mercredi 10 juin 2026

The Mandalorian and Grogu (2026)

Amateur de la saga Star Wars, j'ai vu quasiment toutes les séries dérivées, dont "The Mandalorian", que j'avais adorée (surtout la première saison). Les producteurs ont tenté d'en faire une suite sous forme de film, toujours sous la houlette de Jon Favreau. Et c'est plutôt réussi.

L'histoire fait donc suite à la série, avec le Mandalorien Din Djarin (Pedro Pascal, très bien) accompagné de son protégé devenu acolyte Grogu, qui poursuit sa carrière de chasseur de primes, ici pour la Nouvelle République. Elle le mandate dans son épuration des seigneurs de guerre encore fidèles à l'Empire déchu. Et il en est un plus ardu à traquer du nom de Coin, mais sans description physique connue. Le Mandalorien va alors devoir aider les Hutts afin de recueillir de précieuses informations sur le pourchassé.

J'aime :

* Le scénario. Construit autour du fil rouge de la traque de Coin, il regorge d'histoires secondaires qui viennent le secouer et lui apporter moult rebondissements. Avec ses différentes parties, c'est presque une mini-série d'ailleurs. On apprécie particulièrement le fait que Grogu ne prenne pas non plus trop de place (sauf lors d'une séquence qui représente un peu son "solo" dans le film), même si on est un peu étonné qu'il ne soit pas aussi combatif que dans la série.

* Le casting. Il est assez réduit car Pedro Pascal, toujours impeccable sous son casque, est accompagné d'une marionnette et fait souvent face à des créatures non humaines. Mais le bestiaire fonctionne et on reconnaît notamment la voix de Martin Scorsese pour le personnage du vendeur de street food. Et n'oublions pas Sigourney Weaver, en charismatique colonelle (même si on la voit assez peu).

* Les décors. Outre les créatures plus variées les unes que les autres, le plaisir dans la saga "Star Wars", c'est de voyager de planète en planète, à la découverte d'univers très différents. Et c'est le cas ici, où on a un peu de tout: mégalopole tentaculaire, jungle dense...

* Les effets spéciaux. Pour cet aspect aussi, on peut compter sur l'expertise des équipes de Lucasfilm pour nous en mettre plein la vue.

* La bande originale. Je suis un très grand fan du générique de la série, composé par Ludwig Göransson, qui est évidemment de la partie ici.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier je dois dire.

"The Mandalorian and Grogu" est ainsi un excellent divertissement, dans la droite lignée de la série avec des personnages aussi charismatiques qu'attachants, et un scénario très rythmé et plein d'action. Néanmoins, on peut comprendre l'échec commercial du film dans le sens où, même s'il peut s'apprécier sans avoir vu la série, il va forcément moins attirer pour qui n'a pas vu les trois saisons du "Mandalorian", ce malgré la notoriété de "Baby Yoda" qui va au-delà du programme original. De plus, Din Djarin reste un personnage en marge comparé à ceux de la saga originelle (les Jedi, Han Solo, Dark Vador, etc.).

samedi 16 mai 2026

Magnolia (2000)

Si je n'ai chroniqué ici - pour l'instant - que "One battle after another" de Paul Thomas Anderson, j'ai vu d'autres films de ses débuts. Mais il me manquait ce "Magnolia", qui m'effrayait un peu par son thème et sa longueur. Un récent voyage en avion m'a décidé à l'affronter.

L'histoire va regrouper, le temps d'une longue soirée et nuit, le destin de plusieurs personnages, qui ne se connaissent pas forcément, à travers Los Angeles. Parmi eux, le riche Earl Partridge (Jason Robards, dans son dernier film au cinéma, bien), qui est sur le point de mourir. Tandis que sa femme, Linda (Julianne Moore, très bien, comme toujours), se démène pour lui trouver des médicaments, il demande à son infirmier personnel, Phil Parma (Philip Seymour Hoffman, excellent) de contacter son fils, Frank Mackey (Tom Cruise, incroyable), qu'il a abandonné étant ado et qui est devenu coach masculiniste. Il tient à le voir avant de s'éteindre.

J'aime :

* Le casting. On connaît le Tom Cruise des blockbusters, mais l'acteur n'est jamais meilleur que dans ces films "indépendants", qu'il a délaissés depuis un moment maintenant malheureusement. Il crève l'écran ici en gourou masculiniste. Mais n'oublions pas le reste de la troupe, toutes et tous extraordinaires. Ceux cités au-dessus, mais également Melora Walters, John C. Reilly ou encore William H. Macy.

* La bande originale. La chanteuse Aimee Mann a composé des morceaux spécialement pour le film, et c'est magnifique. Sa reprise de "One", d'Harry Nilsson, est un "must".

* La mise en scène. Paul Thomas Anderson mène ses trois heures sans répit, faisant évoluer ses personnages dans une tension permanente dont peu sortent indemnes. Un film intense dont on ressort également lessivé (notamment avec cette conclusion accompagnée d'une mystérieuse pluie...).

J'aime pas :

* Le scénario. Au final, je n'ai pas tellement accroché la plupart des différentes histoires proposées par le film, en dehors peut-être de celle du gamin surdoué au jeu télévisé et de l'ancien candidat prodige de cette même émission devenu un vendeur "loser".

 "Magnolia" n'est donc pas mon film préféré de Paul Thomas Anderson, mais il ne me laisse pas indifférent pour autant, notamment par la puissance qu'il dégage, porté par un formidable casting.

jeudi 7 mai 2026

Outcome (2026)

En cherchant un film à regarder sur Apple TV avec des amis, on est tombé sur ce tout récent film de et avec Jonah Hill. Si l'acteur avait eu des bonnes critiques pour "Mid90s", son premier long-métrage en tant que réalisateur - que je n'ai pas vu -, ce second est une catastrophe.

L'histoire est celle de Reef Hawk (Keanu Reeves, médiocre), star hollywoodienne en retrait des écrans depuis cinq ans pour régler ses problèmes d'addiction. Alors qu'il a enfin retrouvé paix et sérénité, son avocat, Ira Slitz (Jonah Hill, qui en fait des tonnes), l'alerte d'une tentative de chantage. Une personne menace de divulguer une vidéo compromettante de l'acteur. Ce dernier se lance alors dans une tournée de demande de pardon auprès de connaissances de son passé qu'il aurait pu blesser afin de découvrir qui le fait chanter...

J'aime :

* La durée. Sans la pression que le film sorte en salles, Jonah Hill nous délivre une oeuvre des plus courtes (1h23), merci à lui (même s'il paraît bien plus long).

J'aime pas :

 * Le casting. J'ai rarement l'habitude de voir ça dans le cinéma américain, mais là, j'ai vraiment trouvé Keanu Reeves à côté de ses pompes, aussi charismatique qu'une porte. On retrouve également Jonah Hill donc, qui met beaucoup d'énergie à se ridiculiser dans un rôle d'avocat extraverti, mais sans que ce soit vraiment drôle. Et on est également triste de voir Cameron Diaz revenir doucement devant la caméra avec ce type de second rôle sans épaisseur ou encore Martin Scorsese, peut-être le meilleur de toute la bande, dont on se demande ce qu'il est venu faire dans cette galère.

* La photographie. Signée par le Belge Benoît Debie, elle est tout simplement affreuse, toute lisse et artificiellement colorée, le pire étant le fond vert utilisé pour la vue de la maison de Reef Hawk. 

* Le scénario. Il ressemble un peu à "Broken Flowers", dans lequel Bill Murray allait toquer à la porte de ses ex pour retrouver celle qui lui avait écrit qu'il avait un fils caché. Cette fois, Keanu Reeves va donc à la rencontre de personnes qu'il a pu décevoir par le passé, mais c'est aussi bavard qu'ennuyeux. 

C'est assez rare que je trouve des films mauvais, mais là, difficile d'être indulgent avec cette satire vaine du show business et des réseaux sociaux. Surtout quand le premier rôle est aussi fade. Pas drôle et donc raté.

vendredi 1 mai 2026

Dossier 137 (2025)

Je connaissais Dominik Moll de nom, mais je n'avais jamais vu aucun de ses films jusqu'ici, pas trop intéressé je dois avouer. Et puis un voyage en avion où je ne pouvais voir que des œuvres françaises (car les autres n'avaient pas de sous-titres dans une langue compréhensible) m'a "forcé" à choisir son dernier long-métrage. Une opportunité que je ne regrette pas. 

L'histoire est celle de Stéphanie Bertrand (Léa Drucker, très bien), inspectrice à l'IGPN, qui se retrouve en charge du dossier d'un jeune gilet jaune gravement blessé par un tir de flash-ball lors d'une manifestation à Paris. Son enquête doit faire la lumière sur la légitimité de l'acte commis par des policiers de la BRI.

J'aime :

* Le scénario. Coécrit par Dominik Moll et Gilles Marchand, c'est un véritable documentaire qui nous plonge dans le fonctionnement minutieux d'une enquête de l'IGPN, avec ses procédures, sa bureaucratie, sans oublier les pressions de la part des collègues policiers qui voient forcément ces agents comme des traîtres à la corporation.

* La mise en scène. Elle est aussi sobre qu'innovante avec l'utilisation d'images de téléphones portables, ainsi que d'archives, offrant une véritable immersion avec les gilets jaunes lors des manifestations.

* La reconstitution. Jamais évident de montrer des scènes de foule réalistes, sans utiliser des effets spéciaux par exemple, mais Dominik Moll s'en sort très bien, notamment à l'aide d'images d'archives donc.

* Le casting. Si je ne suis pas très fan de toutes les performances - l'éternel problème des films français où je trouve que le jeu n'est pas toujours assez "naturel" -, Léa Drucker crève indéniablement l'écran. Elle est impeccable dans ce rôle d'inspectrice droite dans ses bottes voulant mener son enquête jusqu'au bout malgré les contraintes et les critiques.

J'aime pas :

* J'ai donc parfois eu du mal avec le jeu de certains acteurs, ainsi que les scènes plus légères, de "comédies", pas bien convaincantes.

Avec "Dossier 137", Dominik Moll prouve que la "police des polices" est une section tout aussi passionnante des forces de l'ordre et surtout ô combien nécessaire. Avec un sujet très sensible et réaliste (la gestion des gilets jaunes), le cinéaste se montre habile et relativement neutre, montrant toutes les nuances des deux camps. Un film indispensable.

lundi 20 avril 2026

The Super Mario Galaxy Movie (2026)

Trois ans après le carton mondial du premier film d'animation consacré à Mario et Luigi, le même trio de réalisateurs-scénariste (avec le studio Illumination) est de retour pour une suite (logique). Si on passe plutôt un bon moment, la magie est moins présente.

L'histoire reprend où le premier épisode s'était arrêté. Alors que Bowser est emprisonné au Royaume Champignon, son fils, Bowser Jr., entreprend un plan pour le libérer. Pour cela, il va kidnapper la princesse Harmonie, sœur de Peach, afin d'utiliser ses pouvoirs. Peach et ses amis, Mario, Luigi, Toad et le nouveau venu, Yoshi, vont aller repartir dans une folle aventure pour mettre fin aux méfaits de Bowser Jr.

J'aime :

 * L'univers. Toujours un plaisir de retrouver les personnages de la galaxie Mario, avec quelques nouvelles têtes pour ce second épisode comme Harmonie, Bowser Jr. et surtout le légendaire Yoshi. Petit coup de cœur aussi de voir intégré un personnage mythique de Nintendo même issu d'un autre jeu (je ne spoilerai pas mais je l'avais presque oublié !). Beaucoup de souvenirs donc avec en plus une atmosphère dans certains lieux qui rappelle franchement "Star Wars". 

* L'animation. Elle est toujours aussi réussie grâce au studio Illumination. Impeccable.

* Le casting. Toujours des voix de stars américaines derrière les personnages en VO, avec les ajouts de Brie Larson (Harmonie), Benny Safdie (Bowser Jr.), Luiz Guzman (Wart, autre nouveau personnage), Donald Glover (Yoshi) ou encore Glen Powell (le personnage Nintendo mystère...). Solide donc même si évidemment, peu aisé de reconnaître les véritables voix tellement elles sont modifiées (on pense notamment à Donald Glover pour Yoshi, impossible à identifier).

J'aime pas :

* Le scénario. Si l'histoire du premier épisode était simple, elle était efficace. Ici, on sent que ça patine déjà car tellement de choses ont été placées dans le précédent opus. Malgré le fil rouge évident (il faut aller délivrer Harmonie), le récit part un peu dans tous les sens sans trop de cohésion et avec le plus d'action possible, au détriment de la relation Mario-Peach qui aurait pu être mieux explorée, sans oublier les atermoiements de Bowser dont on ne comprend jamais sur quel pied il danse. Résultat, c'est confus (et parfois même ennuyeux même si le film n'est heureusement pas trop long).

* La bande originale. La playlist 80's du premier épisode était une idée sympa pour accompagner les parents dans leur moment de nostalgie. Dans cette suite, rien du tout, à peine quelques morceaux, mais peu ou pas de tubes. Dommage. 

Les suites de films d'animation sont rarement réussies et "Super Mario Galaxy" n'y échappe pas, en ce qui concerne son histoire en tout cas. Il est sauvé néanmoins par son toujours chouette univers et sa superbe réalisation. Les critiques négatives n'empêchent pas le film de réaliser un carton au box-office, tant mieux pour lui et pour un éventuel troisième épisode. Mais on espère que le scénariste se cassera un peu plus la tête.

mardi 17 mars 2026

Submarine (2011)

Richard Ayoade, le réalisateur de ce joli film indépendant britannique, était l'un des invités du festival Rencontres 7e Art de Lausanne cette année. Il accompagnait notamment Wes Anderson, qui l'a fait jouer dans sa dernière œuvre, "The Phoenician Scheme", et avec qui il écrit la prochaine. Son premier long-métrage, "Submarine", était ainsi projeté.

L'histoire est celle d'Oliver Tate (Craig Roberts, excellent), un ado gallois comme les autres confronté à deux défis majeurs : séduire sa mignonne camarade Jordana (Yasmin Paige, bien) et remettre en selle la relation de ses parents qui tourne au vinaigre. Encore plus depuis qu'un vieil ex bizarre (mais séducteur) de sa mère est devenu leur voisin.

J'aime : 

 * Le casting. Craig Roberts crève l'écran dans le rôle de cet ado tiraillé entre sa vie sentimentale et celle de ses parents dans un contexte scolaire jamais évident à cet âge. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que c'est un antihéros en quelque sorte, bourré de défauts (il n'hésite pas, par exemple, à participer à des séances de harcèlement) mais malgré tout attachant. Sa conquête, jouée par Yasmin Paige, est dans ce même état d'esprit, loin d'être parfaite non plus. Des bonnes "tronches" ont été trouvées pour le reste des élèves, ainsi que pour les rôles adultes interprétés par des actrices et acteurs solides (Noah Taylor, Sally Hawkins, Paddy Considine...).

* Le scénario. Adapté d'un roman de Joe Dunthorne sorti peu avant, il ne révolutionne pas non plus le genre de la comédie ado avec la narration à la première personne, les thèmes classiques du sexe et des innombrables problèmes existentiels, mais il est porté notamment par la consistance de ses personnages et finalement l'universalité des sentiments exprimés à l'écran.

* La bande originale. Alex Turner, leader des Arctic Monkeys, a composé les chansons du film et elles collent parfaitement à son atmosphère : romantiques, sombres, mélancoliques, pleines d'espoir...

* Les décors. Originaux pour moi qui ne connaît rien du Pays de Galles, même si la météo ne donne clairement pas envie...

J'aime pas :

* La mise en scène. On sent que Richard Ayoade expérimente plein de styles différents et cela peut apporter parfois un peu de confusion et des images pas toujours bien nettes. 

Malgré quelques défauts de jeunesse, le comédien britannique s'est lancé avec réussite dans les longs-métrages avec cette petite pépite de "teen movie", à l'histoire intéressante portée par de chouettes comédiennes et comédiens, ainsi qu'une bande son impeccable. Malheureusement, il semble que Richard Ayoade ait quelque peu patiné par la suite derrière la caméra.

samedi 28 février 2026

Le Mage du Kremlin (2026)

Olivier Assayas n'est pas un cinéaste qui m'attire trop. J'avais vu "Clouds of Sils Maria" et désormais ce "Mage du Kremlin". A chaque fois en raison d'une initiative qui n'est pas la mienne. Mais je n'en ressors pas forcément déçu. Ce dernier film repose sur une histoire (en partie) vraie et fascinante.

Et cette histoire est celle de Vadim Baranov (Paul Dano, bien), jeune artiste d'avant-garde russe, qui va grimper les échelons du début des années 1990 aux années 2010, jusqu'à devenir producteur de télévision et surtout artisan, avec Boris Berezovsky (Will Keen, très bien), de l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine (Jude Law, pas mal). Ce dernier se révélera finalement bien plus difficile à manier que son prédécesseur, Boris Elstine...

J'aime :

* Le scénario. Adapté du roman éponyme de Giuliano da Empoli par Olivier Assayas lui-même aidé par Emmanuel Carrère, il est passionnant pour les mauvais connaisseurs, comme moi, de l'histoire russe contemporaine et donne des clés pour mieux comprendre l'ascension de Vladimir Poutine et ce qu'il a fait du pouvoir qui lui a été livré clés en main.

* La reconstitution. Je ne suis pas plus fin connaisseur de la Russie, mais les décors lettons m'ont paru très crédibles.

* Le casting. C'est du solide avec, outre Paul Dano, Jude Law et Will Keen, les excellents Jeffrey Wright, Tom Sturridge ou encore Alicia Vikander.

J'aime pas :

* La mise en scène. Divisé en chapitres, le film paraît presque un documentaire, monopolisé par la voix off de Paul Dano ou des scènes de dialogues interminables. Ce qui rend l'expérience encore plus longue voire ennuyeuse.

* Le casting. Malgré les très bons comédiens, on n'aurait pas été contre une distribution un peu plus "locale" pour rendre le long-métrage encore plus crédible. 

Au départ, Olivier Assayas n'était lui-même pas très chaud pour réaliser ce film, en raison des contraintes citées dans mes reproches : un livre - sans lui retirer ses qualités - trop bavard et l'obligation de faire appel à des acteurs anglo-saxons pour pouvoir vendre son film à l'international. Aurait-il ainsi dû renoncer pour de bon ? Peut-être pas, mais il est vrai que cela pèse tout de même dans la note finale.

mardi 20 janvier 2026

O agente secreto (2025)

Après le phénomène "Ainda estou aqui" en début d'année dernière, le Brésil est déjà de retour sur le devant de la scène cinématographique mondiale avec le dernier film de Kleber Mendonça Filho (et mon premier). Un nouveau long-métrage récompensé internationalement et ainsi glorifié par le public brésilien. Et c'est encore plutôt mérité.

L'histoire est celle de Marcelo (Wagner Moura, très bien), un ancien chercheur qui revient à Recife après un moment passé à Brasilia, en pleine dictature (1977 plus exactement). Il vient s'y cacher et revoir son jeune fils, envisageant un exil ensemble à l'étranger. Il se fait embaucher aux archives de la Police civile où il espère retrouver des informations sur sa mère. Mais des tueurs à gage sont à sa recherche...

J'aime :

* Le casting. La sobriété toute élégante de Wagner Moura domine une troupe tout à fait hétéroclite mais admirable, avec nombre de bonnes "gueules" de cinéma et surtout parfaitement brésiliennes. Mention spéciale aux personnages de la logeuse Dona Sebastiana, le commissaire Euclides ou encore Augusto le tueur à gage.

* La mise en scène. Kleber Mendonça Filho a un vrai style, avec cette succession de scènes, peu longues (malgré la durée du film), lentes ou rapides, bavardes ou non, comiques ou tristes, mais où il se passe toujours quelque chose, que ce soit utile ou non d'ailleurs ! Tout cela construit autour de son fil rouge sous haute tension. Le cinéaste joue avec ce suspense, l'augmentant ou le diminuant selon ses envies.

* Les décors. La reconstitution du Brésil et du Nordeste en particulier des années 1970 est magnifique, Le grain vintage donné à l'image apporte un plus pour l'authenticité, pour ne pas offrir un résultat trop "propre".

* La bande originale. On a le droit à des chansons brésiliennes mais aussi internationales (Chicago, Donna Summer...) de l'époque, que du bonheur. 

* Le scénario. Je le mets en dernier car, s'il m'a beaucoup plu globalement, c'est ce que je retiens le moins au final. C'est un vrai jeu de fausses pistes - dès son titre - que nous propose Kleber Mendonça Filho. Qui est en réalité Marcelo ? Quel est son but ? Pourquoi est-il persécuté ? Si le cinéaste se donne, comme Walter Salles avec "Ainda estou aqui", une mission de rafraîchissement de la mémoire brésilienne, il y va de manière bien moins directe, plus personnelle voire même poétique, bousculant surtout les codes de narration traditionnelle.

J'aime pas :

* Si le film est long (plus de 2h30), on ne voit pas le temps passer, happés que nous sommes par cette histoire dont on cherche à démêler les fils. Néanmoins, il est rempli de séquences, certes folkloriques (cette visite du tailleur allemand, cette légende de la jambe poilue), mais qui ne font pas du tout avancer le récit. Et je n'ai pas trop apprécié ces scènes dans le présent avec les deux étudiantes qui font des recherches sur l'affaire "Marcelo". J'entends bien l'utilité pédagogique envers le public brésilien, mais je n'ai pas trouvé cela très "cinématographique" et cela tranche trop avec le reste du film et son atmosphère si passionnante. Ainsi, le dénouement m'a quelque peu laissé sur ma faim.

Voir des films brésiliens, et surtout celui-ci, provoque en moi beaucoup de "saudades" car, même s'il se déroule dans les années 1970, peu de choses ont changé en termes d'atmosphère et d'humanité sur place. J'ai donc adoré cette ambiance, ces personnages, mais je reste un peu réservé quant au scénario sur certains aspects décrits plus haut. Néanmoins, parabéns Kleber Mendonça Filho !

jeudi 8 janvier 2026

Wake up dead man : a Knives Out mystery (2025)

Et voici le troisième épisode de la saga Netflix "Knives Out", signée Rian Johnson, qui n'a l'air de ne plus s'occuper que de cela. Une nouvelle troupe de comédiennes et comédiens célèbres est menée par Daniel Craig. Mais c'est l'opus le moins emballant jusqu'ici.

L'histoire est celle de Jefferson Wicks (Josh Brolin, très bien), prêtre charismatique et anticonformiste d'une petite paroisse de Nouvelle-Angleterre, qui finit assassiné dans d'étranges circonstances. Tout a des airs de crime parfait. Face à cette situation, la cheffe de la police locale, Geraldine Scott (Mila Kunis, bien), fait appel à l'incontournable Benoit Blanc (Daniel Craig, bien aussi, mais moins présent) pour résoudre ce mystère. Il sera épaulé par le jeune prêtre Jud Duplenticy (Josh O'Oconnor, très bien aussi), qui était arrivé peu avant afin de succéder au père Wicks.

J'aime : 

* Le casting. La série continue d'attirer les stars puisque, outre Daniel Craig, on retrouve ici autour de lui Mila Kunis et Josh Brolin, déjà cités, mais aussi Glenn Close, Jeremy Renner, Kerry Washington ou encore Andrew Scott. Du solide donc et comme à chaque épisode, qui se prend bien au jeu de ce "Cluedo" filmé.

* Les décors. De nouveau un huis-clos, mais qui ressemble plus au premier opus, avec le charme suranné d'une petite église de Nouvelle-Angleterre (même si tout a été tourné en... Angleterre) et de ses alentours.

J'aime pas :

* Le scénario. Malheureusement, on peine à trouver crédible cette petite communauté de disciples du père Wicks, que ce soit l'avocate, la violoncelliste en fauteuil roulant, le médecin, l'homme politique et l'écrivain raté. En tout cas pas à notre époque et dans une église catholique. Si Wicks avait été un pasteur évangélique, passe encore et c'est un peu ce qu'il est au final. Donc tout cela manque de cohérence et, pire, la plupart de ces suiveurs ne sont même pas suspects, c'est le jeune prêtre qui l'est. Ainsi, c'est comme si les autres personnages ne servaient pas à grand-chose (et certains n'ont même aucune incidence sur l'histoire).

Si on apprécie la critique de la religion - et des réseaux sociaux accessoirement - dans ce nouveau "Knives Out" et un esprit "Agatha Christie" plaisant, on est donc moins conquis par une histoire qui met du temps à se mettre en place, qui est ainsi trop longue (j'ai dû regarder le film en deux fois, c'est rare) et dans laquelle même Daniel Craig (dont l'accent forcé ne m'a pas interpellé cette fois-ci) est quelque peu mis sur la touche durant un bon moment. On espère un rebond de Rian Johnson pour le prochain.

dimanche 4 janvier 2026

Sully (2016)

J'ajoute un film de Clint Eastwood à ma liste de visionnage. Encore un "récent" on va dire. Une période dont je ne suis pas vraiment fan. Avec "Sully", le cinéaste avait l'occasion une fois de plus de célébrer un héros américain, qui plus est sur lequel des doutes ont été émis. Mais c'est moins dérangeant que dans d'autres œuvres.

L'histoire, totalement véridique, est celle de Chesley "Sully" Sullenberger (Tom Hanks, bien), le fameux pilote qui a réussi, en janvier 2009, à poser son avion de ligne sur l'Hudson, à New York, après une panne de ses deux moteurs. Tout cela sans faire aucun mort ni blessé. Malgré cet exploit, une commission d'enquête a tenté de démontrer qu'il s'agissait d'une erreur de pilotage.

J'aime

* Le scénario. C'est une histoire évidemment incroyable et même si l'événement en lui-même n'a duré que quelques heures, il valait certainement ce film. Le scénariste, Todd Komarnicki, a pu allonger son script avec cette commission d'enquête et c'est tant mieux.

* Le casting. La sobriété de Tom Hanks convient parfaitement à l'humble héros qu'est "Sully". S'il est au centre du film, il est entouré de solides seconds rôles dont Aaron Eckhart (qui joue le copilote) ou encore Laura Linney (qui joue l'épouse du pilote). 

* La mise en scène. Clint Eastwood aurait pu en rajouter des tonnes, mais, au contraire, il propose un hommage aussi simple que l'est "Sully", sans aucune longueur (le film dure 1h36). Et même si l'on connaît l'issue, tant de l'accident que des conclusions de la commission d'enquête, il sait infuser un certain suspense, avec un montage habile.

J'aime pas :

* Pas de reproches particuliers à adresser au film même s'il manque forcément, par son réalisme, d'un peu de personnalité.

C'est presque un documentaire que Clint Eastwood offre avec "Sully". Une œuvre qui ressemble au cinéaste surtout pour son goût pour les héros les plus humbles. Peu marquante mais essentielle.