Etant quelque peu déçu de manière générale par le Clint Eatswood de cette dernière décennie, il est bon de se plonger dans sa filmographie un peu plus ancienne et louée. C'est le cas avec cet excellent "Mystic River".
L'histoire se déroule entièrement à Boston. En 1975, les jeunes Jimmy, Dave et Sean jouent ensemble dans la rue quand le second est enlevé par des inconnus qui vont abuser de lui sexuellement avant qu'il ne parvienne à s'échapper au bout de quatre jours. Vingt-cinq ans après, le chemin des trois amis se sont séparés même s'ils vivent toujours dans la ville. Ils vont se retrouver lors du meurtre de Katie, la fille de Jimmy (Sean Penn, excellent). C'est Sean (Kevin Bacon, bien), devenu policier, qui est chargé de l'enquête, tandis que Dave (Tim Robbins, remarquable), toujours hanté par son passé, figure bientôt parmi les suspects...
J'aime :
* Le casting. On a affaire à un très solide trio d'acteurs, qui excellent dans les rôles différents qui leur sont offerts. Mention spéciale à Tim Robbins, dans la peau du personnage le plus complexe, dont le mental est brisé depuis le traumatisme de son enfance. Sean Penn est à l'aise en bad boy, gangster à moitié repenti, tout comme Kevin Bacon en policier intègre, mais de plus en plus torturé. A noter aussi la très belle performance des actrices, Marcia Gay Harden et Laura Linney.
* Le scénario. Les romans de Dennis Lehane fournissent de très bons scénarios à Hollywood, celui-ci en fait partie. Les relations entre les personnages, profondément explorées, sont tout aussi passionnantes que l'enquête, avec son dénouement haletant et inattendu. Le final en lui-même, avec la parade, n'était pas forcément nécessaire, en rajoutant peut-être un peu trop sur les réflexions sous-jacentes au dénouement.
* L'atmosphère. Très bien filmée, cette ville de Boston, à travers ses quartiers populaires, offre de parfaits décors pour ce polar à l'ambiance pesante.
J'aime pas :
* C'est très subjectif, mais ayant peut-être lu le résumé en diagonale, je ne m'attendais pas à ce scénario. Je pensais que les trois anciens amis se relieraient pour trouver le meurtrier de Katie. Ce qui n'est pas exactement le cas. Mais cela m'aurait bien plu quand même !
Quand on regarde "Mystic River", on en vient donc à regretter ce Clint Eastwood là, qui savait magnifiquement filmer des polars où les thèmes du deuil et de la vengeance, ainsi que la question de l'intégrité policière, sont omniprésents. Pas sûr qu'il revienne, mais cela redonne en tout cas beaucoup de cachet au cinéaste.
samedi 28 décembre 2019
mardi 3 décembre 2019
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002)
Après la première adaptation cinématographique très moyenne des aventures des plus célèbres des Gaulois, Alain Chabat prenait les choses en main et établissait un maître-étalon jusque-là jamais égalé, loin de là.
Contrairement à certains autres épisodes, l'ex-Nul reprend fidèlement (mais à sa sauce) "Astérix et Cléopâtre" (dont j'ai regardé d'innombrables fois l'excellente adaptation animée de 1968). Nous y retrouvons donc la fameuse reine égyptienne (Monica Bellucci, sublime), mise au défi par Jules César (Alain Chabat, sympa) de lui faire construire un palais en moins de trois mois pour lui prouver la grandeur de sa civilisation. Elle fait appel pour cela à un piètre architecte, Numerobis (Jamel Debbouze, au sommet de son art). Face à ce défi impossible, il décide d'aller chercher de l'aide en Gaule auprès de Panoramix (Claude Rich, exquis), Astérix (Christian Clavier, très bien) et Obélix (Gérard Depardieu, parfait). Malgré l'aide de la potion magique, le quatuor devra faire face aux nombreuses embûches posées par les pirates, les Romains ou encore Amonbofis (Gérard Darmon, bien), l'architecte rival de Numerobis...
J'aime :
* Le casting. Il est tout bonnement extraordinaire avec toute une ribambelle de vedettes, entre acteurs chevronnés (Clavier, Depardieu, Rich, Darmon, Chabat, Nanty, Bellucci...) et humoristes du moment (Debbouze qui explosait, Edouard Baer qui l'a suivi, les Robins des Bois, un Dieudonné encore recommandable...). Et ils sont franchement tous très bons (quoique Bellucci surjoue et Darmon est souvent agaçant), Depardieu et Debbouze en tête parmi les principaux.
* L'humour. Si le respect de Chabat envers la paire Goscinny/Uderzo est total, il y a ajouté sa délirante patte très "Nul" (et plus largement "esprit Canal") à lui. Le cocktail est génial, on rit du début à la fin. Et le scénariste (que Chabat est aussi) a réussi à graver dans le marbre de la conscience collective un certain nombre de dialogues à lui (ah le fameux monologue d'Otis...).
* Le scénario. Bon, on a tous lu l'album (ou vu le dessin-animé comme moi) et l'ex-Nul y reste particulièrement fidèle, et il est toujours aussi excellent, rythmé et trépidant (la potion magique ne résout pas toujours tout si facilement !).
* Les effets spéciaux. Je n'en parle pas souvent car je suis loin d'y faire attention en général, mais là, je trouve que le cinéaste les a utilisés avec parcimonie et toujours de façon à la fois drôle et subtile.
J'aime pas :
* No comment.
"Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" est le genre de comédie devenue instantanément culte, qu'on voit et revoit avec toujours autant de plaisir et surtout sans jamais se lasser. On se demande même comment d'autres cinéastes ont pu oser tenter de se lancer dans un épisode à leur tour tellement la barre était élevée. Merci Alain Chabat.
Contrairement à certains autres épisodes, l'ex-Nul reprend fidèlement (mais à sa sauce) "Astérix et Cléopâtre" (dont j'ai regardé d'innombrables fois l'excellente adaptation animée de 1968). Nous y retrouvons donc la fameuse reine égyptienne (Monica Bellucci, sublime), mise au défi par Jules César (Alain Chabat, sympa) de lui faire construire un palais en moins de trois mois pour lui prouver la grandeur de sa civilisation. Elle fait appel pour cela à un piètre architecte, Numerobis (Jamel Debbouze, au sommet de son art). Face à ce défi impossible, il décide d'aller chercher de l'aide en Gaule auprès de Panoramix (Claude Rich, exquis), Astérix (Christian Clavier, très bien) et Obélix (Gérard Depardieu, parfait). Malgré l'aide de la potion magique, le quatuor devra faire face aux nombreuses embûches posées par les pirates, les Romains ou encore Amonbofis (Gérard Darmon, bien), l'architecte rival de Numerobis...
J'aime :
* Le casting. Il est tout bonnement extraordinaire avec toute une ribambelle de vedettes, entre acteurs chevronnés (Clavier, Depardieu, Rich, Darmon, Chabat, Nanty, Bellucci...) et humoristes du moment (Debbouze qui explosait, Edouard Baer qui l'a suivi, les Robins des Bois, un Dieudonné encore recommandable...). Et ils sont franchement tous très bons (quoique Bellucci surjoue et Darmon est souvent agaçant), Depardieu et Debbouze en tête parmi les principaux.
* L'humour. Si le respect de Chabat envers la paire Goscinny/Uderzo est total, il y a ajouté sa délirante patte très "Nul" (et plus largement "esprit Canal") à lui. Le cocktail est génial, on rit du début à la fin. Et le scénariste (que Chabat est aussi) a réussi à graver dans le marbre de la conscience collective un certain nombre de dialogues à lui (ah le fameux monologue d'Otis...).
* Le scénario. Bon, on a tous lu l'album (ou vu le dessin-animé comme moi) et l'ex-Nul y reste particulièrement fidèle, et il est toujours aussi excellent, rythmé et trépidant (la potion magique ne résout pas toujours tout si facilement !).
* Les effets spéciaux. Je n'en parle pas souvent car je suis loin d'y faire attention en général, mais là, je trouve que le cinéaste les a utilisés avec parcimonie et toujours de façon à la fois drôle et subtile.
J'aime pas :
* No comment.
"Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" est le genre de comédie devenue instantanément culte, qu'on voit et revoit avec toujours autant de plaisir et surtout sans jamais se lasser. On se demande même comment d'autres cinéastes ont pu oser tenter de se lancer dans un épisode à leur tour tellement la barre était élevée. Merci Alain Chabat.
samedi 2 novembre 2019
Joker (2019)
Après une pléiade d'excellents "buddy movies" comme "Starsky & Hutch" ou encore la trilogie "The Hangover", Todd Phillips a soudainement réalisé ce "Joker". Incroyable.
Pour la première fois, un film est donc dédié à l'un des plus célèbres "vilains" de comic books, afin de retracer sa trajectoire (même si Todd Phillips a choisi de proposer sa version, qui ne serait pas tout à faire fidèle à l'officielle) avant qu'il ne devienne le génie du crime, ennemi juré de Batman. Le "Joker" est ainsi tout d'abord Arthur Fleck (Joaquin Phoenix, extraordinaire), un homme souffrant de troubles neurologiques le poussant à rire nerveusement sans le vouloir. Il vit misérablement à Gotham City avec sa mère malade, Penny (Frances Conroy, très bien), tentant de les entretenir tant bien que mal en menant une carrière de clown pour des commerces ou dans des hôpitaux. Mais tout tourne mal entre des agressions répétées qu'il subit, les brimades de ses collègues et un rêve de devenir humoriste qui a bien du mal à se concrétiser...
J'aime :
* Le casting. Nul doute que Joaquin Phoenix repartira avec l'Oscar du meilleur acteur tellement sa performance épate. D'autant plus qu'il y a eu transformation physique (on l'avait vu particulièrement épais dans un précédent film) et vocale (il lui a fallu "apprendre" ce fameux rire) pour se glisser dans la peau du Joker. Autour de lui, des seconds rôles de très haute volée dont Robert de Niro, Frances Conroy ou encore Zazie Beetz.
* La photographie. Stylée 80's, elle apporte une ambiance vraiment spéciale au film, collant parfaitement aux décors. Splendide.
* Les décors. Ils ressemblent furieusement à New York évidemment, moins sombres que des Gotham précédentes, mais ils restent magnifiques eux aussi, encore plus avec cette photographie donc.
* Le scénario. Il y a certes quelques grosses ficelles, comme ces agressions poussent au meurtre, déjà vues, mais il y a aussi d'autres très bonnes choses comme ces liens familiaux complexes (peut-être même trop, c'est un peu confus), les relations d'Arthur Fleck avec ses collègues de boulot, son rêve de percer comme humoriste (et déjà cette viralité qui peut vous projeter sur le devant de la scène) ou encore cette liaison particulière avec sa voisine.
* La bande originale. Il y a beaucoup de très bons morceaux, notamment des qu'on connaît par coeur mais dont on ne sait le nom. Classique !
J'aime pas :
* On n'a honnêtement pas grand-chose à reprocher à ce "Joker" à part ces quelques détails scénaristiques.
Dès la bande-annonce de "Joker", on avait été scotché. Les critiques sont venues soutenir la très bonne appréhension. Et le visionnage a confirmé que Todd Philipps avait touché de près au chef-d'oeuvre. Un film de super-héros (ou même vilain) sans "super", prodigieux !
Pour la première fois, un film est donc dédié à l'un des plus célèbres "vilains" de comic books, afin de retracer sa trajectoire (même si Todd Phillips a choisi de proposer sa version, qui ne serait pas tout à faire fidèle à l'officielle) avant qu'il ne devienne le génie du crime, ennemi juré de Batman. Le "Joker" est ainsi tout d'abord Arthur Fleck (Joaquin Phoenix, extraordinaire), un homme souffrant de troubles neurologiques le poussant à rire nerveusement sans le vouloir. Il vit misérablement à Gotham City avec sa mère malade, Penny (Frances Conroy, très bien), tentant de les entretenir tant bien que mal en menant une carrière de clown pour des commerces ou dans des hôpitaux. Mais tout tourne mal entre des agressions répétées qu'il subit, les brimades de ses collègues et un rêve de devenir humoriste qui a bien du mal à se concrétiser...
J'aime :
* Le casting. Nul doute que Joaquin Phoenix repartira avec l'Oscar du meilleur acteur tellement sa performance épate. D'autant plus qu'il y a eu transformation physique (on l'avait vu particulièrement épais dans un précédent film) et vocale (il lui a fallu "apprendre" ce fameux rire) pour se glisser dans la peau du Joker. Autour de lui, des seconds rôles de très haute volée dont Robert de Niro, Frances Conroy ou encore Zazie Beetz.
* La photographie. Stylée 80's, elle apporte une ambiance vraiment spéciale au film, collant parfaitement aux décors. Splendide.
* Les décors. Ils ressemblent furieusement à New York évidemment, moins sombres que des Gotham précédentes, mais ils restent magnifiques eux aussi, encore plus avec cette photographie donc.
* Le scénario. Il y a certes quelques grosses ficelles, comme ces agressions poussent au meurtre, déjà vues, mais il y a aussi d'autres très bonnes choses comme ces liens familiaux complexes (peut-être même trop, c'est un peu confus), les relations d'Arthur Fleck avec ses collègues de boulot, son rêve de percer comme humoriste (et déjà cette viralité qui peut vous projeter sur le devant de la scène) ou encore cette liaison particulière avec sa voisine.
* La bande originale. Il y a beaucoup de très bons morceaux, notamment des qu'on connaît par coeur mais dont on ne sait le nom. Classique !
J'aime pas :
* On n'a honnêtement pas grand-chose à reprocher à ce "Joker" à part ces quelques détails scénaristiques.
Dès la bande-annonce de "Joker", on avait été scotché. Les critiques sont venues soutenir la très bonne appréhension. Et le visionnage a confirmé que Todd Philipps avait touché de près au chef-d'oeuvre. Un film de super-héros (ou même vilain) sans "super", prodigieux !
dimanche 27 octobre 2019
A Rainy day in New York (2019)
Les choses se sont bien gâtées ces derniers temps pour Woody Allen, mais je ne m'interdis pas de continuer à voir ses films. Le dernier cru est tout mignon, sans plus.
L'histoire se déroule donc principalement le temps d'une journée entière et pluvieuse à New York. Ashleigh (Elle Fanning, excellente), jeune étudiante en journalisme, est très excitée. Elle a décroché pour le journal de son université (située dans la région de New York) un entretien avec le cinéaste indépendant Roland Pollard (Liev Schreiber, bien). Originaire de l'Arizona, elle est d'autant plus heureuse de pouvoir découvrir la Grosse Pomme que son petit ami qui l'accompagne, l'étudiant dandy Gatsby Welles (Timothée Chalamet, pas mal), promet de lui faire visiter, y étant né. Mais le programme de cette journée ne se déroulera évidemment pas comme prévu...
J'aime :
* Les décors. Je ferai le même reproche que pour "Midnight in Paris", entre autres : Woody Allen montre un New York de carte postale (alors qu'il a déjà montré des visages plus "quotidiens" avant). Mais cela reste joliment filmé et c'est New York quoi...
* L'humour. La patte Woody Allen est toujours là, aussi bien dans les dialogues ciselés (avec des blagues juives évidemment) que dans les nombreux quiproquos et autres situations burlesques. Du petit lait.
* Le casting. Honnêtement, on a connu mieux là aussi, surtout que la moitié a renié le film par la suite. Mention spéciale tout de même à Elle Fanning, épatante en étudiante ingénue de l'Arizona. Des seconds rôles sympas aussi avec Liev Schreiber et Diego Luna. Timothée Chalamet se fond bien dans l'univers allénien, mais sans éclat non plus, tandis que Selena Gomez ne va pas au-delà de la mignonnerie et Jude Law est tout juste rigolo.
* Le scénario. Vu et revu, mais à l'aide de tout son enrobage habituel, Woody Allen parvient à nous divertir et nous faire sourire de bout en bout.
* La bande originale. Dès le générique, toujours le même, une sympathique chanson américaine d'antan, et le film regorge de ces morceaux jazzy qui fleurent bon l'âge d'or hollywoodien. Une nouvelle fois, du Woody Allen pur jus, et on adore.
J'aime pas :
* On a le droit à quelques baisses de rythme, notamment l'interminable tête à tête entre Gatsby et sa mère - d'aucuns trouvent que c'est un moment fort du film -, et globalement, il n'y a aucun élément véritablement emballant permettant de placer le film comme l'un des (nombreux) pics de la filmographie du génial cinéaste.
"A Rainy Day in New York" est une comédie romantique de plus signée Woody Allen, tout à fait charmante, mais qui est aussi largement oubliable. Qui sait si le cinéaste pourra en tourner d'autres à l'avenir ?
L'histoire se déroule donc principalement le temps d'une journée entière et pluvieuse à New York. Ashleigh (Elle Fanning, excellente), jeune étudiante en journalisme, est très excitée. Elle a décroché pour le journal de son université (située dans la région de New York) un entretien avec le cinéaste indépendant Roland Pollard (Liev Schreiber, bien). Originaire de l'Arizona, elle est d'autant plus heureuse de pouvoir découvrir la Grosse Pomme que son petit ami qui l'accompagne, l'étudiant dandy Gatsby Welles (Timothée Chalamet, pas mal), promet de lui faire visiter, y étant né. Mais le programme de cette journée ne se déroulera évidemment pas comme prévu...
J'aime :
* Les décors. Je ferai le même reproche que pour "Midnight in Paris", entre autres : Woody Allen montre un New York de carte postale (alors qu'il a déjà montré des visages plus "quotidiens" avant). Mais cela reste joliment filmé et c'est New York quoi...
* L'humour. La patte Woody Allen est toujours là, aussi bien dans les dialogues ciselés (avec des blagues juives évidemment) que dans les nombreux quiproquos et autres situations burlesques. Du petit lait.
* Le casting. Honnêtement, on a connu mieux là aussi, surtout que la moitié a renié le film par la suite. Mention spéciale tout de même à Elle Fanning, épatante en étudiante ingénue de l'Arizona. Des seconds rôles sympas aussi avec Liev Schreiber et Diego Luna. Timothée Chalamet se fond bien dans l'univers allénien, mais sans éclat non plus, tandis que Selena Gomez ne va pas au-delà de la mignonnerie et Jude Law est tout juste rigolo.
* Le scénario. Vu et revu, mais à l'aide de tout son enrobage habituel, Woody Allen parvient à nous divertir et nous faire sourire de bout en bout.
* La bande originale. Dès le générique, toujours le même, une sympathique chanson américaine d'antan, et le film regorge de ces morceaux jazzy qui fleurent bon l'âge d'or hollywoodien. Une nouvelle fois, du Woody Allen pur jus, et on adore.
J'aime pas :
* On a le droit à quelques baisses de rythme, notamment l'interminable tête à tête entre Gatsby et sa mère - d'aucuns trouvent que c'est un moment fort du film -, et globalement, il n'y a aucun élément véritablement emballant permettant de placer le film comme l'un des (nombreux) pics de la filmographie du génial cinéaste.
"A Rainy Day in New York" est une comédie romantique de plus signée Woody Allen, tout à fait charmante, mais qui est aussi largement oubliable. Qui sait si le cinéaste pourra en tourner d'autres à l'avenir ?
dimanche 6 octobre 2019
Once upon a time... in Hollywood (2019)
Si je suis toujours curieux de voir le nouveau Tarantino, les derniers m'ayant tout juste plu sans non plus m'emballer, je restais méfiant de "Once upon a time... in Hollywood". Mal m'en a pris !
Comme souvent chez le cinéaste américain, nous avons affaire à deux histoires parallèles voire trois, le tout à Hollywood en 1969. La principale met en scène Rick Dalton (Leonardo DiCaprio, excellent), acteur phare d'une série western des années 1950 puis de séries B, clairement sur le déclin, et même devenu ringard, selon l'agent de casting Marvin Schwarz (Al Pacino, qui fait le job). Ce dernier lui conseille de relancer sa carrière en allant tourner dans des westerns spaghetti en Italie. En attendant, Rick traîne son spleen sur les plateaux de cinéma, toujours accompagné fidèlement de sa doublure, Cliff Booth (Brad Pitt, génial), qui lui sert aussi de chauffeur et homme à tout faire. Celui-ci, même sans grand boulot car dépendant de Rick, se la coule douce et fait la rencontre de membres de la Manson family. En parallèle, nous suivons donc également la vie, heureuse celle-ci, à Hollywood de Sharon Tate (Margot Robbie, très bien), pour qui tout sourit en compagnie de son mari, Roman Polanski, qui vient de connaître le succès avec "Rosemary's Baby". Le couple a justement emménagé à côté de chez Rick Dalton...
J'aime :
* Le casting. Comme toujours chez Quentin Tarantino, il n'y a que du beau monde et au top, des seconds rôles (de la plus jeune au plus vieux) aux guests, en passant, évidemment, par les premiers rôles. Le duo DiCaprio-Pitt est magique. Je n'ai jamais été très fan du premier, mais il excelle ici en acteur has been tentant de redorer son étoile, tandis que le second se révèle une nouvelle fois épatant dans ce rôle comique de cascadeur bas du front et sans peur.
* Le scénario. Le lien entre les deux histoires parallèles met du temps à se dessiner avant un final détonnant. Il y a beaucoup d'admiration et de tendresse de la part du cinéaste, autant envers Sharon Tate et son destin funeste, que pour cette génération d'acteurs des années 1950 qui ont eu du mal à rebondir à l'orée des années 1970 dans une industrie du cinéma américaine en pleine transformation. On a donc affaire à une véritable ode aux acteurs (et à leurs doublures !) et un dénouement plein de surprise que j'ai particulièrement apprécié.
* L'environnement. La reconstitution du Los Angeles de 1969 est particulièrement réussie avec ce changement d'époque ambiant, une certaine forme d'insouciance, marquée par les communautés hippies, qui va tourner au cauchemar. Mais déjà à l'époque, et cela faisait longtemps, Quentin Tarantino montre combien Hollywood était un monde vraiment à part, déconnecté de la réalité. Le lien est exprimé par le personnage de Cliff Booth, sur les plateaux le jour, dans sa pauvre caravane avec son chien la nuit.
* La bande originale. Léchée et originale, pas que des hits, elle est splendide, à l'image de la musique de cette période-là.
J'aime pas :
* Les longueurs. Elles sont inévitables chez Quentin Tarantino. D'habitude, ce sont les bavardages à n'en plus finir, là, ils sont plus sous forme de dialogues puisque ce sont les innombrables scènes de films dans le film qui auraient pu être coupées. Je suis pas totalement fan de l'extrême violence du dénouement, mais c'est sa marque de fabrique.
"Once upon a time... in Hollywood" m'a réconcilié avec Quentin Tarantino. Le qualificatif qui correspond bien à ce film : jouissif. On prend énormément de plaisir, aussi bien grâce au superbe casting (et leur interprétation) qu'à un scénario intriguant, le tout dans une ambiance parfaitement retranscrite. Bravo.
Comme souvent chez le cinéaste américain, nous avons affaire à deux histoires parallèles voire trois, le tout à Hollywood en 1969. La principale met en scène Rick Dalton (Leonardo DiCaprio, excellent), acteur phare d'une série western des années 1950 puis de séries B, clairement sur le déclin, et même devenu ringard, selon l'agent de casting Marvin Schwarz (Al Pacino, qui fait le job). Ce dernier lui conseille de relancer sa carrière en allant tourner dans des westerns spaghetti en Italie. En attendant, Rick traîne son spleen sur les plateaux de cinéma, toujours accompagné fidèlement de sa doublure, Cliff Booth (Brad Pitt, génial), qui lui sert aussi de chauffeur et homme à tout faire. Celui-ci, même sans grand boulot car dépendant de Rick, se la coule douce et fait la rencontre de membres de la Manson family. En parallèle, nous suivons donc également la vie, heureuse celle-ci, à Hollywood de Sharon Tate (Margot Robbie, très bien), pour qui tout sourit en compagnie de son mari, Roman Polanski, qui vient de connaître le succès avec "Rosemary's Baby". Le couple a justement emménagé à côté de chez Rick Dalton...
J'aime :
* Le casting. Comme toujours chez Quentin Tarantino, il n'y a que du beau monde et au top, des seconds rôles (de la plus jeune au plus vieux) aux guests, en passant, évidemment, par les premiers rôles. Le duo DiCaprio-Pitt est magique. Je n'ai jamais été très fan du premier, mais il excelle ici en acteur has been tentant de redorer son étoile, tandis que le second se révèle une nouvelle fois épatant dans ce rôle comique de cascadeur bas du front et sans peur.
* Le scénario. Le lien entre les deux histoires parallèles met du temps à se dessiner avant un final détonnant. Il y a beaucoup d'admiration et de tendresse de la part du cinéaste, autant envers Sharon Tate et son destin funeste, que pour cette génération d'acteurs des années 1950 qui ont eu du mal à rebondir à l'orée des années 1970 dans une industrie du cinéma américaine en pleine transformation. On a donc affaire à une véritable ode aux acteurs (et à leurs doublures !) et un dénouement plein de surprise que j'ai particulièrement apprécié.
* L'environnement. La reconstitution du Los Angeles de 1969 est particulièrement réussie avec ce changement d'époque ambiant, une certaine forme d'insouciance, marquée par les communautés hippies, qui va tourner au cauchemar. Mais déjà à l'époque, et cela faisait longtemps, Quentin Tarantino montre combien Hollywood était un monde vraiment à part, déconnecté de la réalité. Le lien est exprimé par le personnage de Cliff Booth, sur les plateaux le jour, dans sa pauvre caravane avec son chien la nuit.
* La bande originale. Léchée et originale, pas que des hits, elle est splendide, à l'image de la musique de cette période-là.
J'aime pas :
* Les longueurs. Elles sont inévitables chez Quentin Tarantino. D'habitude, ce sont les bavardages à n'en plus finir, là, ils sont plus sous forme de dialogues puisque ce sont les innombrables scènes de films dans le film qui auraient pu être coupées. Je suis pas totalement fan de l'extrême violence du dénouement, mais c'est sa marque de fabrique.
"Once upon a time... in Hollywood" m'a réconcilié avec Quentin Tarantino. Le qualificatif qui correspond bien à ce film : jouissif. On prend énormément de plaisir, aussi bien grâce au superbe casting (et leur interprétation) qu'à un scénario intriguant, le tout dans une ambiance parfaitement retranscrite. Bravo.
mardi 24 septembre 2019
La French (2014)
Je n'avais pas entendu parler de ce film sorti il y a déjà quelques années. Un voyage en avion m'a permis de me rattraper et c'était plutôt une bonne pioche.
L'histoire retrace la lutte du juge Pierre Michel (Jean Dujardin, bien) contre la fameuse French Connection, réseau de trafiquants de drogue basé à Marseille qui livrait sa marchandise aux Etats-Unis au milieu des années 1970. Ce dernier est dirigé par Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche, bof), qui doit gérer aussi bien les guerres internes à son gang que la bataille face à la police et la justice.
J'aime :
* Le sujet. Il a déjà été traité, mais peut-être pas de cette manière. On a affaire à un bon film policier, où tous les ingrédients (réels qui plus est) sont réunis - trafic de drogue, guerre de gangs, policiers ripoux, le Marseille des années 1970, un héros charismatique... -, avec un minimum d'action.
* L'environnement. Marseille est une vraie ville de cinéma, on l'a (re)découvert bien trop tard, mais elle est une fois de plus ici magnifiée avec une photographie splendide.
* La reconstitution. Les années 1970 sont (presque) fidèlement mises en scène. Il y aurait quelques anachronismes (voitures, musique...), mais ce sont des détails. Bonne idée d'y avoir associé une manière de filmer et un montage "d'époque" également.
J'aime pas :
* Le casting. Si Jean Dujardin, omniprésent, campe bien le juge Michel, son grand adversaire, Gaëtan Zampa, aurait sans doute été mieux joué par quelqu'un d'autre que Gilles Lellouche. Ce dernier n'est pas effrayant pour un sou et manque cruellement de charisme dans le rôle. Par ailleurs, que ce soit lui ou ses acolytes, ça manque cruellement d'accent du cru. Si les comédiens sont incapables de l'imiter correctement, qu'on prenne des locaux (comme Gérard Meylan, le Marseillais de service, qui joue un Corse d'ailleurs). Les seconds rôles sont globalement très bien sinon même si j'ai toujours du mal avec Benoît Magimel.
* Le scénario. Il met un peu de temps à se mettre en place, il y a aussi des moments de creux, sans parler des erreurs factuelles ou raccourcis qu'il comporterait, bref, il est irrégulier.
Avec "La French", Cédric Jimenez nous plonge avec brio dans une sacrée histoire et époque, le tout mené tambour battant par un Jean Dujardin tonique et inspiré. Malgré ses défauts et donc un casting pas toujours irréprochable, on passe un bon moment et la mission divertissement est accomplie.
L'histoire retrace la lutte du juge Pierre Michel (Jean Dujardin, bien) contre la fameuse French Connection, réseau de trafiquants de drogue basé à Marseille qui livrait sa marchandise aux Etats-Unis au milieu des années 1970. Ce dernier est dirigé par Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche, bof), qui doit gérer aussi bien les guerres internes à son gang que la bataille face à la police et la justice.
J'aime :
* Le sujet. Il a déjà été traité, mais peut-être pas de cette manière. On a affaire à un bon film policier, où tous les ingrédients (réels qui plus est) sont réunis - trafic de drogue, guerre de gangs, policiers ripoux, le Marseille des années 1970, un héros charismatique... -, avec un minimum d'action.
* L'environnement. Marseille est une vraie ville de cinéma, on l'a (re)découvert bien trop tard, mais elle est une fois de plus ici magnifiée avec une photographie splendide.
* La reconstitution. Les années 1970 sont (presque) fidèlement mises en scène. Il y aurait quelques anachronismes (voitures, musique...), mais ce sont des détails. Bonne idée d'y avoir associé une manière de filmer et un montage "d'époque" également.
J'aime pas :
* Le casting. Si Jean Dujardin, omniprésent, campe bien le juge Michel, son grand adversaire, Gaëtan Zampa, aurait sans doute été mieux joué par quelqu'un d'autre que Gilles Lellouche. Ce dernier n'est pas effrayant pour un sou et manque cruellement de charisme dans le rôle. Par ailleurs, que ce soit lui ou ses acolytes, ça manque cruellement d'accent du cru. Si les comédiens sont incapables de l'imiter correctement, qu'on prenne des locaux (comme Gérard Meylan, le Marseillais de service, qui joue un Corse d'ailleurs). Les seconds rôles sont globalement très bien sinon même si j'ai toujours du mal avec Benoît Magimel.
* Le scénario. Il met un peu de temps à se mettre en place, il y a aussi des moments de creux, sans parler des erreurs factuelles ou raccourcis qu'il comporterait, bref, il est irrégulier.
Avec "La French", Cédric Jimenez nous plonge avec brio dans une sacrée histoire et époque, le tout mené tambour battant par un Jean Dujardin tonique et inspiré. Malgré ses défauts et donc un casting pas toujours irréprochable, on passe un bon moment et la mission divertissement est accomplie.
mardi 10 septembre 2019
Inside Out (2015)
Les critiques étaient dithyrambiques. Je m'attendais donc à voir LE chef-d'oeuvre de Pixar. Ce fut une belle déception...
L'histoire suit le début de vie de Riley, une jeune Américaine du Minnesota, de sa naissance à son adolescence, mais du point de vue de son cerveau et plus particulièrement de cinq de ses émotions personnifiées par de petits personnages intérieurs : joie, peur, colère, tristesse et dégoût. Si tout se passe pour le mieux jusqu'à ses 11 ans, le déménagement de la fillette à San Francisco avec ses parents va complètement bouleverser sa vie alors que cette période coïncide également avec le début de son adolescence. Tristesse va alors prendre le contrôle du quartier cérébral et surtout des souvenirs de Riley, la plongeant dans un désarroi que seule Joie pourra tenter de renverser...
J'aime :
* L'idée. Le concept même. C'est follement original, surtout pour un dessin animé, et tout est très bien pensé par Pete Docter et son équipe, une habile vulgarisation scientifique sur une période de la vie ô combien complexe.
* Le casting. Pas que des stars - Amy Poehler, Bill Hader, Diane Lane, Kyle MachLachlan pour les plus connus - , mais des voix très expressives, ne serait-ce que pour les "émotions" de Riley.
J'aime pas :
* Le scénario. Si l'idée en elle-même de se concentrer sur cette période charnière de la préadolescence est particulièrement pertinente car les émotions sont mises à rude épreuve - et ici encore plus avec ce contexte d'un déménagement lointain et dans un lieu paraissant hostile -, l'aventure de ces mêmes émotions dans ces îles du souvenir qui s'effacent est non seulement tristoune et longuette voire ennuyeuse, mais également complexe à suivre d'une certaine manière. D'autant plus pour de jeunes enfants et il semble que Pixar les ait quelque peu laissé de côté (la préadolescence ne leur parlera pas encore et comprendre ce qu'il se passe dans le cerveau à ce moment-là encore moins !). Je m'attendais à plus de diversité dans l'interaction de toutes ces émotions. Au final, la course-poursuite joie-tristesse domine le film.
* Les graphismes. Moins pour le côté technique que pour l'univers, et notamment celui mental de la fillette, qui n'est pas des plus attrayants. On aurait aussi aimé voir plus de scènes avec ces mêmes émotions dans la tête d'autres personnages.
Ce sont donc des émotions très mitigées que j'ai ressenties moi-même en voyant ce film, j'avais de grandes attentes d'après tous les éloges lus ou entendus, et je n'ai pas réussi du tout à rentrer dans l'esprit de Riley, restant plus "out" qu'"inside"...
L'histoire suit le début de vie de Riley, une jeune Américaine du Minnesota, de sa naissance à son adolescence, mais du point de vue de son cerveau et plus particulièrement de cinq de ses émotions personnifiées par de petits personnages intérieurs : joie, peur, colère, tristesse et dégoût. Si tout se passe pour le mieux jusqu'à ses 11 ans, le déménagement de la fillette à San Francisco avec ses parents va complètement bouleverser sa vie alors que cette période coïncide également avec le début de son adolescence. Tristesse va alors prendre le contrôle du quartier cérébral et surtout des souvenirs de Riley, la plongeant dans un désarroi que seule Joie pourra tenter de renverser...
J'aime :
* L'idée. Le concept même. C'est follement original, surtout pour un dessin animé, et tout est très bien pensé par Pete Docter et son équipe, une habile vulgarisation scientifique sur une période de la vie ô combien complexe.
* Le casting. Pas que des stars - Amy Poehler, Bill Hader, Diane Lane, Kyle MachLachlan pour les plus connus - , mais des voix très expressives, ne serait-ce que pour les "émotions" de Riley.
J'aime pas :
* Le scénario. Si l'idée en elle-même de se concentrer sur cette période charnière de la préadolescence est particulièrement pertinente car les émotions sont mises à rude épreuve - et ici encore plus avec ce contexte d'un déménagement lointain et dans un lieu paraissant hostile -, l'aventure de ces mêmes émotions dans ces îles du souvenir qui s'effacent est non seulement tristoune et longuette voire ennuyeuse, mais également complexe à suivre d'une certaine manière. D'autant plus pour de jeunes enfants et il semble que Pixar les ait quelque peu laissé de côté (la préadolescence ne leur parlera pas encore et comprendre ce qu'il se passe dans le cerveau à ce moment-là encore moins !). Je m'attendais à plus de diversité dans l'interaction de toutes ces émotions. Au final, la course-poursuite joie-tristesse domine le film.
* Les graphismes. Moins pour le côté technique que pour l'univers, et notamment celui mental de la fillette, qui n'est pas des plus attrayants. On aurait aussi aimé voir plus de scènes avec ces mêmes émotions dans la tête d'autres personnages.
Ce sont donc des émotions très mitigées que j'ai ressenties moi-même en voyant ce film, j'avais de grandes attentes d'après tous les éloges lus ou entendus, et je n'ai pas réussi du tout à rentrer dans l'esprit de Riley, restant plus "out" qu'"inside"...
dimanche 8 septembre 2019
A Star is born (2018)
C'est finalement Bradley Cooper qui s'est lancé, pour sa première réalisation, dans le troisième remake de "A Star is born" avec Lady Gaga dans le rôle de l'"étoile" au lieu de Beyoncé. J'appréhendais beaucoup, mais c'est pas si mal.
L'histoire se situe cette fois dans le milieu de la country. Grosse star, mais gros alcoolique également, Jackson Maine (Bradley Cooper, très bien) débarque un soir dans un cabaret de Los Angeles où il fait la connaissance d'Ally Campana (Lady Gaga, qui assure). Cette dernière est serveuse le jour et chanteuse la nuit dans ce bar de drag-queens. Epoustouflé par son talent, le chanteur country la prend sous son aile et lui offre rapidement sa scène. Alors que leur couple se forme dans le même temps, Ally devient alors la coqueluche du public et son succès, capitalisé dans la pop plutôt que la country, dépasse celui de Jackson Maine, dont le déclin va aggraver ses addictions...
J'aime :
* Le casting. Bradley Cooper joue 90% du temps la star bourrée et/ou droguée, ce qui n'est pas si facile que cela, et il est particulièrement touchant dans cette descente aux enfers alors que sa carrière lui échappe. A ses côtés, Lady Gaga ne méritait assurément pas un prix de meilleure actrice, mais elle s'en sort très bien, on la sent très sincère et impliquée, d'autant plus que son cheminement (musical et artistique notamment) semble assez proche de celui de son personnage. Peu de place pour les seconds rôles, mais on retrouve notamment le sympathique moustachu Sam Elliott.
* La bande originale. Le film repose aussi dessus évidemment et même si on l'a entendu des milliers de fois désormais, "Shallow" est un vrai point fort. Le reste des morceaux est tout à fait solide également.
* La photographie. Si Bradley Cooper ne présente pas une mise en scène qui sort de l'ordinaire pour son premier film, il s'est attaché les services de l'excellent Matthew Libatique à la photographie, avec des scènes de concert particulièrement réussies.
J'aime pas :
* Le scénario. Outre le fait qu'en tant que remake (même s'il n'en avait pas été un, ce type de film ne peut sortir des sentiers battus), il est totalement prévisible, il est bien trop déséquilibré entre une rencontre des deux personnages principaux et une accession au succès extrêmement rapides et un dénouement trop long, qui n'en finit plus.
Comme souvent, je suis très sceptique avant d'assister à certains films dont celui-ci, mais ce n'est pas le désastre que j'avais imaginé, porté par un duo Bradley Cooper-Lady Gaga qui fonctionne très bien et une bande originale agréable. Un bon divertissement.
L'histoire se situe cette fois dans le milieu de la country. Grosse star, mais gros alcoolique également, Jackson Maine (Bradley Cooper, très bien) débarque un soir dans un cabaret de Los Angeles où il fait la connaissance d'Ally Campana (Lady Gaga, qui assure). Cette dernière est serveuse le jour et chanteuse la nuit dans ce bar de drag-queens. Epoustouflé par son talent, le chanteur country la prend sous son aile et lui offre rapidement sa scène. Alors que leur couple se forme dans le même temps, Ally devient alors la coqueluche du public et son succès, capitalisé dans la pop plutôt que la country, dépasse celui de Jackson Maine, dont le déclin va aggraver ses addictions...
J'aime :
* Le casting. Bradley Cooper joue 90% du temps la star bourrée et/ou droguée, ce qui n'est pas si facile que cela, et il est particulièrement touchant dans cette descente aux enfers alors que sa carrière lui échappe. A ses côtés, Lady Gaga ne méritait assurément pas un prix de meilleure actrice, mais elle s'en sort très bien, on la sent très sincère et impliquée, d'autant plus que son cheminement (musical et artistique notamment) semble assez proche de celui de son personnage. Peu de place pour les seconds rôles, mais on retrouve notamment le sympathique moustachu Sam Elliott.
* La bande originale. Le film repose aussi dessus évidemment et même si on l'a entendu des milliers de fois désormais, "Shallow" est un vrai point fort. Le reste des morceaux est tout à fait solide également.
* La photographie. Si Bradley Cooper ne présente pas une mise en scène qui sort de l'ordinaire pour son premier film, il s'est attaché les services de l'excellent Matthew Libatique à la photographie, avec des scènes de concert particulièrement réussies.
J'aime pas :
* Le scénario. Outre le fait qu'en tant que remake (même s'il n'en avait pas été un, ce type de film ne peut sortir des sentiers battus), il est totalement prévisible, il est bien trop déséquilibré entre une rencontre des deux personnages principaux et une accession au succès extrêmement rapides et un dénouement trop long, qui n'en finit plus.
Comme souvent, je suis très sceptique avant d'assister à certains films dont celui-ci, mais ce n'est pas le désastre que j'avais imaginé, porté par un duo Bradley Cooper-Lady Gaga qui fonctionne très bien et une bande originale agréable. Un bon divertissement.
vendredi 16 août 2019
Wind River (2017)
"Wind River" est censé refermer la trilogie du scénariste Taylor Sheridan, débutée avec "Sicario" et poursuivie avec "Comanchera", que je n'ai pas vus. Pour ce dernier volet, l'Américain a aussi pris en charge la réalisation. Pas un souvenir impérissable.
L'histoire se déroule dans la plaines enneigées du Wyoming, en plein hiver donc. Le garde-forestier Cory Lambert (Jeremy Renner, bien) fait la découverte en pleine nature du corps ensanglanté et aux pieds nus d'une jeune femme amérindienne. Le FBI envoie sur place la jeune agente Jane Banner (Elizabeth Olsen, pas mal), en provenance de Las Vegas, qui n'a donc aucune connaissance du terrain et de la région. Elle et Cory Lambert vont alors faire équipe pour mener l'enquête...
J'aime :
* L'environnement. Certes, les décors sont particulièrement monotones, mais Taylor Sheridan a le mérite de nous transporter dans un lieu peu connu des Etats-Unis et de situer également son intrigue dans le contexte des réserves amérindiennes, pauvres, isolées et en proie à toute la misère sociale.
* Le casting. Jeremy Renner (pas prévu pour le rôle au départ) fait le job et Elizabeth Olsen se débrouille bien dans ce personnage d'agente du FBI à la fois sans grande expérience et en terrain hostile et inconnu pour elle.
J'aime pas :
* Le scénario. Malgré un environnement original et un début d'intrigue bien accrocheur, l'enquête se révèle moins passionnante qu'espéré et malgré une scène d'action finale musclée, le dénouement s'avère quelque peu trop rapidement mené (et glauque).
S'il est loin d'être mauvais, "Wind River" n'est pas bien plus qu'un polar mineur offrant, en contexte, une vision particulièrement désolante de la condition des Amérindiens et de leurs réserves aux Etats-Unis.
L'histoire se déroule dans la plaines enneigées du Wyoming, en plein hiver donc. Le garde-forestier Cory Lambert (Jeremy Renner, bien) fait la découverte en pleine nature du corps ensanglanté et aux pieds nus d'une jeune femme amérindienne. Le FBI envoie sur place la jeune agente Jane Banner (Elizabeth Olsen, pas mal), en provenance de Las Vegas, qui n'a donc aucune connaissance du terrain et de la région. Elle et Cory Lambert vont alors faire équipe pour mener l'enquête...
J'aime :
* L'environnement. Certes, les décors sont particulièrement monotones, mais Taylor Sheridan a le mérite de nous transporter dans un lieu peu connu des Etats-Unis et de situer également son intrigue dans le contexte des réserves amérindiennes, pauvres, isolées et en proie à toute la misère sociale.
* Le casting. Jeremy Renner (pas prévu pour le rôle au départ) fait le job et Elizabeth Olsen se débrouille bien dans ce personnage d'agente du FBI à la fois sans grande expérience et en terrain hostile et inconnu pour elle.
J'aime pas :
* Le scénario. Malgré un environnement original et un début d'intrigue bien accrocheur, l'enquête se révèle moins passionnante qu'espéré et malgré une scène d'action finale musclée, le dénouement s'avère quelque peu trop rapidement mené (et glauque).
S'il est loin d'être mauvais, "Wind River" n'est pas bien plus qu'un polar mineur offrant, en contexte, une vision particulièrement désolante de la condition des Amérindiens et de leurs réserves aux Etats-Unis.
lundi 29 juillet 2019
The Mule (2018)
Ma période ClintEastwoodosceptique est-elle en train de s'affaiblir ? Après "American Sniper", que j'ai donc trouvé pas trop mal, j'ai été agréablement surpris par "The Mule".
Inspirée de la folle trajectoire de Leo Sharp, l'histoire présente Earl Stone (Clint Eastwood, excellent), ancien combattant et aimable horticulteur. Divorcé, en mauvaise relation avec sa fille qui va se marier, le senior est au bout du rouleau quand son affaire finit par couler. Un ami de son futur gendre, le voyant en difficulté, va alors lui proposer de quoi se refaire largement : transporter de la drogue à travers les Etats-Unis pour le compte d'un cartel mexicain. Son profil n'attirant pas du tout l'attention des autorités, Earl va accumuler les trajets et en profiter pour faire bénéficier famille et amis de son très généreux salaire, jusqu'à ce que l'équipe de la DEA de Colin Bates (Bradley Cooper, correct) s'en mêle...
J'aime :
* Le casting. J'ai été particulièrement impressionné par la performance de Clint Eastwood qui, à près de 90 ans, tient encore bien la route. Il joue très bien, même si on ne peut se retenir d'avoir des frissons à chaque scène un peu "physique" vu sa maigreur. Même s'il tient la tête d'affiche, le cinéaste est entouré d'un casting solide avec, rien que pour la DEA Bradley Cooper, Michael Peña et Laurence Fishburne (alors qu'ils jouent vraiment les seconds rôles), ou encore Dianne West et Andy Garcia.
* Le scénario. Très fidèle à l'histoire de Leo Sharp, il est assez incroyable et très original. Pour autant, d'aucuns pourrait le trouver assez linéaire et il est vrai qu'il y a bien peu d'action, contrairement à ce que la bande-annonce peut laisser penser. C'est surtout Earl Stone en voyage et Earl Stone renaît financièrement de ses cendres, malgré quelques petites scènes de suspense (dont celle de la bande-annonce).
* Les relations familiales. Pour densifier un peu son scénario, Nick Schenk a introduit un fil rouge autour des relations compliquées entretenues par Earl Stone avec sa famille ou comment sa passion extrême pour son travail, ses fleurs, l'a conduit à s'écarter de ses proches sans en être tout à fait conscient. Un sujet délicat subtilement abordé ici et qui me parle personnellement, me rappelant aussi bien mon grand-père que mon père pour certains aspects.
J'aime pas :
* Je ne sais pas si Earl Stone est un portrait fidèle de Leo Sharp, mais Clint Eastwood (ou son scénariste) a encore trouvé le moyen de lui faire sortir des remarques racistes, cette fois contre les Mexicains (même s'ils deviennent ses amis ensuite). Lassant.
La bande-annonce m'avait laissé dubitatif, me laissant penser à un "Gran Torino" avec des Mexicains, mais rien à voir, c'est une histoire sympa et insolite que conte "The Mule". Au-delà du film en lui-même, qui comprend aucun véritable coup d'éclat, on retiendra surtout la performance remarquable de Clint Eastwood, toujours bon pied bon oeil.
Inspirée de la folle trajectoire de Leo Sharp, l'histoire présente Earl Stone (Clint Eastwood, excellent), ancien combattant et aimable horticulteur. Divorcé, en mauvaise relation avec sa fille qui va se marier, le senior est au bout du rouleau quand son affaire finit par couler. Un ami de son futur gendre, le voyant en difficulté, va alors lui proposer de quoi se refaire largement : transporter de la drogue à travers les Etats-Unis pour le compte d'un cartel mexicain. Son profil n'attirant pas du tout l'attention des autorités, Earl va accumuler les trajets et en profiter pour faire bénéficier famille et amis de son très généreux salaire, jusqu'à ce que l'équipe de la DEA de Colin Bates (Bradley Cooper, correct) s'en mêle...
J'aime :
* Le casting. J'ai été particulièrement impressionné par la performance de Clint Eastwood qui, à près de 90 ans, tient encore bien la route. Il joue très bien, même si on ne peut se retenir d'avoir des frissons à chaque scène un peu "physique" vu sa maigreur. Même s'il tient la tête d'affiche, le cinéaste est entouré d'un casting solide avec, rien que pour la DEA Bradley Cooper, Michael Peña et Laurence Fishburne (alors qu'ils jouent vraiment les seconds rôles), ou encore Dianne West et Andy Garcia.
* Le scénario. Très fidèle à l'histoire de Leo Sharp, il est assez incroyable et très original. Pour autant, d'aucuns pourrait le trouver assez linéaire et il est vrai qu'il y a bien peu d'action, contrairement à ce que la bande-annonce peut laisser penser. C'est surtout Earl Stone en voyage et Earl Stone renaît financièrement de ses cendres, malgré quelques petites scènes de suspense (dont celle de la bande-annonce).
* Les relations familiales. Pour densifier un peu son scénario, Nick Schenk a introduit un fil rouge autour des relations compliquées entretenues par Earl Stone avec sa famille ou comment sa passion extrême pour son travail, ses fleurs, l'a conduit à s'écarter de ses proches sans en être tout à fait conscient. Un sujet délicat subtilement abordé ici et qui me parle personnellement, me rappelant aussi bien mon grand-père que mon père pour certains aspects.
J'aime pas :
* Je ne sais pas si Earl Stone est un portrait fidèle de Leo Sharp, mais Clint Eastwood (ou son scénariste) a encore trouvé le moyen de lui faire sortir des remarques racistes, cette fois contre les Mexicains (même s'ils deviennent ses amis ensuite). Lassant.
La bande-annonce m'avait laissé dubitatif, me laissant penser à un "Gran Torino" avec des Mexicains, mais rien à voir, c'est une histoire sympa et insolite que conte "The Mule". Au-delà du film en lui-même, qui comprend aucun véritable coup d'éclat, on retiendra surtout la performance remarquable de Clint Eastwood, toujours bon pied bon oeil.
jeudi 11 juillet 2019
Première année (2018)
Avec "Première année", l'ancien médecin devenu cinéaste Thomas Lilti complétait sa trilogie médicale débutée avec "Hippocrate" et "Médecin de campagne". Je ne les ai pas encore vus, mais il valait peut-être mieux commencer justement par "Première année".
En effet, le film prend comme fil rouge la première année de médecine de deux étudiants : Antoine (Vincent Lacoste, très bien), qui la repasse pour la deuxième fois, et Benjamin (William Lebghil, pas mal), qui vient lui d'avoir son Bac. Le premier, passionné et donc persévérant, va prendre le second, détaché et qui semble surtout là pour imiter la carrière de son père, sous son aile pour que cette année soit celle de la réussite. Mais celle-ci est longue et la pression est immense pour espérer faire partie du numerus clausus...
J'aime :
* Le sujet. Contrairement aux Américains, les Français n'ont jamais trop traîné sur les campus universitaires pour en faire ne serait-ce que des comédies. D'où l'originalité de "Première année" et encore plus sur ces fameuses et redoutées études de médecine. D'autant plus qu'il y a un côté presque documentaire dans le film de Thomas Lilti, qui a donc lui-même connu cette expérience. Il révèle ainsi toute la pression et le travail parfois jusqu'à l'absurde qui est demandé aux étudiants.
* Le casting. Si je suis un peu moins convaincu par William Lebghil, qui fait trop vieux pour son rôle de jeune bachelier, Vincent Lacoste confirme son talent dans celui d'étudiant tour à tour obstiné à atteindre son but, la deuxième année, puis désabusé en burn out total.
* Le scénario. Le ton quasi documentaire du film fait qu'il ne peut se détacher d'une trame très classique, mais c'était plutôt bien vu de faire se croiser l'état d'esprit des deux camarades, l'un se révélant bosseur tandis que le second finit par flancher.
J'aime pas :
* Les histoires parallèles. Aussi bien la relation de Benjamin avec ses frères (aucun ne se ressemble en plus) que, surtout, les prémices d'une romance entre Antoine et sa voisine (qui n'aboutit bizarrement à rien) sont ratés et donc inutiles.
Si vous voulez savoir comment se déroule de l'intérieur la première année à la faculté de médecine, alors le film de Thomas Lilti est le meilleur documentaire qui soit. Même s'il n'est pas parfait non plus, il donne très envie de voir ses deux premières oeuvres sur le monde médical.
En effet, le film prend comme fil rouge la première année de médecine de deux étudiants : Antoine (Vincent Lacoste, très bien), qui la repasse pour la deuxième fois, et Benjamin (William Lebghil, pas mal), qui vient lui d'avoir son Bac. Le premier, passionné et donc persévérant, va prendre le second, détaché et qui semble surtout là pour imiter la carrière de son père, sous son aile pour que cette année soit celle de la réussite. Mais celle-ci est longue et la pression est immense pour espérer faire partie du numerus clausus...
J'aime :
* Le sujet. Contrairement aux Américains, les Français n'ont jamais trop traîné sur les campus universitaires pour en faire ne serait-ce que des comédies. D'où l'originalité de "Première année" et encore plus sur ces fameuses et redoutées études de médecine. D'autant plus qu'il y a un côté presque documentaire dans le film de Thomas Lilti, qui a donc lui-même connu cette expérience. Il révèle ainsi toute la pression et le travail parfois jusqu'à l'absurde qui est demandé aux étudiants.
* Le casting. Si je suis un peu moins convaincu par William Lebghil, qui fait trop vieux pour son rôle de jeune bachelier, Vincent Lacoste confirme son talent dans celui d'étudiant tour à tour obstiné à atteindre son but, la deuxième année, puis désabusé en burn out total.
* Le scénario. Le ton quasi documentaire du film fait qu'il ne peut se détacher d'une trame très classique, mais c'était plutôt bien vu de faire se croiser l'état d'esprit des deux camarades, l'un se révélant bosseur tandis que le second finit par flancher.
J'aime pas :
* Les histoires parallèles. Aussi bien la relation de Benjamin avec ses frères (aucun ne se ressemble en plus) que, surtout, les prémices d'une romance entre Antoine et sa voisine (qui n'aboutit bizarrement à rien) sont ratés et donc inutiles.
Si vous voulez savoir comment se déroule de l'intérieur la première année à la faculté de médecine, alors le film de Thomas Lilti est le meilleur documentaire qui soit. Même s'il n'est pas parfait non plus, il donne très envie de voir ses deux premières oeuvres sur le monde médical.
mercredi 3 juillet 2019
The Campaign (2012)
Voilà une comédie d'été dont le sujet m'intéressait puis avec un duo d'acteurs alléchants, mais je me doutais bien qu'elle ne cachait pas un chef-d'oeuvre malgré Jay Roach aux commandes.
L'histoire suit le duel acharné d'une campagne électorale entre un démocrate chevronné, Cam Brady (Will Ferrell, bien), et un républicain débutant et ingénu, Marty Huggins (Zach Galifianakis, pas mal), qui s'affrontent pour un siège au Congrès des Etats-Unis dans un comté de Caroline du Nord. Tous les coups bas sont permis, surtout de la part du premier...
J'aime :
* Le sujet. Les campagnes électorales, c'est toujours la même chose, mais cela peut être assez passionnant aussi, notamment aux Etats-Unis où les moyens sont souvent démesurés. Là, Jay Roach a donc choisi la parodie en caricaturant les aspects grotesques de ces événements, afin de montrer tout le cynisme qu'elles peuvent souvent comporter.
* Le casting. Je suis un grand fan de Will Ferrell et il n'est jamais aussi hilarant que lorsqu'il joue un odieux personnage. C'est encore le cas ici, même si ce n'est pas non plus son meilleur rôle. De son côté, Zach Galifianakis joue aussi une partition qu'il connaît bien, à savoir le niais fier de lui. Les seconds rôles sont totalement écrasés, mais sont bien aussi.
* Le scénario. On aurait pu s'attendre à du classique : le candidat loser qui gagne à la fin contre le réélu ultra-riche et rôdé. Mais les scénaristes ont su fournir une trame à rebondissements, notamment à la fin, évitant les trop grosses ficelles.
J'aime pas :
* L'humour. Avec "Austin Powers" surtout, Jay Roach était déjà dans le gras, mais comme cela touchait presque à l'absurde, cela passait bien. Ici, si l'ensemble est plutôt drôle, il y a tout de même quelques séquences bien grasses et lourdingues dont on aurait pu se passer.
Malgré ses deux têtes d'affiche et son réalisateur de comédies à succès, "The Campaign" est une farce relativement mineure, qui ne fera pas date, mais offre un divertissement correct sur un sujet original.
L'histoire suit le duel acharné d'une campagne électorale entre un démocrate chevronné, Cam Brady (Will Ferrell, bien), et un républicain débutant et ingénu, Marty Huggins (Zach Galifianakis, pas mal), qui s'affrontent pour un siège au Congrès des Etats-Unis dans un comté de Caroline du Nord. Tous les coups bas sont permis, surtout de la part du premier...
J'aime :
* Le sujet. Les campagnes électorales, c'est toujours la même chose, mais cela peut être assez passionnant aussi, notamment aux Etats-Unis où les moyens sont souvent démesurés. Là, Jay Roach a donc choisi la parodie en caricaturant les aspects grotesques de ces événements, afin de montrer tout le cynisme qu'elles peuvent souvent comporter.
* Le casting. Je suis un grand fan de Will Ferrell et il n'est jamais aussi hilarant que lorsqu'il joue un odieux personnage. C'est encore le cas ici, même si ce n'est pas non plus son meilleur rôle. De son côté, Zach Galifianakis joue aussi une partition qu'il connaît bien, à savoir le niais fier de lui. Les seconds rôles sont totalement écrasés, mais sont bien aussi.
* Le scénario. On aurait pu s'attendre à du classique : le candidat loser qui gagne à la fin contre le réélu ultra-riche et rôdé. Mais les scénaristes ont su fournir une trame à rebondissements, notamment à la fin, évitant les trop grosses ficelles.
J'aime pas :
* L'humour. Avec "Austin Powers" surtout, Jay Roach était déjà dans le gras, mais comme cela touchait presque à l'absurde, cela passait bien. Ici, si l'ensemble est plutôt drôle, il y a tout de même quelques séquences bien grasses et lourdingues dont on aurait pu se passer.
Malgré ses deux têtes d'affiche et son réalisateur de comédies à succès, "The Campaign" est une farce relativement mineure, qui ne fera pas date, mais offre un divertissement correct sur un sujet original.
lundi 17 juin 2019
American Sniper (2015)
A l'époque, Clint Eastwood a tourné deux films de commande successifs, "Jersey Boys" et cet "American Sniper". Si le premier était aux antipodes de l'univers du cinéaste, le second a tout à voir avec lui et il a su parfaitement se l'approprier.
Le film est basé sur l'autobiographie du tireur d'élite Chris Kyle (joué par Bradley Cooper, très bien), qui a servi chez les Seals en Irak. Nous suivons donc sa trajectoire de champion de rodéo au Texas aux toits de Falloujah, Ramadi et Bagdad, desquels il aurait tué plus de 250 personnes au cours de sa carrière, devenant le meilleur sniper de l'histoire militaire américaine. Des succès sur le front qui contrastent avec sa vie de couple avec Taya (Sienna Miller, bien), ponctuée de tension due à ses accès de stress post-traumatique...
J'aime :
* Le scénario. Intelligemment, il ne se concentre pas que sur les actes de bravoure de Chris Kyle et explore de manière intéressante la relation entre le militaire et sa femme, et les conséquences de sa profession, d'autant plus en situation en conflit, sur leur couple.
* Le casting. Sobre, Bradley Cooper incarne très bien Chris Kyle, aussi bien dans les moments glorieux que dans ceux de doute. Sienna Miller lui rend bien la réplique, dans le rôle de sa femme, forte, qui ne voulait justement pas sortir avec un militaire au départ pour éviter toutes les contraintes liées à cette profession.
* La reconstitution. Elle est plutôt bonne, même si une grande majorité des décors irakiens ne sont évidemment pas réels. Disons que l'illusion fonctionne.
J'aime pas :
* Le patriotisme pompier. C'était inévitable, surtout avec Clint Eastwood à la baguette, mais c'est le cas pour beaucoup de films de guerre américains. Les soldats sont des héros, les ennemis d'affreux personnages, encore plus lorsqu'ils sont issus du Moyen-Orient. Manichéisme classique.
* Les incohérences. Pour les besoins du film, un ennemi principal, également tireur d'élite, Mustafa, a été créé. Les scènes d'action les plus impressionnantes (la tempête de sable...) ont également été imaginées. Le film aurait pu se diriger vers un autre type de genre, avec moins d'action, sans qu'il y ait besoin de toutes ces scènes d'héroïsme fabriquées.
Clint Eastwood parvient toujours à me surprendre, parfois en bien, parfois en mal. Si je suis très sceptique quant à sa filmographie récente, "American Sniper", avec ce titre déjà effrayant, réussit à être plus profond que je n'aurais cru, avec des thèmes intéressants abordés outre un simple hommage à une "légende" américaine.
mercredi 29 mai 2019
Bohemian Rhapsody (2019)
Amateur mais loin d'être fan de Queen, j'étais tout de même curieux de voir ce film déjà considéré comme culte par tous les aficionados du groupe. C'était un peu comme je l'attendais : surfait.
"Bohemian Rhapsody" retrace donc la trajectoire de Queen, de la rencontre de Brian May et Roger Taylor avec le futur Freddie Mercury (Rami Malek, très bien), en 1970, jusqu'au fameux concert du Live Aid en 1985. Le focus est évidemment porté sur le charismatique chanteur du groupe, évoquant aussi bien sa créativité artistique que sa vie privée mouvementée.
J'aime :
* La bande originale. C'est quand même l'un des attraits du film, on a le droit en gros à un "best of" de Queen tout du long même si j'ai lu que la voix "chantée" de Freddie Mercury aurait été interprétée par un autre chanteur au timbre similaire.
* Les séquences musicales. Passionné de musique et notamment de la manière dont elle est enregistrée, j'ai particulièrement accroché sur les scènes de studio que j'ai envie de croire assez authentiques puisque le film est supervisé par Brian May et Roger Taylor. Quant aux scènes de concert, j'ai pas été spécialement marqué par celle du Live Aid, que j'ai trouvé longuette au contraire (malgré l'excellente performance de Rami Malek), surtout qu'elle clôt le film.
* Le casting. Evidemment il faut offrir une mention spéciale à Rami Malek, et il a été récompensé d'un Oscar. Mais il surpasse de loin tout le reste du casting, notamment les autres membres de Queen, très peu charismatiques. Du coup, on retiendra peut-être plus Lucy Boynton (dans le rôle de Mary Austin, compagne de Freddie Mercury) et Allen Leech (dans le rôle du manager du chanteur).
J'aime pas :
* Le scénario. Ce n'est pas tant l'histoire en elle-même que la manière dont elle est présentée avec de nombreux arrangements avec la réalité qui ont été pris (des anachronismes dans les chansons notamment). Cela accentue certes la dramaturgie (particulièrement sur l'annonce de la maladie de Freddie Mercury), mais ça la fout quand même mal dans un biopic supervisé par les propres membres de Queen. De plus, de nombreux aspects de la vie privée du chanteur, controversés ou non, sont plus évoqués que réellement expliqués.
* La reconstitution. Il y a plein de choses qui m'ont fait tiquer : entre le concours de perruques et la prothèse dentaire proéminente de Rami Malek (alors oui Freddie Mercury avait une denture similaire, mais là, on ne voit que ça), tout cela ne fait pas très authentique.
* L'esthétique et le montage. Il y a un style particulier appliqué notamment par Bryan Singer (qui n'a même pas terminé le film au passage), qui fait que l'on a plus l'impression de regarder un long clip musical qu'un vrai long-métrage. Et donc une esthétique qui ressemble à certains autres films réalisés récemment sur les années 1970 où le cinéaste a plus voulu donner "un style 70's", avec cette image un peu jaune orangé, que tenter de reconstituer un peu fidèlement l'époque. Cela va avec la reconstitution pas très soignée.
Mon avis est donc mitigé sur ce "Bohemian Rhapsody". C'est un bon divertissement, avec de la très bonne musique, mais pour ceux qui voulaient vraiment voir un biopic de Freddie Mercury & Queen, il faudra repasser.
"Bohemian Rhapsody" retrace donc la trajectoire de Queen, de la rencontre de Brian May et Roger Taylor avec le futur Freddie Mercury (Rami Malek, très bien), en 1970, jusqu'au fameux concert du Live Aid en 1985. Le focus est évidemment porté sur le charismatique chanteur du groupe, évoquant aussi bien sa créativité artistique que sa vie privée mouvementée.
J'aime :
* La bande originale. C'est quand même l'un des attraits du film, on a le droit en gros à un "best of" de Queen tout du long même si j'ai lu que la voix "chantée" de Freddie Mercury aurait été interprétée par un autre chanteur au timbre similaire.
* Les séquences musicales. Passionné de musique et notamment de la manière dont elle est enregistrée, j'ai particulièrement accroché sur les scènes de studio que j'ai envie de croire assez authentiques puisque le film est supervisé par Brian May et Roger Taylor. Quant aux scènes de concert, j'ai pas été spécialement marqué par celle du Live Aid, que j'ai trouvé longuette au contraire (malgré l'excellente performance de Rami Malek), surtout qu'elle clôt le film.
* Le casting. Evidemment il faut offrir une mention spéciale à Rami Malek, et il a été récompensé d'un Oscar. Mais il surpasse de loin tout le reste du casting, notamment les autres membres de Queen, très peu charismatiques. Du coup, on retiendra peut-être plus Lucy Boynton (dans le rôle de Mary Austin, compagne de Freddie Mercury) et Allen Leech (dans le rôle du manager du chanteur).
J'aime pas :
* Le scénario. Ce n'est pas tant l'histoire en elle-même que la manière dont elle est présentée avec de nombreux arrangements avec la réalité qui ont été pris (des anachronismes dans les chansons notamment). Cela accentue certes la dramaturgie (particulièrement sur l'annonce de la maladie de Freddie Mercury), mais ça la fout quand même mal dans un biopic supervisé par les propres membres de Queen. De plus, de nombreux aspects de la vie privée du chanteur, controversés ou non, sont plus évoqués que réellement expliqués.
* La reconstitution. Il y a plein de choses qui m'ont fait tiquer : entre le concours de perruques et la prothèse dentaire proéminente de Rami Malek (alors oui Freddie Mercury avait une denture similaire, mais là, on ne voit que ça), tout cela ne fait pas très authentique.
* L'esthétique et le montage. Il y a un style particulier appliqué notamment par Bryan Singer (qui n'a même pas terminé le film au passage), qui fait que l'on a plus l'impression de regarder un long clip musical qu'un vrai long-métrage. Et donc une esthétique qui ressemble à certains autres films réalisés récemment sur les années 1970 où le cinéaste a plus voulu donner "un style 70's", avec cette image un peu jaune orangé, que tenter de reconstituer un peu fidèlement l'époque. Cela va avec la reconstitution pas très soignée.
Mon avis est donc mitigé sur ce "Bohemian Rhapsody". C'est un bon divertissement, avec de la très bonne musique, mais pour ceux qui voulaient vraiment voir un biopic de Freddie Mercury & Queen, il faudra repasser.
lundi 27 mai 2019
How the Beatles changed the world (2017)
En général, je n'aime pas trop les documentaires non-officiels sur les Beatles car ils font assez miséreux à côté des officiels (peu d'images, aucune autorisation d'utilisation des chansons originales, intervenants de troisième classe...). Celui-ci, signé Tom O'Dell, a débarqué sur Netflix et surtout, j'ai pu profiter d'un long voyage en avion pour lui donner une chance.
"How the Beatles changed the world" propose de suivre la carrière des Beatles à travers leur influence sur la culture mondiale et notamment anglo-saxonne au fil des années. Il replace ainsi le groupe dans le contexte de l'époque durant laquelle il a évolué, accompagné de témoignages de rares proches (Tony Bramwell, Barry Miles) et surtout de journalistes musicaux.
J'aime :
* L'angle. Si Tom O'Dell n'évite pas de conter en arrière-plan une énième fois l'histoire des Beatles, les focus sur l'évolution de la situation du monde, culturellement et politiquement, au cours de leur carrière, avec des images d'archives, sont du coup ce qui m'a le plus intéressé (le reste, je connais par coeur).
* Les intervenants. Du côté des témoins et proches, c'est la misère, mais Tony Bramwell et surtout Barry Miles font le job. La parole est donc surtout donnée aux journalistes musicaux, qui sont de qualité tout de même.
* La bande originale. Au début, on craint le pire avec aucun morceau des Beatles, puis apparaissent des chansons originales des Fab Four à partir de "Rubber Soul". Bonne surprise de ce côté-là donc.
J'aime pas :
* Malgré la tentative de trouver un angle un peu original sur le sujet, Tom O'Dell ne va pas vraiment en profondeur et aurait sans dû se concentrer sur l'époque autour des Beatles plutôt que les Beatles dans leur époque car, cela, cela a déjà été dit et redit.
Ce n'est donc pas avec "How the Beatles changed the world" que les puristes comme moi apprendront quoi que ce soit sur les Fab Four et même sur leur époque, même si le documentaire de Tom O'Dell n'est pas inintéressant non plus et mieux que je ne l'imaginais.
"How the Beatles changed the world" propose de suivre la carrière des Beatles à travers leur influence sur la culture mondiale et notamment anglo-saxonne au fil des années. Il replace ainsi le groupe dans le contexte de l'époque durant laquelle il a évolué, accompagné de témoignages de rares proches (Tony Bramwell, Barry Miles) et surtout de journalistes musicaux.
J'aime :
* L'angle. Si Tom O'Dell n'évite pas de conter en arrière-plan une énième fois l'histoire des Beatles, les focus sur l'évolution de la situation du monde, culturellement et politiquement, au cours de leur carrière, avec des images d'archives, sont du coup ce qui m'a le plus intéressé (le reste, je connais par coeur).
* Les intervenants. Du côté des témoins et proches, c'est la misère, mais Tony Bramwell et surtout Barry Miles font le job. La parole est donc surtout donnée aux journalistes musicaux, qui sont de qualité tout de même.
* La bande originale. Au début, on craint le pire avec aucun morceau des Beatles, puis apparaissent des chansons originales des Fab Four à partir de "Rubber Soul". Bonne surprise de ce côté-là donc.
J'aime pas :
* Malgré la tentative de trouver un angle un peu original sur le sujet, Tom O'Dell ne va pas vraiment en profondeur et aurait sans dû se concentrer sur l'époque autour des Beatles plutôt que les Beatles dans leur époque car, cela, cela a déjà été dit et redit.
Ce n'est donc pas avec "How the Beatles changed the world" que les puristes comme moi apprendront quoi que ce soit sur les Fab Four et même sur leur époque, même si le documentaire de Tom O'Dell n'est pas inintéressant non plus et mieux que je ne l'imaginais.
mercredi 10 avril 2019
Green Book (2019)
Cela faisait longtemps que je n'avais pas été voir un film au cinéma. Le choix, par défaut, s'est porté sur l'oscarisé "Green Book", une bonne pioche !
L'histoire (vraie) est celle de la tournée effectuée en 1962 par le pianiste prodige (et noir) Don Shirley (Mahershala Ali, très bien) dans le sud des Etats-Unis sous le joug des lois ségrégationnistes. Pour cela, il engage comme chauffeur et garde du corps Tony Vallelonga, dit Tony Lip (Viggo Mortensen, excellent), un videur de boîte de nuit new-yorkais d'origine italienne. Ce dernier, loin d'être dénué de préjugés racistes non plus, va se rendre compte que la mission est plus périlleuse que prévu, suivant les indications du "Green Book", guide des établissements acceptant les noirs dans les Etats ségrégationnistes...
J'aime :
* Le scénario. Il est d'autant plus passionnant qu'il est tiré d'une histoire vraie et personnellement, aussi parce qu'il est si difficile pour nous Français de s'imaginer qu'une telle pratique (la ségrégation) a pu exister dans un même pays. Certes, le racisme fait qu'elle a existé bien plus sournoisement aussi chez nous et continue d'une certaine manière à vivre sous diverses formes, mais dans le cas des Etats-Unis, il s'agissait de lois et à une époque encore pas si lointaine. L'évolution du point de vue du personnage de Tony Lip, pas moins raciste au début du film, est très bien relatée, tout comme cette tension latente entre blancs et noirs dans les régions ségrégationnistes.
* Le casting. La performance la plus marquante est celle de Viggo Mortensen, qui a dû prendre beaucoup de poids ainsi qu'un bon accent italo-new-yorkais. Il excelle dans ce rôle de grosse brute au grand coeur. A ses côtés, Mahershala Ali apporte beaucoup de subtilité.
* Les décors. J'ai un goût particulièrement fort pour les années 1960, quel que soit le pays d'ailleurs, et entre l'environnement, les voitures, la musique, les vêtements, etc., tout m'a ravi.
* La bande originale. Des enregistrements originaux de Don Shirley ont été utilisés et ils sont effectivement remarquables. Globalement, tout est très bon de ce côté-là.
J'aime pas :
* Il a notamment été reproché que ce soit le personnage de Tony Lip qui ait été mis en avant, en premier rôle donc, mais l'un des coscénaristes étant son propre fils, c'est assez logique. Par ailleurs, même si l'on voudrait en effet en savoir plus sur Don Shirley, sa biographie serait mal connue donc peut-être difficile d'en dire plus.
L'excellent Peter Farrelly a quitté (momentanément ?) la comédie pour le drame (avec pas mal de petits bouts de comédie quand même) avec ce road movie sur les routes du sud des Etats-Unis en temps ségrégationnistes. Je ne sais pas s'il méritait tous ses Oscars et autres prix, mais on passe un très bon moment devant une histoire fort intéressante.
L'histoire (vraie) est celle de la tournée effectuée en 1962 par le pianiste prodige (et noir) Don Shirley (Mahershala Ali, très bien) dans le sud des Etats-Unis sous le joug des lois ségrégationnistes. Pour cela, il engage comme chauffeur et garde du corps Tony Vallelonga, dit Tony Lip (Viggo Mortensen, excellent), un videur de boîte de nuit new-yorkais d'origine italienne. Ce dernier, loin d'être dénué de préjugés racistes non plus, va se rendre compte que la mission est plus périlleuse que prévu, suivant les indications du "Green Book", guide des établissements acceptant les noirs dans les Etats ségrégationnistes...
J'aime :
* Le scénario. Il est d'autant plus passionnant qu'il est tiré d'une histoire vraie et personnellement, aussi parce qu'il est si difficile pour nous Français de s'imaginer qu'une telle pratique (la ségrégation) a pu exister dans un même pays. Certes, le racisme fait qu'elle a existé bien plus sournoisement aussi chez nous et continue d'une certaine manière à vivre sous diverses formes, mais dans le cas des Etats-Unis, il s'agissait de lois et à une époque encore pas si lointaine. L'évolution du point de vue du personnage de Tony Lip, pas moins raciste au début du film, est très bien relatée, tout comme cette tension latente entre blancs et noirs dans les régions ségrégationnistes.
* Le casting. La performance la plus marquante est celle de Viggo Mortensen, qui a dû prendre beaucoup de poids ainsi qu'un bon accent italo-new-yorkais. Il excelle dans ce rôle de grosse brute au grand coeur. A ses côtés, Mahershala Ali apporte beaucoup de subtilité.
* Les décors. J'ai un goût particulièrement fort pour les années 1960, quel que soit le pays d'ailleurs, et entre l'environnement, les voitures, la musique, les vêtements, etc., tout m'a ravi.
* La bande originale. Des enregistrements originaux de Don Shirley ont été utilisés et ils sont effectivement remarquables. Globalement, tout est très bon de ce côté-là.
J'aime pas :
* Il a notamment été reproché que ce soit le personnage de Tony Lip qui ait été mis en avant, en premier rôle donc, mais l'un des coscénaristes étant son propre fils, c'est assez logique. Par ailleurs, même si l'on voudrait en effet en savoir plus sur Don Shirley, sa biographie serait mal connue donc peut-être difficile d'en dire plus.
L'excellent Peter Farrelly a quitté (momentanément ?) la comédie pour le drame (avec pas mal de petits bouts de comédie quand même) avec ce road movie sur les routes du sud des Etats-Unis en temps ségrégationnistes. Je ne sais pas s'il méritait tous ses Oscars et autres prix, mais on passe un très bon moment devant une histoire fort intéressante.
jeudi 4 avril 2019
Tropa de Elite (2007)
"Tropa de Elite" fait partie de ces films brésiliens contemporains à voir pour comprendre un petit mieux le Brésil d'aujourd'hui et Rio en particulier, qui est clairement à part.
L'histoire, qui se déroule en 1997, retrace la trajectoire de deux aspirants policiers militaires de Rio, André Matias (André Ramiro, pas mal) et Neto Gouveia (Caio Junqueira, excellent), qui, dégoûtés de la corruption qui règne au sein de leur corporation, tentent d'intégrer le bataillon d'élite, le Bope, et notamment l'équipe du capitaine Nascimento (Wagner Moura, très bien). Ils s'apprêtent alors à affronter la violence des favelas de la ville...
J'aime :
* Le réalisme. Plus que le scénario (voir plus bas), ce qui est montré dans "Tropa de Elite", entre la corruption latente au sein de la police militaire et les méthodes violentes du Bope, en fait presque un documentaire et il est louable qu'un réalisateur ait voulu se pencher sur cette thématique. L'un des scénaristes est un ancien policier militaire, ce qui renforce sa légitimité.
* Le casting. Quand on regarde les novelas à la télévision, on se demande s'il y a vraiment de bons acteurs au Brésil. "Tropa de Elite" le confirme avec Wagner Moura en chef de file évidemment, mais je donnerais une mention spéciale au regretté Caio Junqueira, qui apporte beaucoup de complexité à son personnage d'aspirant policier d'élite. Il y a des airs de "Full Metal Jacket".
* Les décors. Tourné sur place dans les communautés de Rio, cela accentue encore le réalisme et montre un aspect des favelas tel qu'il est vraiment.
J'aime pas :
* Le scénario. Comme j'ai déjà pu le voir avec José Padilha, le manque de nuances est encore présent. Si au sein de la police militaire, il montre des bons et des méchants, du côté des trafiquants et de leurs "alliés", c'est tout noir et ce sont principalement une partie des consommateurs, des étudiants riches, qui sont pointés du doigt alors que c'est tout de même bien plus complexe que cela.
"Tropa de Elite" est un vrai film coup de poing, très intéressant pour son réalisme, mais qui pêche clairement dans certaines de ses intentions en raison d'un important manque de nuances. Mais cela reste aussi un film d'action efficace et divertissant.
L'histoire, qui se déroule en 1997, retrace la trajectoire de deux aspirants policiers militaires de Rio, André Matias (André Ramiro, pas mal) et Neto Gouveia (Caio Junqueira, excellent), qui, dégoûtés de la corruption qui règne au sein de leur corporation, tentent d'intégrer le bataillon d'élite, le Bope, et notamment l'équipe du capitaine Nascimento (Wagner Moura, très bien). Ils s'apprêtent alors à affronter la violence des favelas de la ville...
J'aime :
* Le réalisme. Plus que le scénario (voir plus bas), ce qui est montré dans "Tropa de Elite", entre la corruption latente au sein de la police militaire et les méthodes violentes du Bope, en fait presque un documentaire et il est louable qu'un réalisateur ait voulu se pencher sur cette thématique. L'un des scénaristes est un ancien policier militaire, ce qui renforce sa légitimité.
* Le casting. Quand on regarde les novelas à la télévision, on se demande s'il y a vraiment de bons acteurs au Brésil. "Tropa de Elite" le confirme avec Wagner Moura en chef de file évidemment, mais je donnerais une mention spéciale au regretté Caio Junqueira, qui apporte beaucoup de complexité à son personnage d'aspirant policier d'élite. Il y a des airs de "Full Metal Jacket".
* Les décors. Tourné sur place dans les communautés de Rio, cela accentue encore le réalisme et montre un aspect des favelas tel qu'il est vraiment.
J'aime pas :
* Le scénario. Comme j'ai déjà pu le voir avec José Padilha, le manque de nuances est encore présent. Si au sein de la police militaire, il montre des bons et des méchants, du côté des trafiquants et de leurs "alliés", c'est tout noir et ce sont principalement une partie des consommateurs, des étudiants riches, qui sont pointés du doigt alors que c'est tout de même bien plus complexe que cela.
"Tropa de Elite" est un vrai film coup de poing, très intéressant pour son réalisme, mais qui pêche clairement dans certaines de ses intentions en raison d'un important manque de nuances. Mais cela reste aussi un film d'action efficace et divertissant.
vendredi 22 mars 2019
You were never really here (2017)
Aller voir un film sans savoir du tout ce dont il traite peut être risqué - je connaissais juste la présence de Joaquin Phoenix, d'où les yeux fermés. C'est ce que j'ai tenté avec "You were never really here" de Lynne Ramsay. Une erreur.
L'histoire est celle de Joe (Joaquin Phoenix, excellent), un ancien militaire devenu tueur à gages souffrant de troubles suicidaires, à qui est confié la mission de retrouver la fille d'un sénateur, Nina (Ekaterina Samsonov, bien), kidnappée pour servir d'esclave sexuelle auprès d'autres autorités. Mais ces dernières font tout pour étouffer le scandale et tentent d'éliminer Joe, qui a réussi à mettre la main sur l'adolescente...
J'aime :
* Le casting. Le duo formé par Joaquin Phoenix et sa jeune partenaire, Ekaterina Samsonov, porte tout le film. Le premier est une fois de plus époustouflant dans ce rôle d'âme torturée par son passé sur le front, avec une présence physique impressionnante. Palme du meilleur acteur méritée. La seconde offre de fort jolie manière un contraste, tout en douceur et innocence.
* La mise en scène. Lynne Ramsay apporte un vrai style, autant par l'esthétique bien particulière que cette impression d'étouffement avec ces plans rapprochés, cette photographie peu lumineuse et cette bande-son lascive. On aime ou pas, mais c'est singulier. La Palme de la mise en scène aurait été plus appropriée que celle du scénario (lire plus bas).
J'aime pas :
* Le scénario. Il n'est pas très original et assez mince, bien qu'un peu confus parfois. Ce n'est clairement pas ce qu'on retient du film, palme incompréhensible pour le coup...
* Le rythme. A l'image de la mise en scène, Lynne Ramsay a beaucoup travaillé son esthétique, aux dépens d'un rythme très peu emballant, malgré quelques sursauts parfois lors des scènes de bagarre, bien violentes. L'ennui guette souvent.
Avec "You were never really here", on assiste à la quintessence du film indépendant, dans tous ses aspects (scénario, mise en scène, bande-son, photographie...), mais, malheureusement, on ne retiendra que la performance excellente des acteurs plutôt que le reste.
L'histoire est celle de Joe (Joaquin Phoenix, excellent), un ancien militaire devenu tueur à gages souffrant de troubles suicidaires, à qui est confié la mission de retrouver la fille d'un sénateur, Nina (Ekaterina Samsonov, bien), kidnappée pour servir d'esclave sexuelle auprès d'autres autorités. Mais ces dernières font tout pour étouffer le scandale et tentent d'éliminer Joe, qui a réussi à mettre la main sur l'adolescente...
J'aime :
* Le casting. Le duo formé par Joaquin Phoenix et sa jeune partenaire, Ekaterina Samsonov, porte tout le film. Le premier est une fois de plus époustouflant dans ce rôle d'âme torturée par son passé sur le front, avec une présence physique impressionnante. Palme du meilleur acteur méritée. La seconde offre de fort jolie manière un contraste, tout en douceur et innocence.
* La mise en scène. Lynne Ramsay apporte un vrai style, autant par l'esthétique bien particulière que cette impression d'étouffement avec ces plans rapprochés, cette photographie peu lumineuse et cette bande-son lascive. On aime ou pas, mais c'est singulier. La Palme de la mise en scène aurait été plus appropriée que celle du scénario (lire plus bas).
J'aime pas :
* Le scénario. Il n'est pas très original et assez mince, bien qu'un peu confus parfois. Ce n'est clairement pas ce qu'on retient du film, palme incompréhensible pour le coup...
* Le rythme. A l'image de la mise en scène, Lynne Ramsay a beaucoup travaillé son esthétique, aux dépens d'un rythme très peu emballant, malgré quelques sursauts parfois lors des scènes de bagarre, bien violentes. L'ennui guette souvent.
Avec "You were never really here", on assiste à la quintessence du film indépendant, dans tous ses aspects (scénario, mise en scène, bande-son, photographie...), mais, malheureusement, on ne retiendra que la performance excellente des acteurs plutôt que le reste.
lundi 18 mars 2019
Mission : Impossible - Fallout (2018)
Cette fois, c'était bon, j'avais vu le précédent épisode, "Rogue Nation", que j'avais plutôt bien aimé donc je me suis plongé sans trop d'hésitation dans ce sixième épisode de la franchise "reprise" par Tom Cruise et toujours signé de l'efficace Christopher McQuarrie.
Alors qu'Ethan Hunt (Tom Cruise, impeccable) et son équipe pensaient avoir mis fin aux agissements du "Syndicat" en arrêtant Solomon Lane (Sean Harris, très bien), ils apprennent que le groupe criminel s'est reformé sous le nom "Les Apôtres". En mission pour intercepter des charges portables de plutonium à Berlin, ils se les font subtiliser par les terroristes. Celles-ci seront vendues à Paris, où Ethan Hunt part pour tenter de les récupérer. Il sera associé à l'agent de la CIA August Walker (Henry Cavill, pas mal) tandis que la Britannique Ilsa Faust (Rebecca Ferguson, bien) débarque aussi sur le coup...
J'aime :
* Le scénario. Un peu comme dans le précédent épisode, celui-ci fourmille d'événements inattendus (dès cette opération foirée à Berlin) et de rebondissements bien évidemment, avec, une nouvelle fois, des personnages ambigus à plusieurs visages...
* L'action. On en a encore une fois pour notre argent avec des cascades spectaculaires et des opérations menées tambour battant. Petit plus dans cet épisode : Paris est le décor principal donc on s'amuse à reconnaître les endroits où ont été filmées les scènes.
* Le casting. Il ne change guère puisqu'il s'agit d'une suite, mais la troupe de base (Tom Cruise, Simon Pegg, Ving Rhames, Rebecca Ferguson, Alec Baldwin...) connaît parfaitement sa partition. Le nouveau partenaire d'Ethan Hunt, August Walker, n'est pas bien subtile, mais leur duo/duel est intéressant.
J'aime pas :
* Encore une fois, pas grand-chose à reprocher, on s'amuse bien !
Alors que James Bond est en pause et Jason Bourne plus ou moins pareil, Ethan Hunt en profite lui pour truster la scène des films d'action (hors super-héros, ça fait du bien). Tom Cruise confirme ici qu'il maîtrise très bien sa franchise "Mission : Impossible", avec un divertissement qui en met plein les yeux, fait voyager et sourire de temps en temps, le tout sans temps mort. Mission réussie.
Alors qu'Ethan Hunt (Tom Cruise, impeccable) et son équipe pensaient avoir mis fin aux agissements du "Syndicat" en arrêtant Solomon Lane (Sean Harris, très bien), ils apprennent que le groupe criminel s'est reformé sous le nom "Les Apôtres". En mission pour intercepter des charges portables de plutonium à Berlin, ils se les font subtiliser par les terroristes. Celles-ci seront vendues à Paris, où Ethan Hunt part pour tenter de les récupérer. Il sera associé à l'agent de la CIA August Walker (Henry Cavill, pas mal) tandis que la Britannique Ilsa Faust (Rebecca Ferguson, bien) débarque aussi sur le coup...
J'aime :
* Le scénario. Un peu comme dans le précédent épisode, celui-ci fourmille d'événements inattendus (dès cette opération foirée à Berlin) et de rebondissements bien évidemment, avec, une nouvelle fois, des personnages ambigus à plusieurs visages...
* L'action. On en a encore une fois pour notre argent avec des cascades spectaculaires et des opérations menées tambour battant. Petit plus dans cet épisode : Paris est le décor principal donc on s'amuse à reconnaître les endroits où ont été filmées les scènes.
* Le casting. Il ne change guère puisqu'il s'agit d'une suite, mais la troupe de base (Tom Cruise, Simon Pegg, Ving Rhames, Rebecca Ferguson, Alec Baldwin...) connaît parfaitement sa partition. Le nouveau partenaire d'Ethan Hunt, August Walker, n'est pas bien subtile, mais leur duo/duel est intéressant.
J'aime pas :
* Encore une fois, pas grand-chose à reprocher, on s'amuse bien !
Alors que James Bond est en pause et Jason Bourne plus ou moins pareil, Ethan Hunt en profite lui pour truster la scène des films d'action (hors super-héros, ça fait du bien). Tom Cruise confirme ici qu'il maîtrise très bien sa franchise "Mission : Impossible", avec un divertissement qui en met plein les yeux, fait voyager et sourire de temps en temps, le tout sans temps mort. Mission réussie.
lundi 11 mars 2019
Licence to kill (1989)
Second et dernier James Bond avec Timothy Dalton, toujours signé John Glen. Plus original que le précédent, plus sombre aussi.
L'histoire débute en Floride, où James Bond (Timothy Dalton, très bien) se rend au mariage de son ami de la CIA, Felix Leiter (David Hedison, bien). Au même moment, ils apprennent que Franz Sanchez (Robert Davi, excellent), un gros poisson du trafic de drogue international, est dans les parages. Les deux amis décident alors de le capturer avant la cérémonie. C'est chose faite, mais le criminel parvient à s'enfuir le soir même et commandite l'assassinat de Felix et de sa femme. Le premier est mutilé par un requin, la seconde tuée. James Bond décide de se venger, même si son permis de tuer lui est retiré...
J'aime :
* Le scénario. Adapté de plusieurs bouts d'autres épisodes de l'oeuvre originale, il dénote car ici, James Bond n'est pas en mission, tout le film est basé sur une vengeance personnelle (même si elle arrange tout le monde puisqu'il s'agit de mettre fin aux agissements d'un puissant trafiquant de drogue et que des missiles sont en jeu). L'atmosphère est donc plus noire en quelque sorte et cela donne beaucoup d'épaisseur au personnage de 007. Il y a aussi ce duo, pas encore si commun, de l'espion avec une femme, indic de la CIA. Un peu plus qu'une simple James Bond Girl donc (il y en a une aussi quand même, la fiancée de Franz Sanchez).
* Le casting. On sent donc dans cet épisode que Timothy Dalton apporte sa vraie touche au personnage, plus proche de celui de Ian Fleming paraît-il, avec un scénario qui lui correspond mieux que le précédent. Dans l'esprit du personnage de Daniel Craig plus tard, plus taciturne. Robert Davi offre l'un des meilleurs "méchants" de la saga, charismatique et moderne, tandis que Carey Lowell, qui joue Pam Bouvier, est une forte tête qui n'hésite pas à jouer aussi en solo. A noter l'un des premiers rôles de Benicio del Toro en homme de main de Franz Sanchez.
* Les décors. Pour cet épisode, pas de variation, c'est du soleil tout le temps entre la Floride, les Bahamas et le pays fictif d'Isthmus (tourné au Mexique). Exotique et beau à souhait !
* La bande originale. Après l'horrible a-ha, retour à du très conventionnel puisque le titre phare, interprété par Gladys Knight, reprend largement le thème de Goldfinger. Une signature on ne peut plus "bondienne".
J'aime pas :
* C'est un épisode assez violent et ce dès le début, avec le sort réservé à Felix Leiter et sa femme, ce qui peut surprendre. Je ne suis pas trop fan non plus des histoires de vengeance, surtout venant d'un "homme de loi" en quelque sorte. Mais bon, cela donne une certaine modernité, pour l'époque, au tout.
S'il a été tourné dans la foulée du précédent, cet épisode de James Bond avec Timothy Dalton est résolument différent, apportant une touche plus originale avec un scénario plus "personnel" autour de 007. L'acteur y est plus à l'aise et délivre une excellente prestation. Malheureusement sa dernière.
L'histoire débute en Floride, où James Bond (Timothy Dalton, très bien) se rend au mariage de son ami de la CIA, Felix Leiter (David Hedison, bien). Au même moment, ils apprennent que Franz Sanchez (Robert Davi, excellent), un gros poisson du trafic de drogue international, est dans les parages. Les deux amis décident alors de le capturer avant la cérémonie. C'est chose faite, mais le criminel parvient à s'enfuir le soir même et commandite l'assassinat de Felix et de sa femme. Le premier est mutilé par un requin, la seconde tuée. James Bond décide de se venger, même si son permis de tuer lui est retiré...
J'aime :
* Le scénario. Adapté de plusieurs bouts d'autres épisodes de l'oeuvre originale, il dénote car ici, James Bond n'est pas en mission, tout le film est basé sur une vengeance personnelle (même si elle arrange tout le monde puisqu'il s'agit de mettre fin aux agissements d'un puissant trafiquant de drogue et que des missiles sont en jeu). L'atmosphère est donc plus noire en quelque sorte et cela donne beaucoup d'épaisseur au personnage de 007. Il y a aussi ce duo, pas encore si commun, de l'espion avec une femme, indic de la CIA. Un peu plus qu'une simple James Bond Girl donc (il y en a une aussi quand même, la fiancée de Franz Sanchez).
* Le casting. On sent donc dans cet épisode que Timothy Dalton apporte sa vraie touche au personnage, plus proche de celui de Ian Fleming paraît-il, avec un scénario qui lui correspond mieux que le précédent. Dans l'esprit du personnage de Daniel Craig plus tard, plus taciturne. Robert Davi offre l'un des meilleurs "méchants" de la saga, charismatique et moderne, tandis que Carey Lowell, qui joue Pam Bouvier, est une forte tête qui n'hésite pas à jouer aussi en solo. A noter l'un des premiers rôles de Benicio del Toro en homme de main de Franz Sanchez.
* Les décors. Pour cet épisode, pas de variation, c'est du soleil tout le temps entre la Floride, les Bahamas et le pays fictif d'Isthmus (tourné au Mexique). Exotique et beau à souhait !
* La bande originale. Après l'horrible a-ha, retour à du très conventionnel puisque le titre phare, interprété par Gladys Knight, reprend largement le thème de Goldfinger. Une signature on ne peut plus "bondienne".
J'aime pas :
* C'est un épisode assez violent et ce dès le début, avec le sort réservé à Felix Leiter et sa femme, ce qui peut surprendre. Je ne suis pas trop fan non plus des histoires de vengeance, surtout venant d'un "homme de loi" en quelque sorte. Mais bon, cela donne une certaine modernité, pour l'époque, au tout.
S'il a été tourné dans la foulée du précédent, cet épisode de James Bond avec Timothy Dalton est résolument différent, apportant une touche plus originale avec un scénario plus "personnel" autour de 007. L'acteur y est plus à l'aise et délivre une excellente prestation. Malheureusement sa dernière.
jeudi 21 février 2019
The Living Daylights (1987)
France Télévisions aime diffuser les deux seuls James Bond de Timothy Dalton à la suite, mais toujours dans le désordre, avec ce "Living Daylights" en second, plus tard donc. Cela peut se comprendre, car il est moins emballant que le suivant.
Episode 100% Guerre froide avec James Bond (Timothy Dalton, pas mal) chargé dans un premier temps de faire passer à l'Ouest le général russe Koskov (Jeroen Krabbé, moyen) à Bratislava. Sur place, ce dernier manque d'être assassiné par une violoncelliste, Kara Milovy (Maryam d'Abo, froide), qui s'est fait monter la tête par le KGB. S'en suit une longue aventure entre le Maroc et l'Afghanistan sur fond d'agent triple et de trafic d'armes et de drogue...
J'aime :
* La scène d'ouverture. La saga s'est spécialisée dans ces séquences d'introduction, qui n'ont pas toujours de rapport avec la suite du film. Celle-ci est un peu particulière car il fallait en plus introduire un nouvel acteur. Maligne, la mise en scène de cet exercice à Gibraltar avec des agents britanniques "masqués", donc on ne devine pas tout de suite qui est James Bond. Bien joué !
* L'action. A l'image de la scène d'ouverture, les scénaristes de James Bond savent toujours ménager d'excellents et originaux morceaux de bravoure, ici devant la caméra de l'expérimenté John Glen. L'exemple le plus notable : cette fuite en duo dans la neige dans un étui de violoncelle !
J'aime pas :
* Le scénario. Les James Bond ne sont jamais très simples, et cette complexité peut être louée pour des films d'action, mais celui-ci est bien alambiqué avec cet agent triple et un autre général russe actif contre son propre gouvernement. On se perd un peu les pinceaux sans être forcément très passionnés. Il y a aussi un côté plus réaliste qu'à l'accoutumée, s'inscrivant dans la lignée des films d'action de l'époque, mais enlevant de la saveur au tout.
* Le casting. Il paraît que Timothy Dalton offrait l'interprétation la plus proche du personnage de Ian Fleming. C'est bien possible, mais que ce soit dans cet épisode ou le suivant, je ne suis pas très fan, manquant de chaleur, même si ce n'est peut-être pas dû que à lui, mais aussi au scénario. Le reste ne m'a pas emballé non plus, Maryam d'Abo est assez transparente et le duo de généraux russes moins épais que leur physique.
* La bande originale. John Barry certes pour la musique, mais la chanson titre de a-ha est aussi datée que le film, bien marquée années 1980.
* L'ambiance. Entre Bratislava et l'Afghanistan, cet épisode est donc très fortement inscrit dans son époque. Il est vrai qu'après l'ère Roger Moore, sans doute un peu trop fantaisiste, cela permettait à la franchise 007 de se remettre au goût du jour. Mais les années passant, le film a beaucoup perdu de son cachet, contrairement à des épisodes plus anciens.
"The Living Daylights" est peut-être le James Bond que j'aime le moins pour toutes les raisons citées ci-dessus. Tout n'est pas à jeter car la saga garde quelques bonnes vieilles habitudes, mais elle a clairement connu un creux dans cette fin d'années 1980, tentant en vain de se renouveler. A la place, elle patine et c'est le malheureux Timothy Dalton qui en fait les frais.
Episode 100% Guerre froide avec James Bond (Timothy Dalton, pas mal) chargé dans un premier temps de faire passer à l'Ouest le général russe Koskov (Jeroen Krabbé, moyen) à Bratislava. Sur place, ce dernier manque d'être assassiné par une violoncelliste, Kara Milovy (Maryam d'Abo, froide), qui s'est fait monter la tête par le KGB. S'en suit une longue aventure entre le Maroc et l'Afghanistan sur fond d'agent triple et de trafic d'armes et de drogue...
J'aime :
* La scène d'ouverture. La saga s'est spécialisée dans ces séquences d'introduction, qui n'ont pas toujours de rapport avec la suite du film. Celle-ci est un peu particulière car il fallait en plus introduire un nouvel acteur. Maligne, la mise en scène de cet exercice à Gibraltar avec des agents britanniques "masqués", donc on ne devine pas tout de suite qui est James Bond. Bien joué !
* L'action. A l'image de la scène d'ouverture, les scénaristes de James Bond savent toujours ménager d'excellents et originaux morceaux de bravoure, ici devant la caméra de l'expérimenté John Glen. L'exemple le plus notable : cette fuite en duo dans la neige dans un étui de violoncelle !
J'aime pas :
* Le scénario. Les James Bond ne sont jamais très simples, et cette complexité peut être louée pour des films d'action, mais celui-ci est bien alambiqué avec cet agent triple et un autre général russe actif contre son propre gouvernement. On se perd un peu les pinceaux sans être forcément très passionnés. Il y a aussi un côté plus réaliste qu'à l'accoutumée, s'inscrivant dans la lignée des films d'action de l'époque, mais enlevant de la saveur au tout.
* Le casting. Il paraît que Timothy Dalton offrait l'interprétation la plus proche du personnage de Ian Fleming. C'est bien possible, mais que ce soit dans cet épisode ou le suivant, je ne suis pas très fan, manquant de chaleur, même si ce n'est peut-être pas dû que à lui, mais aussi au scénario. Le reste ne m'a pas emballé non plus, Maryam d'Abo est assez transparente et le duo de généraux russes moins épais que leur physique.
* La bande originale. John Barry certes pour la musique, mais la chanson titre de a-ha est aussi datée que le film, bien marquée années 1980.
* L'ambiance. Entre Bratislava et l'Afghanistan, cet épisode est donc très fortement inscrit dans son époque. Il est vrai qu'après l'ère Roger Moore, sans doute un peu trop fantaisiste, cela permettait à la franchise 007 de se remettre au goût du jour. Mais les années passant, le film a beaucoup perdu de son cachet, contrairement à des épisodes plus anciens.
"The Living Daylights" est peut-être le James Bond que j'aime le moins pour toutes les raisons citées ci-dessus. Tout n'est pas à jeter car la saga garde quelques bonnes vieilles habitudes, mais elle a clairement connu un creux dans cette fin d'années 1980, tentant en vain de se renouveler. A la place, elle patine et c'est le malheureux Timothy Dalton qui en fait les frais.
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