Cela faisait longtemps que je n'avais pas été voir un film au cinéma. Le choix, par défaut, s'est porté sur l'oscarisé "Green Book", une bonne pioche !
L'histoire (vraie) est celle de la tournée effectuée en 1962 par le pianiste prodige (et noir) Don Shirley (Mahershala Ali, très bien) dans le sud des Etats-Unis sous le joug des lois ségrégationnistes. Pour cela, il engage comme chauffeur et garde du corps Tony Vallelonga, dit Tony Lip (Viggo Mortensen, excellent), un videur de boîte de nuit new-yorkais d'origine italienne. Ce dernier, loin d'être dénué de préjugés racistes non plus, va se rendre compte que la mission est plus périlleuse que prévu, suivant les indications du "Green Book", guide des établissements acceptant les noirs dans les Etats ségrégationnistes...
J'aime :
* Le scénario. Il est d'autant plus passionnant qu'il est tiré d'une histoire vraie et personnellement, aussi parce qu'il est si difficile pour nous Français de s'imaginer qu'une telle pratique (la ségrégation) a pu exister dans un même pays. Certes, le racisme fait qu'elle a existé bien plus sournoisement aussi chez nous et continue d'une certaine manière à vivre sous diverses formes, mais dans le cas des Etats-Unis, il s'agissait de lois et à une époque encore pas si lointaine. L'évolution du point de vue du personnage de Tony Lip, pas moins raciste au début du film, est très bien relatée, tout comme cette tension latente entre blancs et noirs dans les régions ségrégationnistes.
* Le casting. La performance la plus marquante est celle de Viggo Mortensen, qui a dû prendre beaucoup de poids ainsi qu'un bon accent italo-new-yorkais. Il excelle dans ce rôle de grosse brute au grand coeur. A ses côtés, Mahershala Ali apporte beaucoup de subtilité.
* Les décors. J'ai un goût particulièrement fort pour les années 1960, quel que soit le pays d'ailleurs, et entre l'environnement, les voitures, la musique, les vêtements, etc., tout m'a ravi.
* La bande originale. Des enregistrements originaux de Don Shirley ont été utilisés et ils sont effectivement remarquables. Globalement, tout est très bon de ce côté-là.
J'aime pas :
* Il a notamment été reproché que ce soit le personnage de Tony Lip qui ait été mis en avant, en premier rôle donc, mais l'un des coscénaristes étant son propre fils, c'est assez logique. Par ailleurs, même si l'on voudrait en effet en savoir plus sur Don Shirley, sa biographie serait mal connue donc peut-être difficile d'en dire plus.
L'excellent Peter Farrelly a quitté (momentanément ?) la comédie pour le drame (avec pas mal de petits bouts de comédie quand même) avec ce road movie sur les routes du sud des Etats-Unis en temps ségrégationnistes. Je ne sais pas s'il méritait tous ses Oscars et autres prix, mais on passe un très bon moment devant une histoire fort intéressante.
mercredi 10 avril 2019
jeudi 4 avril 2019
Tropa de Elite (2007)
"Tropa de Elite" fait partie de ces films brésiliens contemporains à voir pour comprendre un petit mieux le Brésil d'aujourd'hui et Rio en particulier, qui est clairement à part.
L'histoire, qui se déroule en 1997, retrace la trajectoire de deux aspirants policiers militaires de Rio, André Matias (André Ramiro, pas mal) et Neto Gouveia (Caio Junqueira, excellent), qui, dégoûtés de la corruption qui règne au sein de leur corporation, tentent d'intégrer le bataillon d'élite, le Bope, et notamment l'équipe du capitaine Nascimento (Wagner Moura, très bien). Ils s'apprêtent alors à affronter la violence des favelas de la ville...
J'aime :
* Le réalisme. Plus que le scénario (voir plus bas), ce qui est montré dans "Tropa de Elite", entre la corruption latente au sein de la police militaire et les méthodes violentes du Bope, en fait presque un documentaire et il est louable qu'un réalisateur ait voulu se pencher sur cette thématique. L'un des scénaristes est un ancien policier militaire, ce qui renforce sa légitimité.
* Le casting. Quand on regarde les novelas à la télévision, on se demande s'il y a vraiment de bons acteurs au Brésil. "Tropa de Elite" le confirme avec Wagner Moura en chef de file évidemment, mais je donnerais une mention spéciale au regretté Caio Junqueira, qui apporte beaucoup de complexité à son personnage d'aspirant policier d'élite. Il y a des airs de "Full Metal Jacket".
* Les décors. Tourné sur place dans les communautés de Rio, cela accentue encore le réalisme et montre un aspect des favelas tel qu'il est vraiment.
J'aime pas :
* Le scénario. Comme j'ai déjà pu le voir avec José Padilha, le manque de nuances est encore présent. Si au sein de la police militaire, il montre des bons et des méchants, du côté des trafiquants et de leurs "alliés", c'est tout noir et ce sont principalement une partie des consommateurs, des étudiants riches, qui sont pointés du doigt alors que c'est tout de même bien plus complexe que cela.
"Tropa de Elite" est un vrai film coup de poing, très intéressant pour son réalisme, mais qui pêche clairement dans certaines de ses intentions en raison d'un important manque de nuances. Mais cela reste aussi un film d'action efficace et divertissant.
L'histoire, qui se déroule en 1997, retrace la trajectoire de deux aspirants policiers militaires de Rio, André Matias (André Ramiro, pas mal) et Neto Gouveia (Caio Junqueira, excellent), qui, dégoûtés de la corruption qui règne au sein de leur corporation, tentent d'intégrer le bataillon d'élite, le Bope, et notamment l'équipe du capitaine Nascimento (Wagner Moura, très bien). Ils s'apprêtent alors à affronter la violence des favelas de la ville...
J'aime :
* Le réalisme. Plus que le scénario (voir plus bas), ce qui est montré dans "Tropa de Elite", entre la corruption latente au sein de la police militaire et les méthodes violentes du Bope, en fait presque un documentaire et il est louable qu'un réalisateur ait voulu se pencher sur cette thématique. L'un des scénaristes est un ancien policier militaire, ce qui renforce sa légitimité.
* Le casting. Quand on regarde les novelas à la télévision, on se demande s'il y a vraiment de bons acteurs au Brésil. "Tropa de Elite" le confirme avec Wagner Moura en chef de file évidemment, mais je donnerais une mention spéciale au regretté Caio Junqueira, qui apporte beaucoup de complexité à son personnage d'aspirant policier d'élite. Il y a des airs de "Full Metal Jacket".
* Les décors. Tourné sur place dans les communautés de Rio, cela accentue encore le réalisme et montre un aspect des favelas tel qu'il est vraiment.
J'aime pas :
* Le scénario. Comme j'ai déjà pu le voir avec José Padilha, le manque de nuances est encore présent. Si au sein de la police militaire, il montre des bons et des méchants, du côté des trafiquants et de leurs "alliés", c'est tout noir et ce sont principalement une partie des consommateurs, des étudiants riches, qui sont pointés du doigt alors que c'est tout de même bien plus complexe que cela.
"Tropa de Elite" est un vrai film coup de poing, très intéressant pour son réalisme, mais qui pêche clairement dans certaines de ses intentions en raison d'un important manque de nuances. Mais cela reste aussi un film d'action efficace et divertissant.
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