samedi 16 mai 2026

Magnolia (2000)

Si je n'ai chroniqué ici - pour l'instant - que "One battle after another" de Paul Thomas Anderson, j'ai vu d'autres films de ses débuts. Mais il me manquait ce "Magnolia", qui m'effrayait un peu par son thème et sa longueur. Un récent voyage en avion m'a décidé à l'affronter.

L'histoire va regrouper, le temps d'une longue soirée et nuit, le destin de plusieurs personnages, qui ne se connaissent pas forcément, à travers Los Angeles. Parmi eux, le riche Earl Partridge (Jason Robards, dans son dernier film au cinéma, bien), qui est sur le point de mourir. Tandis que sa femme, Linda (Julianne Moore, très bien, comme toujours), se démène pour lui trouver des médicaments, il demande à son infirmier personnel, Phil Parma (Philip Seymour Hoffman, excellent) de contacter son fils, Frank Mackey (Tom Cruise, incroyable), qu'il a abandonné étant ado et qui est devenu coach masculiniste. Il tient à le voir avant de s'éteindre.

J'aime :

* Le casting. On connaît le Tom Cruise des blockbusters, mais l'acteur n'est jamais meilleur que dans ces films "indépendants", qu'il a délaissés depuis un moment maintenant malheureusement. Il crève l'écran ici en gourou masculiniste. Mais n'oublions pas le reste de la troupe, toutes et tous extraordinaires. Ceux cités au-dessus, mais également Melora Walters, John C. Reilly ou encore William H. Macy.

* La bande originale. La chanteuse Aimee Mann a composé des morceaux spécialement pour le film, et c'est magnifique. Sa reprise de "One", d'Harry Nilsson, est un "must".

* La mise en scène. Paul Thomas Anderson mène ses trois heures sans répit, faisant évoluer ses personnages dans une tension permanente dont peu sortent indemnes. Un film intense dont on ressort également lessivé (notamment avec cette conclusion accompagnée d'une mystérieuse pluie...).

J'aime pas :

* Le scénario. Au final, je n'ai pas tellement accroché la plupart des différentes histoires proposées par le film, en dehors peut-être de celle du gamin surdoué au jeu télévisé et de l'ancien candidat prodige de cette même émission devenu un vendeur "loser".

 "Magnolia" n'est donc pas mon film préféré de Paul Thomas Anderson, mais il ne me laisse pas indifférent pour autant, notamment par la puissance qu'il dégage, porté par un formidable casting.

jeudi 7 mai 2026

Outcome (2026)

En cherchant un film à regarder sur Apple TV avec des amis, on est tombé sur ce tout récent film de et avec Jonah Hill. Si l'acteur avait eu des bonnes critiques pour "Mid90s", son premier long-métrage en tant que réalisateur - que je n'ai pas vu -, ce second est une catastrophe.

L'histoire est celle de Reef Hawk (Keanu Reeves, médiocre), star hollywoodienne en retrait des écrans depuis cinq ans pour régler ses problèmes d'addiction. Alors qu'il a enfin retrouvé paix et sérénité, son avocat, Ira Slitz (Jonah Hill, qui en fait des tonnes), l'alerte d'une tentative de chantage. Une personne menace de divulguer une vidéo compromettante de l'acteur. Ce dernier se lance alors dans une tournée de demande de pardon auprès de connaissances de son passé qu'il aurait pu blesser afin de découvrir qui le fait chanter...

J'aime :

* La durée. Sans la pression que le film sorte en salles, Jonah Hill nous délivre une oeuvre des plus courtes (1h23), merci à lui (même s'il paraît bien plus long).

J'aime pas :

 * Le casting. J'ai rarement l'habitude de voir ça dans le cinéma américain, mais là, j'ai vraiment trouvé Keanu Reeves à côté de ses pompes, aussi charismatique qu'une porte. On retrouve également Jonah Hill donc, qui met beaucoup d'énergie à se ridiculiser dans un rôle d'avocat extraverti, mais sans que ce soit vraiment drôle. Et on est également triste de voir Cameron Diaz revenir doucement devant la caméra avec ce type de second rôle sans épaisseur ou encore Martin Scorsese, peut-être le meilleur de toute la bande, dont on se demande ce qu'il est venu faire dans cette galère.

* La photographie. Signée par le Belge Benoît Debie, elle est tout simplement affreuse, toute lisse et artificiellement colorée, le pire étant le fond vert utilisé pour la vue de la maison de Reef Hawk. 

* Le scénario. Il ressemble un peu à "Broken Flowers", dans lequel Bill Murray allait toquer à la porte de ses ex pour retrouver celle qui lui avait écrit qu'il avait un fils caché. Cette fois, Keanu Reeves va donc à la rencontre de personnes qu'il a pu décevoir par le passé, mais c'est aussi bavard qu'ennuyeux. 

C'est assez rare que je trouve des films mauvais, mais là, difficile d'être indulgent avec cette satire vaine du show business et des réseaux sociaux. Surtout quand le premier rôle est aussi fade. Pas drôle et donc raté.

vendredi 1 mai 2026

Dossier 137 (2025)

Je connaissais Dominik Moll de nom, mais je n'avais jamais vu aucun de ses films jusqu'ici, pas trop intéressé je dois avouer. Et puis un voyage en avion où je ne pouvais voir que des œuvres françaises (car les autres n'avaient pas de sous-titres dans une langue compréhensible) m'a "forcé" à choisir son dernier long-métrage. Une opportunité que je ne regrette pas. 

L'histoire est celle de Stéphanie Bertrand (Léa Drucker, très bien), inspectrice à l'IGPN, qui se retrouve en charge du dossier d'un jeune gilet jaune gravement blessé par un tir de flash-ball lors d'une manifestation à Paris. Son enquête doit faire la lumière sur la légitimité de l'acte commis par des policiers de la BRI.

J'aime :

* Le scénario. Coécrit par Dominik Moll et Gilles Marchand, c'est un véritable documentaire qui nous plonge dans le fonctionnement minutieux d'une enquête de l'IGPN, avec ses procédures, sa bureaucratie, sans oublier les pressions de la part des collègues policiers qui voient forcément ces agents comme des traîtres à la corporation.

* La mise en scène. Elle est aussi sobre qu'innovante avec l'utilisation d'images de téléphones portables, ainsi que d'archives, offrant une véritable immersion avec les gilets jaunes lors des manifestations.

* La reconstitution. Jamais évident de montrer des scènes de foule réalistes, sans utiliser des effets spéciaux par exemple, mais Dominik Moll s'en sort très bien, notamment à l'aide d'images d'archives donc.

* Le casting. Si je ne suis pas très fan de toutes les performances - l'éternel problème des films français où je trouve que le jeu n'est pas toujours assez "naturel" -, Léa Drucker crève indéniablement l'écran. Elle est impeccable dans ce rôle d'inspectrice droite dans ses bottes voulant mener son enquête jusqu'au bout malgré les contraintes et les critiques.

J'aime pas :

* J'ai donc parfois eu du mal avec le jeu de certains acteurs, ainsi que les scènes plus légères, de "comédies", pas bien convaincantes.

Avec "Dossier 137", Dominik Moll prouve que la "police des polices" est une section tout aussi passionnante des forces de l'ordre et surtout ô combien nécessaire. Avec un sujet très sensible et réaliste (la gestion des gilets jaunes), le cinéaste se montre habile et relativement neutre, montrant toutes les nuances des deux camps. Un film indispensable.