dimanche 7 juillet 2013

Two Lovers (2008)

James Gray fait désormais partie des cinéastes indépendants qui comptent aux Etats-Unis. Et c'est mérité parce qu'il possède une vraie touche personnelle, un style qu'il a su adapter notamment pour "Two Lovers" dont le scénario diffère complètement de ses précédents films qui étaient plus des thrillers. Là, c'est une histoire, voire des histoires, d'amour, mais compliquées.

Nous ne quittons pas New York pour ce film. Ce New York de banlieue, sombre et industriel, bien loin de Manhattan. C'est là que vivent les parents de Leonard (Joaquin Phoenix, toujours lui, excellent) où ce dernier s'est réfugié après que sa femme l'a quitté. Dépressif, Leonard est au bord du suicide malgré les efforts de ses parents pour le remettre sur selle, avec l'espoir qu'il reprenne le pressing familial. Dans cette optique, ils espèrent également le caser avec une nouvelle copine, la brune Sandra (Vinessa Shaw, très bien), fille d'un autre patron de pressing.

Même si la rencontre est plus ou moins arrangée - nous sommes dans la communauté juive de New York -, le courant passe bien entre Sandra et Leonard et l'idylle naît rapidement. Puis ce dernier rencontre par hasard sa voisine, la blonde Michelle (Gwyneth Paltrow, intéressante), pour qui il a le coup de foudre. Mais celle-ci est déjà la maîtresse d'un homme marié. C'est alors que le coeur de Leonard va sérieusement balancer entre la brune et la blonde...

J'aime : 

* Un casting impeccable. Après avoir joué pour le même James Gray des rôles plus sombres, plus inquiétants, Joaquin Phoenix étend ici sa palette en vieil adolescent de retour chez ses parents, amoureux gauche et en manque de confiance. Il est épatant, tout comme ses deux partenaires féminines et particulièrement Gwyneth Paltrow, qui joue très juste dans un rôle pas évident de working girl elle aussi en sérieux manque de repères.

* Une atmosphère à la "James Gray". Nouvelle incursion dans New York, mais toujours de manière excentrée, dans une banlieue grise et sans âme, au sein du logement des parents de Leonard dont l'intérieur semble être le même depuis des années. Le contraste est très marquant avec le Manhattan où travaille et sort Michelle. L'image est elle aussi râpeuse, dans les tons marrons-verts, et c'est très beau.

* Le scénario. Il ne brille pas par son originalité, mais on apprécie le travail fait sur les atermoiements de Leonard et ce suspense final suivi d'un dénouement beau et triste à la fois.

J'aime pas : 

* On ne voit peut-être pas assez le personnage de Sandra, l'officialisation de leur union étant vraiment trop elliptique. Elle aurait mérité une place égale à l'autre "lover" de Leonard.

"Two Lovers" est sans doute en mode mineur par rapport aux oeuvres précédentes de James Gray, mais même avec un scénario plus modeste, le cinéaste trouve des choses à dire et à montrer avec toujours sa patte de velours. Ce qui est cocasse, c'est que je n'ai regardé ce film qu'avec des femmes, et à chaque fois, elles n'ont pas aimé. Il y aurait encore beaucoup à dire là-dessus...

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