vendredi 28 avril 2017

Dog eat dog (2016)

Si Paul Schrader est l'un des grands noms du cinéma américain des années 1970 et 1980, il est quelque peu sur le déclin ces dernières années, à l'image de cette adaptation d'un polar d'Edward Bunker.

Troy (Nicolas Cage, très bien), Mad Dog (Willem Defoe, excellent) et Diesel (Christopher Matthew Cook, bien) sont trois ex-taulards qui se sont rencontrés en prison. S'ils sont déterminés à ne pas y retourner, l'appât du gain les fait replonger dans un mauvais coup. Un gangster mexicain leur propose de kidnapper le bébé d'un mafieux qui lui doit de l'argent. Mais les événements tournent mal...

J'aime : 

* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.

* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.

* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.

J'aime pas : 

* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.

Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite. 

lundi 17 avril 2017

The Magic Christian (1969)

Pourtant adapté du livre d'un auteur américain talentueux, Terry Southern, ce film de Joseph McGrath vire à la farce absurde réunissant un casting néanmoins prestigieux, mais en roue libre.

Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.

J'aime : 

* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...

* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...

* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.

* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !

J'aime pas  

* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.

"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.