés au film, avec un divertissement tout de même réussi.

mercredi 8 décembre 2021

Splash (1984)

Troisième film mais premier succès commercial de Ron Howard, "Splash" est une autre oeuvre culte ailleurs (je ne l'ai jamais vue passer à la télévision française) que je découvre sur le tard. Pas bien convaincu non plus.

L'histoire est celle d'Allen Bauer (Tom Hanks, bien) qui, enfant, a été sauvé par une jeune sirène alors qu'il s'était jeté en mer au large de Cape Cod. Des années plus tard, devenu adulte mais ne sachant toujours pas nager, la même mésaventure lui arrive au même endroit et la même sirène (Daryl Hannah, très bien), adulte elle aussi, vient de nouveau à sa rescousse. Mais cette fois, elle compte bien passer plus de temps avec lui...

J'aime :

 * Le casting. On a une petite bande sympa d'acteurs. Outre le jeunot et frais Tom Hanks et la sculpturale Darryl Hannah, les rôles secondaires sont tenus par John Candy (dans celui du frère encombrant d'Allen) et Eugene Levy (dans celui du "méchant").

* L'idée originale. Elle était excellente, donnant lieu à de nombreuses scènes comiques. 

* Les effets spéciaux. Produit par Disney, le film dispose de gros moyens et ainsi de jolis et convaincants effets visuels, encore maintenant.

J'aime pas :

 * Le scénario. Si les premiers pas de la sirène à New York sont plutôt drôles, la suite devient à la fois trop sérieuse et trop romantique, nous plongeant dans l'ennui. 

"Splash" n'est pas si daté que cela et plutôt attractif au départ, mais j'ai fini par m'en lasser assez rapidement. Il faudra que je réessaye.

mercredi 1 décembre 2021

The Lie (2020)

Encore un film Amazon. Remake d'un long-métrage allemand, on pensait pouvoir faire confiance à Veena Sud, qui avait dirigé avec succès une autre reprise, celle de la série "The Killing". Eh bien non, mauvaise pioche cette fois-ci.

L'histoire est celle d'un couple divorcé, Rebecca (Mireille Enos, pas mal) et Jay (Peter Sarsgaard, pas mal aussi), et de sa fille Kayla (Joey King, insupportable), dont la vie va être profondément perturbée lorsque cette dernière s'accuse du meurtre d'une de ses amies. Plutôt que de la dénoncer, ses parents choisissent de la protéger...

J'aime :

* Le casting. Si on a du solide pour le couple parental, c'est vraiment plus compliqué pour leur fille ou du moins le personnage qui lui a été écrit, déconcertant et laissant trop d'indices sur le dénouement. 

* L'idée de départ. Sur le papier, l'histoire donnait envie, mais son déroulé est particulièrement irritant, on va y revenir.

J'aime pas :

* Le scénario. Rien de pire que ces films où non pas un mais tous les personnages prennent tout le temps les mauvaises décisions, enlevant la dernière once de réalisme. Cela donne une histoire grotesque qui, pire, accouche d'une souris. On a vraiment maudit le dénouement.

* Les décors. Non seulement ils donnent froid, mais en plus, à aucun moment on sait où l'histoire se passe. C'est certes un détail, mais cela donne encore plus l'impression de voir un film sans personnalité.

Film de série des productions "Blumhouse", "The Lie" est donc une belle perte de temps, qui ne donne même pas envie de voir sa version originale allemande. Nul.

vendredi 26 novembre 2021

Bliss (2021)

C'est surtout pour son casting principal (Salma Hayek et Owen Wilson) que j'ai eu envie de voir ce film du jeune Mike Cahill sorti sur Amazon. Bien mal m'en a pris. 

L'histoire est celle de Greg Wittle (Owen Wilson donc, qui fait le job), récemment divorcé et qui passe son temps à dessiner au bureau. Lorsque son patron le convoque pour le renvoyer, Greg le tue accidentellement. Il se réfugie ensuite dans un bar en face de son bureau, où il rencontre une étrange femme, Isabel (Salma Hayek, perchée), qui le convainc qu'il ne fait pas partie du monde réel et l'invite à entrer dans son monde...

J'aime :

* Le casting. Owen Wilson colle bien avec ce personnage de doux rêveur qui subit les événements, cachant en lui, comme dans la vie réelle finalement, des maux profonds. Salma Hayek est un peu plus caricaturale en gitane mystique, mais le duo fonctionne plutôt bien.

J'aime pas :

* Le scénario. Mystifier autant le personnage principal que le spectateur jusqu'à ce qu'il comprenne au final de quoi il retournait est un procédé habile et apprécié, sauf qu'ici, on ne saisit rien ou presque de bout en bout. 

* Le rythme. Non seulement nous sommes perdus, mais en plus, le film met du temps à démarrer (démarre-t-il seulement vraiment ?) et nous ennuie bien vite. 

* Les décors. Une grande partie se déroule dans un Los Angeles froid et sans âme, à l'image du film.

Réalisateur d'oeuvres mêlant philosophie et science-fiction, Mike Cahill est allé très loin dans les méandres de son cerveau, mais il nous laisse ici au bord de la route, incapables de prendre le même itinéraire que lui. Dommage.

lundi 15 novembre 2021

Coming 2 America (2021)

Puisqu'il faut toujours que les films cultes aient un remake ou une suite à un moment donné, Eddie Murphy a remis plus de 30 ans après son costume de "Prince à New York". Le peu connu Craig Brewer succède à John Landis derrière la caméra et c'est encore pire que le premier épisode.

L'histoire est toujours celle du prince Akeem (Eddie Murphy, plus en forme dans ses autres rôles du film) qui a deux problèmes majeurs à régler. Le premier, c'est une guerre à éviter avec le pays voisin dirigé par l'infâme général Izzi (Wesley Snipes, grotesque), qui lui en veut de ne pas avoir épouser sa soeur trente ans plus tôt (Akeem avait préféré chercher l'amour à New York, sujet du premier film). Le second, c'est que son père est sur le point de mourir, qu'il va lui succéder sur le trône mais qu'il n'a lui-même que des filles, or, il lui faut un héritier mâle. Heureusement, un fils illégitime est découvert à New York. C'est donc reparti pour un tour...

J'aime :

* Le casting. C'est en général principalement pour cela qu'on regarde ces suites ratées réalisées des années après. Et ils sont tous là ou presque, d'Eddie Murphy à Arsenio Hall, en passant par Shari Headley, James Earl Jones ou encore John Amos. Et avec en plus ici Leslie Jones et Wesley Snipes. Sans doute beaucoup trop de monde.

J'aime :

* Le scénario. Le royaume de Zamunda est cette fois bien plus mis en avant que dans le premier épisode, avec des allers-retours à New York qui rendent l'affaire bien alambiquée et au final bien ennuyeuse. 

* Les décors. Pour Zamunda, ils sont plus élaborés qu'il y a trente ans, mais ils restent assez moches, se servant toujours des mêmes clichés sur l'Afrique. 

* L'humour. Il est complètement réchauffé, les personnages paraissant encore plus caricaturaux, notamment Wesley Snipes qui en fait des caisses. 

On pressent souvent le pire de ces suites de comédies à succès, surtout aussi longtemps après. Et on a ici le parfait exemple avec un Eddie Murphy fatigué (son dernier film réussi remonte à une éternité) qui ramène sa certes joyeuse bande mais pour un show lourd et sans intérêt. Heureusement qu'il n'a pas pu sortir en salles.

mercredi 10 novembre 2021

Coming to America (1988)

C'est sur le tard que j'ai vu ce film culte aux Etats-Unis, mais aussi notamment au Brésil, alors que chez nous pas tellement j'ai l'impression vu le peu de rediffusions. Eddie Murphy était au sommet de sa gloire, comme souvent avec John Landis derrière la caméra, mais il ne m'a pas tellement convaincu.

L'histoire est celle d'Akeem (Eddie Murphy, plus sobre que d'habitude), prince du pays fictif africain de Zamunda. Alors que ses royal parents ont déjà organisé son mariage, le jeune homme refuse, préférant trouver le véritable amour. Pour cela, il se rend à New York où il se fait passer pour un homme modeste, espérant ainsi rencontrer une personne qui ne veuille pas de lui juste pour son argent...

J'aime :

 * Le casting. Ce n'est clairement pas avec le rôle d'Akeem qu'Eddie Murphy s'éclate mais plutôt avec les autres, mineurs, qu'il interprète grimé (ce qu'il fera dans d'autres films par la suite). A ses côtés, Arsenio Hall (qui joue Semmi, son assistant) est heureusement bien plus drôle et l'imite en se déguisant en plusieurs personnages. Si Shari Headley, dans le rôle de Lisa, convoitée par Akeem, est loin d'être inoubliable (et ne fera d'ailleurs rien de très notable par la suite), le reste de la troupe est solide avec notamment James Earl Jones, John Amos, Eriq La Salle ou encore Samuel L. Jackson.

* L'humour. Si la romance est prévisible, on va y revenir, la comédie est plutôt plaisante avec un comique de situation sur ce "prince à New York" qui ne connaît pas du tout les moeurs locales et puis donc grâce aux facéties de Semmi.

J'aime pas :

* Le scénario. Si le film a été un grand succès populaire, il a été démonté par la critique qui jugeait Eddie Murphy fade, le préférant dans ses rôles plus énergétiques, et que l'histoire d'amour d'Akeem et Lisa était totalement téléphonée, sans originalité. Eh bien je suis entièrement d'accord.

C'est donc largement plus aux situations comiques de "Coming to America" que l'on s'accroche plutôt qu'à son histoire à l'eau de rose courue d'avance. Mais la suite sera encore pire...

vendredi 29 octobre 2021

Notting Hill (1999)

C'est toujours un plaisir que de revoir ce grand classique de la comédie romantique britannique, signé Roger Michell (mais surtout du scénariste Richard Curtis).

L'histoire se déroule, comme le titre du film l'indique, dans le cossu quartier londonien de Notting Hill où William Thacker (Hugh Grant, plus Hugh Grant que jamais) tient une petite librairie. Un jour débarque à l'improviste Anna Scott (Julia Roberts, plus Julia Roberts que jamais), star de Hollywood. Le courant passe rapidement et à la suite d'un concours de maladresse, une idylle improbable et mouvementée va alors naître entre les deux...

J'aime :

* Le scénario. On retrouve donc la patte toute britannique de Richard Curtis, qui confirmait son talent après notamment "Four weddings and a funeral", où Hugh Grand s'amourachait déjà d'une Américaine, et avant "Bridget Jones" et "Love Actually". C'est à la fois drôle et charmant, avec des personnages attachants et une romance jamais mielleuse. 

* Le casting. Le duo Roberts-Grant fonctionne à merveille, elle si américaine, belle et imposante, lui si britannique, mignon et gauche, chacun dans un registre dans lequel ils excellent. Et on n'oublie pas de très bons seconds rôles dont l'hilarant Rhys Ifans en tête, dans le rôle du colocataire embarrassant de William.

* L'humour. Le flegme britannique et le pragmatisme américain se percutent à merveille ici, tout comme évidemment la rencontre entre deux mondes totalement opposés (la vedette de cinéma et le modeste libraire) avec de nombreuses scènes comiques et touchantes. 

* Les décors. Le film a sans nul doute contribué à faire exploser le tourisme (et les loyers !) dans ce quartier si authentique de Londres.  

J'aime pas :

* Il y a quand même quelques longueurs dans ces allers-retours incessants d'Anna et William, surtout vers la fin, faisant perdre le rythme du film.

"Notting Hill" fait partie de ces grandes comédies romantiques des années 1990 qui n'a pas pris une ride grâce au talent de son écriture et de ses comédiens parfaitement taillés pour leur rôle. On se dit qu'ils n'ont pas vraiment été remplacés depuis.

lundi 25 octobre 2021

Blow Out (1982)

J'ai découvert ce film de Brian De Palma par hasard lors d'un passage télévisé. Et quelle bonne surprise ! 

L'histoire se déroule à Philadelphie où Jack (John Travolta, très bien) travaille comme ingénieur du son pour des films de série Z. Alors qu'il va de nuit près d'une rivière enregistrer de nouveaux sons pour sa collection, il assiste à un accident de voiture, le véhicule finissant au fond de l'eau. Le jeune homme se jette alors pour sauver ses occupants et ne peut en retirer qu'une jeune femme, Sally (Nancy Allen, pas mal). Cette dernière, prostituée, accompagnait le gouverneur de l'Etat et candidat à la présidentielle, qui décède dans l'accident. Mais en réécoutant son enregistrement, Jack se rend compte que quelqu'un a tiré sur le pneu de la voiture avant qu'elle ne tombe dans la rivière...

J'aime :

* Le scénario. Le point de départ de l'histoire, inspiré par le "Blow Up" de Michelangelo Antonioni (avec du son au lieu d'une photo), est follement original et suit une croisade de longue haleine pour que les deux personnages principaux fassent enfin éclater la vérité. Le tout conclu par un dénouement des plus inattendus, sur fond de feux d'artifice, en ligne finalement avec l'esprit que Brian De Palma a voulu insuffler à son film.

* Le casting. Un rôle différent pour le John Travolta des jeunes années, mais qui tient la route et forme un bon duo avec Nancy Allen. John Lithgow est déjà un méchant épatant. 

* L'environnement. Toujours un plaisir de changer des grandes villes américaines habituelles, ici Philadelphie. 

* L'ambiance. Outre "Blow Up", il y a du Hitchcock dans "Blow Out", mais aussi et surtout un autre hommage aux films "complotistes" des années 1970, et c'est particulièrement efficace.

J'aime pas :

* Pas de reproches particuliers à faire.

"Blow Out" n'aura pas fonctionné commercialement (mais heureusement De Palma enchaînera avec "Scarface" dans la foulée), ce qui est bien dommage, car il a beaucoup de mérites, que la critique, au moins, continuer de saluer encore aujourd'hui.

jeudi 23 septembre 2021

The Lost City of Z (2017)

J'aime beaucoup James Gray dont mon film préféré reste "Two Lovers", dont j'avais parlé ici même (pas encore des autres que j'ai vus et pas vus, mais cela viendra bien un jour). J'avais, à mon grand regret, raté son avant-dernier film en date, "The Lost City of Z" donc, mais j'ai réussi à finalement capté une diffusion télévisuelle et il a su me plaire aussi. 

L'histoire est vraie et c'est celle de l'explorateur britannique Perry Fawcett (Charlie Hunnan, pas mal). Au début du 20e siècle, ce militaire reconnu a été envoyé dans la forêt amazonienne, entre le Brésil et la Bolivie, afin de cartographier la région. Il en revient persuadé qu'une ancienne civilisation y a vécu, un mystère qui le hantera toute sa vie...

J'aime :

* Le scénario. Après ses histoires new-yorkaises assez noires, James Gray a effectué une transition vers les grandes fresques historiques avec "The Immigrant", toujours à New York, puis ce "Lost City of Z". Cela n'a plus rien à voir avec la Grosse Pomme, mais cela reste passionnant. Histoire vraie, exploration, aventures... tout ce que j'aime ! 

* Les décors. Que ce soit au coeur de la jungle amazonienne, dans les salons londoniens ou encore les tranchées de la Première Guerre mondiale, ils sont à la fois majestueux et raffinés. Une très riche reconstitution.

* La photographie. Signée du très expérimenté Darius Khondji, elle donne une facture très classique au film, mais très jolie aussi. 

* Le casting. Charlie Hunnan n'était pas le premier choix dans le rôle principal et on le sent un peu coincé, même s'il n'est pas mauvais pour autant, juste sans grande saveur. Mais il est entouré d'excellents seconds rôles, tels Sienna Miller, Robert Pattinson ou encore Angus Macfadyen.

J'aime pas :

 * C'est peut-être un peu long (2h20), mais difficile de condenser plus une telle épopée, qui prend son temps et qui reste fascinante. Et puis il y a donc ce premier rôle un peu fade.

Je n'ai donc pas été tellement déçu de "The Lost City of Z", confirmant toujours plus James Gray comme un cinéaste qui compte aux Etats-Unis. Et c'est un film qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans l'histoire de Perry Fawcett.

mercredi 8 septembre 2021

Borat Subsequent Moviefilm (2020)

Le premier "Borat" est la seule facétie de Sasha Baron Cohen que j'ai vue jusqu'à présent et elle m'avait bien plu. J'étais ainsi très curieux de voir la suite, sortie 14 ans plus tard et signée Jason Woliner. Hélas...

L'histoire est compliquée à expliquer car complètement barrée une fois de plus. Mais, pour résumer, notre cher Borat (Sasha Baron Cohen, lourdingue) est de retour aux Etats-Unis, cette fois accompagné de sa fille, Tutar (Maria Bakalova, très bien). Son objectif est de rencontrer le vice-président américain Mike Pence. La quête est évidemment semée d'embûches...

J'aime :

* Le malaise. Particulièrement quand il est créé par Borat et/ou sa fille dans des situations qui paraissent bien réelles. Et on peut tirer notre chapeau à Sasha Baron Cohen pour être parvenu à "piéger" Rudy Giuliani.

* Le casting. Le hic principal est que le personnage de Borat étant désormais immensément connu, il n'existe finalement plus vraiment dans cet épisode, Sasha Baron Cohen étant obligé de se déguiser en autre chose et de laisser sa "fille" mener le bal. Mais heureusement, cette dernière est une sacrée trouvaille et crève l'écran, justement récompensée d'ailleurs.

J'aime pas :

* Le scénario. Ce deuxième épisode est justement bien trop scénarisé comparé au premier et c'est loin d'être passionnant. Il y a ici, j'ai l'impression, bien plus de séquences de comédie (souvent lourdes et pas drôles) et moins avec des personnes réelles, qui plus est bien réchauffées. 

* Le rythme. Le film est en plus plutôt lent et par moments franchement ennuyeux.

La suite de "Borat" est donc bien décevante, ne captant plus - assez logiquement vu le succès du premier - l'authenticité et la fraîcheur du premier. Heureusement qu'il n'a eu le droit qu'à une sortie sur Amazon Prime.

vendredi 27 août 2021

Le Sens de la fête (2017)

Je n'avais jamais entendu parler de ce film d'Eric Toledano et Olivier Nakache, l'un des derniers de Jean-Pierre Bacri. Il a été diffusé lors d'un hommage à ce dernier, une agréable surprise.

L'histoire est celle de Max (Jean-Pierre Bacri, excellent même si on l'imaginait pas trop dans ce rôle), qui officie à l'organisation d'un fastueux mariage dans un château. Evidemment, entre un DJ ringard (Gilles Lellouche, bien), un photographe fainéant (Jean-Paul Rouve, marrant) et une brigade de serveurs à cran, sans oublier les mariés, surtout monsieur, particulièrement exigeants, c'est la pagaille...

J'aime :

* Le casting. Autour d'un Jean-Pierre Bacri toujours aussi étincelant (bien que clairement sur le déclin), toute une foule de seconds rôles très solides : Jean-Paul Rouve et Gilles Lellouche bien entendu, mais aussi Vincent Macaigne, Eye Haïdara, Alban Ivanov ou encore Benjamin Lavernhe.

* Le scénario. Certes, l'histoire se concentre, tel un huis-clos, sur le mariage et on se doute que rien ne se passera comme prévu, mais le duo Toledano-Nakache est suffisamment bon pour instaurer un rythme enjoué et placer ses personnages, tous attachants, dans des situations dont on a envie de connaître l'issue. Habile mélange également de séquences de rire et d'émotion.

* L'humour. Si certains gags sont un peu téléphonés car reprenant les clichés des mariages (le DJ est forcément la caricature attendue par exemple), on rit souvent, particulièrement avec le personnage de Jean-Paul Rouve, très en forme, nous rappelant son époque "Robin des bois".

* La photographie. Signée David Chizallet, elle nous offre quelques très beaux moments de grâce, notamment lors des scènes nocturnes.

J'aime pas :

* Point de reproche particulier à faire ! 

Très jolie découverte pour moi donc que ce "Sens de la fête" qui confirme qu'Eric Toledano et Olivier Nakache sont des cinéastes qui comptent pour la comédie française, avec une nouvelle fois une oeuvre originale. Ce qui fait bien plaisir !

vendredi 13 août 2021

On connaît la chanson (1997)

Juste avant de réaliser son premier long-métrage, Agnès Jaoui cosignait avec Jean-Pierre Bacri le scénario de ce merveilleux film d'Alain Resnais. L'une de mes oeuvres françaises préférées.

L'histoire suit, à Paris, une galerie de personnages, tous liés aux autres. Camille (Agnès Jaoui, bien) s'apprête à passer sa thèse. Elle est en couple avec Marc (Lambert Wilson, très bien), agent immobilier tyrannique qui mène la vie dure à son employé Simon (André Dussollier, adorable), qui aime aussi Camille en secret. Pendant ce temps-là, le couple d'Odile (Sabine Azéma, drôle comme tout), la soeur de Camille, bat de l'aile. Son mari, Claude (Pierre Arditi, sobre), la trompe, tandis que Nicolas (Jean-Pierre Bacri, excellent), un ancien amant d'Odile, revient à Paris...

J'aime :

* L'idée. Le procédé (faire chanter aux acteurs des morceaux connus en playback) n'est pas complètement inédit puisqu'Alain Resnais s'est inspiré d'un Britannique qui faisait cela trente ans plus tôt. Néanmoins, il est suffisamment rare (et au moins inédit en France) pour que cela suffise à qualifier le film de follement original. 

* Le casting. La plupart des comédiens font partie de la bande d'Alain Resnais et sont vraiment tous formidables dans leur ensemble. J'aime particulièrement Dussolier, Bacri et Azéma. 

* La bande originale. La playlist propose un véritable best of de la variété française des années 1930 aux années 1990 avec évidemment un attachement à ce que le thème de la chanson corresponde à la situation du film. Et il y a beaucoup de bonnes choses. 

* Le scénario. Signé du duo Jaoui-Bacri, il propose un véritable vaudeville sentimental et immobilier, relativement simple, dans Paris.

* L'humour. Comme toujours avec nos deux acolytes, c'est sans doute un peu élitiste, mais subtil et cela passe avant tout par les dialogues. A l'image de la mise en scène d'Alain Resnais, très théâtrale (mais fine). Ici il y a en plus l'interprétation (en playback donc) des morceaux qui ajoute à la drôlerie.

J'aime pas :

* Je ne vois rien à reprocher.

Pour tout cela, "On connaît la chanson" a été un coup de coeur pour moi à sa sortie et depuis, je ne m'en lasse pas. Et je suis même étonné que son procédé génial n'ait pas été réutilisé depuis ailleurs. Tant mieux dans un sens.

jeudi 5 août 2021

Le Goût des autres (2000)

J'avais déjà tenté de regarder le premier film d'Agnès Jaoui, sans arriver à accrocher. J'ai réessayé, allant cette fois jusqu'au bout, confirmant que ce n'est pas trop mon genre, même si c'est une excellente oeuvre.

L'histoire est celle de l'entrepreneur Jean-Jacques Castella (Jean-Pierre Bacri, bien) qui, à l'occasion de la signature d'un gros contrat avec des Iraniens, va se voir affubler d'un garde du corps, Franck (Gérard Lanvin, pas mal), en plus de son chauffeur, Bruno (Alain Chabat, sobre). Il doit aussi prendre des cours d'anglais. Mais, sans motivation, il renvoie sa professeure, Clara (Anna Alvaro, bien aussi). Le chef d'entreprise la retrouve néanmoins sur scène, dans une pièce de théâtre dans laquelle joue sa nièce. Subjugué, il tombe amoureux d'elle et entreprend tout pour la revoir...

J'aime :

* Le casting. C'est l'une des forces du film, une jolie troupe qui joue juste, menée par un Jean-Pierre Bacri toujours aussi bon, qui dévoile ici une facette tendre et maladroite, surpassant le côté blasé et grincheux. A noter aussi la présence de la propre réalisatrice, Agnès Jaoui, dans un rôle de serveuse-dealeuse. Et enfin petite mention pour Gérard Lanvin, certes dans un rôle de garde du corps, mais dans un registre bien différent de ce qu'il fait d'habitude. 

* Le scénario. On est dans le film d'auteur français typique, avec une histoire relativement banale, mais qui met subtilement en perspective ces différences de classe, d'univers, qui se rencontrent et s'entrechoquent avant de s'apprivoiser et de s'adapter l'une à l'autre. Le tout servi par une mise en scène très sobre, où les dialogues sont rois. 

* L'humour. Ce sont des situations, des dialogues, c'est fin et drôle, à l'image du film.

* L'environnement. J'apprécie toujours que des films se déroulent ailleurs qu'à Paris. Ici, c'est à Rouen. Content.

J'aime pas :

* Le rythme. C'est évidemment la contrepartie du genre, on avance doucement, souvent en se demandant si on en verra le bout. C'est lent, il faut s'y faire. Ajouté à cela des décors assez simples et donc austères qui plombent parfois un peu la fantaisie.

"Le Goût des autres" est assurément une oeuvre marquante d'Agnès Jaoui (et de Jean-Pierre Bacri), dont on fait l'éloge de beaucoup de choses, mais il faut arriver à rentrer dedans. Et ce n'est pas forcément simple.

mercredi 28 juillet 2021

Didier (1997)

C'est toujours un régal de revoir le premier film d'Alain Chabat, même si certains éléments ont passablement vieilli...

L'histoire est celle de Didier, le chien d'Annabelle (Caroline Cellier, très peu à l'écran) qu'elle confie à son ami Jean-Pierre (Jean-Pierre Bacri, au sommet de son art) le temps de ses vacances. Sauf que durant la nuit, le Labrador s'est transformé en humain (Alain Chabat, excellent). Après un certain temps d'adaptation, car Didier est toujours un animal dans son esprit, Jean-Pierre, qui est agent de joueurs de football, va tenter de lancer sa carrière sportive...

J'aime :

* Le casting. C'est la grande force du film, particulièrement le duo Chabat-Bacri. Le premier toujours "Nul", le second plus bougon que jamais, surtout dans cette situation surréaliste. On aime aussi la palanquée de seconds rôles "amis", souvent "guests" : les deux autres "Nuls" évidemment, Lionel Abelanski, Josiane Balasko ou même Dieudonné quand il était encore fréquentable.

* Le scénario. Il n'y avait que l'esprit tordu d'Alain Chabat pour trouver une histoire pareille et cela fonctionne à merveille, surtout parce qu'il ne s'embarrasse pas à passer du temps à expliquer cette transformation. On ne connaît pas l'ex-Nul très sportif, mais, même si c'est un peu caricatural, se plonger dans le milieu du foot était une bonne idée. 

* L'humour. On ne rigole pas à tout, on y reviendra, mais entre le talent d'acteur comique d'Alain Chabat (et de Jean-Pierre Barcri évidemment) et de dialoguiste (certains sont restés cultes), on est servi.

J'aime pas : 

* La mise en scène. C'est un premier film donc on peut pardonner évidemment, mais ça se sent parfois, avec aussi des séquences aussi lourdingues qu'inutiles (celles avec les hooligans notamment, la visite chez le patron du club) ou alors qui manquent de moyen comme le match de foot (tourné, comme d'autres parties, un peu comme un dessin animé). Sans oublier un générique franchement daté.

Malgré certains éléments qui ont fait leur temps ou moins drôles, "Didier" reste tout de même une solide comédie française, extrêmement bien jouée, qui nous rappelle combien Alain Chabat est l'un des rares cinéastes originaux actuels dans ce domaine dans l'Hexagone.

mercredi 23 juin 2021

Young Sherlock Holmes (1986)

C'était une époque où les effets spéciaux commençaient à être de plus en plus innovants et où la concurrence à Disney naissait pour proposer de chouettes films d'aventures pour enfants. Le trio Barry Levinson (à la réalisation), Chris Columbus (au scénario) et Steven Spielberg (à la production) ne pouvait donner que du bon.

L'histoire se déroule à Londres en 1870. Le jeune John Watson (Alan Cox, très bien) fait son entrée dans une nouvelle école où il va rapidement rencontrer et se lier d'amitié avec un autre étudiant, Sherlock Holmes (Nicholas Rowe, un peu fade). Alors que deux hommes liés à leur établissement meurent dans des conditions mystérieuses, victimes d'hallucinations suivies d'un suicide, les deux compères mènent l'enquête...

J'aime :

* Le scénario. Il est donc signé du talentueux Chris Columbus, qui avait déjà à l'époque "Gemlins" et les "Goonies" à son actif, c'est peu dire. Très fidèle à l'univers de Conan Doyle et de son fameux personnage, l'histoire est très bien ficelée et rythmée.

* Les effets spéciaux. C'était une époque avec beaucoup d'innovation et d'exploration à ce niveau. Ceux-ci, qui interviennent particulièrement lors des scènes d'hallucination, sont magnifiques car on sent encore le côté "artisanal" et surtout très inventif derrière.

* Les décors. Je suis fan de cette époque et de cette ambiance de fin du 19e siècle, on est un peu dans le pré-Harry Potter (dont Chris Columbus sera d'ailleurs le premier réalisateur). C'est sombre et gothique à souhait. Mention aux costumes également.

* Le casting. C'est peut-être le point faible du film. S'il est déjà louable d'avoir fait appel à des comédiens britanniques, Nicholas Rowe manque beaucoup de charisme dans le rôle principal (mais ce n'est pas le plus facile à jouer non plus pour un jeune acteur), heureusement compensé par un excellent Watson. Et le reste du casting est très bien aussi.

J'aime pas :

 * En dehors donc d'un Sherlock Holmes pas assez marquant, rien à dire, c'est un régal.

"Young Sherlock Holmes" est un film que j'avais adoré enfant et c'est avec un grand plaisir que j'ai pu constater que je l'aimais toujours autant adulte. Même si "Harry Potter" est passé par là (dans un univers certes pas totalement similaire), l'oeuvre de Barry Levinson n'a pas pris une ride et on regrette qu'elle ne soit pas, comme les autre de son époque, assez rediffusée.

mardi 15 juin 2021

A Good day to die hard (2013)

Et ce qui devait arriver arriva : un nouvel épisode de la saga "Die Hard" totalement raté. Autant le précédent, six ans plus tôt, pouvait avoir déçu une partie des fans, autant celui-ci, signé du peu connu John Moore, achève de peiner tout le monde. 

L'histoire se déroule en Russie où Jack McClane (Jai Courtney, sans plus), le fils de John McClane (Bruce Willis, sans âme), a été arrêté pour meurtre. Son père, qui n'a plus eu de nouvelles depuis plusieurs années, décide de se rendre sur place pour tenter de le faire libérer. Ce qu'il ne sait pas, c'est que son fils travaille en réalité pour la CIA et qu'il est en mission...

J'aime :

* C'est assez rare pour le signaler, mais je n'ai vraiment rien aimé dans ce film.

J'aime pas :

* Le scénario. Certes, il est plein de rebondissements et associer John McClane à son fils aurait pu être une bonne idée si le duo vieux briscard-jeune doué n'avait pas déjà été expérimenté lors du précédent épisode. Même si cette fois le jeune est un costaud de la CIA, on dirait une vulgaire série B, un sous James Bond sur fond de relents de Guerre froide et de Tchernobyl. On a ainsi perdu tous les bons éléments qui faisaient "Die Hard" : lieu (quasi) unique, duo mal assorti, action spectaculaire, humour...

* Le casting. Cette fois, Bruce Willis n'y est plus, ni concerné ni drôle. Et son "fils" Jai Courtney ne sauve pas le film, totalement sans charisme. Les méchants sont des Russes, (trop) classiques.

* L'environnement. Quelle (mauvaise) idée d'avoir envoyé John McClane en Russie ! Cela rend le film encore plus "cheap" (on imagine qu'un tournage à Budapest et Belgrade coûte bien moins cher qu'aux Etats-Unis) et en fait donc une oeuvre d'action encore plus banale.

On avait pu craindre le crash final de la série "Die Hard" avec le quatrième épisode, mais ce fut finalement ce cinquième (et dernier en date) opus qui a fini par nous faire regretter la décision d'en tourner un de plus. Il n'y a vraiment plus rien de caractéristique de la saga dans ce film sans aucun intérêt. Triste "Yippee Ki Yay". 

lundi 7 juin 2021

Live free or die hard (2007)

Douze ans après l'épique épisode 3, la saga "Die Hard" est ressuscitée avec un opus, certes plutôt classique dans son genre, mais bien dans l'air du temps, avec Len Wiseman aux manettes. L'honneur est sauf.

L'histoire débute à New York où ce bon vieux John McClane (Bruce Willis, toujours excellent) est envoyé par le FBI interpeller le jeune hacker Matthew Farrell (Justin Long, bien) après des problèmes de cybersécurité. Sur place, notre héros a déjà affaire à des tueurs à gage envoyés par Thomas Gabriel (Timothy Olyphant, pas mal), dont le but est de hacker de grandes infrastructures du pays pour semer le chaos...

J'aime :

* Le scénario. On peut éventuellement lui reprocher de manquer d'originalité et de dévier du cahier des charges des précédents (on y reviendra), mais on apprécie qu'il s'inscrive dans une thématique contemporaine (les cyberattaques, les méchants hackers), avec un héros qui a vieilli et qui doit s'adapter (cette fois il est affublé d'un acolyte qui en sait plus que lui dans le domaine concerné).

* Le casting. Il est toujours jouissif de retrouver John McClane qui accuse le poids des années, mais cela permet justement d'apporter la touche d'humour qui colle à la peau de la saga. Son personnage se complète donc bien avec un autre bien plus jeune : à John l'action, à Matthew la réflexion. Thomas Gabriel n'est pas le meilleur des méchants mais il fait bien le job, avec en plus une coriace lieutenant (Maggie Q).

* L'action. Elle est toujours aussi spectaculaire, entrant rapidement en scène, avec en point d'orgue cette course poursuite entre un camion et un avion de chasse.

J'aime pas :

* Ce qui est un peu dommage, c'est donc d'avoir dérogé à deux éléments clés de la sage que j'appréciais : la "surprise" (dans les trois précédents, John McClane n'est pas du tout préparé à cela, il ne "travaille" pas, ici oui) et le lieu "unique" (Nakatomi Plaza, aéroport de Washington, New York, alors qu'ici on se balade dans l'est des Etats-Unis). Ce qui en fait donc un film d'action un peu plus banal.

On pouvait tout craindre d'un nouvel épisode de "Die Hard" tant d'années après le troisième, mais Len Wiseman s'en tire bien,  avec un solide film d'action, de son temps et avec la plupart des ingrédients qui font le sel de la saga. Mais pas tous non plus malheureusement.

jeudi 27 mai 2021

Die Hard with a vengeance (1995)

Il aura cette fois fallu attendre cinq ans pour que sorte un nouvel épisode de la saga "Die Hard", avec un retour de John McTiernan (réalisateur du premier) derrière la caméra. Bien lui en prendra, il aura signé les deux meilleurs épisodes! 

L'histoire se déroule cette fois à New York où John McClane (Bruce Willis, plus impeccable que jamais) est de retour, séparé de sa femme. Mais il est au plus mal, suspendu et ayant sombré dans l'alcool. Pas de chance, une fois de plus, c'est un jour de gueule de bois qu'a choisi un certain Simon (Jeremy Irons, excellent même si on a le retour de l'accent allemand) pour faire exploser une bombe dans la ville et exiger que John McClane joue avec lui à un jeu morbide pour éviter d'en faire sauter d'autres...

J'aime :

 * Le scénario. Evidemment qu'il fallait véritablement faire vivre à John McClane "une journée en enfer" (pour reprendre le titre français) alors qu'il n'y est pas du tout préparé (encore pire même que lors des deux précédents épisodes) pour nous réjouir. Cette fois-ci, notre héros est embarqué dans son aventure sur un laps de temps bien plus long et, même s'il reste dans la même ville (sauf le final il est vrai), bouge dans des lieux plus variés. Et on ne peut que saluer l'ingéniosité du scénario, extrêmement bien rythmé et divertissant, à l'image de la variété des missions proposées par Simon. Un grand bravo au jeune (à l'époque) Jonathan Hensleigh (auteur la même année du remarquable "Jumanji").

* Le casting. Après un deuxième opus où aucun autre acteur ne faisait d'ombre à Bruce Willis, il est de nouveau face à un méchant des plus charismatiques (forcément, vu son lien avec celui du premier épisode...) joué par Jeremy Irons donc, très à l'aise. Et surtout il est secondé par un Samuel L. Jackson extra, non pas en policier, mais en modeste électricien embarqué malgré lui dans l'aventure. Excellent trio.

* L'environnement. New York est une ville de cinéma et c'est un bonheur que de la visiter à travers les différentes missions de Simon.

* L'action. C'est un régal avec une multitude de moyens de transport (taxi, voiture, métro, camion, bateau...) et autant de scènes de bravoure qui font bien suer nos deux acolytes d'un jour.

J'aime pas :

* Vraiment rien, même l'accent allemand de Jeremy Irons fait plus réaliste que celui d'Alan Rickman !

Sans conteste, "Die Hard with a vengeance" est le meilleur épisode de la saga, grâce à tout ce qu'il contient de jouissif (scénario, personnages, action, New York...) bien que suivi de près par le tout premier car c'est le mérite de sa position. Comme son homologue"Indiana Jones", cela aurait pu se terminer ainsi, en apothéose, mais non, il a fallu redonner du service bien plus tard à ce bon vieux John McClane, pas toujours pour le meilleur.

mercredi 12 mai 2021

Die Hard 2 (1990)

On poursuit la série des "Die Hard" avec ce deuxième opus, signé cette fois d'un autre futur spécialiste des films d'action, le Finlandais Renny Harlin. Peu commun, le long-métrage est remonté dans mon estime après revisionnage.

L'histoire se déroule à nouveau lors des fêtes de Noël, deux ans après la première aventure de John McClane (Bruce Willis, toujours aussi bien) au Nakatomi Plaza de Los Angeles. C'est d'ailleurs désormais dans la ville californienne que le lieutenant officie. Mais nous le retrouvons à l'aéroport de Washington, en plein blizzard, où il attend sa femme, qui arrive justement de Californie. Pas de chance, son avion doit atterrir au même moment que celui de Ramon Esperanza, ex-dictateur du Val Verde, extradé aux Etats-Unis pour y être jugé. Une troupe de mercenaires menée par un ancien colonel de l'armée américaine est ainsi également présente sur place pour le libérer...

J'aime :

* Le casting. Bruce Willis fait encore un peu plus évoluer son personnage de casse-cou n'obéissant à aucune règle sinon les siennes. Et évidemment, c'est un bonheur que de le retrouver encore dans un environnement qu'il ne maîtrise pas (infrastructure et climat ici) et auquel il doit s'adapter. Si les méchants ne sont pas très originaux, on préfère plutôt le chef de la sécurité de l'aéroport grognon (Dennis Franz).

* L'action. Le premier "Die Hard" était déjà bien costaud mais celui-ci passe directement au niveau supérieur en impliquant des avions long-courrier dans l'histoire. Avec des dernières scènes de bravoure en forme de feu d'artifice.

* Le rythme. On ne s'ennuie pas dans ce deuxième opus, qui rentre dans l'action même plus rapidement que le premier et déroule ensuite sans temps mort ou presque.

* Le scénario. Si, comme dans le premier, on assiste à une sorte de huis-clos (dans l'aéroport et autour), l'histoire réserve donc un échauffement rapide avant de nous plonger dans le feu de l'action avec de multiples rebondissements et chausse-trappes.

J'aime pas :

* L'environnement. C'est peut-être moins l'aéroport que le climat hivernal extrême qui me déplaît, la nuit ajoutant de la confusion dans les scènes en extérieur. Bon, je ne demande pas que tous les films d'action se déroulent par jour et beau temps, mais là, l'atmosphère est aussi hostile pour le spectateur.

Je crois que c'est surtout ce dernier point qui m'a littéralement refroidi pendant longtemps, ajouté à des méchants nettement moins charismatiques que les premier et troisième épisodes. Mais en le revoyant de nouveau, j'ai donc pu me concentrer sur d'autres aspects plus réjouissants comme le personnage de John McClane évidemment, ou encore le scénario.

jeudi 25 mars 2021

Die Hard (1988)

Dans la foulée de mon revisionnage de films cultes de ma jeunesse, j'ai décidé de me farcir la série entière des "Die Hard". Alors on débute avec le tout premier, signé de l'expert en film d'action John McTiernan.

L'histoire se déroule à Los Angeles où le policier new-yorkais John McClane (Bruce Willis, très bon) vient d'arriver pour passer les fêtes de fin d'année en famille. Il doit rejoindre sa femme, Holly (Bonnie Bedelia, bien), qui est à la soirée de Noël de son entreprise au Nakatomi Plaza. Mais l'immeuble est pris d'assaut par un groupe terroriste mené par l'Allemand Hans Gruber (Alan Rickman, excellent), qui prend tout le monde en otage. Sauf John McClane...

J'aime :

 * Le casting. Connu pour son rôle dans la série "Moonlighting", Bruce Willis va véritablement exploser au cinéma (d'action) avec "Die Hard". Il crève l'écran dès ses premières scènes, dans ce personnage de flic à la fois blasé et ironique, qui aura le don de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. On apprécie son duo à distance avec son homologue californien Al Powell (Reginald VelJohnson) et son duel évidemment avec le cruel Hans Gruber.

* Les décors. Pas commun de situer toute l'action d'un film de ce genre dans un seul et même lieu. Mais cela fonctionne parfaitement, avec une excellente utilisation des différents étages et éléments d'un immeuble en construction.

* L'action. Le scénario prend son temps à tout mettre en place avant que cela ne canarde à tous les étages et plus si affinités. Du très classique, mais hautement efficace.

* Le scénario. Il est loin d'être complexe, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Néanmoins ce huis-clos est bien original pour un film d'action et divertissant.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier à faire en dehors de quelques éléments datés et de cet affreux accent allemand affublé à Hans Gruber, à qui on aurait pu trouver une autre nationalité.

Ce premier "Die Hard" tient évidemment une place particulière dans la série, sur le podium assurément (la numéro deux pour moi). Le personnage comme le scénario donnaient immédiatement un film d'action détonnant et procurant beaucoup de plaisir. Bravo.

samedi 6 mars 2021

The Fugitive (1993)

On poursuit nos grands classiques des années 1990 avec ce culte "Fugitif". Si on a quelque peu oublié son réalisateur, Andrew Davis, on n'a certainement pas oublié son film. 

Adaptée d'une fameuse série des années 1960, l'histoire met en scène le chirurgien renommé de Chicago Richard Kimble (Harrison Ford, très bien), accusé d'avoir tué sa femme. Condamné à la peine de mort, il parvient à s'échapper lors de l'accident du bus qui l'emmenait à sa prison. Sa traque est alors prise en charge par le marshal Samuel Gerard (Tommy Lee Jones, excellent). De son côté, Richard Kimble va tout faire pour retrouver le véritable assassin de sa femme. 

J'aime :

 * Le scénario. Il reprend la trame principale de la série et est particulièrement haletant. Après un premier tiers spectaculaire avec pas mal d'action, la suite n'est pas moins rythmée avec Richard Kimble traqué sans relâche, qui entend tout de même mener son enquête, suffisamment complexe, jusqu'au bout.

* Le casting. Si Harrison Ford est impeccable comme toujours, c'est bien Tommy Lee Jones qui a raflé les récompenses, dont un Oscar, pour son interprétation tout en nuances de ce marshal aussi zélé que rempli de compassion. Les seconds rôles sont peu présents, mais on retrouve tout de même Julianne Moore.

* Les décors. Bon point aussi de tourner le film dans et autour de Chicago. Certes, le climat n'est pas des plus agréables, mais cela donne de l'authenticité en plus.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier à faire, j'ai pris autant de plaisir à revoir ce film que la dernière fois, qui remonte.

Encore un excellent film du début des années 1990, aussi équilibré dans l'action que l'enquête, avec un duo très fort en tête d'affiche. Du vrai savoir-faire à l'américaine.

samedi 23 janvier 2021

Gone Girl (2014)

J'aime beaucoup les films de David Fincher, mais j'avais laissé celui-ci de côté, qui ne m'inspirait pas. On m'a incité à le regarder et je regrette mon premier choix. 

L'histoire est celle d'un couple qu'on croit modèle : Nick (Ben Affleck, très bien) et Amy (Rosamund Pike, excellente) Dunne. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, cette dernière disparaît, laissant derrière elle une scène de crime dans la maison du couple. Tous les indices laissent penser que Nick est coupable...

J'aime :

* Le scénario. L'autrice Gillian Flynn l'a adapté de son roman du même nom paru deux ans auparavant. C'est une vraie réussite, il est intriguant, haletant et rempli de chausse-trappes, nous captivant jusqu'à un dénouement quelque peu surprenant.

* Le casting. Rosamund Pike affiche une fois de plus une beauté glaçante, impressionnante dans sa capacité à changer de comportement, de personnalité, tandis que Ben Affleck assume parfaitement le rôle du pseudo gendre idéal cachant des choses bien moins reluisantes. De très bons seconds rôles aussi, de Tyler Perry à Carrie Coon, en passant par Kim Dickens et Neil Patrick Harris.

* La mise en scène. Si Gillian Flynn a donc posé un scénario passionnant, il fallait lui donner vie et, entre direction des acteurs et ambiance pesante de suspicion, David Fincher a lui aussi excellé.  

* L'environnement. Petit bonus, l'histoire se passe dans le Missouri, ailleurs que dans une grande ville connue quoi, ce qui me réjouit à chaque fois, même si les lieux ne jouent aucun véritable rôle et ressemblent à peu près à tout autre coin des Etats-Unis, notamment la banlieue coquette typique.

J'aime pas :

* La fin est assez inattendue, je ne l'envisageais pas comme cela, je suis sans doute trop consensuel, mais il faut admettre qu'elle est très habile.

C'est assez rare pour être noté donc, j'ai beaucoup apprécié un film qui ne m'intéressait guère au départ. Cela fait toujours plaisir, bravo Mme Flynn et M. Fincher.

vendredi 15 janvier 2021

Chinatown (1974)

Un classique de plus qu'il me tardait de voir. Le dernier film de Roman Polanski sur le sol américain en raison de ses problèmes judiciaires... 

L'histoire se situe dans le Los Angeles des années 1930, alors en pleine sécheresse. Le détective privé, spécialisé dans les affaires d'adultère, Jack Gittes (Jack Nicholson, excellent) est sollicité par Evelyn Mulwray, la femme d'Hollis Mulwray, ingénieur travaillant pour le service des eaux de la ville. Elle pense que ce dernier la trompe. L'ancien policier enquête et confirme les faits, qui s'étalent alors dans les journaux. Dans la foulée, une femme prétendant être la vraie Evelyn Mulwray (Faye Dunaway, très bien) vient se plaindre auprès de Jack Gittes tandis qu'Hollis Mulwray est retrouvé mort...

J'aime : 

 * L'ambiance. J'aime beaucoup de périodes de l'histoire américaine, et celle-ci en fait partie, dans une ville particulièrement propice aux polars. 

* La reconstitution. Avec l'ambiance vont le reste : décors, costumes, voitures... splendide ! 

* Le scénario. Signé de l'expérimenté et reconnu Robert Towne, il est plutôt complexe, mais nous n'allons pas trop nous en plaindre, nous délectant de voir Jack Gittes et son sparadrap sur le nez tenter d'en démêler les fils, non sans mal ! L'histoire est placée dans le contexte de la guerre de l'eau de Los Angeles, qui a vraiment eu lieu, ce qui la rend d'autant plus intéressante. Roman Polanski y a ajouté son tragique dénouement...

* Le casting. Jack Nicholson porte littéralement "Chinatown", étant aussi à l'origine du projet. Il est parfait en détective "fouille-merde", aussi cynique que persévérant malgré les risques. Faye Dunaway apporte sa beauté glaciale dans un rôle aussi complexe que le scénario du film. Dans la galerie de seconds rôles, John Huston campe un excellent "méchant" tandis que Roman Polanski s'affuble lui-même d'un drôle de personnage de gangster grotesque.

J'aime pas :

* Un nom étonnant pour ce film que "Chinatown", qui a un lien bien lointain avec l'histoire et qui peut dérouter au premier abord !

Voir "Chinatown", c'est regretter que le genre ne soit plus vraiment abordé de nos jours. Roman Polanski, même s'il n'est au final qu'un réalisateur de "commande" ici, mettait un terme, sans le savoir, avec éclat à sa carrière américaine. Dommage que soient arrivés les événements qui ont succédé...

vendredi 8 janvier 2021

Get Out (2017)

Sacré coup de tonnerre pour un premier film. Jordan Peele signe avec "Get Out" une oeuvre singulière, aussi divertissante qu'intéressante. 

L'histoire est celle de Chris Washington (Daniel Kaluuya, bien), jeune photographe noir de New York, qui sort depuis peu avec la blanche Rose Armitage (Allison Williams, très bien). Cette dernière l'emmène passer un week-end en Alabama, pour y faire la connaissance de ses parents. Si Chris a beaucoup d'appréhension, tout semble se passer pour le mieux, l'accueil est chaleureux, mais l'atmosphère chez les Armitage devient de plus en plus étrange... 

J'aime : 

* Le scénario. Je ne m'attendais pas trop à ça, je pensais que cela serait plus "réaliste". Mais justement, il faut louer ce thriller horrifique aux rebondissements imprévisibles, 

* La mise en scène. Habilement, Jordan Peel distille une atmosphère qui devient toujours plus suspecte et étouffante. On saluera aussi la petite touche d'humour apportée via le meilleur ami de Chris, Rod, à qui il raconte tout ce qu'il se passe sur place.

* Le casting. Outre Daniel Kaluuya, j'aurais plus envie de saluer les membres de la famille Armitage - Rose en premier lieu -, qui affichent une sympathie de façade, mais se révèlent évidemment derrière un horrible stratagème. La foule de rôles secondaires joue très juste aussi. 

* Le message. "Get Out" aurait sans doute marqué encore plus son époque en sortant un poil plus tard, en ces temps de "Black lives matter", tant son sujet d'esclavage moderne (sans dévoiler par quel moyen) est fort. D'autant plus par la manière dont il l'amène, avec, au départ, cette mise en scène de sympathiques blancs aisés "qui votent Obama" et font mine de vouloir vivre harmonieusement avec les noirs. 

J'aime pas : 

* Pas de reproche particulier à faire.

Même si ce n'est pas pour autant un film que j'ai "adoré", j'applaudis moi aussi le talent de Jordan Peele qui offre une première oeuvre aussi percutante que rondement menée.