vendredi 27 août 2021

Le Sens de la fête (2017)

Je n'avais jamais entendu parler de ce film d'Eric Toledano et Olivier Nakache, l'un des derniers de Jean-Pierre Bacri. Il a été diffusé lors d'un hommage à ce dernier, une agréable surprise.

L'histoire est celle de Max (Jean-Pierre Bacri, excellent même si on l'imaginait pas trop dans ce rôle), qui officie à l'organisation d'un fastueux mariage dans un château. Evidemment, entre un DJ ringard (Gilles Lellouche, bien), un photographe fainéant (Jean-Paul Rouve, marrant) et une brigade de serveurs à cran, sans oublier les mariés, surtout monsieur, particulièrement exigeants, c'est la pagaille...

J'aime :

* Le casting. Autour d'un Jean-Pierre Bacri toujours aussi étincelant (bien que clairement sur le déclin), toute une foule de seconds rôles très solides : Jean-Paul Rouve et Gilles Lellouche bien entendu, mais aussi Vincent Macaigne, Eye Haïdara, Alban Ivanov ou encore Benjamin Lavernhe.

* Le scénario. Certes, l'histoire se concentre, tel un huis-clos, sur le mariage et on se doute que rien ne se passera comme prévu, mais le duo Toledano-Nakache est suffisamment bon pour instaurer un rythme enjoué et placer ses personnages, tous attachants, dans des situations dont on a envie de connaître l'issue. Habile mélange également de séquences de rire et d'émotion.

* L'humour. Si certains gags sont un peu téléphonés car reprenant les clichés des mariages (le DJ est forcément la caricature attendue par exemple), on rit souvent, particulièrement avec le personnage de Jean-Paul Rouve, très en forme, nous rappelant son époque "Robin des bois".

* La photographie. Signée David Chizallet, elle nous offre quelques très beaux moments de grâce, notamment lors des scènes nocturnes.

J'aime pas :

* Point de reproche particulier à faire ! 

Très jolie découverte pour moi donc que ce "Sens de la fête" qui confirme qu'Eric Toledano et Olivier Nakache sont des cinéastes qui comptent pour la comédie française, avec une nouvelle fois une oeuvre originale. Ce qui fait bien plaisir !

vendredi 13 août 2021

On connaît la chanson (1997)

Juste avant de réaliser son premier long-métrage, Agnès Jaoui cosignait avec Jean-Pierre Bacri le scénario de ce merveilleux film d'Alain Resnais. L'une de mes oeuvres françaises préférées.

L'histoire suit, à Paris, une galerie de personnages, tous liés aux autres. Camille (Agnès Jaoui, bien) s'apprête à passer sa thèse. Elle est en couple avec Marc (Lambert Wilson, très bien), agent immobilier tyrannique qui mène la vie dure à son employé Simon (André Dussollier, adorable), qui aime aussi Camille en secret. Pendant ce temps-là, le couple d'Odile (Sabine Azéma, drôle comme tout), la soeur de Camille, bat de l'aile. Son mari, Claude (Pierre Arditi, sobre), la trompe, tandis que Nicolas (Jean-Pierre Bacri, excellent), un ancien amant d'Odile, revient à Paris...

J'aime :

* L'idée. Le procédé (faire chanter aux acteurs des morceaux connus en playback) n'est pas complètement inédit puisqu'Alain Resnais s'est inspiré d'un Britannique qui faisait cela trente ans plus tôt. Néanmoins, il est suffisamment rare (et au moins inédit en France) pour que cela suffise à qualifier le film de follement original. 

* Le casting. La plupart des comédiens font partie de la bande d'Alain Resnais et sont vraiment tous formidables dans leur ensemble. J'aime particulièrement Dussolier, Bacri et Azéma. 

* La bande originale. La playlist propose un véritable best of de la variété française des années 1930 aux années 1990 avec évidemment un attachement à ce que le thème de la chanson corresponde à la situation du film. Et il y a beaucoup de bonnes choses. 

* Le scénario. Signé du duo Jaoui-Bacri, il propose un véritable vaudeville sentimental et immobilier, relativement simple, dans Paris.

* L'humour. Comme toujours avec nos deux acolytes, c'est sans doute un peu élitiste, mais subtil et cela passe avant tout par les dialogues. A l'image de la mise en scène d'Alain Resnais, très théâtrale (mais fine). Ici il y a en plus l'interprétation (en playback donc) des morceaux qui ajoute à la drôlerie.

J'aime pas :

* Je ne vois rien à reprocher.

Pour tout cela, "On connaît la chanson" a été un coup de coeur pour moi à sa sortie et depuis, je ne m'en lasse pas. Et je suis même étonné que son procédé génial n'ait pas été réutilisé depuis ailleurs. Tant mieux dans un sens.

jeudi 5 août 2021

Le Goût des autres (2000)

J'avais déjà tenté de regarder le premier film d'Agnès Jaoui, sans arriver à accrocher. J'ai réessayé, allant cette fois jusqu'au bout, confirmant que ce n'est pas trop mon genre, même si c'est une excellente oeuvre.

L'histoire est celle de l'entrepreneur Jean-Jacques Castella (Jean-Pierre Bacri, bien) qui, à l'occasion de la signature d'un gros contrat avec des Iraniens, va se voir affubler d'un garde du corps, Franck (Gérard Lanvin, pas mal), en plus de son chauffeur, Bruno (Alain Chabat, sobre). Il doit aussi prendre des cours d'anglais. Mais, sans motivation, il renvoie sa professeure, Clara (Anna Alvaro, bien aussi). Le chef d'entreprise la retrouve néanmoins sur scène, dans une pièce de théâtre dans laquelle joue sa nièce. Subjugué, il tombe amoureux d'elle et entreprend tout pour la revoir...

J'aime :

* Le casting. C'est l'une des forces du film, une jolie troupe qui joue juste, menée par un Jean-Pierre Bacri toujours aussi bon, qui dévoile ici une facette tendre et maladroite, surpassant le côté blasé et grincheux. A noter aussi la présence de la propre réalisatrice, Agnès Jaoui, dans un rôle de serveuse-dealeuse. Et enfin petite mention pour Gérard Lanvin, certes dans un rôle de garde du corps, mais dans un registre bien différent de ce qu'il fait d'habitude. 

* Le scénario. On est dans le film d'auteur français typique, avec une histoire relativement banale, mais qui met subtilement en perspective ces différences de classe, d'univers, qui se rencontrent et s'entrechoquent avant de s'apprivoiser et de s'adapter l'une à l'autre. Le tout servi par une mise en scène très sobre, où les dialogues sont rois. 

* L'humour. Ce sont des situations, des dialogues, c'est fin et drôle, à l'image du film.

* L'environnement. J'apprécie toujours que des films se déroulent ailleurs qu'à Paris. Ici, c'est à Rouen. Content.

J'aime pas :

* Le rythme. C'est évidemment la contrepartie du genre, on avance doucement, souvent en se demandant si on en verra le bout. C'est lent, il faut s'y faire. Ajouté à cela des décors assez simples et donc austères qui plombent parfois un peu la fantaisie.

"Le Goût des autres" est assurément une oeuvre marquante d'Agnès Jaoui (et de Jean-Pierre Bacri), dont on fait l'éloge de beaucoup de choses, mais il faut arriver à rentrer dedans. Et ce n'est pas forcément simple.