mardi 3 décembre 2024

Beetlejuice Beetlejuice (2024)

Plus de 30 ans après le premier "Beetlejuice", qui a véritablement lancé la carrière de Tim Burton, le cinéaste a décidé de lui offrir une suite, avec une partie du casting original. Ce genre d'initiative n'est pas souvent réussi, ici oui !

L'histoire est celle de Lydia Deetz (Winona Ryder, très bien), qui doit retourner à Winter River pour l'enterrement de son père, Charles. Elle s'y rend avec sa fille Astrid (Jenna Ortega, pas mal) et son fiancé, Rory (un poil caricatural). Sur place, Astrid se lie avec un jeune homme, Jeremy (Arthur Conti, pas mal aussi), qui se révèle être un dangereux fantôme qui veut prendre sa place dans le monde réel. Lydia doit alors appeler Beetlejuice (Michael Keaton, excellent) à la rescousse...

J'aime :

* Le casting. On est heureux de retrouver notamment l'espiègle Michael Keaton, bien plus mis en valeur que dans le premier opus, ainsi que Winona Ryder, remise en scène ces dernières années par la série "Stranger Things". Parmi les nouvelles têtes de la troupe de comédiennes et comédiens, on apprécie particulièrement la présence de Willem Dafoe. J'aimais bien Jeffrey Jones dans le premier épisode, mais, depuis, il a très mal tourné. Les scénaristes ont certes fait mourir son personnage (ce qui permet d'ailleurs d'introduire l'intrigue), mais on apprécie tout de même le fait qu'une séquence animée ait été réalisée pour décrire sa mort (et ainsi lui rendre hommage en quelque sorte).

* Le scénario. Il part un peu dans tous les sens avec une intrigue secondaire sur l'ex de Beetlejuice assez vaine au final (on en reparlera), mais le fil rouge centré sur la fille de Lydia Deetz se tient bien et est plaisant.

* Les décors et effets spéciaux. Si Tim Burton consent tout de même à utiliser les technologies d'aujourd'hui, il a conservé son goût des méthodes artisanales et on retrouve ainsi un mix assez sympa. Tout l'univers du premier "Beetlejuice" est également parfaitement respecté et est encore plus beau.

* L'humour. On retrouve tout l'esprit macabro-comique de Tim Burton qui s'en donne à cœur joie. Les têtes réduites, fonctionnaires au service de Beetlejuice, sont particulièrement drôles. 

* La bande originale. Danny Elfman reprend la baguette pour notre plus grand bonheur.

J'aime pas :

* Je ne sais pas trop comment l'histoire de Delores LaFerve s'est intégrée au scénario, si elle était prévue ou si Tim Burton l'a exigée pour pouvoir faire jouer sa nouvelle compagne, Monica Bellucci, mais elle déçoit quelque peu car, un peu comme dans le premier avec le personnage de Beetlejuice débarquant vraiment tard dans l'intrigue principale, il s'agit d'une histoire secondaire qui reste à cet état jusqu'au dénouement, sans apporter beaucoup de valeur ajoutée. Dommage. 

Ce n'est donc jamais simple de réaliser des suites de film culte des décennies plus tard et on pouvait craindre le pire. Mais c'était sans compter sur le talent de Tim Burton pour offrir un long-métrage, certes mis au goût du jour, mais dans la même veine que son premier épisode, aussi drôle que divertissant.

jeudi 21 novembre 2024

Beetlejuice (1988)

Si je me rappelle avoir regardé (et apprécié) la série animée "Beetlejuice" durant ma jeunesse, je n'avais pour autant jamais vu le film de Tim Burton. La sortie du second épisode m'y a encouragé, avec beaucoup de retard, mais un certain plaisir malgré tout.

L'histoire est celle de Barbara (Geena Davis, très bien) et Adam (Alec Baldwin, bien) Maitland, un jeune couple vivant heureux et amoureux dans une grande et ancienne maison du petit village de Winter River, dans le Connecticut. Malheureusement, ils meurent dans un accident de voiture. Ils continuent néanmoins à hanter leur maison à l'état de fantômes, mais celle-ci est vendue à un couple excentrique new-yorkais, Delia (Catherine O'Hara, excellente) et Charles (Jeffrey Jones, excellent aussi) Deetz, et leur fille Lydia (Winona Ryder, bien). Cette dernière est la seule à voir les Maitland, qui cherchent désespérément à déloger les Deetz...

J'aime : 

* Le casting. Si le personnage de Michael Keaton est mis en avant et qu'il est très bien joué, il n'apparaît pas tant que cela dans le film. Mention donc au reste du casting, vraiment de grande qualité. Aucune fausse note. 

* Les décors et effets spéciaux. Tim Burton nous plonge pour la première fois dans son univers horrifico-comique avec ce film. On ressent son amour du cinéma "artisanal" et même si certains effets spéciaux ont quelque peu vieilli (comme ce monde de l'au-delà et son serpent géant), on ne peut que saluer leur originalité. 

* La bande originale. Le grand Danny Elfman est à la baguette et nous régale. Harry Belafonte est particulièrement mis à l'honneur.

* Le scénario. Il aurait dû être bien plus trash que cela, mais, au final, cela fonctionne très bien ainsi, en tant que comédie fantastique.

J'aime pas :

* On n'aurait donc pas été contre voir un peu plus le personnage central du film, Michael Keaton réalisant un vrai one-man-show. L'introduction est peut-être un poil longue. 

"Beetlejuice" a représenté un marqueur pour Tim Burton, mais aussi Michael Keaton et Winona Ryder. Et c'était mérité, on a pris beaucoup de plaisir avec eux dans ce film des plus divertissants.

mercredi 6 novembre 2024

Beverly Hills Cop : Axel F (2024)

Trente ans après l'épisode de clôture raté de la saga "Beverly Hills Cop", Eddie Murphy est finalement de retour dans son costume d'Axel Foley pour un opus supplémentaire qui aura mis beaucoup de temps à arriver (des projets existaient déjà il y a plus de 15 ans). Comme pour "Coming 2 America", pas de sortie en salles mais, ici, uniquement sur Netflix. Derrière la caméra, l'Australien Mark Molloy, pour son premier film. On ne peut donc pas dire que cela sentait bon, mais...

L'histoire est celle d'Axel Foley (Eddie Murphy, tout de même moins agité que jadis), qui règne toujours sur les rues de Detroit afin de combattre la criminalité à sa façon. Il est contacté par son vieil ami californien Billy Rosewood (Judge Reinhold, bouffi par la chirurgie plastique), désormais détective privé. Selon lui, la fille d'Axel Foley, Jane (Taylour Page, pas mal), qui n'a plus de contact avec son père, est menacée car elle est l'avocate d'un homme accusé d'avoir assassiné un policier infiltré dans un cartel. Le flic de Detroit se doit alors de faire son retour à Beverly Hills...

J'aime :

* Le casting. Cette fois, la majorité de la troupe originelle est bel et bien là : Eddie Murphy bien sûr, mais aussi Judge Reinhold, John Ashton (son dernier rôle en plus), Bronson Pinchot, Paul Reiser. Ils n'ont pas tous très bien vieilli et ça cabotine forcément un peu, mais on sent qu'ils ont du plaisir à se retrouver. Et avec Joseph Gordon-Levitt, en good cop, et Kevin Bacon, en bad cop, en plus, c'est du très solide. L'unique rôle féminin est attribué à Taylour Page, qui a moins le mérite de ne pas être un faire-valoir.

* Le scénario. Il n'est pas follement original, mais suffisamment touffu pour maintenir notre intérêt.

* L'action. Ces séquences ont clairement reçu une mise au goût du jour et cela commence dès l'introduction avec course-poursuite et fusillade à gogo dans Detroit. On retrouve aussi, notamment, une fusillade à Beverly Hills ainsi qu'un vol mouvementé en hélicoptère, sans oublier la traditionnelle castagne finale qui retiennent l'attention.

* Les décors. On est content de retrouver Beverly Hills, mais aussi de voir un peu plus Detroit.

* La bande originale. C'est le Britannique Lorne Balfe qui s'y colle cette fois et, outre le thème original, des morceaux des deux premiers films sont de retour. Bonne idée.

J'aime pas :

* C'est l'épisode le plus long de la saga et cela se fait quelque peu ressentir.

Je reste toujours méfiant de ces revivals longtemps après, qui peuvent parfois faire plus de mal que de bien à des sagas chéries. On ne peut pas dire que ce quatrième épisode est raté, mais il ne restera pas non plus dans les mémoires car Eddie Murphy a clairement perdu toute l'énergie et l'humour de ses débuts. Et dire qu'un cinquième opus est prévu...

vendredi 1 novembre 2024

Beverly Hills Cop III (1994)

Vu le difficile accouchement de ce troisième opus de la saga "Beverly Hills Cop", signé cette fois du spécialiste des comédies John Landis, il aurait certainement été plus sage de laisser le projet au placard. Néanmoins, à l'époque de sa sortie, j'ai sans doute été le voir au cinéma et il était mon préféré de la trilogie originelle.

L'histoire commence comme les précédentes, avec Axel Foley (Eddie Murphy, qui paraît ici moins concerné) en mission à Detroit. Il doit ici coincer des voleurs de voitures, mais l'assaut tourne mal et voit son chef, Douglas Todd, abattu par les malfaiteurs. Foley apprend par le FBI, également sur le coup, que les tueurs viendraient de Californie où ils auraient un lien avec le parc d'attractions "WonderWorld". Il décide alors de se rendre sur place pour poursuivre l'enquête...

J'aime :

* Le casting. Certes, Eddie Murphy paraît quelque peu essoufflé dans cet épisode, mais il est heureusement bien entouré par l'incontournable Judge Reinhold (Billy Rosewood forever), Hector Elizondo en flic pas très net, Theresa Randle pour jouer sa première amourette (on la retrouvera plus tard dans la saga "Bad Boys" ou encore "Girl 6"), Bronson Pinchot qui fait son joyeux retour (au contraire de John Ashton, bien regretté) ou encore Timithy Carhart qui joue un nouveau méchant froid et charismatique. Et comme c'est un peu un opus "Disneyland", on retrouve une ribambelle de guests connus (dont George Lucas...).

* Les décors. On se balade moins ici, mais le parc d'attractions représente un lieu plutôt original pour y placer l'action.

* La bande originale. Le thème culte d'Harold Faltermeyer est toujours là, remanié par Nile Rodgers qui assure le reste de la partition du film. Solide. 

J'aime pas :

* Le scénario. Il est signé de l'efficace Steven E. de Souza, à l'origine, entre autres, des premiers "Die Hard". Il respecte les codes de la saga en partant à nouveau sur des faits bien violents (la mort de Douglas Todd) avant de se poursuivre en grosse farce grâce aux facéties d'Axel Foley. Mais si ici l'humour est bel et bien de retour en force, l'histoire centrée autour du parc d'attractions qui cache des faux monnayeurs (certes originale), infantilise encore plus, par son lieu même, le film. Puéril.

* L'action. La plupart des scènes dans le parc font penser à celles des séries des années 1980 où les bagarres sonnent faux et où les méchants tirent n'importe comment.

La direction de John Landis refait du "Flic de Beverly Hills" une vraie comédie d'action après un épisode 2 plus musclé que drôle. Mais les années ont passé et le public visé ici est nettement plus familial voire jeune avec son histoire à "WonderWorld". Cela avait parfaitement fonctionné pour l'enfant que j'étais à l'époque, bien moins pour l'adulte que je suis aujourd'hui.

vendredi 25 octobre 2024

Beverly Hills Cop II (1987)

Deux ans (pour la France) après le premier volet de ce qui allait devenir la saga "Beverly Hills Cop", Axel Foley est de retour pour un épisode signé cette fois Tony Scott, qui venait de connaître le succès avec "Top Gun". 

L'histoire est celle d'Axel Foley (Eddie Murphy, toujours aussi à l'aise), qui poursuit sa carrière de flic, à sa manière, à Detroit. Mais du côté de Beverly Hills, un gang mène des braquages et, sur leur piste, le commissaire Bogomil se fait tirer dessus. Après les tumultes de leur première aventure conjointe, Foley et Bogomil sont devenus amis, et le premier décide de repartir pour la Californie en apprenant les malheurs du second. Le facétieux policier va y retrouver ses compères Taggart et Rosewood (John Ashton et Judge Reinhold, toujours sympas) pour reprendre l'enquête...

J'aime : 

* Le casting. Eddie Murphy est toujours aussi à l'aise dans ses baskets, poursuivant son one-man-show dans un film de plus, avec cette fois-ci ses compères Ashton et Reinhold pour coéquipiers (ce qui enlève peut-être un peu de piment, même s'ils continuent d'avoir des "ennemis" au sein du commissariat de Beverly Hills). Les méchants de cet opus sont encore plus méchants que le premier, mention spéciale à Brigitte Nielsen qui crève l'écran parmi ceux-ci (et qui permet d'ailleurs d'être le personnage principal féminin du film puisqu'il n'y en a aucun autre). On apprécie aussi de voir Dean Stockwell ("Quantum Leap" forever).

* Le scénario. Il est bien plus fouillé que celui du premier épisode avec une enquête plus complexe pour Axel Foley et ses amis afin de démanteler le gang de l'alphabet et de comprendre ce qu'il trame. On notera que les dons à la MacGyver sont encore plus développés chez notre héros (pour neutraliser une alarme).

* La bande originale. On reste dans le même esprit que le premier film avec Harold Faltermeyer à la baguette et des morceaux bien funky-soul.

* Les décors. On se balade toujours dans l'attrayant Beverly Hills, tout en sortant un peu du quartier tout de même et déambulant dans le grand L.A.. 

J'aime pas :

* La mise en scène. Tony Scott débarque ici avec son style pompier très 80's, marqué notamment, outre visuellement, par plus d'action (violente) et un peu moins d'humour. On a affaire ici à du lourd côté méchants donc. Ainsi, cela dénote avec un précédent opus plus "léger" et drôle.

Quand j'étais plus jeune, j'aimais particulièrement ce deuxième épisode de la saga et sa "grande salope", qui passait d'ailleurs moins à la télé que le premier j'ai l'impression. Peut-être par son côté plus musclé et moins familial (bien que le premier aussi comporte ses scènes osées). En le revoyant aujourd'hui, je l'ai peut-être un peu moins apprécié, sans doute parce qu'il se prend un peu trop au sérieux. Mais le troisième opus m'a encore plus déçu au revisionnage. A suivre...

mardi 20 août 2024

Beverly Hills Cop (1985)

A l'occasion de la sortie sur Netflix d'un quatrième épisode de la saga "Beverly Hills Cop", j'ai décidé de la revoir depuis le début. La trilogie originale fait partie des grands souvenirs de mon enfance, des classiques maintes fois revus à la télévision. On débute donc avec le premier, signé Martin Brest.

L'histoire est celle d'Axel Foley (Eddie Murphy, dans son meilleur rôle), policier fantasque de Detroit, dont un ami d'enfance, Mikey Tandino, venu lui rendre visite, est assassiné. Foley, décidé à enquêter sur la mort de son compère malgré l'opposition de son supérieur, embarque alors pour Los Angeles où Tandino travaillait comme agent de sécurité pour la galerie d'art de Beverly Hills d'un certain Victor Maitland (Steven Berkoff, bien). Le flic de Detroit est prêt à mettre le quartier sens dessus dessous...

J'aime :

* Le casting. Eddie Murphy crève l'écran avec cette partition de stand-up pendant quasiment tout le film, sans peur ni gêne de rien, et adorant bousculer l'ordre établi et propret de Beverly Hills. Mais il est aussi entouré de rôles secondaires très sympas, à l'image des deux policiers locaux chargés de le surveiller (joués par Judge Reinhold et le regretté John Ashton, récemment disparu), sortes de Laurel et Hardy. On n'oublie pas l'incontournable Bronson Pichot (Serge) et Steven Berkoff qui campe un méchant charismatique.

* L'humour. On s'amuse évidemment beaucoup des facéties en chaîne d'Axel Foley et des situations dans lesquelles il embarque tous ceux qu'il croise. C'est bon enfant, mais aussi parfois piquant (pas sûr que les scènes du club de strip-tease passent aujourd'hui dans une comédie policière familiale).

* La bande originale. Une bonne saga se doit d'avoir son thème musical marquant et inoubliable, c'est le cas ici avec le morceau génial au synthé de l'Allemand Harold Faltermeyer (à qui l'on doit d'autres musiques de films de l'époque dont "Top Gun"). Le reste est composé de morceaux soul collant parfaitement à l'atmosphère.

* Les décors. On a droit à une visite sympa de Los Angeles et donc en particulier de Beverly Hills.

J'aime pas :

* Le scénario. Honnêtement, il apparaît de nos jours aussi mince que celui d'un téléfilm policier, mais heureusement, ce n'est pas là-dessus que le film mise.

La saga "Beverly Hills Cop" n'a pas un seul réalisateur attitré, ce qui fait que chacun de ses films est assez différent malgré le décor qui ne change pas. Ici, pour débuter, Martin Brest propose une véritable comédie, même si elle a ses moments plus sombres voire coquins. L'histoire n'est ni très complexe ni très originale, mais le film offre un excellent divertissement, avec un casting au top, mené par un Eddie Murphy intenable. Culte.

jeudi 23 mai 2024

Indiana Jones and the Temple of Doom (1984)

Mon revisionnage de la saga "Indiana Jones" se poursuit, doucement mais sûrement. Ce deuxième opus divise, c'est souvent le moins apprécié de la trilogie originelle. C'est le cas pour moi, même si cela reste un superbe film d'aventures, avec toujours Steven Spielberg (et George Lucas) à la baguette (ou plutôt au fouet).

L'histoire est celle d'Indiana Jones (Harrison Ford, parfait), qui se trouve dans un cabaret de Shanghai pour négocier l'acquisition d'un diamant avec des mafieux chinois. Les choses tournent mal et l'archéologue emmène dans sa fuite son jeune assistant local "Short Round" (Ke Huy Quan, génial) et la chanteuse Willie Scott (Kate Capshaw, très bien). L'avion qu'ils prennent est abandonné au-dessus de l'Inde par ses pilotes et se crashe au milieu de nulle part. Le trio s'en sort et atteint un village pauvre dont les habitants leur demandent de l'aide. Il devra retrouver une pierre sacrée qui a été volée aux villageois et qui se trouve au palais de Pankot. Indiana Jones accepte la mission...

J'aime :

* Le casting. Aussi roublard que courageux, Harrison Ford campe un formidable Indiana Jones une fois de plus, avec ici quelques pas de côté (le registre de James Bond dans la séquence d'ouverture et même le méchant lorsque Mola Ram prend possession de son esprit). A ses côtés, Kate Capshaw récupère vraiment le rôle du faire-valoir féminin qui n'aurait jamais dû se retrouver là et a peur de tout (elle doit plus crier que parler). Néanmoins, elle est drôle comme tout et jamais insupportable. Et que dire du jeune Ke Huy Quan (qui accompagnait son frère au casting à l'origine !), aussi malicieux que touchant, qui forme un excellent duo avec Harrison Ford. On le retrouvera avec plaisir dans les "Goonies" un an plus tard. A souligner enfin des méchants charismatiques, dont Mola Ram (joué par Amrish Puri).

* L'action. Plusieurs scènes mémorables avaient été pensées pour le précédent épisode, mais se retrouvent finalement ici car plus de moyens pour les réaliser. Entre la séquence d'introduction, le saut de l'avion sur un bateau pneumatique, la fuite en chariot minier ou encore la scène du pont suspendu, cette aventure est à nouveau pleine de morceaux de bravoure inoubliables et constamment inventifs.

* L'humour. Même plus sombre, cet opus ne manque pas de moments cultes de drôlerie. Outre les scènes d'action qui en sont truffées, on en a aussi lors des séquences plus calmes comme celle du camping en pleine jungle (où Willie fait face à tous les animaux sauvages tandis qu'Indiana et Short Round jouent aux cartes) ou encore celle du dîner au palais de Pankot avec ces fameux mets plus "exotiques" les uns que les autres.

* La bande originale. La musique épique de John Williams est toujours là pour ajouter la cerise sur le gâteau.

* Les décors. Beaucoup de magnifiques intérieurs de palais indien, mais également des extérieurs tournés au Sri Lanka.

* Le scénario. Signé du couple Willard Huyck et Gloria Katz, il est ainsi plus "resserré", sans grande quête archéologique, et aussi plus violent d'une certaine manière. Pour autant, cela n'en fait pas non plus une histoire moins divertissante, bien au contraire. C'est un épisode juste "différent". 

J'aime pas :

* Le seul regret ici est donc ce voyage limité quasiment à un seul endroit et un intérêt moindre dans la mission de nos héros, comparé aux autres opus de la trilogie.

"The Temple of Doom" est ainsi peut-être desservi par son scénario moins emballant, mais ce dernier est largement compensé par un casting parfait et une nouvelle œuvre d'art de Steven Spielberg en termes de film d'aventures. On ne s'ennuie jamais, on vibre, on rit, que demander de plus ?

mercredi 15 mai 2024

The Fall guy (2024)

Quand j'étais enfant, "The Fall guy" faisait partie de mes séries préférées. Dans la veine de "The A-Team", elle maniait efficacement action et humour. Les remakes de ces vieilles séries au cinéma sont plus ou moins réussis, à l'image de "Starsky & Hutch", que j'avais adoré par exemple. Ici, malheureusement, c'est raté.

L'histoire est celle de Colt Seavers (Ryan Gosling, bien), cascadeur et doublure du très connu Tom Ryder (Aaron Taylor-Johnson, caricatural), qui voit sa carrière subitement arrêtée après un accident sur le plateau d'un film. Devenu simple voiturier, il est rappelé des mois plus tard par la productrice Gail Meyer (Hanna Waddingham, pas mal) pour effectuer des cascades sur le nouveau film de Tom Ryder tourné en Australie et réalisé par Jody Moreno (Emily Blunt, bien aussi), l'ancienne petite amie de Colt Seavers. Mais surtout pour enquêter sur la disparition de la star du film...

J'aime : 

* Le casting. Dans la foulée de "Barbie", Ryan Gosling poursuit sur la partition comique, cette fois-ci dans un rôle moins "bête" et plus musclé. Il forme un couple plutôt mignon et qui fonctionne bien avec Emily Blunt. Mention aux rôles secondaires énergiques joués par Hannah Waddingham, que j'ai découverte dans "Ted Lasso", et Winston Duke. J'ai été moins convaincu par Aaron Taylor-Johnson, méconnaissable. On apprécie les apparitions finales de Lee Majors et Heather Thomas (malgré une horrible chirurgie esthétique). On aurait bien voulu voir aussi Douglas Barr.

* Les décors. Le filon australien pour les tournages de films hollywoodiens est de plus en plus exploité, et la ballade à Sydney est ici bien agréable.

* L'action. On peut compter sur l'ancien cascadeur David Leitch, à la réalisation, pour nous offrir de sacrées belles scènes d'action, aussi impressionnantes que drôles.

* La bande originale. Du grand classique old school avec AC/DC, Kiss ou encore Phil Collins pour  plaire aux plus vieux fans. Taylor Swift est également mise à l'honneur, pour les plus jeunes.

J'aime pas :

* Le scénario. Signé du pas fin Drew Pearce, il est hyper poussif, ne reprenant absolument pas les codes de la série. On navigue de manière alambiquée entre le tournage du film et la mission secrète pourrie de Colt Seavers. 

* Les dialogues. On se rend compte à quel point ils sont nuls lors des scènes plombantes et interminables entre Ryan Gosling et Emily Blunt. L'humour du film, lourdingue, ne sauve rien.

C'est le type de film de commande qui traîne dans les tiroirs d'Hollywood depuis des années avec une succession de réalisateurs et d'acteurs. Cela ne donne pas souvent un bon résultat. Ici, malgré les efforts de David Leitch, dont j'avais beaucoup aimé le précédent film, "Bullet Train", personne ne semble y croire, pas même Ryan Gosling, déjà en train de cabotiner. Un piètre hommage pour la chouette série qu'était "The Fall guy". Un remake qui ne tombe vraiment pas à pic.

lundi 29 avril 2024

Bon Schuur Ticino (2024)

C'est possiblement le premier film 100% suisse que je vois. Difficile de passer à côté de la comédie helvétique de l'année signée Peter Luisi. Un gros carton dans tout le pays. 

L'histoire est celle de Jeannot Bachmann (Beat Schlatter, très bien), qui mène à bien une initiative populaire fédérale afin que le français devienne l'unique langue principale en Suisse. Si le pays entier s'y soumet, un seul canton, le Tessin italophone, se montre résistant. Un duo de policiers fédéraux, l'alémanique Walter Egli (Beat Schlatter aussi, toujours aussi bien) et le romand Jonas (Vincent Kucholl, pas mal), est alors envoyé à Locarno pour démanteler un réseau de résistance...

J'aime :

* Le scénario. Mais encore une fois, si l'idée originale est vraiment géniale, elle n'est pas assez exploitée je trouve.

* Le casting. Il permet ainsi de réunir des comédiens des différentes régions linguistiques avec le Suisse allemand Beat Schlatter, qui assure dans deux rôles distincts, la sympathique Tessinoise Catherine Pagani et le Romand Vincent Kucholl, très connu dans son territoire francophone, mais qui en fait un peu des caisses.

* L'humour. Une Suisse entière qui doive se mettre au français (ou même à l'allemand), cela ne peut que donner lieu à des situations drôles tellement les parties germanophones et francophones sont antagonistes linguistiquement. Et on rit beaucoup des gags visuels ou non imaginés par Peter Luisi et Beat Schlatter (aussi scénariste). On aurait donc préféré un film jouant avant tout là-dessus, même si l'idée d'un Tessin désirant faire sécession n'est pas mal non plus.

J'aime pas :

* Quel dommage que cette initiative "No Bilingue" ne serve uniquement de base à une comédie d'action légère (et parfois lourdingue) et bien trop prévisible. Elle a le mérite de ne pas être trop longue.

Succès national attendu et mérité quand même pour "Bon Schuur Ticino" qui, grâce à la comédie, réunit, à travers ses différences, tous les Suisses. Mais une bonne pointe de déception quant à la manière dont est exploité un chouette sujet. 

lundi 22 avril 2024

Yannick (2023)

Ces dernières années, Quentin Dupieux enchaîne les films, parfois plusieurs en moins de douze mois. Ses formats courts et sans grand budget aident à cela. C'est le cas de "Yannick", tourné en quelques jours. 

L'histoire est celle de Yannick (Raphaël Quenard, très bien), modeste gardien de nuit de Melun, venu assister à une pièce de boulevard à Paris pour se changer les idées. Le spectacle proposé est si mauvais qu'il décide de se lever et de l'interrompre afin d'exprimer son mécontentement. Malmené par les comédiens de la pièce et les autres spectateurs, Yannick prend alors la salle en otage...

J'aime :

 * Le casting. Il ne va pas être étonnant de voir désormais Raphaël Quenard partout tellement il crève l'écran avec son bagout et sa grande silhouette. C'est un presque un one-man-show ici que lui offre Quentin Dupieux, après des rôles secondaires dans deux de ses films précédents. Il est bien accompagné par le reste de la distribution dont Pio Marmaï et Blanche Gardin. 

* Le scénario. L'idée originale est excellente, pas totalement surréaliste pour une fois de la part du cinéaste. D'ailleurs, c'est son premier film "réaliste" si l'on peut dire, avec une histoire, bien que comportant évidemment des éléments absurdes, cohérente de bout en bout. 

J'aime pas :

* Bien que court (à peine plus d'une heure), le film recèle tout de même quelques longueurs qui nous feraient bien autant râler que le vieux spectateur de la pièce. Car tout n'est pas si drôle que ça.

"Yannick" étant un huis clos, l'un des styles que j'apprécie le moins car cela finit toujours par m'ennuyer, j'ai forcément des choses à redire. Si je m'attendais à mieux, le film de Quentin Dupieux est néanmoins sympathique avec un génial Raphaël Quenard. 

jeudi 11 avril 2024

Anatomie d'une chute (2023)

J'ai enfin vu la Palme d'or 2023 (entre autres) de Justine Triet, qui a tant fait couler d'encre, moins pour son contenu que pour un simple discours de cette dernière à Cannes. Je m'en voulais de l'avoir raté au cinéma, ce fut donc dans un avion. Pas plus mal, les critiques unanimement (ou presque) dithyrambiques me questionnant. 

L'histoire est celle de Sandra Voyter (Sandra Hüller, très bien), dont le mari meurt après une chute de leur chalet à la montagne. Meurtre, suicide ou accident ? Il n'y a aucun témoin, en dehors de leur fils, Daniel (Milo Machado-Graner, bien), qui a retrouvé le corps de son père. Devant le mystère, sa mère est suspectée et un procès s'ouvre...

J'aime :

* Le scénario. Moins pour son intrigue en elle-même, pas bien passionnante, que pour l'aspect réaliste et documentaire sur la justice française revendiqué par ses auteurs, Justine Triet et Arthur Harari.

* Le casting. Actrice du moment, l'Allemande Sandra Hüller est impeccable dans ce rôle quasiment trilingue et le jeune Milo Machado-Graner s'en tire bien aussi dans une partition compliquée, d'autant plus qu'il doit aussi jouer un handicap. Belle prestation également des deux avocats opposés (Swann Arlaud et Antoine Reinartz). Seul bémol selon moi, mais son apparition ne dure que le temps d'un (long) flashback, Samuel Theis, qui joue le mari de Sandra Voyter, peu à l'aise dans une scène entièrement en anglais.

J'aime pas :

* Le rythme. Non seulement c'est long (2h30), mais les scènes hors enquête ou procès, et le flashback encore plus, même si sans doute nécessaires, plombent assez le film. Et le morceau "phare" du film, joué par le mari avant sa mort, qu'on écoute fort et en boucle à plusieurs moments, est infernal (et donne effectivement des envies de meurtre !).

On est bien évidemment ravi de tous les prix, notamment à l'étranger, remportés par "Anatomie d'une chute", mais, bien que très intéressant et joué, le film de Justine Triet ne nous semble pas non plus très différent, dans son intrigue, qu'un (très) bon téléfilm policier de FranceTélévisions. Et loin d'être plus fastueux cinématographiquement parlant.

vendredi 5 avril 2024

Priscilla (2024)

Après "Elvis", "Priscilla". Mais Sofia Coppola est à l'extrême opposé de Baz Luhrmann en termes stylistique et cela convient bien aussi à la vie de son héroïne, dans l'ombre constante de son rocker de mari.

L'histoire est donc celle de Priscilla Beaulieu (Caillee Spaeny, pas mal), de sa rencontre en Allemagne avec Elvis Presley (Jacob Elordi, sans plus), en 1959, jusqu'à leur séparation en 1973, après des années d'ennui à vivre cachée ou presque à Graceland.

J'aime :

* Le scénario. Il est fidèlement adapté de l'autobiographie de Priscilla Presley, qui fait partie de la production. Néanmoins, pour une fois, on ne sent pas que le récit a été édulcoré ou romancé, tant on tend à croire la protagoniste principale. D'ailleurs, Elvis Presley n'apparaît pas spécialement non plus comme un monstre, juste une rock star de son époque (Cynthia Lennon a vécu une situation assez similaire avec John Lennon, mise à l'écart pour ne pas que les fans ne sachent que la vedette est en couple et s'en désintéressent). "Elvis" montre qu'il est lui-même victime du Colonel Parker (quasiment absent ici).

* La reconstitution. Tout comme la mise en scène, elle n'a rien à voir avec le film de Baz Luhrmann, bien plus sobre et tout aussi soignée, voire mieux.

J'aime pas :

* Le casting. Les acteurs ne sont pas mauvais, mais, au vu des photos, Caillee Spaeny fait légèrement moins mature que le personnage qu'elle incarne (et la différence d'âge choque vraiment pour le coup), et Jacob Elordi manque singulièrement de charisme. 

* La bande originale. Comme pour "Marie Antoinette", Sofia Coppola joue avec une partition parfois plus contemporaine, mais le problème principal est l'absence de la moindre chanson du "King". Choix volontaire ou non, c'est tout de même un manque majeur.

* Le film est plutôt long, mais passe trop rapidement sur les circonstances de l'attirance d'Elvis pour Priscilla. Comme tout est montré du point de vue de cette dernière, on ne comprend pas vraiment en quoi elle lui a plu. Coup de foudre ou plus? On aurait préféré que Sofia Coppola s'attarde un peu plus sur cet élément, pour couper dans les nombreuses scènes d'ennui et de frustration à Graceland. 

Dans la même veine que "Marie Antoinette", la cinéaste a voulu mettre en lumière une icône féminine qui valait bien plus que ce qu'on sait d'elle. Si cet aspect-là, et ce témoignage historique, est intéressant et bien rendu, on regrette ici une œuvre un peu trop sage, à l'image de son casting et de ses omissions.

mardi 26 mars 2024

Game night (2018)

Je n'avais jamais entendu parler de ce film signé du duo John Francis Daley-Jonathan Goldstein (déjà trois comédies à leur actif), mais il m'a permis de passer un bon moment lors d'un récent voyage en avion.

L'histoire est celle d'un groupe d'amis qui se réunit régulièrement pour des soirées jeux de société. Brooks (Kyle Chandler, bien), le frère de Max (Jason Bateman, bien aussi), l'un des participants, débarque un jour et invite à son tour la troupe chez lui pour une "murder party" qui va très mal tourner...

J'aime :

* Le scénario. Certes, on pense tout de suite à "The Game", mais il s'agit ici d'une comédie - et on rit beaucoup de voir les couples faire comme si la "Murder Party" était un vrai jeu alors que ce n'en est pas complètement un - et l'histoire n'est pas aussi prévisible qu'elle n'en a l'air.

* Le casting. Il a l'air de s'amuser autant que nous et quel régal de voir autant de têtes connues (de séries notamment) : Jason Bateman et Kyle Chandler donc, mais aussi Rachel McAdams, Jesse Plemons, Michael C. Hall, Chelsea Peretti... que du beau monde !

* L'humour. De nombreuses situations cocasses sont au programme, jouant donc pas mal sur les quiproquos.

J'aime pas :

* Pas grand-chose à redire, peut-être un dénouement un peu trop grandiloquent.

"Game night" fait partie de ces comédies diablement efficaces : une durée parfaite (1h40), un rythme effréné, une histoire originale, des comédiennes et comédiens enjoués. Bref, mission divertissement assurée.

lundi 12 février 2024

The zone of interest (2024)

Récompensé au festival de Cannes, "The zone of interest", du Britannique Jonathan Glazer, a immédiatement attisé ma curiosité par son idée originale d'évoquer l'horreur des camps de la mort de la Seconde Guerre Mondiale d'un autre point de vue. Mais le résultat final n'a pas été à la hauteur de mes espérances...

L'histoire est celle du nazi Rudolf Höss (Christian Friedel, bien), commandant d'Auschwitz, et de son quotidien familial avec sa femme Hedwig (Sandra Hüller, très bien) et ses jeunes enfants. Ils vivent une vie heureuse et paisible dans leur grand pavillon avec jardin et piscine situé juste à côté du camp, sans se soucier du sort des milliers de prisonniers éliminés chaque jour et chaque nuit à quelques mètres de chez eux...

J'aime :

* Le scénario. Adapté par Jonathan Glazer d'un roman du Britannique Martin Amis, il met le focus sur les bourreaux, et quasiment eux uniquement. Sans pour autant négliger les victimes dont on ressent, hors champ, la lourde présence à chaque instant. On doit reconnaître une baisse d'intérêt lorsque Rudolf Höss est appelé à d'autres fonctions en dehors d'Auschwitz.

* La mise en scène. Sobre, froide et clinique, elle correspond bien à l'état d'esprit nazi en ce qui concerne la Solution finale. Jonathan Glazer filme ainsi des scènes on ne peut plus banales de la vie quotidienne des Höss tandis que seul le bruit continu du camp à côté (cris, brouhaha, aboiements, cheminées, construction...) nous permet d'imaginer ce qu'il peut s'y dérouler. Glaçant.

* La reconstitution. Le tournage a eu lieu aux abords d'Auschwitz même, accentuant encore plus l'authenticité du film.

* Le casting. Le couple Höss est remarquablement interprété par Christian Friedel et Sandra Hüller. On salue par la même occasion que Jonathan Glazer ne soit pas tombé dans la facilité en faisant appel à un casting anglo-saxon.

J'aime pas :

* Les effets visuels. Je ne sais pas si cela lui vient de son passé de réalisateur de clips, mais Jonathan Glazer introduit à plusieurs moments des séquences visuellement différentes (long écran noir ponctué de musique en introduction, un autre écran rouge cette fois, et ces scènes nocturnes tournées comme avec une caméra infrarouge), tranchant radicalement avec le reste, sans que ces effets soient vraiment pertinents. 

* Une autre chose qui m'a bien dérangé, c'est que, si le film suit de près la biographie de Rudolf Höss, il est truffé d'éléments qui ne sont pas expliqués (par exemple, qui est cette autre femme qui vient le voir une unique fois et pourquoi ?) et qu'il est difficile de comprendre si on ne connaît pas du tout la vie du commandant d'Auschwitz. Au final, j'ai mieux saisi ces scènes après avoir vu le film en allant me renseigner.

Grand Prix au festival de Cannes, "The zone of interest" sort clairement de l'ordinaire dans son récit de la Shoah, avec une approche radicalement différente mais tout aussi terrifiante. Néanmoins, Jonathan Glazer aurait pu rendre son film un poil plus grand public (ce qui peut paraître nécessaire vu le sujet et l'actualité) en donnant notamment plus de clés aux spectatrices et spectateurs.

lundi 15 janvier 2024

Leave the world behind (2023)

Encore un film dans l'air du temps aux Etats-Unis. Produit par le couple Obama, réalisé par le créateur de la série à succès "Mr Robot" Sam Esmail et sorti sur Netflix, "Leave the world behind" a divisé les spectatrices et spectateurs, qui ont globalement adoré ou détesté. Moi je suis au milieu ! 

L'histoire est celle du couple Sandford, Amanda (Julia Roberts, bien) et Clay (Ethan Hawke, bien aussi), qui part en week-end avec ses deux enfants à Long Island, bien éloigné de la ville, histoire de déconnecter. Ils ont loué une belle maison avec piscine et veulent en profiter aussi pour aller à la plage. Mais des événements étranges commencent à intervenir, un navire s'échoue d'abord sur la côte avant que le réseau des télécommunications ne soit coupé...

J'aime :

* Le casting. Aux côtés des "vétérans" des 80's-90's Julia Roberts, Ethan Hawke et Kevin Bacon (qu'on voit peu), Mahershala Ali et de bons jeunes acteurs assurent la distribution principale. Du tout bon, particulièrement Ethan Hawke en papa cool dépassé par les événements. 

* Les décors. Ils sont minimalistes - mais fort beaux, accompagnant parfaitement la paranoïa ambiante, grâce aussi à une photographie léchée.

J'aime pas :

* Le scénario. Je ne sais pas s'il est fidèle au roman de Rumaan Alam dont il est tiré, mais Sam Esmail s'amuse autant avec les nerfs de ses personnages qu'avec ceux de son audience en ne laissant filtrer que peu d'explications sur les raisons de ce blackout des télécommunications et cette atmosphère d'apocalypse, jusqu'à un dénouement aussi cocasse qu'absurde (mais bien trouvé). Cela donne certes à réfléchir et chacun peut se faire ses propres théories, mais cela m'a laissé plutôt de marbre et frustré. 

* La mise en scène. C'est quasiment un huis-clos (ce dont je ne suis vraiment pas fan), donc elle est presque théâtrale, alignant les bavardages, ce qui rend l'ensemble un peu long et ennuyeux (vu que le développement de l'intrigue est minime). 

Ainsi, on peut remercier "Leave the world behind" de compter sur un casting aussi resserré que solide et un bien joli environnement pour sauver une histoire qui, si elle fonctionne bien pour nous mettre dans le même état que ses protagonistes, n'est franchement pas des plus palpitantes.

jeudi 11 janvier 2024

Between two ferns: the movie (2019)

J'ai découvert la série de fausses interviews "Between two ferns" par hasard (et avec beaucoup de retard) sur les réseaux sociaux. Menées par Zach Galifianakis, elles sont aussi irrévérencieuses (bien que scénarisées) qu'hilarantes. Un an après son dernier épisode (21 entre 2008 et 2018), une fiction censée montrer les coulisses du show est réalisée pour Netflix. Pas franchement nécessaire. 

L'histoire est celle de Zach Galifianakis (égal à lui-même), intervieweur minable de stars d'une chaîne locale publique. Repéré par Will Ferrell et la société de production comique du Web "Funny or die", il est mandaté pour poursuivre ses interviews à grande échelle. Avec sa petite équipe pas bien plus maligne que lui, il va alors voyager à travers les Etats-Unis afin de mener les entretiens de divers personnalités anglo-saxonnes...

J'aime :

* Le casting. Zach Galifianakis est parfait dans ce rôle d'intervieweur aussi idiot qu'arrogant, qui mène la vie dure à son équipe (jouée par des comédiennes et comédiens habitués des sitcoms). Evidemment, ce sont les invitées et invités du show qui font l'intérêt du film avec, entre autres, Matthew McConaughey, Keanu Reeves, Jon Hamm, Benedict Cumberbatch, Paul Rudd, David Letterman... Il semblerait que la plupart de leurs apparitions soient issues des vidéos déjà diffusées, mais pour certains, des éléments supplémentaires de "coulisses" ont été tournés, comme avec John Legend, Chrissy Teigen ou encore Peter Dinklage. 

* L'humour. Ce sont avant tout les séquences d'interviews qui sont essentielles au film et elles sont géniales de drôlerie.

* Le scénario. L'histoire écrite autour de ces interviews est plutôt cohérente et bien foutue, même si ce n'est pas aussi drôle.

J'aime pas :

* En plus des coulisses des interviews, le tournage d'un faux documentaire sur l'ascension de Zach Galifianakis (dans le rôle qu'il joue évidemment), à la "The Office", a été ajouté et il n'est pas vraiment bien intégré. Puis c'est vraiment du déjà vu. Autrement, le film, bien que court (1h23), manque de rythme. Et on regrettera enfin que certaines interviews parmi les plus drôles de la série (celle avec Bradley Cooper ou encore celle avec Barack Obama) manquent à l'appel.

Réalisé par l'un des cocréateurs de la série, Scott Aukerman, "Between two ferns: the movie" est ce genre de film qui veut poursuivre artificiellement une œuvre originale qui se suffisait à elle-même. Ce n'est pas mauvais, mais, au final, tout ce qui a été imaginé autour des interviews n'apporte rien de spécial. Inutile donc.

lundi 8 janvier 2024

Napoléon (2023)

Malgré les critiques globalement négatives, j'étais très curieux de voir ce que Ridley Scott ferait de ce personnage ô combien important de l'histoire de France. Les bandes-annonces me donnaient bien envie, mais je dois dire que je fais finalement aussi partie des déçus.

L'histoire est donc celle de l'ascension de Napoléon Bonaparte (Joaquin Phoenix, un peu trop figé), de ses débuts de jeune officier héroïque durant la Révolution grâce à la reprise de Toulon aux Anglais jusqu'à son exil définitif, une vingtaine d'années plus tard, en tant qu'empereur déchu pour Sainte-Hélène. Une carrière marquée par les innombrables batailles pour conquérir l'Europe et sa relation tumultueuse avec l'impératrice Joséphine (Vanessa Kirby, pas mal).

J'aime :

* La reconstitution. Les costumes et les décors intérieurs ont ma faveur, magnifiquement restitués. Pour le reste, rien n'a été tourné en France (ou sur place en fonction du lieu) donc on ressent le manque d'authenticité. Mais de manière générale, c'est soigné. 

* L'action. Les différentes scènes de bataille (Toulon, Austerlitz, Waterloo...) sont épiques et vraiment impressionnantes (même si pas toutes complètement véridiques). Le must du film. 

* Le casting. Si Joaquin Phoenix a un petit air de ressemblance avec l'empereur, on ne le sent jamais vraiment dans son rôle, qui paraît trop grand pour ses épaules pourtant bien larges déjà. La faute sans doute aussi à la mise en scène (on en reparlera), qui fait qu'on ne l'entend pas beaucoup. A ses côtés, Vanessa Kirby se démène déjà plus en épouse de caractère, presque dominatrice selon le point de vue de Ridley Scott, même si elle finira délaissée par Napoléon. Le reste du casting est plutôt bon, mention spéciale à Rupert Everett en Wellington.

J'aime pas :

* Le scénario. Je peux pardonner au cinéaste les nombreuses ellipses (et absence de présentation claire des différents personnages, notamment au moment de la Révolution) car il était impossible de fournir un biopic exhaustif de Napoléon, même en trois heures. On survole vraiment son épopée, mais comme l'ont dit certains historiens moins rigides, cela permet une bonne introduction au personnage. Néanmoins, même si on peut saluer que Ridley Scott ait choisi de mettre Joséphine de Beauharnais particulièrement en lumière, les scènes "de couple" occupent beaucoup trop l'espace et sont rarement passionnantes (voire pertinentes), servant juste à montrer Napoléon en mari possessif et minable amant. 

* La mise en scène. On en revient aux séquences avec Napoléon et Joséphine, peu inspirées, notamment les premières, quasi mutiques. 

Si j'attends de redonner une nouvelle chance au film avec sa version longue qui sortira en streaming, j'imagine que cette dernière proposera surtout des scènes d'intrigue "intérieures". Or, c'est bien par là que ce "Napoléon" pêche, Ridley Scott, en bon Britannique (donc cela se comprend), s'efforçant de dépeindre l'empereur, pas très bien incarné par Joaquin Phoenix, en un être humain médiocre et finalement peu sûr de lui. Heureusement que le cinéaste offre de magnifiques batailles pour offrir un minimum de divertissement, sinon c'est l'ennui assuré.