lundi 29 juillet 2019

The Mule (2018)

Ma période ClintEastwoodosceptique est-elle en train de s'affaiblir ? Après "American Sniper", que j'ai donc trouvé pas trop mal, j'ai été agréablement surpris par "The Mule".

Inspirée de la folle trajectoire de Leo Sharp, l'histoire présente Earl Stone (Clint Eastwood, excellent), ancien combattant et aimable horticulteur. Divorcé, en mauvaise relation avec sa fille qui va se marier, le senior est au bout du rouleau quand son affaire finit par couler. Un ami de son futur gendre, le voyant en difficulté, va alors lui proposer de quoi se refaire largement : transporter de la drogue à travers les Etats-Unis pour le compte d'un cartel mexicain. Son profil n'attirant pas du tout l'attention des autorités, Earl va accumuler les trajets et en profiter pour faire bénéficier famille et amis de son très généreux salaire, jusqu'à ce que l'équipe de la DEA de Colin Bates (Bradley Cooper, correct) s'en mêle...

J'aime :

* Le casting. J'ai été particulièrement impressionné par la performance de Clint Eastwood qui, à près de 90 ans, tient encore bien la route. Il joue très bien, même si on ne peut se retenir d'avoir des frissons à chaque scène un peu "physique" vu sa maigreur. Même s'il tient la tête d'affiche, le cinéaste est entouré d'un casting solide avec, rien que pour la DEA Bradley Cooper, Michael Peña et Laurence Fishburne (alors qu'ils jouent vraiment les seconds rôles), ou encore Dianne West et Andy Garcia.

* Le scénario. Très fidèle à l'histoire de Leo Sharp, il est assez incroyable et très original. Pour autant, d'aucuns pourrait le trouver assez linéaire et il est vrai qu'il y a bien peu d'action, contrairement à ce que la bande-annonce peut laisser penser. C'est surtout Earl Stone en voyage et Earl Stone renaît financièrement de ses cendres, malgré quelques petites scènes de suspense (dont celle de la bande-annonce).

* Les relations familiales. Pour densifier un peu son scénario, Nick Schenk a introduit un fil rouge autour des relations compliquées entretenues par Earl Stone avec sa famille ou comment sa passion extrême pour son travail, ses fleurs, l'a conduit à s'écarter de ses proches sans en être tout à fait conscient. Un sujet délicat subtilement abordé ici et qui me parle personnellement, me rappelant aussi bien mon grand-père que mon père pour certains aspects.

J'aime pas :

* Je ne sais pas si Earl Stone est un portrait fidèle de Leo Sharp, mais Clint Eastwood (ou son scénariste) a encore trouvé le moyen de lui faire sortir des remarques racistes, cette fois contre les Mexicains (même s'ils deviennent ses amis ensuite). Lassant.

La bande-annonce m'avait laissé dubitatif, me laissant penser à un "Gran Torino" avec des Mexicains, mais rien à voir, c'est une histoire sympa et insolite que conte "The Mule". Au-delà du film en lui-même, qui comprend aucun véritable coup d'éclat, on retiendra surtout la performance remarquable de Clint Eastwood, toujours bon pied bon oeil.


jeudi 11 juillet 2019

Première année (2018)

Avec "Première année", l'ancien médecin devenu cinéaste Thomas Lilti complétait sa trilogie médicale débutée avec "Hippocrate" et "Médecin de campagne". Je ne les ai pas encore vus, mais il valait peut-être mieux commencer justement par "Première année".

En effet, le film prend comme fil rouge la première année de médecine de deux étudiants : Antoine (Vincent Lacoste, très bien), qui la repasse pour la deuxième fois, et Benjamin (William Lebghil, pas mal), qui vient lui d'avoir son Bac. Le premier, passionné et donc persévérant, va prendre le second, détaché et qui semble surtout là pour imiter la carrière de son père, sous son aile pour que cette année soit celle de la réussite. Mais celle-ci est longue et la pression est immense pour espérer faire partie du numerus clausus...

J'aime :

* Le sujet. Contrairement aux Américains, les Français n'ont jamais trop traîné sur les campus universitaires pour en faire ne serait-ce que des comédies. D'où l'originalité de "Première année" et encore plus sur ces fameuses et redoutées études de médecine. D'autant plus qu'il y a un côté presque documentaire dans le film de Thomas Lilti, qui a donc lui-même connu cette expérience. Il révèle ainsi toute la pression et le travail parfois jusqu'à l'absurde qui est demandé aux étudiants.

* Le casting. Si je suis un peu moins convaincu par William Lebghil, qui fait trop vieux pour son rôle de jeune bachelier, Vincent Lacoste confirme son talent dans celui d'étudiant tour à tour obstiné à atteindre son but, la deuxième année, puis désabusé en burn out total.

* Le scénario. Le ton quasi documentaire du film fait qu'il ne peut se détacher d'une trame très classique, mais c'était plutôt bien vu de faire se croiser l'état d'esprit des deux camarades, l'un se révélant bosseur tandis que le second finit par flancher.

J'aime pas : 

* Les histoires parallèles. Aussi bien la relation de Benjamin avec ses frères (aucun ne se ressemble en plus) que, surtout, les prémices d'une romance entre Antoine et sa voisine (qui n'aboutit bizarrement à rien) sont ratés et donc inutiles.

Si vous voulez savoir comment se déroule de l'intérieur la première année à la faculté de médecine, alors le film de Thomas Lilti est le meilleur documentaire qui soit. Même s'il n'est pas parfait non plus, il donne très envie de voir ses deux premières oeuvres sur le monde médical.

mercredi 3 juillet 2019

The Campaign (2012)

Voilà une comédie d'été dont le sujet m'intéressait puis avec un duo d'acteurs alléchants, mais je me doutais bien qu'elle ne cachait pas un chef-d'oeuvre malgré Jay Roach aux commandes.

L'histoire suit le duel acharné d'une campagne électorale entre un démocrate chevronné, Cam Brady (Will Ferrell, bien), et un républicain débutant et ingénu, Marty Huggins (Zach Galifianakis, pas mal), qui s'affrontent pour un siège au Congrès des Etats-Unis dans un comté de Caroline du Nord. Tous les coups bas sont permis, surtout de la part du premier...

J'aime :

* Le sujet. Les campagnes électorales, c'est toujours la même chose, mais cela peut être assez passionnant aussi, notamment aux Etats-Unis où les moyens sont souvent démesurés. Là, Jay Roach a donc choisi la parodie en caricaturant les aspects grotesques de ces événements, afin de montrer tout le cynisme qu'elles peuvent souvent comporter.

* Le casting. Je suis un grand fan de Will Ferrell et il n'est jamais aussi hilarant que lorsqu'il joue un odieux personnage. C'est encore le cas ici, même si ce n'est pas non plus son meilleur rôle. De son côté, Zach Galifianakis joue aussi une partition qu'il connaît bien, à savoir le niais fier de lui. Les seconds rôles sont totalement écrasés, mais sont bien aussi.

* Le scénario. On aurait pu s'attendre à du classique : le candidat loser qui gagne à la fin contre le réélu ultra-riche et rôdé. Mais les scénaristes ont su fournir une trame à rebondissements, notamment à la fin, évitant les trop grosses ficelles. 

J'aime pas :

* L'humour. Avec "Austin Powers" surtout, Jay Roach était déjà dans le gras, mais comme cela touchait presque à l'absurde, cela passait bien. Ici, si l'ensemble est plutôt drôle, il y a tout de même quelques séquences bien grasses et lourdingues dont on aurait pu se passer.

Malgré ses deux têtes d'affiche et son réalisateur de comédies à succès, "The Campaign" est une farce relativement mineure, qui ne fera pas date, mais offre un divertissement correct sur un sujet original.