jeudi 25 juillet 2013

L'Homme de Rio (1964)

Les films avec Jean-Paul Belmondo qui ont illuminé toute ma jeunesse me manquaient. Et celui-là, je ne l'avais jamais vu, n'en entendant pourtant que du bien. J'ai corrigé cela et fut émerveillé du voyage concocté par Philippe de Broca.

"L'Homme de Rio", c'est Adrien (Jean-Paul Belmondo, génial), jeune soldat, qui profite d'une permission pour revenir à Paris voir sa fiancée, Agnès (Françoise Dorléac, joliment espiègle). Au même moment, une statue maltèque est volée au musée de l'Homme. Celle-ci fait partie d'une trilogie appartenant à trois explorateurs dont l'un est mort, l'autre est homme d'affaires au Brésil et le troisième, le professeur Catalan, travaille justement au musée.

Ce dernier est enlevé peu après le vol, puis c'est au tour d'Agnès d'être kidnappée dans la foulée. Ni une, ni deux Adrien prend ses ravisseurs en chasse. Cette longue traque aventureuse va le mener au Brésil, à Rio, Brasilia puis dans le Nordeste avant de plonger au coeur de l'Amazonie sur les traces d'un fabuleux trésor dont les statues maltèques sont la clé...

J'aime : 

* Le scénario. Cosigné par de grands noms du cinéma français dont Philippe de Broca, Jean-Paul Rappeneau et Ariane Mnouchkine, il part dans tous les sens, s'inspirant fortement des aventures de Tintin. Sauf que notre reporter ici est bien intrépide et déterminé, mais surtout fatigué par son Agnès après qui il court constamment. Ce cas de figure rend l'histoire encore plus croustillante et amusante. On apprécie aussi le personnage du professeur Catalan, au double visage inattendu.

* La mise en scène. C'est un vrai film d'aventures et même à l'ancienne, les cascades et actes de bravoure sont nombreux. On ne s'ennuie jamais devant cette course-poursuite pétaradante.

* Le casting. En pleine jeunesse, Jean-Paul Belmondo est formidable en aventurier improvisé, ne renonçant jamais à sa quête initiale : Agnès. Cette dernière, jouée une excellente Françoise Dorléac, lui rend bien la pareille, parfaite femme au fort caractère ignorant le danger.

* Les décors. En grande partie naturels, ils sont magnifiques. D'une ville de Rio en pleine croissance à Brasilia qui sortait à peine de terre, le film explore des contrées inédites pour l'époque et cet environnement exotique augmente d'autant plus le côté aventurier du scénario.

J'aime pas : 

* La durée du film. Cela ne devait tout de même pas être courant à l'époque des films d'aventure de deux heures. Ici, on les sent quand même passer à certains moments, notamment dans les séquences plus lentes.

"L'Homme de Rio" démontre que le cinéma français avait lui aussi du savoir-faire dans le film d'aventure. Tout est réuni pour réussir un divertissement enthousiasmant entre décors exotiques, scénario riche, mise en scène virevoltante et acteurs pleins de ressources. Récemment, les OSS 117, dont le dernier rend clairement hommage au film de Philippe de Broca, ont redoré le blason national, mais on en aimerait beaucoup plus.

dimanche 7 juillet 2013

Two Lovers (2008)

James Gray fait désormais partie des cinéastes indépendants qui comptent aux Etats-Unis. Et c'est mérité parce qu'il possède une vraie touche personnelle, un style qu'il a su adapter notamment pour "Two Lovers" dont le scénario diffère complètement de ses précédents films qui étaient plus des thrillers. Là, c'est une histoire, voire des histoires, d'amour, mais compliquées.

Nous ne quittons pas New York pour ce film. Ce New York de banlieue, sombre et industriel, bien loin de Manhattan. C'est là que vivent les parents de Leonard (Joaquin Phoenix, toujours lui, excellent) où ce dernier s'est réfugié après que sa femme l'a quitté. Dépressif, Leonard est au bord du suicide malgré les efforts de ses parents pour le remettre sur selle, avec l'espoir qu'il reprenne le pressing familial. Dans cette optique, ils espèrent également le caser avec une nouvelle copine, la brune Sandra (Vinessa Shaw, très bien), fille d'un autre patron de pressing.

Même si la rencontre est plus ou moins arrangée - nous sommes dans la communauté juive de New York -, le courant passe bien entre Sandra et Leonard et l'idylle naît rapidement. Puis ce dernier rencontre par hasard sa voisine, la blonde Michelle (Gwyneth Paltrow, intéressante), pour qui il a le coup de foudre. Mais celle-ci est déjà la maîtresse d'un homme marié. C'est alors que le coeur de Leonard va sérieusement balancer entre la brune et la blonde...

J'aime : 

* Un casting impeccable. Après avoir joué pour le même James Gray des rôles plus sombres, plus inquiétants, Joaquin Phoenix étend ici sa palette en vieil adolescent de retour chez ses parents, amoureux gauche et en manque de confiance. Il est épatant, tout comme ses deux partenaires féminines et particulièrement Gwyneth Paltrow, qui joue très juste dans un rôle pas évident de working girl elle aussi en sérieux manque de repères.

* Une atmosphère à la "James Gray". Nouvelle incursion dans New York, mais toujours de manière excentrée, dans une banlieue grise et sans âme, au sein du logement des parents de Leonard dont l'intérieur semble être le même depuis des années. Le contraste est très marquant avec le Manhattan où travaille et sort Michelle. L'image est elle aussi râpeuse, dans les tons marrons-verts, et c'est très beau.

* Le scénario. Il ne brille pas par son originalité, mais on apprécie le travail fait sur les atermoiements de Leonard et ce suspense final suivi d'un dénouement beau et triste à la fois.

J'aime pas : 

* On ne voit peut-être pas assez le personnage de Sandra, l'officialisation de leur union étant vraiment trop elliptique. Elle aurait mérité une place égale à l'autre "lover" de Leonard.

"Two Lovers" est sans doute en mode mineur par rapport aux oeuvres précédentes de James Gray, mais même avec un scénario plus modeste, le cinéaste trouve des choses à dire et à montrer avec toujours sa patte de velours. Ce qui est cocasse, c'est que je n'ai regardé ce film qu'avec des femmes, et à chaque fois, elles n'ont pas aimé. Il y aurait encore beaucoup à dire là-dessus...