samedi 29 janvier 2022

Gravity (2013)

Peu de films, mais une pluie d'Oscars pour le cinéaste mexicain Alfonso Cuarón, dont cette oeuvre spatiale. C'est plutôt mérité.

L'histoire est celle de trois astronautes en mission de maintenance sur le télescope Hubble. Alors qu'ils sont dans l'espace à effectuer leurs tâches, ils sont menacés par les débris d'un satellite russe ayant été détruit par un missile. Le premier astronaute meurt tandis que les deux autres, le chevronné Matt Kowalski (George Clooney, bien) et la novice Ryan Stone (Sandra Bullock, excellente) parviennent à regagner leur navette. Cette dernière ayant été fortement endommagée, le seul espoir de retour sur Terre pour les deux collègues est de tenter de rejoindre la station spatiale internationale...

J'aime :

* Le casting. Ce n'est ni Sandra Bullock ni George Clooney qui devaient tenir leur rôle à l'origine, mais ils assurent et évidemment encore plus la première, qui a su démontrer ces dernières années tout son talent dans des films plus complexes et dramatiques qu'à l'accoutumée pour elle. C'est un rôle très solitaire, dans des conditions qui n'ont rien de facile, bref un vrai one woman show qu'elle mène avec brio.

* La reconstitution. S'il y a forcément des éléments non réalistes, mais que seuls les experts remarqueront, on ne peut qu'applaudir la minutie avec laquelle Alfonso Cuarón a mis en scène son film : presque un documentaire ! 

* Les effets spéciaux. Ils sont tout aussi impressionnants, alliés à une bande son, souvent des plus silencieuses, qui nous immerge totalement avec les personnages.

* Le scénario. Il n'est pas des plus élaborés au final, mais ce n'est pas le plus important. Il en reste néanmoins à couper le souffle (c'est le cas de le dire).

J'aime pas :

* Pas de reproches spéciaux à faire si ce n'est que j'aurais mieux fait d'éviter de le regarder dans un avion.

"Gravity" a surtout reçu des récompenses techniques, mais au-delà de ces prouesses c'est aussi une oeuvre profondément humaine magnifiée par Sandra Bullock.

lundi 24 janvier 2022

The Guilty (2021)

Depuis quelque temps, les Américains multiplient les remakes des excellents polars scandinaves, séries ou films. C'est encore le cas ici avec à l'origine un long-métrage danois du même nom sorti à peine trois ans plus tôt.

L'histoire est celle de Joe Baylor (Jake Gyllenhaal, très bien), policier en attente de son procès pour avoir abattu un ado. Il a été provisoirement transféré au centre d'appels de la police de Los Angeles. Là il reçoit l'appel d'une jeune femme, Emily (Riley Keough, bien), qui dit avoir été kidnappée par son ex. Joe va alors tout faire pour la secourir à distance...

J'aime :

* Le casting. C'est la force principale du film, avec un Jake Gyllenhaal qui démontre une fois de plus son talent dans un rôle complexe de policier torturé par la culpabilité et décidé à faire le bien aveuglément. Les seconds rôles sont rares mais solides, à l'image de Riley Keough, dont on entend surtout la voix. 

* Le scénario. Il n'est pas follement original (il rappelle beaucoup "The Call", de Brad Anderson), mais suffisamment malin pour nous emmener sur un dénouement inattendu et plein de rebondissements.

* La mise en scène. Elle serait copiée plan sur plan sur celle de l'oeuvre originale, mais elle est en tout cas efficace, avec un résultat bien rythmé et surtout pas trop long (1h30, parfait).

J'aime pas :

* Quelques petites incohérences scénaristiques dont le fait que la victime de l'enlèvement garde son téléphone jusqu'au bout (mais on finit par comprendre pourquoi même si ceci n'explique pas totalement cela).

Je ne suis pas un grand amateur du cinéma d'Antoine Fuqua, mais la copie est ici assez satisfaisante. Peut-être parce qu'il s'agit d'un remake et qu'il n'a été qu'exécutant ?

vendredi 14 janvier 2022

No Time to die (2021)

Et voilà, Daniel Craig a tiré sa révérence avec le 25e épisode de la saga "James Bond". Réalisé par le relativement peu connu et expérimenté Cary Joji Fukunaga, il est néanmoins de bien bonne facture.

L'histoire reprend là où elle avait été laissée, avec un James Bond (Daniel Craig, très bien) à la retraite aux côtés de Madeleine (Léa Seydoux, bof). Alors qu'ils se trouvent à Matera, en Italie, où est enterrée l'ex de l'espion britannique, Vesper Lynd, des membres du Spectre cherchent à les éliminer...

J'aime :

* Le scénario. Il est bien complexe comme il faut avec deux méchants pour le prix d'un grâce au retour de Blofeld et rempli de rebondissements et autres voyages exotiques.

* Le casting. Côté hommes, on sent que Daniel Craig est aussi fatigué que son personnage, mais toujours aussi classe et efficace, tandis que Rami Malek a une bonne gueule de méchant, même si finalement pas des plus charismatiques. Côté femmes, puisqu'elles ont été particulièrement mises en avant, Léa Seydoux manque toujours d'énergie, contrairement à Ana de Armas qui fait jeu égal avec Daniel Craig lors d'une haletante séquence de fusillades. Déception pour Nomi, la remplaçante de James Bond au matricule 007, trop sérieuse et finalement réduite à un rôle de faire-valoir avant de, peut-être, prendre toute la place du "maître".

* Les décors. Nous sommes gâtés, comme toujours, avec notamment, après l'intro, une superbe séquence d'ouverture italienne, ou encore, plus tard, la Jamaïque et la Norvège sauvage.

* L'action. De même, nous sommes rarement déçus de ce côté-là et toutes les scènes de fusillade sont impressionnantes, surtout celles à Matera et Cuba.

J'aime pas :

* La B.O.. Nous parlons plus de la chanson du générique, signée Billie Eilish, qui n'est pas mauvaise, mais aussi ennuyeuse que Léa Seydoux. 

* Le dénouement. Sans le dévoiler, nous avons envie de garder un peu espoir.

"No Time to die" clôt de manière à la fois sombre et spectaculaire le cycle Daniel Craig, qui aura été exemplaire dans le rôle. Ce dernier épisode n'est peut-être pas son meilleur, mais il atteint les standards requis et l'inclusion qu'il fait, que ce soit pour les femmes ou les minorités, ne choque guère. Mission accomplie Mr Bond !

mardi 11 janvier 2022

Pokémon: Detective Pikachu (2019)

Si je ne suis jamais tombé dans la Pokémonmania, j'en suis tout de même légèrement familier et la bande-annonce de cette étonnante adaptation d'un jeu vidéo de Rob Letterman a suffi à m'intriguer et me donner envie de le voir. 

L'histoire est celle Tim Goodman (Justice Smith, fade), qui doit se rendre à Ryme City, ville où humains et Pokémon vivent en harmonie, car son père est annoncé comme décédé. Mails il a disparu dans de mystérieuses circonstances. Ce dernier, policier, était sur une enquête en compagnie d'un Pikachu (voix de Ryan Reynolds, très bien) dont le jeune homme va faire la connaissance à l'appartement de son père. Ils vont alors reprendre ensemble les investigations...

J'aime :

* L'humour. C'est ce qui m'a tout de suite attiré, ce côté "Ted" soft, avec un certain côté adulte dans le comportement des Pokémon, Pikachu en premier lieu, drôle et grinçant.

* L'univers. Il y a du Toonville dans Ryme City, où se côtoient tout à fait normalement humains et Pokémon. 

* Les effets spéciaux. Tout ne serait pas aussi "normal" si les effets spéciaux ne suivaient pas et c'est ici largement le cas. Rob Letterman a l'avantage d'avoir travaillé avant tout sur des dessins animés.

* Le casting. Si Justice Smith manque vraiment d'épaisseur, il est heureusement épaulé par un Pikachu doublé par un énergique Ryan Reynolds (et les autres Pokémon sont plutôt marrants). Mention aussi à Kathryn Newton, dans le rôle d'une jeune reporter intrépide qui va leur donner un coup de main dans leur enquête.

J'aime pas :

* Le scénario. Si l'histoire débute plutôt bien avec l'apprentissage à se connaître des deux héros et les premiers pas de l'enquête, le tout vire ensuite au grand pataquès, avec profusion de combats et au final, moins d'humour et beaucoup d'ennui.

Il y a des films comme ça, dont la bande-annonce offre beaucoup de promesses non récompensées. C'est le cas de ce "Detective Pikachu" qui ne me donnera donc toujours pas envie de me mettre aux Pokémon.

mercredi 5 janvier 2022

BlacKkKlansman (2018)

J'étais intrigué par cette histoire inédite et incroyable - mais vraie - dont Spike Lee s'est emparé dans le contexte d'une Amérique trumpiste qui tombait bien.

Les faits se déroulent à la fin des années 1970 à Colorado Springs. L'intégration de Ron Stallworth (John David Washington, très bien), premier policier noir de la ville, n'est pas des plus faciles et il obtient de travailler sur la surveillance des mouvements noirs locaux. Mais c'est en tombant par hasard sur une annonce dans le journal qu'il décide de postuler pour le Ku Klux Klan. Sa couverture "blanche" sera son collègue juif Flip Zimmerman (Adam Driver, pas mal). Une seconde mission parallèle d'infiltration peut commencer...

J'aime :

* Le casting. Premier grand rôle pour le fils aîné de Denzel Washington, John David, qui assure comme il faut, épaulé par un Adam Driver plus détaché, mais la paire fonctionne bien. Les seconds rôles sont eux aussi tout à fait satisfaisants.

* La reconstitution. Costumes, coiffures, décors, l'ambiance 1970's est soignée. 

* La bande originale. On peut toujours compter sur une playlist de qualité lorsque l'on aborde les 1970's, Spike Lee n'avait que l'embarras du choix et récolte même un inédit de Prince.

* Le scénario. Si on a du mal à croire à cette ubuesque histoire, elle est bien menée et nous accroche jusqu'au bout sur un rythme effréné.

J'aime pas :

* Spike Lee veut clairement faire passer un message politique et contre le racisme aux Etats-Unis (à l'image de la séquence contemporaine finale), mais "BlacKkKlansman" n'est pas sans humour, avec parfois des airs de buddy movie. On sent ainsi une certaine ambivalence pas claire. 

L'avant-dernier film de Spike Lee n'est sans doute pas son meilleur, mais il montre que le cinéaste est toujours forme et plus grinçant que jamais pour critiquer les tares de son pays.