vendredi 22 mars 2019

You were never really here (2017)

Aller voir un film sans savoir du tout ce dont il traite peut être risqué - je connaissais juste la présence de Joaquin Phoenix, d'où les yeux fermés. C'est ce que j'ai tenté avec "You were never really here" de Lynne Ramsay. Une erreur.

L'histoire est celle de Joe (Joaquin Phoenix, excellent), un ancien militaire devenu tueur à gages souffrant de troubles suicidaires, à qui est confié la mission de retrouver la fille d'un sénateur, Nina (Ekaterina Samsonov, bien), kidnappée pour servir d'esclave sexuelle auprès d'autres autorités. Mais ces dernières font tout pour étouffer le scandale et tentent d'éliminer Joe, qui a réussi à mettre la main sur l'adolescente...

J'aime : 

* Le casting. Le duo formé par Joaquin Phoenix et sa jeune partenaire, Ekaterina Samsonov, porte tout le film. Le premier est une fois de plus époustouflant dans ce rôle d'âme torturée par son passé sur le front, avec une présence physique impressionnante. Palme du meilleur acteur méritée. La seconde offre de fort jolie manière un contraste, tout en douceur et innocence.

* La mise en scène. Lynne Ramsay apporte un vrai style, autant par l'esthétique bien particulière que cette impression d'étouffement avec ces plans rapprochés, cette photographie peu lumineuse et cette bande-son lascive. On aime ou pas, mais c'est singulier. La Palme de la mise en scène aurait été plus appropriée que celle du scénario (lire plus bas).

J'aime pas : 

* Le scénario. Il n'est pas très original et assez mince, bien qu'un peu confus parfois. Ce n'est clairement pas ce qu'on retient du film, palme incompréhensible pour le coup...

* Le rythme. A l'image de la mise en scène, Lynne Ramsay a beaucoup travaillé son esthétique, aux dépens d'un rythme très peu emballant, malgré quelques sursauts parfois lors des scènes de bagarre, bien violentes. L'ennui guette souvent.

Avec "You were never really here", on assiste à la quintessence du film indépendant, dans tous ses aspects (scénario, mise en scène, bande-son, photographie...), mais, malheureusement, on ne retiendra que la performance excellente des acteurs plutôt que le reste.

lundi 18 mars 2019

Mission : Impossible - Fallout (2018)

Cette fois, c'était bon, j'avais vu le précédent épisode, "Rogue Nation", que j'avais plutôt bien aimé donc je me suis plongé sans trop d'hésitation dans ce sixième épisode de la franchise "reprise" par Tom Cruise et toujours signé de l'efficace Christopher McQuarrie.

Alors qu'Ethan Hunt (Tom Cruise, impeccable) et son équipe pensaient avoir mis fin aux agissements du "Syndicat" en arrêtant Solomon Lane (Sean Harris, très bien), ils apprennent que le groupe criminel s'est reformé sous le nom "Les Apôtres". En mission pour intercepter des charges portables de plutonium à Berlin, ils se les font subtiliser par les terroristes. Celles-ci seront vendues à Paris, où Ethan Hunt part pour tenter de les récupérer. Il sera associé à l'agent de la CIA August Walker (Henry Cavill, pas mal) tandis que la Britannique Ilsa Faust (Rebecca Ferguson, bien) débarque aussi sur le coup...

J'aime : 

* Le scénario. Un peu comme dans le précédent épisode, celui-ci fourmille d'événements inattendus (dès cette opération foirée à Berlin) et de rebondissements bien évidemment, avec, une nouvelle fois, des personnages ambigus à plusieurs visages...

* L'action. On en a encore une fois pour notre argent avec des cascades spectaculaires et des opérations menées tambour battant. Petit plus dans cet épisode : Paris est le décor principal donc on s'amuse à reconnaître les endroits où ont été filmées les scènes.

* Le casting. Il ne change guère puisqu'il s'agit d'une suite, mais la troupe de base (Tom Cruise, Simon Pegg, Ving Rhames, Rebecca Ferguson, Alec Baldwin...) connaît parfaitement sa partition. Le nouveau partenaire d'Ethan Hunt, August Walker, n'est pas bien subtile, mais leur duo/duel est intéressant.

J'aime pas : 

* Encore une fois, pas grand-chose à reprocher, on s'amuse bien !

Alors que James Bond est en pause et Jason Bourne plus ou moins pareil, Ethan Hunt en profite lui pour truster la scène des films d'action (hors super-héros, ça fait du bien). Tom Cruise confirme ici qu'il maîtrise très bien sa franchise "Mission : Impossible", avec un divertissement qui en met plein les yeux, fait voyager et sourire de temps en temps, le tout sans temps mort. Mission réussie.

lundi 11 mars 2019

Licence to kill (1989)

Second et dernier James Bond avec Timothy Dalton, toujours signé John Glen. Plus original que le précédent, plus sombre aussi.

L'histoire débute en Floride, où James Bond (Timothy Dalton, très bien) se rend au mariage de son ami de la CIA, Felix Leiter (David Hedison, bien). Au même moment, ils apprennent que Franz Sanchez (Robert Davi, excellent), un gros poisson du trafic de drogue international, est dans les parages. Les deux amis décident alors de le capturer avant la cérémonie. C'est chose faite, mais le criminel parvient à s'enfuir le soir même et commandite l'assassinat de Felix et de sa femme. Le premier est mutilé par un requin, la seconde tuée. James Bond décide de se venger, même si son permis de tuer lui est retiré...

J'aime :

* Le scénario. Adapté de plusieurs bouts d'autres épisodes de l'oeuvre originale, il dénote car ici, James Bond n'est pas en mission, tout le film est basé sur une vengeance personnelle (même si elle arrange tout le monde puisqu'il s'agit de mettre fin aux agissements d'un puissant trafiquant de drogue et que des missiles sont en jeu). L'atmosphère est donc plus noire en quelque sorte et cela donne beaucoup d'épaisseur au personnage de 007. Il y a aussi ce duo, pas encore si commun, de l'espion avec une femme, indic de la CIA. Un peu plus qu'une simple James Bond Girl donc (il y en a une aussi quand même, la fiancée de Franz Sanchez).

* Le casting. On sent donc dans cet épisode que Timothy Dalton apporte sa vraie touche au personnage, plus proche de celui de Ian Fleming paraît-il, avec un scénario qui lui correspond mieux que le précédent. Dans l'esprit du personnage de Daniel Craig plus tard, plus taciturne. Robert Davi offre l'un des meilleurs "méchants" de la saga, charismatique et moderne, tandis que Carey Lowell, qui joue Pam Bouvier, est une forte tête qui n'hésite pas à jouer aussi en solo. A noter l'un des premiers rôles de Benicio del Toro en homme de main de Franz Sanchez.

* Les décors. Pour cet épisode, pas de variation, c'est du soleil tout le temps entre la Floride, les Bahamas et le pays fictif d'Isthmus (tourné au Mexique). Exotique et beau à souhait !

* La bande originale. Après l'horrible a-ha, retour à du très conventionnel puisque le titre phare, interprété par Gladys Knight, reprend largement le thème de Goldfinger. Une signature on ne peut plus "bondienne".

J'aime pas : 

* C'est un épisode assez violent et ce dès le début, avec le sort réservé à Felix Leiter et sa femme, ce qui peut surprendre. Je ne suis pas trop fan non plus des histoires de vengeance, surtout venant d'un "homme de loi" en quelque sorte. Mais bon, cela donne une certaine modernité, pour l'époque, au tout.

S'il a été tourné dans la foulée du précédent, cet épisode de James Bond avec Timothy Dalton est résolument différent, apportant une touche plus originale avec un scénario plus "personnel" autour de 007. L'acteur y est plus à l'aise et délivre une excellente prestation. Malheureusement sa dernière.