mercredi 14 décembre 2016

Arrival (2016)

Denis Villeneuve est le cinéaste québécois qui monte au niveau international depuis quelques années déjà et c'est seulement le premier film de lui que je vois. Belle promesse en effet.

De nos jours, douze galets géants débarquent de l'espace sur la Terre, en douze lieux différents. Flottant dans l'air, personne n'en sort. Les différents pays concernés vont alors commencer à tenter de communiquer avec les créatures qui sont à bord. Aux Etats-Unis, c'est dans le Montana qu'est figé le vaisseau. L'équipe de l'armée américaine, menée par le colonel Weber (Forest Whitaker, bien), fait appel en particulier à deux experts pour interagir avec les extraterrestres : la linguiste Louise Banks (Amy Adams, excellente) et le physicien Ian Donnelly (Jeremy Renner, très bien). Leur mission principale : savoir ce que sont venus faire sur Terre ces êtres venus d'ailleurs...

J'aime : 

* Le scénario. Tiré d'un roman, il est brillant par la subtilité qu'il apporte à un sujet hautement complexe en soi. Il repose en effet sur l'apprentissage de la langue extraterrestre, qui consiste en des bruits pour l'oral et des taches d'encre circulaires pour l'écrit, par les humains. Mais il va au-delà en explorant l'histoire parallèle et mystérieuse de la fille de Louise Banks, qui rejoindra l'histoire principale au moment du dénouement.

* Le casting. Les trois acteurs principaux sont excellents de justesse et mention spéciale au duo de tête, Jeremy Renner offrant une partition subtile, totalement à l'écart de ses rôles "musclés", et Amy Adams verse dans une superbe fragilité.

* La photographie. Si les décors sont plutôt monotones car le film se passe quasiment entièrement dans le "galet" spatial ou dans le camp de base de l'armée, la photographie est splendide, jouant sur les tons minéraux, sombres et glacials, des différents espaces proposés. C'est également très bien filmé.

J'aime pas : 

* Si on veut chipoter, on notera que le film est un peu lent par moments et j'avoue avoir encore des doutes sur le "pouvoir" de Louise Banks : elle le détenait à l'avance ou les extraterrestres lui ont donné ?

"Arrival" est donc un film de science-fiction impliquant des extraterrestres pas comme les autres. Il allie beauté et originalité folle, servi par une formidable mise en scène et des acteurs au top. On ne ressort pas insensible et même un peu bouleversé de l'expérience.

vendredi 9 décembre 2016

Jack Reacher : never go back (2016)

Trois ans plus tard, voici la suite attendue de "Jack Reacher", qui avait été une bonne surprise dans le genre revival de série B. Mais ce second épisode est plutôt décevant.

Le solitaire et ex-major (il ne cesse de le répéter) Jack Reacher (Tom Cruise, toujours aussi rigide) poursuit son chemin à travers les Etats-Unis quand il vient en aide sur une affaire à Susan Turner (Cobie Smulders, bien), de la police militaire de Virginie. Alors qu'ils doivent se rencontrer pour la première fois - ils ne se parlaient que par téléphone, Jack Reacher apprend que sa convive a été arrêtée pour espionnage. N'en croyant pas un mot, il va se mettre en quatre pour sauver la belle major, l'affaire cachant un important trafic d'armes de l'armée américaine...

J'aime : 

* L'action. Une nouvelle fois, Tom Cruise donne de lui-même et on a le droit à quelques jolies bagarres, soit collective, soit en individuel, notamment contre "le chasseur".

* Le casting. Je n'avais pas trop aimé la prestation de Tom Cruise dans le premier épisode, je suis pas super fan non plus dans ce second, enfin c'est surtout ce personnage invincible et macho qui me dérange. Heureusement, il est bien contrebalancé ici par Cobie Smulders, qui a aussi du caractère et offre un personnage intéressant, plus que l'adolescente tête à claques que joue Danika Yarosh. Content aussi de retrouver Robert Knepper en méchant. Donc casting mi-figue mi-raisin.

J'aime pas :

* Le scénario. C'est le plus décevant. Cette histoire de major injustement accusée d'espionnage est peuplée de grosses ficelles et on a l'impression de l'avoir vu 15 fois. De plus, l'ajoute du personnage de Samantha, l'adolescente qui pourrait être la fille de Jack Reacher, n'arrange rien à l'affaire ; elle est parfaitement inutile, surtout quand on connaît le dénouement...

* L'environnement. Dans le premier épisode, j'avais bien aimé que l'histoire se déroule à Pittsburgh, lieu original. Là, on voyage entre la Virginie et la Nouvelle-Orléans, mais sans aucune mise en valeur des lieux, sans aucune personnalité.

Si le premier "Jack Reacher" avait été une bonne surprise, ce second en est une mauvaise. Edward Zwick n'est pas parvenu à en donner un résultat meilleur qu'une série B à l'ancienne. Les quelques points positifs ne compensent pas la déception globale.

jeudi 17 novembre 2016

The Nice guys (2016)

Scénariste de quelques films d'action à succès, Shane Black est devenu réalisateur sur le tard. Sa dernière oeuvre mélange ses spécialités : humour et action.

Los Angeles, 1977. Après la mort d'une actrice de films porno, le détective privé Holland March (Ryan Gosling, excellent) est engagé pour retrouver une jeune femme nommée Amelia, issue du même milieu. Cette dernière demande pour sa part à un autre détective privé, Jackson Healy (Russell Crowe, classique), de justement empêcher qu'on la retrouve. Les deux hommes vont alors se tirer la bourre avant de devoir coopérer après la disparition réelle d'Amelia...

J'aime : 

*Le casting. Si Russell Crowe joue une fois de plus un "bourrin" sans trop d'épaisseur, son acolyte Ryan Gosling est formidable en facétieux détective casse-cou et maladroit porté sur l'alcool, dans un personnage à la Pierre Richard. Angourie Rice, qui joue la fille maligne de ce dernier, est elle aussi une jolie trouvaille. On a un peu de peine en revanche pour Kim Basinger, qui a abusé de la chirurgie esthétique.

*L'environnement. On est dans le L.A. des années 1970, à la cool et la reconstitution est vivante et sympa, des voitures aux vêtements.

*La bande originale. 100% disco ou presque, que du bonheur.

J'aime pas : 

*Le scénario. Je m'explique : il y a une certaine complexité (pas démente non plus, mais soumise à quelques rebondissements) qui nous fait parfois un peu perdre le fil et un certain nombre de morts violentes qui détonne totalement avec l'esprit de comédie. Déconcertant.

"The Nice guys" est ainsi une véritable signature de Shane Black, surprenant, comique et violent à la fois, mais avec là encore un chouette casting qui vaut surtout pour Ryan Gosling (moins pour sa plastique que pour son jeu décomplexé).

vendredi 21 octobre 2016

Our Kind of traitor (2016)

"Gros" casting pour "petit" film d'espionnage adapté d'un livre de John Le Carré, mais un équilibre plutôt plaisant, même si manquant d'ambition.

Perry (Ewan McGregor, bien), professeur à l'université, et Gail (Naomie Harris, pas mal), avocate, tentent de sauver leur couple en prenant des vacances romantiques à Marrakech. Un soir au restaurant, alors que Gail a dû s'absenter pour travailler, Perry est invité par Dima (Stellan Skarsgard, excellent), un homme d'affaires russe en goguette, à passer la soirée avec lui et ses convives dans une magnifique villa. Celui-ci ne tarde pas à révéler au Britannique qu'il fait partie de la mafia russe et qu'il a besoin de lui pour servir d'intermédiaire auprès du MI6. Dima et sa famille étant en danger, menacés de mort par "le Prince", jeune parrain de la mafia russe sans pitié, il espère obtenir l'asile et la protection des services secrets britanniques en échange d'informations explosives...

J'aime : 

*Le scénario. Certains le trouvent alambiqué, mais il est plutôt prenant et va à contre-courant des films mêlant espionnage et surtout action du moment.

*Le casting. Tout le monde est très juste et mention spéciale à Stellan Skarsgard, hautement charismatique en mafieux russe sur la tangente. Ewan McGregor est bon aussi en professeur d'université tombé soudainement dans une grosse affaire qui le dépasse.

*Les décors. Comme tout bon film d'espionnage qui se respecte, on voyage au gré des déplacements de Dima, de Marrakech à Berne, en passant par Londres et Paris. Joli périple !

J'aime pas : 

*Le manque d'ambition. Forcément, si on compare aux blockbusters du genre, "Our Kind of traitor" fait un peu bas de gamme, dans le sens où l'action est réduite au minimum. Le scénario aurait pu être, il est vrai, musclé un peu plus, afin de compenser, mais ce n'est pas le cas, donc on reste avec un suspense minimal.

On pouvait donc attendre plus et mieux d'une adaptation d'un roman de John Le Carré, mais Susanna White délivre une oeuvre pas mal du tout au final et offrant un agréable divertissement, tout en retenue britannique.

vendredi 14 octobre 2016

The Magnificent Seven (2016)

"The Magnificent Seven", version originale, fait partie des films de mon enfance donc de mes films préférés. En voir sortir un remake, qui plus est dirigé par Antoine Fuqua, ne m'a pas du tout réjoui au premier abord, mais ce n'est pas si mal...

Pour cette version 2016, la structure du scénario est identique. La petite bourgade de Rose Creek vit des jours paisibles, mais sa mine d'or finit par attirer l'affreux propriétaire terrien Batholomew Bogue (Peter Sarsgaard, crispant). Désirant s'emparer de tout le territoire, il somme avec violence ses habitants d'en déguerpir. Deux d'entre deux, Emma Cullen et Teddy Q, s'en vont alors chercher de l'aide. Ils tombent sur le chasseur de primes Sam Chisolm (Denzel Washington, bien), qui décide de les aider en recrutant plusieurs autres hommes pouvant affronter avec lui et les habitants de Rose Creek l'armée de Bogue. Ces six autres mercenaires seront : Josh Farraday (Chris Pratt, sympa), Goodnight Robicheaux (Ethan Hawke, très bien) et son acolyte Billy Rocks (Lee Byung-Hun, pas mal), Jack Horne (Vincent D'Onofrio, cool), Manuel Vasquez (Manuel Garcia-Rulfo, très cool) et Red Harvest (Martin Sensmeier, bof).

J'aime : 

*Le genre. C'est un western et quelle que soit l'époque à laquelle il est tourné, j'adore cela.

*Les décors. Cela va avec le genre, j'adore les films historiques pour cela et l'environnement de l'ouest américain très bien retranscrit ici.

*Le casting. Je suis fan d'aucun de la bande des sept, mais c'est du solide et on sent une certaine cohésion malgré le défi d'avoir cherché à représenter toutes les minorités : noir, blanc, asiatique, autochtone, hispanique, vieux... et le personnage d'Emma Cullen donne aussi une place de choix aux femmes.

*Le scénario. Calqué sur l'original, qui n'est pas non plus très complexe en termes de structure, il présente des variantes intéressantes et Antoine Fuqua a trouvé le bon rythme pour que ce ne soit pas ennuyeux.

J'aime pas : 

*Les excès. Il y en a quelques-uns, western moderne et donc musclé oblige, que ce soit en termes de violence et d'action (dans la grande bataille finale, cela canarde de tous les côtés et on est un peu perdu parfois).

Evidemment, "The Magnificent Seven" version 2016 n'a pas le charme de l'original, sa bande originale (sauf en clin d'oeil à la fin) et son casting fabuleux - Antoine Fuqua n'a réuni que des habitués de ses films ou presque, mais il est néanmoins loin d'être raté et offre un bon divertissement.

jeudi 6 octobre 2016

Masterminds (2016)

Ce petit film du jeune et méconnu Jared Hess n'avait pas l'air de casser des briques, mais il s'avère meilleur que prévu.

L'histoire est entièrement vraie et le film reprend de nombreux détails véridiques. David Ghantt (Zach Galifianakis, excellent), convoyeur de fonds très crétin sur le point de se marier avec sa fiancée Jandice (Kate McKinnon, délirante), tombe amoureux de sa collègue Kelly Campbell (Kristen Wiig, sympa). Mais cette dernière se fait renvoyer. L'un de ses amis, le rusé Steve Chambers (Owen Wilson, comme d'hab'), lui suggère de recontacter son ancien collègue pour organiser un casse au sein de son entreprise. Aveuglé par l'amour, David Ghantt marche et vole plus de 17 millions de dollars. Parti se cacher au Mexique en attendant Kelly, il va se retrouver traqué par l'agent du FBI Scanlon (Leslie Jones, très bien) ainsi qu'un tueur à gages, Mike McKinney (Jason Sudeikis, caricatural)...

J'aime : 

*Le scénario. L'histoire est assez dingue et donc totalement vraie, ce qui rend le scénario d'autant plus croustillant. Cependant, il est dommage que la partie post-braquage du côté de chez les Chambers soit bien plus plate qu'au Mexique.

*Le casting. C'est du lourd côté humour et on retrouve avec plaisir le Zach Galifianakis version "The Hangover", son personnage d'idiot au grand coeur étant plus ou moins similaire (avec plus de cheveux ici !). Kristen Wiig est assez touchante et Leslie Jones très marrante. Owen Wilson, lui, reste dans son registre de rusé mesquin.

*L'humour. J'ai lu une critique qui déplorait le manque de "blagues", c'est vrai qu'il n'y a pas non plus énormément de gags qui resteront, mais le ton général potache permet de se faire plaisir sans se prendre la tête.

J'aime pas : 

*S'accrochant justement peut-être un peu trop à l'histoire originale - sauf sans doute la partie mexicaine avec le duel David Ghantt-Mike McKinney, "Masterminds" manque de rythme et de piquant côté humour.

"Masterminds" est ainsi une bonne petite comédie policière, qui ne restera pas dans les annales, mais aura eu le mérite de traiter de manière bien sympathique ce faits divers hors norme !

mardi 20 septembre 2016

Valley of Love (2015)

Comme vous le savez, je ne suis pas un très grand fan de cinéma français contemporain, mais il m'a été donné l'opportunité d'assister à l'avant-première brésilienne de "Valley of Love" en présence de Gérard Depardieu, donc j'y suis allé. Cela ne m'a pas franchement réconcilié avec le genre.

Gérard (Gérard Depardieu, très bien) et Isabelle (Isabelle Huppert, pas mal) sont deux acteurs (mais ce n'est pas leur propre rôle non plus) se retrouvent ensemble plusieurs années après leur divorce dans la Vallée de la Mort, aux Etats-Unis. De manière mystérieuse, leur fils, qui vivait dans le pays et s'y est suicidé, les y a convoqués par l'intermédiaire d'une lettre, leur demandant de suivre tout un itinéraire dans la région afin de les y rencontrer...

J'aime : 

* Les décors. Entièrement filmé dans la Vallée de la Mort, le long-métrage nous fait visiter ce lieu extraordinaire en même temps que les personnages et cela donne envie d'aller y faire un tour, malgré la chaleur perceptible.

* Le scénario. A mi-chemin entre le mystique et la science-fiction, cette quête de deux parents paumés, elle toujours à la recherche du signal pour son téléphone portable et lui d'ombre et de fraîcheur, est intéressante jusqu'à son mystérieux dénouement.

* Le casting. Deux monstres sacrés du cinéma français réunis de nouveau. Si Isabelle Huppert est plutôt bien dans ses scènes en prise avec son téléphone, j'ai préféré Gérard Depardieu qui, une fois de plus, n'hésite pas à jouer une partition presque plus personnelle, en plus de montrer son "énorme" physique, que sa congénère. Ce "Gérard" comédien du film n'a pas toute la gouaille du Depardieu qui l'interprète, mais on ressent que cela pourrait être lui par certains aspects, notamment dans les failles qu'ils dévoile.

J'aime pas : 

* La mise en scène. Les deux personnages déambulent à travers la Vallée de la Mort et pourtant on a l'impression de faire du surplace. Surtout, il y a quelque chose qui cloche entre eux, leurs scènes communes ne sont pas souvent réussies.

* Les dialogues. Je ne suis pas un expert en comédie, mais j'ai trouvé les scènes en voiture surtout, notamment au début du film, mécaniques, voire très mal jouées, surtout de la part d'Isabelle Huppert. La faute sans doute à ces dialogues assez pauvres, qui empêchent le film de connaître une profondeur attendue alors que le sujet s'y prête bien.

Retrouvailles pas franchement réussies entre Isabelle Huppert et Gérard Depardieu, plus de 30 ans après. En raison d'une mise en scène et de dialogues plats, la jolie quête de "Valley of Love" est bien appauvrie. Dommage.

samedi 17 septembre 2016

Café Society (2016)

Woody Allen poursuit son chemin en nous décevant rarement, son film annuel étant encore une oeuvre légère, mais assurément sympathique.

Nous sommes dans les années 1930, le jeune Bobby (Jesse Eisenberg, très bien) quitte son foyer new-yorkais pour tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil (Steve Carell, excellent) travaille comme agent de stars. Ce dernier ne lui prête que peu d'attention avant de finir par lui offrir un petit boulot. Dans le même temps, il a confié à sa secrétaire, Vonnie (Kristen Steward, bien), le soin de lui faire visiter la ville. Bobby tombe amoureux d'elle, mais elle lui explique qu'elle est déjà la maîtresse d'un homme marié qui n'est pas inconnu du jeune New-Yorkais...

J'aime : 

*Les dialogues. C'est l'un des grands atout de Woody Allen, coudre des répliques toniques et drôles, souvent bourrées de références, dont l'éternelle remise en question des propres convictions de ses congénères juifs. Ici, Hollywood et son petit monde en prennent aussi largement pour leur grade de la part du cinéaste new-yorkais dans l'âme.

*Le casting. Ce sont avant tout les personnages qui, sans être grandement originaux, comme le scénario, sont néanmoins délicieusement croqués, du tonton prétentieux ami des stars à la mère juive en passant par le grand frère brutal mais sympa. Et tous les acteurs trouvent le ton juste avec une petite préférence personnelle pour le grand Steve Carell qui a remplacé Bruce Willis au pied levé et s'en sort sans doute beaucoup mieux.

*Le scénario. Les anti-Woody Allen diront qu'une fois de plus, il ne casse pas des briques. Certes, mais le cinéaste trousse autour de ce méli-mélo, une fois de plus justement, une excellente petite comédie où rien n'est cependant jamais rose et positif à 100% (voir le choix de Vonnie...). L'ironie est toujours présente pour mettre des croche-pieds au long fleuve tranquille.

J'aime pas : 

*Pas de reproches particuliers à faire, mais je n'irais pas non plus à déclarer le film "parfait", cela manque en effet sans doute un peu de complexité, comme Woody Allen a déjà pu en instaurer dans de précédents films.

"Café Society" est une comédie typique du cinéaste, rien de flamboyant, mais on prend un malin plaisir à le voir manipuler ses personnages, à narrer son histoire en voix off et on sort de la salle avec un grand sourire.

mardi 6 septembre 2016

Suicide Squad (2016)

Malheureusement, je ne réussis pas à voir tous les films Marvel et DC qui sortent donc je suis un peu perdu et il me manque des bouts. J'ai néanmoins été voir ce "Suicide Squad" qui, je confirme, est un poil décevant.

L'histoire se déroule dans la foulée de "Batman v Superman : Dawn of justice" (que je n'ai pas vu). Superman est donc mort et Amanda Waller (Viola Davis, bien) tente de convaincre les autorités américaines d'un grand danger que court le monde. Pour le prévenir, elle entend monter une "suicide squad" composée des criminels les plus dangereux qui aient été capturés : Deadshot (Will Smith, classique), Harley Quinn (Margot Robbie, excellente), compagne du Joker (Jared Leto, étonnant), Killer Croc, Captain Boomerang, El Diablo, Katana et Slipknot. Dirigés par le soldat d'élite Rick Flag (Joel Kinnaman, très bien), ils vont bien être confrontés à un couple de dieux amérindiens et leur armée...

J'aime : 

*L'idée originale. Ce n'est pas nouveau, mais constituer un bataillon de vilains "super-héros" pour combattre le mal, à l'inverse des Avengers, c'est plutôt sympa.

*Le casting. Bon, Will Smith est égal à lui-même, certes "bad guy", mais gentil quand même (et mièvre quand il s'agit de sa fille), mais à ses côtés, Margot Robbie détonne en Harley Quinn. Jared Leto était particulièrement attendu en Joker, on ne le voit pas beaucoup, mais il s'en tire bien. Le reste est convaincant également.

*La bande originale. C'est très rock'n'roll, avec des pointes de hip-hop, et ça colle fort bien à l'atmosphère.

J'aime pas :

*Le scénario. Je ne sais pas si c'est parce qu'il y aurait des références antérieures que je n'aurais pas saisies, mais il y a pour moi quelques incohérences : pourquoi Batman ne donne pas un coup de main ? Comment Amanda Waller sait qu'un grand danger inarrêtable arrive ? Ensuite, la route vers le grand monstre est relativement linéaire et sans grande surprise.

*L'environnement. C'est assez sombre dans l'ensemble, pas grand-chose à voir à part des décors de ville détruite...

"Suicide Squad" n'est pas complètement raté, il est plutôt divertissant dans l'ensemble, mais il est assez loin de ce qu'on pouvait attendre avec une telle équipée. Dommage.

lundi 29 août 2016

Jason Bourne (2016)

Donc, Jason Bourne est de retour. Malgré une situation un peu étrange puisqu'un premier épisode post-Bourne est déjà sorti et d'autres devraient suivre (?), mais ça n'enlève rien au plaisir de revoir l'original même si le charme de la trilogie est passée.

Après s'être évanoui dans la nature pour reprendre sa vie, on retrouve Jason Bourne (Matt Damon, bien) à la dérive, survivant en luttant dans des combats illégaux en Grèce. Il est contacté par une ancienne connaissance, Nicky Parsons (Julia Stiles, pas mal), collaboratrice du hacker Christian Dassault, qui a récupéré des données sur la fameuse opération Treadstone impliquant Jason Bourne, mais aussi son père (ce qui est une nouveauté). Ils se rencontrent à Athènes en pleine manifestation sociale, mais la CIA, menée par Robert Dewey (Tommy Lee Jones, classique), est déjà à leurs trousses via l'analyste Heather Lee (Alice Vikander, très bien) au Pentagone et un tueur à gage (Vincent Cassel, excellent) sur place...

J'aime : 

* Le casting. Solide et efficace. Matt Damon revient torturé comme jamais et Vincent Cassel constitue un excellent méchant, coriace et sans pitié comme il faut. Alice Vikander est aussi un personnage bien intéressant.

* L'environnement. La première séquence d'action en Grèce, au coeur de la manifestation à Athènes, est époustouflante de réalisme. Du grand art ! Ensuite, Berlin, Londres et Las Vegas sont plus "classiques", mais il est toujours agréable de voyager grâce à ce genre de films.

* L'action. Paul Greengrass maîtrise et offre à chaque destination son lot de scènes spectaculaires.

* Le scénario. Moins d'interrogations et de surprises que lors de la première trilogie, donc c'est plus classique, notamment avec un énième patron de la CIA cynique. Mais l'inclusion du personnage d'Heather Lee et du père de Jason Bourne est une bonne idée.

J'aime pas : 

* L'histoire reste un peu trop linéaire, tout s'enfile de manière assez fluide et sans trop d'obstacles pour Jason Bourne après la Grèce. De plus, on ressort quand même assez épuisé de beaucoup d'action pour peu de réflexion.

Pas déçu de retrouver Jason Bourne, avec un nouvel épisode plutôt bon et toujours bien costaud, mais on espère que les scénaristes trouveront à l'avenir des fils un peu plus originaux à lui mettre dans les pattes.

mercredi 27 juillet 2016

Ghostbusters (2016)

Vu les péripéties connues avant la concrétisation de ce troisième épisode de "Ghostbusters", je n'avais pas de grosse attente. J'ai bien fait.

Il s'agit non pas d'une suite, mais d'un reboot, donc on repart à zéro. La physicienne Erin Gilbert (Kristen Wiig, bien) est en passe d'obtenir un poste important à l'université de Columbia, à New York, quand un vieux livre sur l'existence des fantômes, coécrit avec une ex-collègue, Abby Yates (Melissa McCarthy, sympa), refait surface. C'est cette dernière qui tente de relancer l'ouvrage, ayant poursuivi des travaux sur le paranormal dans un lycée en compagnie de Jillian Holtzmann (Kate McKinnon), sorte de Géo Trouvetou. Le trio va être appelé à la rescousse par la direction d'une vieille maison devenue musée et qui serait hantée. Leur rencontre avec un fantôme les convainc alors de créer leur propre bureau d'enquête...

J'aime : 

* Le casting. C'était la pirouette finale pensée par l'équipe du film, privilégier un casting féminin pour tout "changer". Et cela fonctionne bien, avec des pointures comiques actuelles, Melissa McCarthy en tête, qui forme un duo sympa et drôle avec Kate McKinnon. Mention spéciale aussi à la 4e "larronne", Leslie Jones, qui ajoute encore un peu plus de punch. Il est également cocasse de voir Chris Hemsworth en secrétaire idiot et cool de voir apparaître en guests quelques anciens "Ghostbusters".

* Les effets spéciaux. Les fantômes sont très colorés et bien faits.

J'aime pas : 

* Le scénario. Je n'aime justement pas trop les reboots en général parce que je ne vois pas grand intérêt à refaire la même chose en plus moderne, sauf si l'histoire est reprise de manière vraiment originale. Ce n'est pas le cas ici où on a quand même affaire à quasiment le même scénario que l'original à quelques alternatives près. Aucune surprise donc.

* L'humour. Il me semble que la version originale était moins bêta que celle-ci de ce côté-là, plus adulte quoi.

Sentiment mitigé donc quant à ce nouveau "Ghostbusters". Vu le réalisateur, Paul Feig, et le casting de choc, on aurait pu s'attendre à bien mieux, mais la pression et les atermoiements autour de ce nouvel épisode ont sans doute nuit au film. Divertissement léger, mais on peut s'arrêter là.

samedi 16 juillet 2016

Special Correspondents (2016)

Si Ricky Gervais me fait bien rire quand il présente des cérémonies de récompenses ou sur Twitter (je n'ai pas encore vu "The Office"), on ne retrouve malheureusement pas son célèbre cynisme dans ses films...

Celui-ci est un remake fidèle du français "Envoyés très spéciaux", datant de 2009. Sauf que ce n'est pas en Irak qu'envoie la radio - new-yorkaise ici - du journaliste vedette Frank Bonneville (Eric Bana, pas mal) et de son ingénieur du son Ian Finch (Ricky Gervais, correct), mais en Equateur, en proie à un coup d'Etat. Or, le second jette par mégarde billets d'avion et passeports... Effrayé à l'idée d'être viré, le duo va alors composer de faux reportages cachés dans un restaurant situé en face même de leur propre radio jusqu'à ce que les choses prennent une ampleur démesurée lorsqu'ils font croire qu'ils ont été pris en otage...

J'aime : 

*L'idée. Evidemment, elle vient du film original, mais elle reste bonne et tout à fait applicable avec un pays sud-américain plutôt que moyen-oriental.

*Le casting. Outre Eric Bana et Ricky Gervais, dont le duo fonctionne bien (et ressemble même physiquement à la paire Lanvin-Jugnot de l'original), on retrouve de jolis noms en seconds rôles tels que Kelly Macdonald ou Vera Farmiga.

J'aime pas : 

*Les longueurs. Tant que les deux arnaqueurs sont à New York, c'est plutôt sympa et rythmé, mais la dernière partie (je n'en dirai pas plus...) est longuette...

*Les incohérences. Evidemment, ce n'est qu'une fiction et tout ne peut pas être réaliste, mais quand même, le journaliste vedette - qui ne fait d'ailleurs pas vraiment journaliste - ne se servant jamais d'Internet pour s'informer et seulement de la télévision, c'est un peu gros...

*L'humour. Pas qu'il ne soit pas bon, mais avec Ricky Gervais, on s'attend à du largement plus féroce que cette comédie honnête, mais loin d'être hilarante.

Je suis de manière générale contre les remakes. Même si je n'ai pas vu l'original, celui-ci n'est pas bien utile dans le sens où il ne semble vraiment pas apporter grand-chose de plus. Il est surtout décevant au regard de la présence de Ricky Gervais, devant et derrière la caméra. 

jeudi 7 juillet 2016

American Pie presents : Beta House (2007)

Je m'ennuyais un peu donc j'ai décidé de m'aventurer dans les "spin off" de la série "American Pie" dont j'avais apprécié jadis au moins les deux premiers épisodes. Mais que dire de ces séquelles...

Ce 3e spin off fait atterrir Erik Stiffler (John White, bof), cousin du célèbre Stiffler, à l'université où se trouve déjà un autre cousin, Dwight (Steve Talley, bof aussi), playboy du campus, à la tête de la Beta House, l'une des fraternités locales. Ce dernier va ainsi introduire son cousin et ses amis au royaume de la beuverie et du sexe... Outre des épreuves de bizutage à passer, les promus devront également aider la Beta House à affronter sa rivale, la Geek House, lors de mini-olympiades.

J'aime : 

* Rien du tout malheureusement... Même pas le moindre gag. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on ne peut guère que s'y rincer l'oeil !

J'aime pas : 

* L'humour. Il est sexo-scato-vomito... et à gogo ! De manière générale, il est très lourd et surtout jamais drôle, tout est extrêmement caricatural.

* Le scénario. Bidon, la guerre entre les deux fraternités et ses jeux grecs apparaissent bien tard, et cela se termine ainsi abruptement avec la victoire de l'un des deux camps (eh oui, je suis capable de vous éviter les spoilers...).

* Le casting. En dehors d'Eugene Levy, qui cabotine, aucune personnalité plus connue - réalisateur compris, c'est dire. Du côté des garçons, que des ados bien fades et se ressemblant tous, et du côté des filles, elles ne sont bonnes qu'à montrer leur poitrine.

Je ne sais pas si appartenir à la franchise "American Pie" aide à obtenir du succès, mais toujours est-il qu'à côté de ces séquelles, les films originaux sont des chefs d'oeuvre ! Cet épisode-là est tout simplement nul à pleurer.

samedi 2 juillet 2016

Ted 2 (2015)

Trois ans après le succès du premier épisode, il fallait évidemment une suite à "Ted". Et c'est toujours aussi drôle...

Trois ans plus tard et nous retrouvons notre ourson en peluche (voix de Seth MacFarlane, très bien), marié avec sa bimbo et collègue de travail Tami-Lynn (Jessica Barth, bien). Sauf que cela ne va plus du tout entre eux... Seule voie pour sauver leur mariage : avoir un enfant. Sauf que Ted est avisé que n'étant pas une personne humaine, il ne pourra pas en assumer la paternité. Aidé de son fidèle ami John (Mark Wahlberg, excellent) et de la jeune avocate Samantha (Amanda Seyfried, pas mal), le couple se lance alors dans une bataille judiciaire pour que Ted soit reconnu comme égal à un être humain. Mais attention, son vieil ennemi Donny (Giovanni Ribisi, correct) rôde toujours...

J'aime : 

*Le casting. C'est une des forces du film. Amanda Seyfried a remplacé plutôt bien Mila Kunis, et le reste des acteurs du premier épisode sont là, notamment Mark Wahlberg, qu'il est toujours plaisant de retrouver dans ce genre de grosse farce. Les invités (Liam Neeson en tête, mais aussi Jay Leno, Tom Brady ou encore, dans une plus grande mesure, Morgan Freeman) sont une plus-value sympa.

*L'humour. Outre les gags classiques assez hilarants en général, cela dérape à plusieurs reprises, sans gêne aucune, mais cela a le mérite d'être plutôt drôle dans le trash, ce qui est rare.

*Le scénario. Le fil rouge sur l'humanité ou non de Ted est plutôt bien trouvé, original, mais il est dommage que l'histoire secondaire avec le kidnapping pour Hasbro n'ait pas mieux été exploitée.

J'aime pas : 

*Comme dans le premier épisode, les moments plus "sérieux" et/ou d'émotion sont les moins réussis, la mièvrerie s'accommodant mal avec le reste du film.

Il y a toujours à craindre des suites, surtout en matière de comédie, mais celle-ci est plutôt bien réussie, dans la même veine que le premier épisode, donc tout va bien, on permet même un troisième épisode !

vendredi 29 avril 2016

Keith Richards : under the influence (2015)

Après l'excellent documentaire sur Nina Simone, je ne pouvais que faire confiance à Netflix pour cette autre oeuvre consacrée cette fois à Keith Richards.

Dirigé par Morgan Neville, journaliste américain et auteur de documentaires sur Muddy Waters et Johnny Cash entre autres, celui-ci est dans cette même lignée puisqu'il dresse un portrait du guitariste des Rolling Stones à travers ses influences que sont notamment le blues et la country. Si l'on suit une certaine ligne chronologique en fil rouge, il ne s'agit pas d'une biographie de Keith Richards à proprement parler. On suit ce dernier à l'occasion de l'enregistrement de son dernier album, "Crosseyed Heart", fortement teinté de blues, et passer de studio en studio pour conter ses mémoires liées à ses idoles musicales.

J'aime : 

*Le sujet. Keith Richards est un personnage mythique du rock, avec une certaine légende trash, mais qui, ici, donne à voir que cette image n'est pas exacte. Certes, il continue de fumer comme un pompier et de boire, mais on en apprend plus notamment sur sa relation avec son père, perdu puis retrouvé, et qui deviendra son meilleur ami jusqu'à sa mort. Puis il est aussi toujours intéressant de voir de grands noms comme lui, qui a influencé nombre guitaristes, parler justement de ses idoles à lui et les mettre ainsi en lumière.

*La musique. Pas vraiment de grands classiques des Rolling Stones, mais tout ce qui a influencé Keith Richards, beaucoup de blues et de country donc, ainsi que ses derniers morceaux. Que du bon quand même.

J'aime pas : 

*La biographie. S'il y a quelques éléments sur la vie de Keith Richards, c'est vrai que je n'aurais pas été contre en savoir un peu plus sur lui et son cheminement avant et pendant les Rolling Stones. Mais tel n'était pas l'angle du documentaire.

Documentaire sérieux et pointu de Morgan Neville sur les influences de Keith Richards qui se révèle un excellent guide et conteur. A voir !

lundi 25 avril 2016

Smashed (2013)

Sorti directement en DVD en France, ce petit film indépendant a notamment pour attrait d'avoir Aaron Paul à son casting. Mais ce n'est pas sa prestation qu'on retiendra.

L'histoire est relativement simple : Charlie (Aaron Paul, pas mal) et Kate (Mary Elizabeth Winstead, excellente) forment un jeune couple pour qui tout roule, mais qui a tendance à enchaîner les soirées arrosées. Des excès qui mettent sérieusement en péril la carrière d'institutrice de Kate qui en vient à vomir devant ses élèves un lendemain de cuite. Aidée par son collègue Dave (Nick Offerman, bien), ancien alcoolique, la jeune femme va alors tenter de sortir de ce quotidien nuisible, mais cela aura forcément des conséquences sur tout le reste, dont son couple...

J'aime : 


*Le casting. Si Aaron Paul a un rôle pas si éloigné que cela de son "Jesse" de "Breaking Bad", l'alcool remplaçant la drogue, et donc n'apporte rien de très nouveau, on est vraiment épaté par sa partenaire, Mary Elizabeth Winstead qui apporte différentes facettes de jeu extrêmement subtiles, de l'ivresse à la sobriété en passant par la rechute. On apprécie aussi de solides seconds rôles.

*Le scénario. Il n'est pas franchement original ni complexe car il s'intéresse plus aux relations entre les personnages suivant les différents moments de Kate, mais il n'est pas dénué d'intérêt, invite à la réflexion et vaut déjà par la jolie prestation de son casting.

J'aime pas : 

*La durée. C'est rare que je le dise, mais cette fois, j'ai trouvé le film trop court. Malgré son scénario plutôt mince, James Ponsoldt, le réalisateur, aurait pu s'attarder un peu plus notamment sur la relation de Kate avec son collègue Dave et sa marraine des Alcooliques Anonymes Jenny.

Deuxième film seulement du jeune et déjà prolifique James Ponsoldt, "Smashed" est une oeuvre certes "mineure", mais qui vaut le détour pour la performance intéressante de ses acteurs sur un vrai thème de société.

vendredi 22 avril 2016

Zoolander (2002)

Alors que le second épisode est sorti récemment sur les écrans, il me tardait de voir enfin ce film devenu culte, mais pas tant diffusé que cela. Voilà chose faite et je reste un peu sur ma faim.

L'histoire, c'est celle de Derek Zoolander (Ben Stiller, pas mal), mannequin le plus célèbre du monde, mais qui a fait son temps. La page est définitivement tournée lorsqu'il perd le titre de mannequin de l'année au profit de son rival, le cool Hansel McDonald (Owen Wilson, sympa). Par la suite, ses colocataires meurent dans un dramatique accident et Derek Zoolander décide alors de mettre fin à sa carrière. Il retourne dans sa campagne afin de vivre avec son père et ses frères, miniers. Mal accepté, il pense pouvoir faire un retour triomphal sur les podiums lorsqu'il est engagé par Jacobi Mugatu (Will Ferrell, extravagant à souhait) pour un prochain défilé. Ce n'est qu'un subterfuge pour que le mannequin, dont on a lavé le cerveau, assassine le Premier ministre de Malaisie qui ose vouloir interdire le travail des enfants dans son pays, représentant une menace pour les profits de l'industrie de la mode...

J'aime : 

*Le scénario. D'une part, il y a cette satire du monde superficiel de la mode qui est très bien retranscrite, et d'autre part, un fond plus réaliste qu'on ne le pense car il y a une véritable problématique autour des pays d'Asie du Sud-Est qui commencent à autoriser des syndicats, un salaire minimum, etc. pour leurs nombreux salariés du textile, ce qui ne plaît pas du tout aux grands groupes de mode. Puis la paire Stiller-Wilson, avec le premier toujours bien moins malin que le second, est toujours géniale à voir en action.

*Le casting. Toute la bande à Stiller est donc là (Wilson, Ferrell, Vaughn...), et on se réjouit des très nombreux invités (dont Donald Trump !) qui ont accepté de jouer leur propre rôle et de participer à cette grosse caricature de l'industrie de la mode. Après, je ne suis pas convaincu que ce soit le meilleur rôle de Ben Stiller, qui va trop dans le grotesque.

J'aime pas : 

*L'humour. Je suis en général très bon public de ce genre de grosse farce "débile", mais je n'ai quasiment pas ri, et très peu souri au final, devant le film. Peut-être trop d'expectative de ma part, mais j'ai trouvé ça lourd tout du long sans arriver à monter au énième degré requis.

Au final, je crois que j'ai plus apprécié le fonds que la forme de "Zoolander". Le thème est original et le film de Ben Stiller tourne bien en dérision les codes du milieu de la mode, mais je n'ai pas réussi à rentrer dans son rendu potache excessif. Peut-être en grande partie aussi parce que je n'ai finalement pas aimé son personnage. Cela ne m'empêche pas de vouloir voir la suite !

mercredi 17 février 2016

L.A. Confidential (1997)

J'ai beaucoup d'amour pour ce film. D'abord parce que je l'ai vu avant sa sortie française dans un hôtel uruguayen, ensuite parce qu'il est adapté du roman éponyme de James Ellroy, lui-même traduit en français par une connaissance. Mais ce sont des détails, le film en lui-même est grandiose.

L'histoire est assez complexe, mais dans le bon sens. Nous sommes dans le Los Angeles des années 1950 où la pègre, Mickey Cohen en tête, règne en maîtresse sur le monde de la nuit, la face sombre d'Hollywood. Mais sa chute est proche, entraînée par une série de règlements de compte douteux et une sérieuse reprise en main de la police locale, corrompue jusqu'à l'os. Une fusillade mortelle dans une cafétéria de la ville entraînant la mort d'un policier tout juste licencié, Dick Stensland, va lancer une grande enquête menée par trois policiers aux profils extrêmement différents : l'incorruptible et droit Ed Exley (Guy Pearce, excellent), qui a lui-même contribué à la chute de Stensland, le brutal mais défenseur des femmes Bud White (Russell Crowe, dans son meilleur rôle), qui est aussi l'ancien coéquipier de Stensland, et le précieux et ami des stars Jack Vincennes (Kevin Spacey, magnifique)...

J'aime :

* Le scénario. Il paraît que le livre est encore plus complexe. On imagine, et là ce n'est pas mince non plus, mais cela reste un polar passionnant où tous les différents personnages et histoires finissent par se rassembler au sein de la même trame.

* Le casting. Que dire ? Il est riche et de qualité. Outre ceux cités plus haut, on goûtait au retour de Kim Basinger (oscarisée), accompagnée encore de Danny DeVito, James Cromwell...

* Les décors. Forcément, il y a peu d'extérieurs, mais le Los Angeles des années 1950, via les voitures, les costumes, les accessoires, est magnifiquement reconstitué. Grande classe.

* La musique. Signée de l'expérimenté Jerry Goldsmith, elle a des tons jazzy. Magnifique.

J'aime pas : 

* L'un des rares films où je ne trouve rien à reprocher, même pas quelque détail.

"L.A. Confidential" fait facilement partie du top 10 de mes films préférés. De la mise en scène aux acteurs, en passant par le scénario (oscarisé), tout est parfait, cela reste le chef d'oeuvre de Curtis Hanson.

lundi 8 février 2016

Amy (2015)

Il fallait bien un documentaire pour retracer la courte et brillante (artistiquement) trajectoire d'Amy Winehouse. C'est chose faite et plutôt bien par Asif Kapadia.

Chronologique, le récit du réalisateur britannique passe rapidement sur l'enfance de la chanteuse pour véritablement commencer avec le début de sa carrière, la rencontre avec son premier manager et la conception et sortie de son premier album, "Frank". La suite, avec "Back to Black" et son succès gigantesque, sera une longue descente aux enfers pour Amy Winehouse que certaines périodes plus apaisées ne suffiront pas à sortir complètement de l'abus de drogues et alcool...

J'aime : 

* La bande originale. Amy Winehouse, on l'aime avant tout pour sa voix, sa musique. Evidemment, cette dernière accompagne le documentaire tout du long, mais on regrette que les extraits soient aussi courts.

* Les archives. Elles sont riches dans le sens où l'on retrouve des vidéos "intimes" tournées par ses proches et amis alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente comme les autres, puis, même lorsque le succès commence à surgir, des images privées sont là et nous montrent une personne simple et sympathique. Les vidéos d'enregistrement sont également précieuses et fabuleuses, comme lorsqu'elle pose sa voix sur "Back to Black".

* Les intervenants. Le cas Amy Winehouse est délicat, mais Asif Kapadia a réussi à obtenir le témoignage des personnages clés de sa vie, notamment pour le pire, dont son ex, Blake Fielder, et son père. Sans eux, il aurait clairement manqué quelque chose.

* Le sujet. Je ne suis pas non plus un fan inconditionnel d'Amy Winehouse, ni de son "personnage", mais il y a donc quand même un grand intérêt à comprendre la dérive d'une jeune femme aussi talentueuse, tuée par le succès, l'amour et les excès qui y sont liés, mais sans doute pas que cela...

J'aime pas : 

* Je ne sais pas si Asif Kapadia a finalement obtenu tout ce qu'il voulait, car on a souvent l'impression, malgré la longueur du documentaire, de survoler la vie d'Amy Winehouse, notamment son enfance, qui manque de consistance alors que le mal-être de la jeune femme y tient sans doute ses origines et qu'il est indispensable de le connaître pour décrypter le personnage. Par défaut d'images aussi, on a parfois celles des tabloïds à la place, jusqu'à la sortie de son corps de sa maison. Pas forcément toujours nécessaire.

Malgré un peu de frustration, "Amy" se révèle un documentaire riche et poignant sur cette météorite de talent musical que fut Amy Winehouse. A consommer, pour le coup, sans modération.

dimanche 31 janvier 2016

The Intern (2015)

On ne comptait pas trop sur Nancy Meyers, reine américaine des comédies du 3e âge, pour relancer un peu ce bon vieux Robert De Niro. Mais, comme d'habitude, c'est plutôt sympa.

Jules Ostin (Anne Hathaway, bien) est une jeune entrepreneure à la tête d'un site de vente de vêtements qui a cartonné en peu de temps. Elle est désormais tellement occupée qu'elle en oublie qu'elle a accepté d'accueillir, au sein d'un programme de stagiaires, un senior. C'est Ben Whittaker (Robert de Niro, très bien) qui est sélectionné et qui va devoir assister Jules et sa secrétaire débordée. Après des débuts difficiles, une relation constructive va se nouer entre la jeune employeur et son stagiaire du 3e âge...

J'aime : 

* Le casting. Moi qui suis souvent critique sur Robert De Niro, je l'ai bien aimé ici car sobre et bien dans son rôle, assumant donc ce 3e âge avec délicatesse. Face à lui, Anne Hathaway représente bien l'image que l'on pourrait avoir d'une working girl à la tête d'une start-up. Les seconds rôles sont en revanche bien plus effacés et on n'imagine justement pas vraiment la boss avec un tel compagnon tout simple. La pauvre Rene Russo est elle vraiment accessoire.

* Le scénario. L'idée de base est bonne et plutôt originale (même si "The Internship" jouait déjà des décalages avec les nouvelles générations hyper connectées), et tout se déroule de fort belle facture avant que l'histoire ne s'embourbe dans la relation entre Jules et son mari, et finisse ainsi d'ailleurs.

J'aime pas : 

* Le dénouement. J'ai vraiment commencé à décrocher avec cette dernière partie de film ennuyeuse et plan-plan, qui n'avait plus vraiment de rapport avec l'idée du début.

* Le rythme. Qui dit comédie du 3e âge, dit rythme qui va avec, donc même si c'est guilleret, cela prend son temps, parfois un peu trop. Et l'ennui guette.

J'avais un mauvais pressentiment pour "The Intern" qui s'avère finalement meilleur que je ne le pensais, avec un joli duo d'acteurs qui fonctionne bien. Seulement, le scénario finit par décevoir. C'était presque ça !

mardi 26 janvier 2016

Aloha (2015)

Le temps passe et Cameron Crowe devient toujours plus patapouf dans ses comédies romantiques. A l'image de cet "Aloha" qui, malgré son casting sympa, a été un échec commercial bien mérité, ne sortant même pas au cinéma en France.

L'histoire a pour décor Hawaï où un ancien soldat américain, Brian Gilcrest (Bradley Cooper, sobre), est envoyé pour conclure un accord entre l'armée et le magnat Carson Welch (Bill Murray, très bien) pour le lancement d'un satellite privé. Sur place, Brian est chaperonné par l'aviatrice Allison Ng (Emma Stone, bof), avec qui le feeling semble passer. Mais il retrouve aussi son ex, Tracy (Rachel McAdams, belle comme un coeur), désormais mariée avec deux enfants...

J'aime : 


* Le casting. Il est quand même bien fourni avec, en plus des noms déjà cités, Alec Baldwin et Danny McBride. Après, pas de performance remarquable non plus, mais on aime bien tout le monde, même si Emma Stone est un peu bizarre (sans doute dû à son rôle de pseudo femme pilote donc "couillue" et censée être d'origine vietnamienne et hawaïenne, on n'y croit pas trop...).

* Les décors. Comme souvent avec les rares films tournés à Hawaï, l'archipel est superbement mis en valeur et cela nous fait faire un peu de tourisme. Magnifique.

* La bande originale. Beaucoup de chansons locales, mais pas que. Cameron Crowe nous régale toujours d'une jolie playlist, celle-ci n'échappe pas à la règle.

J'aime pas : 

* Le scénario. C'est vraiment le problème majeur du film, on a l'impression que le réalisateur voulait à tout prix faire son oeuvre à Hawaï (cf le titre), mais qu'il n'avait par contre aucune inspiration pour l'histoire à raconter. La romance, très réchauffée, prend largement le pas sur la mission de Brian Gilcrest dans l'archipel qui offre un piètre suspense final...

* La mise en scène. Outre des longueurs, on sent les acteurs un peu perdus, sans grande implication, à l'image du scénario.

"Aloha" semble ainsi enterrer encore un peu plus Cameron Crowe qui est de moins en moins inspiré. Il avait les décors et le casting pour un film sympa, mais il a oublié d'offrir un scénario solide, d'où un flop qu'il n'aura pas volé.

vendredi 22 janvier 2016

The Ridiculous 6 (2015)

Oui, j'étais un peu curieux de voir à quoi ressemblerait cette parodie de western version Adam Sandler avec un tas de guests. J'ai pas été déçu, aussi nul que son titre le laisse présager.

Tommy Stockburn (Adam Sandler, qui fait son mauvais viril) vit une existence tranquille parmi une tribu amérindienne lorsque son père, Frank (Nick Nolte, bof), débarque et lui apprend qui il est. Mourant, il lui apprend qu'il a caché un coffre rempli d'argent et lui révèle son emplacement. Mais ce dernier est alors kidnappé par le gang de Cicero (Danny Trejo, correct) à qui il doit justement de l'argent. Tommy va alors se mettre en quête de payer la dette de son père en jouant les Robin des Bois, ne volant de l'argent qu'à des personnes de mauvaise intention. Au cours de son cheminement à travers l'Ouest, il va rencontrer au fur et à mesure et par hasard chacun de ses demi-frères, constituant alors les "Ridiculous 6"...

J'aime : 

* La reconstitution. J'aime beaucoup les westerns notamment pour le cachet historique des paysages de l'ouest américain. Celui-ci offre ce qu'il faut de reconstitution fidèle.

J'aime pas : 

* Le casting. En dehors de la bonne surprise Taylor Lautner qui est très drôle dans le rôle de l'un des demi-frères benêt d'Adam Sandler, il n'y a pas grand-chose à sauver des autres qui sont souvent dans la caricature grotesque. On est ainsi triste de voir notamment des pointures comme Harvey Keitel et Steve Buscemi là-dedans. Quant à Adam Sandler, il joue toujours le même personnage, quel que soit le costume. Lassant.

* Le scénario. Ce n'est évidemment pas ce qui préoccupe les producteurs et on sent que la constitution des Ridiculous 6 est même bâclée à la fin pour aller plus vite.

* L'humour. Forcément, ce n'est pas fin et on n'échappe pas aux gags scato et/ou vulgaires. Dans certains films, ça passe, là non, c'est juste lourdingue.

Les films d'Adam Sandler paraissent très variés au niveau du scénario, mais ils se suivent et se ressemblent en réalité avec toujours les mêmes personnages et acteurs d'ailleurs. Pas grand-chose à sauver de cet énième nanard qui a bien fait de rester exclusivement sur Netflix.

dimanche 17 janvier 2016

The Big Short (2015)

Jolie initiative de la part d'Adam McKay, auteur de grosses pochades (mais de qualité) américaines, qui a décidé de se lancer dans un film au sujet sérieux et polémique, avec tout de même une bonne dose d'ironie.

Son sujet ? La fameuse crise des subprimes en 2008 et comment la bulle financière avait été anticipée plusieurs années auparavant par le manager d'un hedge fund, Michael Burry - seul personnage au nom véridique - (Christian Bale, génial). Il se met alors en tête de parier contre le marché immobilier auprès des banques américaines qui le prennent pour un fou, mais acceptent son argent. Seul banquier à faire réellement attention à son idée, Jared Vennett (Ryan Gosling, bien) va proposer à un fonds "éthique" géré par l'idéaliste Mark Baum (Steve Carell, excellent) de suivre le même processus. Petit à petit, d'autres investisseurs vont s'y intéresser et attendre son effet jusqu'à ce que la crise arrive enfin, comme prévu...

J'aime : 


* Le casting. Il est royal, entre les prestations géniales de Christian Bale et Steve Carell, on a aussi, en plus sobre certes, Ryan Gosling et Brad Pitt. Tous les autres seconds rôles sont très bons également.

* La mise en scène. Adam McKay a dû piocher dans ses comédies loufoques précédentes pour insérer dans un sujet très complexe et sérieux une bonne d'humour noir et d'ironie, finalement très bien en phase avec le cynisme de toute cette histoire, souvent à l'aide de jeu face caméra, d'insertions de photos de l'American Way of Life (à la Martin Parr) ou encore d'apartés déjantés.

* Le scénario. Même complexe, on comprend globalement les enjeux et on se prend au jeu de ces différents personnages principaux poursuivant le même but, mais dans des contextes différents. Et même si l'on connaît la fin, le suspense reste entier...

* La pédagogie. Il en faut beaucoup pour comprendre le mécanisme qui a pu aboutir à la crise de 2008. Le réalisateur a pris l'option de scènes d'explications à part, jouées par une playmate ou encore Selena Gomez dans un casino... sympa !

J'aime pas : 

* Ce n'est pas de la faute d'Adam McKay, mais, malgré ses séances pédagogiques, les non-initiés en économie - et pourtant je n'en suis pas un - se noieront dans les méandres de la spéculation bancaire et surtout de ce système d'hypothèque à l'américaine.

"The Big Short" est un film de plus sur la crise des subprimes, mais il est audacieux, fort original dans sa mise en scène, et d'autant plus prenant qu'il s'appuie sur des faits et personnages réels. Une belle réussite au vu de la filmographie du cinéaste.

mardi 12 janvier 2016

The Hateful Eight (2015)

Après "Django Unchained", Quentin Tarantino récidive avec un western, mais qui se révèle être beaucoup moins une aventure qu'un huis-clos. On le regrette, même si c'est plutôt réussi quand même.

Point d'esclavagiste tyrannique cette fois, mais un chasseur de primes, John Ruth (Kurt Russell, très bon), en route pour Red Rock où il va faire pendre la criminelle Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh, remarquable). Sur son chemin enneigé du Wyoming, il va accueillir dans sa diligence deux nouveaux passagers pris par le climat : le major Marquis Warren (Samuel L. Jackson, impeccable), devenu lui aussi chasseur de primes après la fin de la Guerre de Sécession, et Chris Mannix (Walton Goggins, excellent), futur shérif de Red Rock justement. Une tempête de neige arrivant, ils se voient forcés de faire halte chez Minnie, une auberge perdue dans les montagnes. Là s'y trouvent déjà quatre autres personnages suspects...

J'aime : 


* Le casting. Avec Quentin Tarantino, c'est toujours la régalade et il n'y a ici que du très bon, au top du top. Mention spéciale à Jennifer Jason Leigh dans le seul rôle féminin parmi les huit "salopards" et à ce cher Walton Goggins, ancien de "The Shield", savoureux (malgré son changement de voix fait exprès) en shérif à la noix.

* Le scénario. Je l'ai préféré à son précédent, "Django Unchained", même si plus classique. Mais il y a cette dose d'imprévisibilité constante sur la nature réelle des personnages qui apporte beaucoup de piquant. Les dialogues sont sans doute un peu moins déjantés que d'habitude, mais cela reste bien travaillé. De même, malgré la longueur du film, les presque 3 heures passent très bien, sans ennui.

* Les décors. Certes, il n'y a en tout et pour tout que deux, mais que ce soit les paysages enneigés et l'intérieur de chez Minnie, c'est magnifique. Accessoires et costumes sont également splendides.

* La bande originale. On signalera quand même qu'elle est signée Ennio Morricone, mais le maestro, à 87 ans, est resté sobre. On est loin des envolées flamboyantes de ses compositions pour Sergio Leone.

J'aime pas : 

* Même si le huis-clos passe très bien, grâce à un scénario astucieux, on aurait d'autant plus aimé une aventure un peu plus "extérieure" avec quelques chevauchées, surtout dans ces décors.

La huitième oeuvre de Quentin Tarantino n'est sans doute pas sa meilleure, mais elle reste un délicieux divertissement, toujours avec son style bien à lui, culotté et sans complexe. On est déjà impatient de voir la prochaine !

mercredi 6 janvier 2016

Spy (2015)

Voilà une comédie qui m'avait tapé dans l'oeil grâce à sa bande-annonce loufoque. Finalement pas vu au cinéma, mais en VOD, ce qui n'est pas plus mal.

Comme son titre l'indique, nous voici au coeur d'une affaire d'espionnage. Bradley Fine (Jude Law, bien) est l'un des meilleurs agents de la CIA, formant une équipe de choc avec l'analyste Susan Cooper (Melissa McCarthy, excellente), qui l'épaule depuis Langley. Mais lors d'une mission impliquant des armes nucléaires, le premier est tué par Rayana Boyanov (Rose Byrne, qui surjoue un peu), fille d'un marchand d'armes éliminé au préalable par l'espion. De plus, celle-ci détient une liste de tous les agents de la CIA, compromettant son interpellation. Aidée par un autre agent qui entend tout de même lui mettre la main dessus, Rick Ford (Jason Statham, pas mal), Susan Cooper va alors tenter sa chance sur le terrain, profitant du fait que personne ne l'avait jamais vue avant dans ce rôle...

J'aime : 


* Le casting. Il y a du lourd, c'est le moins que l'on puisse dire, avec une Melissa McCarthy qui excelle en brave analyste malmenée par ses supérieurs et les différentes missions qui lui sont confiées. Autour d'elle, des seconds rôles plus ou moins caricaturaux, mais avec des acteurs qui se prennent au jeu et s'emploient très bien dans le second degré, se souvent moquant d'eux-mêmes au final.

* Le scénario. La trame principale est vraiment très banale avec cette traque pour une arme nucléaire, mais ce n'est évidemment pas là-dessus que se joue le film. La vraie bonne idée, c'est donc de balancer Melissa McCarthy et son physique pas du tout adapté dans cette aventure musclée et dynamique. Cela fonctionne très bien et donne lieu à quelques savoureux moments.

J'aime pas : 

* La durée. Le film dure bien 2 heures et c'est beaucoup trop. Il se traîne souvent en longueur, devenant presque interminable, et on frôle souvent l'ennui.

* L'humour. Globalement, c'est drôle quand même, il y a quelques séquences hilarantes, mais elles semblent avoir toutes été rassemblées dans la bande-annonce... On n'échappe donc pas à beaucoup de choses beaucoup moins subtiles, voire vulgaires.

Paul Feig a donc eu une excellente idée de départ, avec une Melissa McCarthy géniale pour interpréter sans complexe Susan Cooper, mais le résultat est malheureusement souvent long et boursouflé. Il aurait gagné à perdre quelques kilos...