Après l'excellent épisode VII de cette nouvelle trilogie "Star Wars", j'étais très impatient de découvrir la suite et notamment le véritable retour de Luke Skywalker. Réalisé cette fois par Rian Johnson, auteur du très bon "Looper", cet opus est à la fois surprenant et réjouissant.
L'histoire débute dans la foulée de l'épisode précédent. Alors que Rey (Daisy Ridley, toujours très bien) vient de retrouver Luke Skywalker (Mark Hamill, bien) et doit le convaincre de rejoindre la Résistance, cette dernière est prise en étau par le Premier Ordre, qui bombarde sa base. Une course contre la montre se joue alors : la Résistance, menée par la désormais générale Leia (Carrie Fisher, bien aussi), doit organiser son évacuation en échappant à la surveillance du Premier Ordre tandis que Rey, perturbée par l'esprit de Kylo Ren (Adam Driver, mieux que dans le précédent épisode), fait tout pour mettre la pression sur un Luke Skywalker réticent à reprendre ses habits de Jedi...
J'aime :
* L'univers. Il est toujours bon de pouvoir se replonger dans la galaxie Star Wars avec tous ses personnages, bons comme méchants, connus ou nouveaux, et tout son bestiaire : des humains, des robots, des mutants, des petites bêtes touchantes... Ici, le principal plaisir est le retour de Luke Skywalker, avec plus de Leia aussi, mais moins de Chewbacca, de C-3PO et R2-D2.
* Le casting. C'est donc plaisant de revoir les "anciens", même s'il s'agit de leur dernière apparition (pour les humains), et les "jeunes" apportent toujours autant d'énergie et de fraîcheur. Notamment, dans cet épisode, Daisy Ridley, ainsi qu'Oscar Isaac (qui joue le rôle du pilote Poe Dameron) et John Boyega (Finn), sans oublier la petite nouvelle Rose (jouée par Kelly Marie Tran). Adama Driver apporte lui aussi plus de profondeur à son personnage ici. Puis il y a des guests de choix dont Laura Dern et le facétieux Benicio del Toro, qu'on espère revoir par la suite.
* Le scénario. Il est sans doute moins virevoltant que le précédent, Rian Johnson propose un quasi-huis-clos tendu dans l'espace et sur la planète où Luke Skywalker s'est réfugié. Nous sommes ainsi plus dans la psychologie, avec des destins surprenants pour le dernier cité, qui a totalement perdu la flamme (on va comprendre pourquoi évidemment), et le duo qui se forme entre Rey et Kylo Ren.
* La mise en scène. Malgré un drame pesant constamment sur le film, Rian Johnson sait alléger l'atmosphère à l'aide de répliques bien senties ou de multiples saynètes comiques bienvenues, impliquant surtout les robots et les différentes créatures présentes dans les différentes planètes visitées. Les scènes de bataille sont quant à elles très réussies une fois de plus.
J'aime pas :
* La sortie au casino était bienvenue pour changer un peu de décor, mais je n'ai pas trouvé l'épisode dans l'épisode très réussi. On pourra aussi reprocher quelques séquences un peu mièvres, certaines à l'humour un peu lourdingue et d'autres à la limite du ridicule (le vol de Leia dans l'espace...).
S'il a beaucoup de détracteurs, cet épisode VIII m'a beaucoup plu, m'offrant autant d'émotion que de divertissement, dans la lignée du précédent et me laisse très optimiste pour la suite, même si les vieilles gloires n'en feront plus partie. La relève est assurée avec brio.
lundi 25 décembre 2017
vendredi 22 décembre 2017
Limitless (2011)
Après avoir vu la série (sympa, mais sans grand intérêt), il me restait à voir le film, sorti avant et signé Neil Burger.
L'histoire suit la trajectoire d'Eddie Morra (Bradley Cooper, pas mal), écrivain new-yorkais raté, au bout du rouleau lorsqu'il tombe par hasard sur son ex-beau-frère Vernon. Ce dernier, un ancien dealer, lui raconte avoir tourné la page et désormais travailler pour un laboratoire pharmaceutique. Il lui propose d'essayer sa dernière merveille : le NZT. Ce petit comprimé transparent permettrait de développer à 100% les capacités de son cerveau durant près d'une journée. Peu convaincu, Eddie tente malgré tout le coup et les effets sont immédiats : il termine sans difficulté un premier essai de son livre en quelques heures et se voit félicité par son éditrice. Emerveillé, il recontacte Vernon pour reprendre une dose, mais ce dernier est assassiné...
J'aime :
* L'idée originale. Une pilule qui permet d'utiliser les capacités complètes de son cerveau, c'est plutôt original, même si, à l'écran et dans la manière dont c'est montré (encore plus dans la série d'ailleurs), c'est assez similaire à la série "Sherlock" (le Holmes version Benedict Cumberbatch doit prendre du NZT en fait !).
* Le casting. C'est le premier film post-"The Hangover" dans lequel Bradley Cooper a le rôle principal. Omniprésent, il s'en sort plutôt bien même si son accoutrement d'écrivain maudit aux cheveux gras est un peu ridicule (le NZT lui redonne son vrai look !). A ses côtés, Robert de Niro est plutôt sobre donc bien, ça change, et les actrices Abbie Cornish et Anna Friel sont malheureusement peu mises en valeur.
* Les effets visuels. Une bonne idée du film est de donner un grain différent à l'image lorsqu'Eddie Morra est sans ou sous NZT. Ainsi, elle est sombre et verdâtre sans, brillante et rougeâtre avec. Même si, du coup, cela rend le film visuellement un peu artificiel et jamais naturel ou presque.
J'aime pas :
* Le scénario. Ce qui était intéressant avec la série, c'est que Brian Finch, le héros, utilisait le NZT pour aider le FBI, à la manière d'un Sherlock, pour différents types d'affaires. Ici, pas du tout, Eddie Morra veut devenir riche donc il s'en sert pour devenir un as des finances et le super conseiller de Robert de Niro. C'est moins trépidant, d'autant plus que les accrocs parallèles, en dehors des effets secondaires (deux méchants différents), sont au final assez superficiels et vite réglés. Mais on apprécie le lien existant entre les deux formats (la série est une suite du film avec Eddie Morra dedans aussi).
L'idée de départ de "Limitless" était bonne, mais le scénario est assez moyen. La réalisation et le casting manquent d'ampleur, on s'attendait à plus d'ambition. Au final, loin d'être fantastique et plus "comique", la série est sans doute meilleure que le film.
L'histoire suit la trajectoire d'Eddie Morra (Bradley Cooper, pas mal), écrivain new-yorkais raté, au bout du rouleau lorsqu'il tombe par hasard sur son ex-beau-frère Vernon. Ce dernier, un ancien dealer, lui raconte avoir tourné la page et désormais travailler pour un laboratoire pharmaceutique. Il lui propose d'essayer sa dernière merveille : le NZT. Ce petit comprimé transparent permettrait de développer à 100% les capacités de son cerveau durant près d'une journée. Peu convaincu, Eddie tente malgré tout le coup et les effets sont immédiats : il termine sans difficulté un premier essai de son livre en quelques heures et se voit félicité par son éditrice. Emerveillé, il recontacte Vernon pour reprendre une dose, mais ce dernier est assassiné...
J'aime :
* L'idée originale. Une pilule qui permet d'utiliser les capacités complètes de son cerveau, c'est plutôt original, même si, à l'écran et dans la manière dont c'est montré (encore plus dans la série d'ailleurs), c'est assez similaire à la série "Sherlock" (le Holmes version Benedict Cumberbatch doit prendre du NZT en fait !).
* Le casting. C'est le premier film post-"The Hangover" dans lequel Bradley Cooper a le rôle principal. Omniprésent, il s'en sort plutôt bien même si son accoutrement d'écrivain maudit aux cheveux gras est un peu ridicule (le NZT lui redonne son vrai look !). A ses côtés, Robert de Niro est plutôt sobre donc bien, ça change, et les actrices Abbie Cornish et Anna Friel sont malheureusement peu mises en valeur.
* Les effets visuels. Une bonne idée du film est de donner un grain différent à l'image lorsqu'Eddie Morra est sans ou sous NZT. Ainsi, elle est sombre et verdâtre sans, brillante et rougeâtre avec. Même si, du coup, cela rend le film visuellement un peu artificiel et jamais naturel ou presque.
J'aime pas :
* Le scénario. Ce qui était intéressant avec la série, c'est que Brian Finch, le héros, utilisait le NZT pour aider le FBI, à la manière d'un Sherlock, pour différents types d'affaires. Ici, pas du tout, Eddie Morra veut devenir riche donc il s'en sert pour devenir un as des finances et le super conseiller de Robert de Niro. C'est moins trépidant, d'autant plus que les accrocs parallèles, en dehors des effets secondaires (deux méchants différents), sont au final assez superficiels et vite réglés. Mais on apprécie le lien existant entre les deux formats (la série est une suite du film avec Eddie Morra dedans aussi).
L'idée de départ de "Limitless" était bonne, mais le scénario est assez moyen. La réalisation et le casting manquent d'ampleur, on s'attendait à plus d'ambition. Au final, loin d'être fantastique et plus "comique", la série est sans doute meilleure que le film.
samedi 18 novembre 2017
Blade Runner 2049 (2017)
Une fois ma séance de rattrapage effectuée avec "Blade Runner" de Ridley Scott, j'ai enfin pu assister à la suite, signée Denis Villeneuve. J'étais confiant et suis plutôt satisfait du résultat.
L'histoire se situe 30 ans après celle du premier film (d'où le 2049). K (Ryan Gosling, bien) est un Blade Runner, lui aussi replicant. Alors qu'il élimine un autre replicant rebelle caché dans une ferme, il y découvre une boîte enterrée dans laquelle se trouve le corps d'un replicant féminin. Celle-ci a succombé à une césarienne, ce qui signifie qu'elle aurait donné la vie, un phénomène impensable jusque-là, puisqu'il s'agit d'androïdes. Joshi (Robin Wright, bien aussi), chef de K, lui demande alors d'enquêter pour retrouver l'enfant qu'elle aurait mis au monde. Mais Niander Wallace (Jared Leto, correct), qui a repris la Tyrell Corporation, veut lui aussi mettre la main dessus...
J'aime :
* Le scénario. C'est une des grandes forces du film, qui en fait une suite particulièrement réussie. L'enquête de K est, dès l'entame, passionnante et remplie de chausse-trappes. Tout est bien ficelé, sans trop d'action, comme le premier, jusqu'au dénouement.
* Le casting. Dans un rôle d'exécutant mutique et talentueux, un peu comme dans "Drive", Ryan Gosling s'en sort très bien et on a affaire à des actrices et acteurs solides (je suis toujours pas fan de Jared Leto, mais bon). Le retour d'Harrison Ford est la cerise sur le gâteau, même s'il débarque bien tard et que son apparition ne correspond pas forcément au meilleur moment du film.
* Les décors. Denis Villeneuve a troqué l'atmosphère pluvieuse et poisseuse du premier opus pour des décors beiges et secs la plupart du temps, notamment dans les séquences de début et de fin (Las Vegas sous la tempête de sable). Cela me plaît moins, mais reste bien fait, tout comme les effets spéciaux.
* La bande originale. Cosignée par Hans Zimmer, elle s'inspire de celle de Vangelis dans le ton, comme s'insérant dans les décors de manière sinueuse et sombre.
J'aime pas :
* Les longueurs. On est certes prévenu, mais il y a quand même un sacré paquet de séquences pas vraiment utiles, comme la romance entre K et sa compagne virtuelle qui apporte peu sinon quelques scènes de vie du futur. Mais est-ce l'objet du film ?
Jamais facile d'offrir une suite à un film culte. Denis Villeneuve s'en sort avec les honneurs, maîtrisant très bien les codes de la science-fiction avec une vraie personnalité et beaucoup de respect de l'oeuvre originale. Bravo.
L'histoire se situe 30 ans après celle du premier film (d'où le 2049). K (Ryan Gosling, bien) est un Blade Runner, lui aussi replicant. Alors qu'il élimine un autre replicant rebelle caché dans une ferme, il y découvre une boîte enterrée dans laquelle se trouve le corps d'un replicant féminin. Celle-ci a succombé à une césarienne, ce qui signifie qu'elle aurait donné la vie, un phénomène impensable jusque-là, puisqu'il s'agit d'androïdes. Joshi (Robin Wright, bien aussi), chef de K, lui demande alors d'enquêter pour retrouver l'enfant qu'elle aurait mis au monde. Mais Niander Wallace (Jared Leto, correct), qui a repris la Tyrell Corporation, veut lui aussi mettre la main dessus...
J'aime :
* Le scénario. C'est une des grandes forces du film, qui en fait une suite particulièrement réussie. L'enquête de K est, dès l'entame, passionnante et remplie de chausse-trappes. Tout est bien ficelé, sans trop d'action, comme le premier, jusqu'au dénouement.
* Le casting. Dans un rôle d'exécutant mutique et talentueux, un peu comme dans "Drive", Ryan Gosling s'en sort très bien et on a affaire à des actrices et acteurs solides (je suis toujours pas fan de Jared Leto, mais bon). Le retour d'Harrison Ford est la cerise sur le gâteau, même s'il débarque bien tard et que son apparition ne correspond pas forcément au meilleur moment du film.
* Les décors. Denis Villeneuve a troqué l'atmosphère pluvieuse et poisseuse du premier opus pour des décors beiges et secs la plupart du temps, notamment dans les séquences de début et de fin (Las Vegas sous la tempête de sable). Cela me plaît moins, mais reste bien fait, tout comme les effets spéciaux.
* La bande originale. Cosignée par Hans Zimmer, elle s'inspire de celle de Vangelis dans le ton, comme s'insérant dans les décors de manière sinueuse et sombre.
J'aime pas :
* Les longueurs. On est certes prévenu, mais il y a quand même un sacré paquet de séquences pas vraiment utiles, comme la romance entre K et sa compagne virtuelle qui apporte peu sinon quelques scènes de vie du futur. Mais est-ce l'objet du film ?
Jamais facile d'offrir une suite à un film culte. Denis Villeneuve s'en sort avec les honneurs, maîtrisant très bien les codes de la science-fiction avec une vraie personnalité et beaucoup de respect de l'oeuvre originale. Bravo.
jeudi 9 novembre 2017
Blade Runner (1982)
Avant d'assister à la suite de "Blade Runner", je me suis offert une séance de rattrapage avec le premier et mythique opus signé Ridley Scott. J'en avais un meilleur souvenir.
Adaptée librement d'un roman de Philip K. Dick, l'histoire raconte la traque, dans le Los Angeles de 2019, de l'ancien "Blade Runner" Rick Deckard (Harrison Ford, très bien mais un peu étrange) afin d'éliminer six "replicants" (des androïdes à apparence humaine) rebelles revenus sur Terre alors qu'ils y ont été bannis. Le but de ces dangereux replicants, menés par Roy Batty (Rutger Hauer, bien) : obtenir de leur créateur, la Tyrell Corporation, un allongement de leur durée de vie, limitée à quatre ans.
J'aime :
* L'atmosphère. Ce Los Angeles futuriste est sale, poisseux, pluvieux, sombre, à peine éclairé par des néons et des écrans de publicité gigantesques. Et c'est ainsi tout au long du film, ce qui en fait l'une de ses puissantes caractéristiques.
* Les décors et costumes. Combinés avec l'atmosphère, ils sont extrêmement soignés et étudiés. Malgré l'âge, ils restent magnifiques.
* Le casting. Evidemment, on pense à Harrison Ford, mais je ne sais pas si c'est lui ou son personnage, mais je trouve qu'il n'est pas complètement dedans. Un rôle plus atypique qu'on ne le croit pour lui, mais difficile à saisir. Ainsi, je trouve les seconds rôles peut-être plus marquants, comme Sean Young, Daryl Hannah ou encore William Sanderson.
* Le scénario. Je n'ai pas lu le livre original de Philip K. Dick, mais il aurait pris pas mal de libertés. Toujours est-il que l'histoire est prenante même si plus intéressante dans ses à-côtés (replicant or not replicant ?) que dans son fil rouge proprement dit.
* La bande originale. Aussi culte que le film, la musique de Vangelis, spatiale et mystérieuse, se marie parfaitement avec l'ambiance.
J'aime pas :
* Je ne sais pas si j'ai vu le montage voulu par Ridley Scott ou non, mais on note tout de même des longueurs, le scénario prenant son temps alors que la résolution de la traque est finalement assez simple, ce qui est un peu dommage.
Ces derniers points "négatifs" ont légèrement estompé l'excellent souvenir que j'avais de "Blade Runner", mais le film reste incontestablement un chef-d'oeuvre de science-fiction au cinéma, notamment pour tout ce qu'il offre visuellement. Du grand art.
Adaptée librement d'un roman de Philip K. Dick, l'histoire raconte la traque, dans le Los Angeles de 2019, de l'ancien "Blade Runner" Rick Deckard (Harrison Ford, très bien mais un peu étrange) afin d'éliminer six "replicants" (des androïdes à apparence humaine) rebelles revenus sur Terre alors qu'ils y ont été bannis. Le but de ces dangereux replicants, menés par Roy Batty (Rutger Hauer, bien) : obtenir de leur créateur, la Tyrell Corporation, un allongement de leur durée de vie, limitée à quatre ans.
J'aime :
* L'atmosphère. Ce Los Angeles futuriste est sale, poisseux, pluvieux, sombre, à peine éclairé par des néons et des écrans de publicité gigantesques. Et c'est ainsi tout au long du film, ce qui en fait l'une de ses puissantes caractéristiques.
* Les décors et costumes. Combinés avec l'atmosphère, ils sont extrêmement soignés et étudiés. Malgré l'âge, ils restent magnifiques.
* Le casting. Evidemment, on pense à Harrison Ford, mais je ne sais pas si c'est lui ou son personnage, mais je trouve qu'il n'est pas complètement dedans. Un rôle plus atypique qu'on ne le croit pour lui, mais difficile à saisir. Ainsi, je trouve les seconds rôles peut-être plus marquants, comme Sean Young, Daryl Hannah ou encore William Sanderson.
* Le scénario. Je n'ai pas lu le livre original de Philip K. Dick, mais il aurait pris pas mal de libertés. Toujours est-il que l'histoire est prenante même si plus intéressante dans ses à-côtés (replicant or not replicant ?) que dans son fil rouge proprement dit.
* La bande originale. Aussi culte que le film, la musique de Vangelis, spatiale et mystérieuse, se marie parfaitement avec l'ambiance.
J'aime pas :
* Je ne sais pas si j'ai vu le montage voulu par Ridley Scott ou non, mais on note tout de même des longueurs, le scénario prenant son temps alors que la résolution de la traque est finalement assez simple, ce qui est un peu dommage.
Ces derniers points "négatifs" ont légèrement estompé l'excellent souvenir que j'avais de "Blade Runner", mais le film reste incontestablement un chef-d'oeuvre de science-fiction au cinéma, notamment pour tout ce qu'il offre visuellement. Du grand art.
lundi 23 octobre 2017
La Classe américaine : le grand détournement (1993)
"Flim" culte et d'autant plus qu'il n'est visible que sur Internet ou chez quelques malins qui avaient pris la peine d'enregistrer son unique diffusion sur Canal + sur une VHS, "La Classe américaine" et ses répliques entendues partout sont enfin arrivées à portée de mes yeux. Et je n'en suis pas déçu.
A partir des archives de vieux films du catalogue de Warner Bros mélangées, remontées et redoublées, Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette ont réalisé un film structuré à la façon de "Citizen Kane" d'Orson Welles (même si ce dernier montre son mécontentement au cours de l'oeuvre), à travers des flash-back. L'histoire montre ainsi l'enquête de trois journalistes, Dave (Paul Newman), Peter (Dustin Hoffman) et Steven (Robert Redford), sur la mort de George Abitbol (John Wayne), l'homme le plus classe du monde. Ou plutôt sur ses dernières paroles : "Monde de merde"...
J'aime :
* Le concept. Le doublage détourné d'achives a sans doute déjà existé avant et on l'a ensuite vu repris ensuite, en France notamment avec l'hilarant "Message à caractère informatif" et les films d'entreprise. Mais il fonctionne à tous les coups quand c'est bien fait, comme ici.
* Les dialogues. Evidemment, c'est ce qui prime dans "La Classe américaine". Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette en ont concocté de nouveaux complètement absurdes et d'autant plus drôles car récités par d'énormes stars du cinéma américain.
* Le montage. Il y a les dialogues, mais aussi un boulot d'autant plus gigantesque de montage de tous ces films qui sont parfois bien différents. Cela donne lieu à des nombreuses scènes hilarantes, mention spéciale à celles de conduite de Paul Newman.
* Le doublage. Le fait d'avoir utilisé vraisemblablement les véritables doubleurs des acteurs du film ajoute à la drôlerie et à la rigueur des concepteurs qui ne se sont pas non plus laissés aller à les doubler avec des voix complètement différentes.
* Le casting. Alors les acteurs n'ont sans doute pas demandé à se retrouver là-dedans, mais leur renommée donne d'autant plus d'intérêt, ainsi que les films choisis, pour la plupart très connus.
* Le scénario. En voulant rendre hommage à "Citizen Kane", le duo de réalisateurs n'a pas forcément été au plus simple - même si cela leur a permis d'utiliser plus facilement les flash-back. Mais l'histoire a au moins le mérite d'être riche et remplie de rebondissements...
J'aime pas :
* Malgré sa courte durée (1h15), le film, principalement basé sur des dialogues, connaît malheureusement des longueurs, notamment dans sa deuxième partie.
"La Classe américaine" est donc culte pour plusieurs raisons : il est drôle et original bien évidemment, mais aussi unique et "rare", ce qui ajoute à son côté "ovni". Sachant que ce type d'oeuvre est quasiment infaisable de nouveau (sauf éventuellement sur Internet), il ne me reste plus qu'à le savourer encore et encore de temps à autre...
A partir des archives de vieux films du catalogue de Warner Bros mélangées, remontées et redoublées, Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette ont réalisé un film structuré à la façon de "Citizen Kane" d'Orson Welles (même si ce dernier montre son mécontentement au cours de l'oeuvre), à travers des flash-back. L'histoire montre ainsi l'enquête de trois journalistes, Dave (Paul Newman), Peter (Dustin Hoffman) et Steven (Robert Redford), sur la mort de George Abitbol (John Wayne), l'homme le plus classe du monde. Ou plutôt sur ses dernières paroles : "Monde de merde"...
J'aime :
* Le concept. Le doublage détourné d'achives a sans doute déjà existé avant et on l'a ensuite vu repris ensuite, en France notamment avec l'hilarant "Message à caractère informatif" et les films d'entreprise. Mais il fonctionne à tous les coups quand c'est bien fait, comme ici.
* Les dialogues. Evidemment, c'est ce qui prime dans "La Classe américaine". Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette en ont concocté de nouveaux complètement absurdes et d'autant plus drôles car récités par d'énormes stars du cinéma américain.
* Le montage. Il y a les dialogues, mais aussi un boulot d'autant plus gigantesque de montage de tous ces films qui sont parfois bien différents. Cela donne lieu à des nombreuses scènes hilarantes, mention spéciale à celles de conduite de Paul Newman.
* Le doublage. Le fait d'avoir utilisé vraisemblablement les véritables doubleurs des acteurs du film ajoute à la drôlerie et à la rigueur des concepteurs qui ne se sont pas non plus laissés aller à les doubler avec des voix complètement différentes.
* Le casting. Alors les acteurs n'ont sans doute pas demandé à se retrouver là-dedans, mais leur renommée donne d'autant plus d'intérêt, ainsi que les films choisis, pour la plupart très connus.
* Le scénario. En voulant rendre hommage à "Citizen Kane", le duo de réalisateurs n'a pas forcément été au plus simple - même si cela leur a permis d'utiliser plus facilement les flash-back. Mais l'histoire a au moins le mérite d'être riche et remplie de rebondissements...
J'aime pas :
* Malgré sa courte durée (1h15), le film, principalement basé sur des dialogues, connaît malheureusement des longueurs, notamment dans sa deuxième partie.
"La Classe américaine" est donc culte pour plusieurs raisons : il est drôle et original bien évidemment, mais aussi unique et "rare", ce qui ajoute à son côté "ovni". Sachant que ce type d'oeuvre est quasiment infaisable de nouveau (sauf éventuellement sur Internet), il ne me reste plus qu'à le savourer encore et encore de temps à autre...
samedi 23 septembre 2017
Policia Federal - A lei é para todos (2017)
Il était osé de sortir un film basé sur l'opération Lava Jato, qui secoue la politique brésilienne depuis deux ans, alors qu'elle est loin d'être close, mais Marcelo Antunez l'a fait. Pour un résultat mitigé.
L'histoire, qui s'arrête en mars 2016 avec le premier interrogatoire de l'ex-président Lula (Ary Fontoura, bien) - mais il y aura une suite, entend montrer comment la plus grande opération sans aucun doute de l'histoire de la police fédérale brésilienne a débuté. Nous suivons donc une équipe de l'agence, constituée et dirigée par Ivan (Antonio Calloni, très bien), qui, à partir du démantèlement d'un petit réseau de trafic de drogue et de blanchiment d'argent dans le sud du Brésil va voir son enquête peu à peu déboucher dans les plus hautes sphères du pouvoir, atteignant l'entreprise pétrolière d'Etat Petrobras et des hommes politiques et entrepreneurs haut placés...
J'aime :
* Le scénario. Et surtout les deux premiers tiers du film environ, lorsque l'on suit de l'intérieur comment est née l'opération Lava Jato et surtout comment elle a abouti au retentissement qu'elle connaît encore actuellement. Cela rafraîchit la mémoire et est intéressant, la Police fédérale ayant contribué au film.
* Le casting. Je connais seulement de visage quelques-uns des acteurs, mais disons que l'ensemble joue juste, on évite la novela de manière générale.
J'aime pas :
* Le parti pris. En se concentrant quasiment que sur les policiers fédéraux, le film en devient unilatéral et bien trop manichéen. Tous les policiers sont des héros et tous les hommes politiques et grands patrons sont des pourris, et ce depuis 1500. Par ailleurs, parmi les partis mouillés, seul le PT en prend pour son grade, les autres sont à peine cités. Ce point de vue sans nuance dérange.
* La fin. Le film se concentre sur le premier interrogatoire de Lula, une séquence à charge et bien trop longue.
* La date de sortie. C'est finalement le premier problème. L'opération Lava Jato est encore en cours et est loin d'avoir terminé son travail. Quel intérêt, en dehors de l'opportunisme financier et d'un contexte politique et social bouillant, de réaliser un film sur le sujet quasiment sans aucun recul ?
Quand tout cela sera terminé et analysé - on en est loin, une série (mieux, un documentaire) sur l'opération Lava Jato, plutôt qu'un ou plusieurs films, sera bienvenue car c'est un scénario rêvé, à la "House of Cards". Sans être complètement raté, mais trop simpliste et démagogique, "Policia Federal - A lei é para todos" s'est précipité et, en dehors d'un succès de billetterie, ne risque pas de glaner autre chose.
L'histoire, qui s'arrête en mars 2016 avec le premier interrogatoire de l'ex-président Lula (Ary Fontoura, bien) - mais il y aura une suite, entend montrer comment la plus grande opération sans aucun doute de l'histoire de la police fédérale brésilienne a débuté. Nous suivons donc une équipe de l'agence, constituée et dirigée par Ivan (Antonio Calloni, très bien), qui, à partir du démantèlement d'un petit réseau de trafic de drogue et de blanchiment d'argent dans le sud du Brésil va voir son enquête peu à peu déboucher dans les plus hautes sphères du pouvoir, atteignant l'entreprise pétrolière d'Etat Petrobras et des hommes politiques et entrepreneurs haut placés...
J'aime :
* Le scénario. Et surtout les deux premiers tiers du film environ, lorsque l'on suit de l'intérieur comment est née l'opération Lava Jato et surtout comment elle a abouti au retentissement qu'elle connaît encore actuellement. Cela rafraîchit la mémoire et est intéressant, la Police fédérale ayant contribué au film.
* Le casting. Je connais seulement de visage quelques-uns des acteurs, mais disons que l'ensemble joue juste, on évite la novela de manière générale.
J'aime pas :
* Le parti pris. En se concentrant quasiment que sur les policiers fédéraux, le film en devient unilatéral et bien trop manichéen. Tous les policiers sont des héros et tous les hommes politiques et grands patrons sont des pourris, et ce depuis 1500. Par ailleurs, parmi les partis mouillés, seul le PT en prend pour son grade, les autres sont à peine cités. Ce point de vue sans nuance dérange.
* La fin. Le film se concentre sur le premier interrogatoire de Lula, une séquence à charge et bien trop longue.
* La date de sortie. C'est finalement le premier problème. L'opération Lava Jato est encore en cours et est loin d'avoir terminé son travail. Quel intérêt, en dehors de l'opportunisme financier et d'un contexte politique et social bouillant, de réaliser un film sur le sujet quasiment sans aucun recul ?
Quand tout cela sera terminé et analysé - on en est loin, une série (mieux, un documentaire) sur l'opération Lava Jato, plutôt qu'un ou plusieurs films, sera bienvenue car c'est un scénario rêvé, à la "House of Cards". Sans être complètement raté, mais trop simpliste et démagogique, "Policia Federal - A lei é para todos" s'est précipité et, en dehors d'un succès de billetterie, ne risque pas de glaner autre chose.
mercredi 6 septembre 2017
The Hitman's bodyguard (2017)
Comédie d'action typique de l'été avec un réalisateur inconnu - l'Australien Patrick Hugues - et un casting de choc. Souvent ça casse, parfois ça passe, comme ici.
L'histoire débute en Angleterre où Michael Bryce (Ryan Reynolds, bien), garde du corps renommé, voit sa carrière plonger après la mort d'un client important. Mais c'est à lui que va penser Amélia Roussel (Elodie Yung, pas mal), son ex et agent française d'Interpol, pour escorter le dangereux tueur à gage Darius Kincaid (Samuel L. Jackson, très bien) jusqu'aux Pays-Bas pour qu'il témoigne devant la Cour pénale internationale des crimes du dictateur biélorusse Vladislav Dukhovich (Gary Oldman, cabotin). Un voyage très mouvementé puisque le duo est poursuivi par les sbires du tyran...
J'aime :
* Le casting. On va dire qu'il y a du bon et du moins bon, mais heureusement, c'est le bon qui est le plus présent avec le duo Ryan Reynolds-Samuel L. Jackson en mode chien et chat qui fonctionne parfaitement. En revanche, Gary Oldman et surtout Salma Hayek, qui joue la femme de Samuel L. Jackson, sont affreusement caricaturaux.
* L'action. Patrick Hugues a quelques cordes à son arc de ce côté-là et fait preuve de beaucoup de professionnalisme, c'est particulièrement musclé. La mise en scène est également inventive sur certaines séquences, apportant notamment de la comédie dans les bagarres, ce qui donne un peu de légèreté au tout.
* L'humour. C'est un buddy movie donc on se doit avant tout de rigoler. Et cela marche plutôt bien, principalement grâce aux personnages, avec cette canaille de Samuel L. Jackson en roue libre, mais jamais cabotin, et Ryan Reynolds à ses côtés avec sa tête de chien battu.
J'aime pas :
* Le scénario. Même si l'histoire se déroule entre l'Angleterre et les Pays-Bas (mais tournée en Europe de l'Est...), avec cette incohérence de personnages nord-américains se retrouvant par là, elle n'a rien de très original... le road trip policier (ici garde du corps)-criminel, on l'a vu mille fois.
On pouvait craindre le pire avec cette comédie d'action américano-internationale tournée en Europe (ça fait cheap), avec des acteurs de poids mais sans doute venus surtout chercher un chèque dans un scénario déjà vu, mais le film, fort divertissant, est sauvé par sa bonne ambiance, son humour et sa mise en scène réussie.
L'histoire débute en Angleterre où Michael Bryce (Ryan Reynolds, bien), garde du corps renommé, voit sa carrière plonger après la mort d'un client important. Mais c'est à lui que va penser Amélia Roussel (Elodie Yung, pas mal), son ex et agent française d'Interpol, pour escorter le dangereux tueur à gage Darius Kincaid (Samuel L. Jackson, très bien) jusqu'aux Pays-Bas pour qu'il témoigne devant la Cour pénale internationale des crimes du dictateur biélorusse Vladislav Dukhovich (Gary Oldman, cabotin). Un voyage très mouvementé puisque le duo est poursuivi par les sbires du tyran...
J'aime :
* Le casting. On va dire qu'il y a du bon et du moins bon, mais heureusement, c'est le bon qui est le plus présent avec le duo Ryan Reynolds-Samuel L. Jackson en mode chien et chat qui fonctionne parfaitement. En revanche, Gary Oldman et surtout Salma Hayek, qui joue la femme de Samuel L. Jackson, sont affreusement caricaturaux.
* L'action. Patrick Hugues a quelques cordes à son arc de ce côté-là et fait preuve de beaucoup de professionnalisme, c'est particulièrement musclé. La mise en scène est également inventive sur certaines séquences, apportant notamment de la comédie dans les bagarres, ce qui donne un peu de légèreté au tout.
* L'humour. C'est un buddy movie donc on se doit avant tout de rigoler. Et cela marche plutôt bien, principalement grâce aux personnages, avec cette canaille de Samuel L. Jackson en roue libre, mais jamais cabotin, et Ryan Reynolds à ses côtés avec sa tête de chien battu.
J'aime pas :
* Le scénario. Même si l'histoire se déroule entre l'Angleterre et les Pays-Bas (mais tournée en Europe de l'Est...), avec cette incohérence de personnages nord-américains se retrouvant par là, elle n'a rien de très original... le road trip policier (ici garde du corps)-criminel, on l'a vu mille fois.
On pouvait craindre le pire avec cette comédie d'action américano-internationale tournée en Europe (ça fait cheap), avec des acteurs de poids mais sans doute venus surtout chercher un chèque dans un scénario déjà vu, mais le film, fort divertissant, est sauvé par sa bonne ambiance, son humour et sa mise en scène réussie.
lundi 31 juillet 2017
Dunkirk (2017)
Passionné d'histoire et amateur de films de guerre, je ne pouvais pas rater le premier essai de Christopher Nolan dans le genre, sur un épisode de la Seconde Guerre Mondiale peu abordé jusqu'ici.
Cet épisode, c'est la "débâcle" de Dunkerque, en mai 1940, lorsque les troupes alliées se retrouvent encerclées dans la ville du nord de la France par les forces allemandes. Le Royaume-Uni met en place l'opération Dynamo pour rapatrier ses centaines de milliers d'hommes outre-Manche. L'histoire est racontée à travers trois groupes de personnages et trois espaces-temps : une semaine sur la plage de Dunkerque avec notamment Tommy (Fionn Whitehead, excellent), un soldat britannique qui tente de s'infiltrer sur un navire de secours à l'aide d'un déserteur français, une journée à bord de l'un des nombreux bateaux de plaisance britanniques réquisitionnés pour secourir les soldats et une heure dans les airs, avec l'escadron britannique mené par le pilote Farrier (Tom Hardy, bien).
J'aime :
* Le scénario. Il est passionnant même s'il a généré des polémiques par son manque d'exhaustivité, mais c'est une fiction et non un documentaire. Ensuite, l'idée de montrer l'événement à travers trois points de vue différents (air, terre et mer) est très bien trouvé.
* La bande son. Elle est ici particulièrement importante car il y a au final peu de dialogues, beaucoup de silence et le seul bruit de la mer et des balles... Avec la musique de Hans Zimmer par-dessus, l'atmosphère est angoissante à souhait, mais excellemment retranscrite.
* Les décors. Tourné entre la France, l'Angleterre et les Pays-Bas, "Dunkerque" met à l'honneur les paysages maritimes de la Manche (et un peu au-dessus du coup). Christopher Nolan a cependant un peu triché en ajoutant le mauvais temps pour renforcer la dramaturgie alors que, dans les faits réels, il faisait beau.
* Le casting. Christopher Nolan n'a pas fait dans la surenchère de stars et c'est pour le mieux avec notamment de jeunes acteurs britanniques prometteurs à l'image de Fionn Whitehead.
J'aime pas :
* La structure. Si le scénario en trois espaces-temps est donc une bonne idée, je me suis retrouvé parfois un peu perdu car, n'étant pas sur la même durée, on se retrouve par moment face à des flashbacks qu'il faut bien assimiler.
Oeuvre finalement assez dépouillée pour un film de guerre - on ne voit quasiment jamais l'ennemi, "Dunkerque" reste une intéressante reconstitution de l'opération Dynamo à travers plusieurs petites histoires et sans aucun patriotisme pompier. Well done Christopher Nolan.
Cet épisode, c'est la "débâcle" de Dunkerque, en mai 1940, lorsque les troupes alliées se retrouvent encerclées dans la ville du nord de la France par les forces allemandes. Le Royaume-Uni met en place l'opération Dynamo pour rapatrier ses centaines de milliers d'hommes outre-Manche. L'histoire est racontée à travers trois groupes de personnages et trois espaces-temps : une semaine sur la plage de Dunkerque avec notamment Tommy (Fionn Whitehead, excellent), un soldat britannique qui tente de s'infiltrer sur un navire de secours à l'aide d'un déserteur français, une journée à bord de l'un des nombreux bateaux de plaisance britanniques réquisitionnés pour secourir les soldats et une heure dans les airs, avec l'escadron britannique mené par le pilote Farrier (Tom Hardy, bien).
J'aime :
* Le scénario. Il est passionnant même s'il a généré des polémiques par son manque d'exhaustivité, mais c'est une fiction et non un documentaire. Ensuite, l'idée de montrer l'événement à travers trois points de vue différents (air, terre et mer) est très bien trouvé.
* La bande son. Elle est ici particulièrement importante car il y a au final peu de dialogues, beaucoup de silence et le seul bruit de la mer et des balles... Avec la musique de Hans Zimmer par-dessus, l'atmosphère est angoissante à souhait, mais excellemment retranscrite.
* Les décors. Tourné entre la France, l'Angleterre et les Pays-Bas, "Dunkerque" met à l'honneur les paysages maritimes de la Manche (et un peu au-dessus du coup). Christopher Nolan a cependant un peu triché en ajoutant le mauvais temps pour renforcer la dramaturgie alors que, dans les faits réels, il faisait beau.
* Le casting. Christopher Nolan n'a pas fait dans la surenchère de stars et c'est pour le mieux avec notamment de jeunes acteurs britanniques prometteurs à l'image de Fionn Whitehead.
J'aime pas :
* La structure. Si le scénario en trois espaces-temps est donc une bonne idée, je me suis retrouvé parfois un peu perdu car, n'étant pas sur la même durée, on se retrouve par moment face à des flashbacks qu'il faut bien assimiler.
Oeuvre finalement assez dépouillée pour un film de guerre - on ne voit quasiment jamais l'ennemi, "Dunkerque" reste une intéressante reconstitution de l'opération Dynamo à travers plusieurs petites histoires et sans aucun patriotisme pompier. Well done Christopher Nolan.
jeudi 20 juillet 2017
The Founder (2016)
L'histoire de la fondation et success story de McDonald's n'avait jamais été racontée en film. La voici et elle est fascinante !
Au milieu des années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton, excellent) peine à vendre ses machines à milk-shakes à travers les Etats-Unis. Mais un jour, une importante commande surgit en provenance de San Bernardino (Californie). Elle provient du restaurant des frères McDonald, créateurs d'un nouveau concept de restauration rapide dont le succès local est fulgurant. Enthousiasmé par ce modèle révolutionnaire, Ray Kroc tente de les convaincre de le franchiser, persuadé que le succès pourrait se répandre à travers le pays. D'abord réticents, les deux frères finissent par accepter en émettant des conditions très strictes dont l'entrepreneur va peu à peu s'émanciper...
J'aime :
* Le scénario. Particulièrement fidèle, il déroule donc une histoire finalement méconnue et pourtant fort intéressante, réhabilitant la mémoire des frères McDonald's qu'on pourrait avoir tendance à comparer au diable de la malbouffe puisqu'ils ont tout de même laissé leur nom à la chaîne de restauration rapide.
* Le casting. Poursuivant sa récente renaissance, Michael Keaton, toujours mi-sympathique mi-inquiétant, incarne très bien l'audacieux et opportuniste Ray Kroc, qui ne partait pas forcément avec un mauvais fond, mais qui a ensuite marché sur les consignes imposées par ses deux patrons (avec raison si on ne considère que l'aspect financier et commercial). Le reste du casting est solide, avec des habitués des seconds rôles (Nick Offerman, John Carroll Lynch, Laura Dern...). Petite réserve sur Linda Cardellini en blonde, cela ne lui va pas du tout.
* La reconstitution. Même s'ils font un peu trop "propres" dans les scènes d'extérieur de restaurants avec les clients, les décors des années 1950 sont néanmoins impeccables.
J'aime pas :
* Le ton. Au final, le concept des frères McDonald's est mis en valeur et salué sans une once de critique. Le scénario privilégie la belle histoire entrepreneuriale - et il y a de quoi être admiratif, sans jamais remettre en cause ce modèle qui fera se répandre la malbouffe à travers le monde. Et on ne finit que par avoir de la peine pour les frères McDonald's devant les coups fourrés posés par Ray Kroc.
Très (trop ?) académique, "The Founder" reste néanmoins un excellent récit de la naissance du géant des fast-food, dressant un portrait suffisamment nuancé et critique de Ray Kroc, l'homme qui a permis au concept des frères McDonald's de devenir un empire mondial. Mais pour la remise en question de ce modèle, on repassera.
Au milieu des années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton, excellent) peine à vendre ses machines à milk-shakes à travers les Etats-Unis. Mais un jour, une importante commande surgit en provenance de San Bernardino (Californie). Elle provient du restaurant des frères McDonald, créateurs d'un nouveau concept de restauration rapide dont le succès local est fulgurant. Enthousiasmé par ce modèle révolutionnaire, Ray Kroc tente de les convaincre de le franchiser, persuadé que le succès pourrait se répandre à travers le pays. D'abord réticents, les deux frères finissent par accepter en émettant des conditions très strictes dont l'entrepreneur va peu à peu s'émanciper...
J'aime :
* Le scénario. Particulièrement fidèle, il déroule donc une histoire finalement méconnue et pourtant fort intéressante, réhabilitant la mémoire des frères McDonald's qu'on pourrait avoir tendance à comparer au diable de la malbouffe puisqu'ils ont tout de même laissé leur nom à la chaîne de restauration rapide.
* Le casting. Poursuivant sa récente renaissance, Michael Keaton, toujours mi-sympathique mi-inquiétant, incarne très bien l'audacieux et opportuniste Ray Kroc, qui ne partait pas forcément avec un mauvais fond, mais qui a ensuite marché sur les consignes imposées par ses deux patrons (avec raison si on ne considère que l'aspect financier et commercial). Le reste du casting est solide, avec des habitués des seconds rôles (Nick Offerman, John Carroll Lynch, Laura Dern...). Petite réserve sur Linda Cardellini en blonde, cela ne lui va pas du tout.
* La reconstitution. Même s'ils font un peu trop "propres" dans les scènes d'extérieur de restaurants avec les clients, les décors des années 1950 sont néanmoins impeccables.
J'aime pas :
* Le ton. Au final, le concept des frères McDonald's est mis en valeur et salué sans une once de critique. Le scénario privilégie la belle histoire entrepreneuriale - et il y a de quoi être admiratif, sans jamais remettre en cause ce modèle qui fera se répandre la malbouffe à travers le monde. Et on ne finit que par avoir de la peine pour les frères McDonald's devant les coups fourrés posés par Ray Kroc.
Très (trop ?) académique, "The Founder" reste néanmoins un excellent récit de la naissance du géant des fast-food, dressant un portrait suffisamment nuancé et critique de Ray Kroc, l'homme qui a permis au concept des frères McDonald's de devenir un empire mondial. Mais pour la remise en question de ce modèle, on repassera.
mercredi 12 juillet 2017
Shimmer Lake (2017)
On trouve du bon et du moins bon dans les films produits et sortant directement sur Netflix. Celui-ci, le premier d'Oren Uziel, est une bonne pioche.
L'histoire débute un vendredi matin dans une petite bourgade du Midwest américain, où tout le monde se connaît. Un braquage a été commis la veille au soir dans la banque locale par un trio de malfaiteurs qui a réussi à prendre ensuite la fuite. Parmi eux, Andy Sikes (Rainn Wilson, bien), frère du sheriff Zeke Sikes (Benjamin Walker, très bien), qui mène l'enquête, assisté par le FBI. Mais, particularité du film, le scénario va être déroulé à l'envers...
J'aime :
* La structure du film. Certes, un montage à l'envers ou décalé, cela a déjà été fait, et pour des oeuvres culte, mais ce n'est pas courant non plus. Ici, Oren Uziel va au plus simple en décomptant les parties de son film jour par jour, avec notamment une introduction similaire et, un peu plus tard, un running gag. Et c'est suffisamment bien fait pour qu'on ne soit jamais vraiment perdu et que le fil de l'histoire se compose de jour en jour, avec quelques rebondissements.
* Le casting. Pas de noms ronflants, loin de là, mais des têtes déjà vues ici ou là, notamment dans des séries, à l'image de Rainn Wilson. Et ils s'en tirent tous fort bien.
* L'humour. Le scénario est suffisamment mince pour espérer qu'il ne se prenne pas au sérieux. Et c'est donc le cas - mais sous forme d'humour noir, ce n'est pas complètement une comédie non plus - avec des personnages sacrément frappadingues, à l'image du trio de malfaiteurs bien allumé.
* Le rythme. Oren Uziel propose un film court pour les standards actuels (1h30) et surtout bien dynamique grâce à des scènes relativement courtes. Une bonne idée.
J'aime pas :
* Le scénario. Au final, ce serait le point faible du film bien que pas désagréable non plus. Mais il aurait pu être en effet un peu plus ambitieux.
Film mineur certes, mais "Shimmer Lake" est un divertissement court, sympa et efficace si vous ne savez pas quoi regarder dans le catalogue Netflix. Cet Oren Uziel est à surveiller.
L'histoire débute un vendredi matin dans une petite bourgade du Midwest américain, où tout le monde se connaît. Un braquage a été commis la veille au soir dans la banque locale par un trio de malfaiteurs qui a réussi à prendre ensuite la fuite. Parmi eux, Andy Sikes (Rainn Wilson, bien), frère du sheriff Zeke Sikes (Benjamin Walker, très bien), qui mène l'enquête, assisté par le FBI. Mais, particularité du film, le scénario va être déroulé à l'envers...
J'aime :
* La structure du film. Certes, un montage à l'envers ou décalé, cela a déjà été fait, et pour des oeuvres culte, mais ce n'est pas courant non plus. Ici, Oren Uziel va au plus simple en décomptant les parties de son film jour par jour, avec notamment une introduction similaire et, un peu plus tard, un running gag. Et c'est suffisamment bien fait pour qu'on ne soit jamais vraiment perdu et que le fil de l'histoire se compose de jour en jour, avec quelques rebondissements.
* Le casting. Pas de noms ronflants, loin de là, mais des têtes déjà vues ici ou là, notamment dans des séries, à l'image de Rainn Wilson. Et ils s'en tirent tous fort bien.
* L'humour. Le scénario est suffisamment mince pour espérer qu'il ne se prenne pas au sérieux. Et c'est donc le cas - mais sous forme d'humour noir, ce n'est pas complètement une comédie non plus - avec des personnages sacrément frappadingues, à l'image du trio de malfaiteurs bien allumé.
* Le rythme. Oren Uziel propose un film court pour les standards actuels (1h30) et surtout bien dynamique grâce à des scènes relativement courtes. Une bonne idée.
J'aime pas :
* Le scénario. Au final, ce serait le point faible du film bien que pas désagréable non plus. Mais il aurait pu être en effet un peu plus ambitieux.
Film mineur certes, mais "Shimmer Lake" est un divertissement court, sympa et efficace si vous ne savez pas quoi regarder dans le catalogue Netflix. Cet Oren Uziel est à surveiller.
lundi 3 juillet 2017
Home Alone 2 : Lost in New York (1992)
Le succès (mérité) du premier épisode des aventures de Kevin McCallister a forcément engendré une suite, toujours signée de l'expert Chris Colombus. Si la structure est très similaire, elle est néanmoins plutôt réussie.
Un an après avoir oublié leur fils Kevin (Macaulay Culkin, bien) chez eux pour Noël, les McCallister se préparent à partir passer les fêtes en Floride. Cette fois, le petit garçon est bien dans la navette pour l'aéroport sauf qu'une fois là-bas, dans la confusion du retard, Kevin perd de vue ses parents et se trompe de porte d'embarquement, prenant un avion pour New York... De nouvelles aventures rocambolesques l'attendent dans la Grosse Pomme alors que l'affreux duo de cambrioleurs, Harry (Joe Pesci, très bien) et Marv (Daniel Stern, excellent), échappé de prison, prépare un nouveau casse perturbé par l'enfant.
J'aime :
* Le casting. Le petit Macaulay Culkin n'a pas tellement grandi deux ans après le premier film et s'en sort bien, mais c'est surtout l'impayable paire Pesci-Stern que j'adore, même s'ils sont peut-être un peu plus cabotins ici. On ne les voit pas assez, mais les autres membres de la famille McCallister (en particulier l'oncle, le cousin et le grand frère) sont bien marrants aussi.
* Les gags. Même si elles sont très similaires à celles du premier épisode, en plus longues, les deux séquences de "pièges" de Kevin (à l'hôtel puis dans la maison abandonnée de l'oncle) sont les meilleures du film et restent très imaginatives et drôles.
J'aime pas :
* Je ne vais pas vraiment reprocher le fait que cet épisode soit un calque du premier transposé à New York car j'apprécie donc ses gags, mais il me semble en revanche plus longuet, avec de sérieuses baisses de rythme (notamment les scènes avec la dame aux pigeons ou dans le grand magasin de jouet).
Evidemment, offrir une nouvelle fournée d'aventures à Kevin McCallister était casse-gueule, mais, sans prendre de risques, Chris Colombus propose une resucée suffisamment divertissante, où le casting et les gags font tout.
Un an après avoir oublié leur fils Kevin (Macaulay Culkin, bien) chez eux pour Noël, les McCallister se préparent à partir passer les fêtes en Floride. Cette fois, le petit garçon est bien dans la navette pour l'aéroport sauf qu'une fois là-bas, dans la confusion du retard, Kevin perd de vue ses parents et se trompe de porte d'embarquement, prenant un avion pour New York... De nouvelles aventures rocambolesques l'attendent dans la Grosse Pomme alors que l'affreux duo de cambrioleurs, Harry (Joe Pesci, très bien) et Marv (Daniel Stern, excellent), échappé de prison, prépare un nouveau casse perturbé par l'enfant.
J'aime :
* Le casting. Le petit Macaulay Culkin n'a pas tellement grandi deux ans après le premier film et s'en sort bien, mais c'est surtout l'impayable paire Pesci-Stern que j'adore, même s'ils sont peut-être un peu plus cabotins ici. On ne les voit pas assez, mais les autres membres de la famille McCallister (en particulier l'oncle, le cousin et le grand frère) sont bien marrants aussi.
* Les gags. Même si elles sont très similaires à celles du premier épisode, en plus longues, les deux séquences de "pièges" de Kevin (à l'hôtel puis dans la maison abandonnée de l'oncle) sont les meilleures du film et restent très imaginatives et drôles.
J'aime pas :
* Je ne vais pas vraiment reprocher le fait que cet épisode soit un calque du premier transposé à New York car j'apprécie donc ses gags, mais il me semble en revanche plus longuet, avec de sérieuses baisses de rythme (notamment les scènes avec la dame aux pigeons ou dans le grand magasin de jouet).
Evidemment, offrir une nouvelle fournée d'aventures à Kevin McCallister était casse-gueule, mais, sans prendre de risques, Chris Colombus propose une resucée suffisamment divertissante, où le casting et les gags font tout.
dimanche 18 juin 2017
The Revenant (2016)
Et enfin, Leonardo DiCaprio reçut l'Oscar qu'il attendait tant... Et il ne l'a pas volé après cette performance de haute volée dans le rôle du trappeur Hugh Glass, mise en scène par Alejandro Iñarritu, lui aussi récompensé.
L'histoire est inspirée par celle, mi-véridique, mi-légendaire de Hugh Glass, qui eut lieu au début du 19e siècle. Dans la version remaniée du réalisateur mexicain, le trappeur (Leonardo DiCaprio, excellent), qui guide l'expédition d'Andrew Henry (Domhnall Gleeson, bien) jusqu'à Fort Kiowa après avoir réchappé non sans de nombreuses pertes à une attaque d'Arikaras, est grièvement blessé après avoir été surpris par un grizzli. Alors que l'hiver est de plus en plus rude et qu'ils sont pourchassés par les autochtones, Andrew Henry et ses hommes décident de poursuivre sans Hugh Glass, qui les ralentit considérablement car transporté sur une civière. Le leader de l'expédition paie alors deux hommes, John Fitzgerald (Tom Hardy, très bien) et Jim Bridger, pour veiller sur le trappeur blessé en attendant leur retour. Ils sont accompagnés par le fils métis de Hugh Glass, Hawk. Après avoir tué ce dernier, John Fitzgerald, qui ne veut plus attendre, convainc son autre compagnon de quitter les lieux en laissant un Hugh Glass agonisant derrière eux. Celui-ci va réussir à s'en tirer et se met alors à la poursuite de l'assassin de son fils...
J'aime :
* Le scénario. Alors certes il est plus sanglant que l'histoire originale (qui aurait aussi été romancée, mais qui, entre autres, ne se déroulait pas en hiver, ne comportait pas d'enfant pour Hugh Glass ni ce dénouement vis-à-vis de John Fitzgerald), mais il est haletant, le pauvre trappeur devant affronter tous les éléments (climatiques comme humains). Surtout, il se déroule dans un contexte, passionnant, peu abordé par le cinéma jusqu'alors (commerce des peaux, échanges commerciaux avec les autochtones...).
* Les décors. Alejandro Iñarritu a fait le choix d'une fresque survivaliste et donc de tourner tout cela dans les conditions les plus réalistes possibles sur le terrain. Si l'hiver n'est sans doute pas la meilleure saison pour magnifier ces paysages, ils reproduisent pleinement la puissance de la nature nord-américaine.
* La photographie. Pas de lumière artificielle non plus, donc tout a été filmé en lumière naturelle. Cela a particulièrement rallongé le temps de tournage, mais les images sont magnifiques, entre clair et obscur.
* Le casting. Je ne suis pas particulièrement fan de Leonardo DiCaprio (l'acteur), mais il faut reconnaître qu'il offre ici une performance de très haut niveau, intensément physique, dans un rôle quasi mutique et c'est souvent le plus difficile. Mention spéciale donc pour lui, Oscar mérité, et le reste de la troupe est très bien aussi.
J'aime pas :
* Le risque de ces grandes fresques héroïques, ce sont les longueurs et on ne peut cacher qu'il y en a. Certains ont critiqué la fameuse ourse virtuelle se battant avec Leonardo DiCaprio, ce n'était pas si flagrant que cela pour moi.
Si encore une fois, outre John Fitzgerald, les Français sont, à tort selon les historiens, présentés comme les vilains de l'histoire, "The Revenant" entre assurément dans le lot des très bons films sur l'histoire de l'ouest américain. Sur un scénario qui ne lui était pas destiné à l'origine, Alejandro Iñarritu a façonné une oeuvre brute et sauvage, avec beaucoup d'authenticité. Leonardo DiCaprio, lui, s'est surpassé. Chapeau (ou plutôt toque de trappeur !).
L'histoire est inspirée par celle, mi-véridique, mi-légendaire de Hugh Glass, qui eut lieu au début du 19e siècle. Dans la version remaniée du réalisateur mexicain, le trappeur (Leonardo DiCaprio, excellent), qui guide l'expédition d'Andrew Henry (Domhnall Gleeson, bien) jusqu'à Fort Kiowa après avoir réchappé non sans de nombreuses pertes à une attaque d'Arikaras, est grièvement blessé après avoir été surpris par un grizzli. Alors que l'hiver est de plus en plus rude et qu'ils sont pourchassés par les autochtones, Andrew Henry et ses hommes décident de poursuivre sans Hugh Glass, qui les ralentit considérablement car transporté sur une civière. Le leader de l'expédition paie alors deux hommes, John Fitzgerald (Tom Hardy, très bien) et Jim Bridger, pour veiller sur le trappeur blessé en attendant leur retour. Ils sont accompagnés par le fils métis de Hugh Glass, Hawk. Après avoir tué ce dernier, John Fitzgerald, qui ne veut plus attendre, convainc son autre compagnon de quitter les lieux en laissant un Hugh Glass agonisant derrière eux. Celui-ci va réussir à s'en tirer et se met alors à la poursuite de l'assassin de son fils...
J'aime :
* Le scénario. Alors certes il est plus sanglant que l'histoire originale (qui aurait aussi été romancée, mais qui, entre autres, ne se déroulait pas en hiver, ne comportait pas d'enfant pour Hugh Glass ni ce dénouement vis-à-vis de John Fitzgerald), mais il est haletant, le pauvre trappeur devant affronter tous les éléments (climatiques comme humains). Surtout, il se déroule dans un contexte, passionnant, peu abordé par le cinéma jusqu'alors (commerce des peaux, échanges commerciaux avec les autochtones...).
* Les décors. Alejandro Iñarritu a fait le choix d'une fresque survivaliste et donc de tourner tout cela dans les conditions les plus réalistes possibles sur le terrain. Si l'hiver n'est sans doute pas la meilleure saison pour magnifier ces paysages, ils reproduisent pleinement la puissance de la nature nord-américaine.
* La photographie. Pas de lumière artificielle non plus, donc tout a été filmé en lumière naturelle. Cela a particulièrement rallongé le temps de tournage, mais les images sont magnifiques, entre clair et obscur.
* Le casting. Je ne suis pas particulièrement fan de Leonardo DiCaprio (l'acteur), mais il faut reconnaître qu'il offre ici une performance de très haut niveau, intensément physique, dans un rôle quasi mutique et c'est souvent le plus difficile. Mention spéciale donc pour lui, Oscar mérité, et le reste de la troupe est très bien aussi.
J'aime pas :
* Le risque de ces grandes fresques héroïques, ce sont les longueurs et on ne peut cacher qu'il y en a. Certains ont critiqué la fameuse ourse virtuelle se battant avec Leonardo DiCaprio, ce n'était pas si flagrant que cela pour moi.
Si encore une fois, outre John Fitzgerald, les Français sont, à tort selon les historiens, présentés comme les vilains de l'histoire, "The Revenant" entre assurément dans le lot des très bons films sur l'histoire de l'ouest américain. Sur un scénario qui ne lui était pas destiné à l'origine, Alejandro Iñarritu a façonné une oeuvre brute et sauvage, avec beaucoup d'authenticité. Leonardo DiCaprio, lui, s'est surpassé. Chapeau (ou plutôt toque de trappeur !).
vendredi 28 avril 2017
Dog eat dog (2016)
Si Paul Schrader est l'un des grands noms du cinéma américain des années 1970 et 1980, il est quelque peu sur le déclin ces dernières années, à l'image de cette adaptation d'un polar d'Edward Bunker.
Troy (Nicolas Cage, très bien), Mad Dog (Willem Defoe, excellent) et Diesel (Christopher Matthew Cook, bien) sont trois ex-taulards qui se sont rencontrés en prison. S'ils sont déterminés à ne pas y retourner, l'appât du gain les fait replonger dans un mauvais coup. Un gangster mexicain leur propose de kidnapper le bébé d'un mafieux qui lui doit de l'argent. Mais les événements tournent mal...
J'aime :
* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.
* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.
* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.
J'aime pas :
* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.
Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite.
* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.
* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.
* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.
J'aime pas :
* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.
Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite.
lundi 17 avril 2017
The Magic Christian (1969)
Pourtant adapté du livre d'un auteur américain talentueux, Terry Southern, ce film de Joseph McGrath vire à la farce absurde réunissant un casting néanmoins prestigieux, mais en roue libre.
Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.
J'aime :
* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...
* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...
* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.
* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !
J'aime pas
* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.
"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.
Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.
J'aime :
* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...
* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...
* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.
* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !
J'aime pas
* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.
"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.
mardi 28 mars 2017
Ouvert la nuit (2017)
C'est le premier film d'Edouard Baer qu'il m'est donné d'assister et j'ai plutôt été séduit.
Le fantasque comédien ne s'attribue pas vraiment un rôle de composition avec ce personnage de Luigi (qu'il joue forcément parfaitement !), directeur de théâtre, qui s'apprête à vivre une veille de première rocambolesque. En effet, les dernières répétitions sont compliquées, ses employés menacent de faire grève et le comédien qui devait interpréter un singe se blesse. Le voilà alors parti à travers Paris, en compagnie d'une stagiaire de Sciences Po (Sabrina Ouazani, bien), afin de trouver un (vrai) singe de substitution et des fonds pour rémunérer ses salariés qui n'ont rien touché depuis deux mois...
J'aime :
* Le casting. On regarde les films d'Edouard Baer moins pour ses scénarios déjantés que pour sa galerie de personnages folkloriques. Je n'ai pas vu ses deux premiers films, néanmoins celui-ci est sans doute le plus "scénarisé". Ce qui n'empêche pas de voir des acteurs connus sympas, Edouard Baer en tête, certes dans un rôle où il est donc lui-même ou presque, charmeur, instruit, beau parleur, bavard et surtout constamment dans son monde à lui. S'il pourrait prendre toute la place, Sabrina Ouazani et Audrey Tautou, qui joue sa meilleure amie et collègue, parviennent à occuper le terrain pour tenter de le ramener sur Terre et justement en touchant aussi du doigt parfois les défauts de son personnage - c'est tout à l'honneur d'Edouard Baer d'avoir conscience de ses manies. Le reste des seconds rôles, essentiellement masculins, sont particulièrement loufoques et réussis, dont le singe !
* Le scénario. Sur une base relativement simple, la quête d'un singe et d'argent, il y a évidemment avec Edouard Baer un rebondissement à chaque rencontre. A l'image d'un "After Hours", la nuit s'avère bien plus agitée que prévu et le héros doit faire face à de multiples contretemps burlesques.
* L'environnement. La course contre la montre se déroule à Paris et Edouard Baer a la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés, nous promenant d'une drôle de maisonnée à Montreuil aux toits de la capitale en passant par les bords de Seine et surtout des troquets bien parigots.
J'aime pas :
* Rien de spécial à signaler si ce n'est que Sabrina Ouazani fait tout de même trop âgée pour son rôle d'étudiante, déjà maman qui plus est.
Edouard Baer, on aime ou on déteste. Si j'étais dans la seconde catégorie à l'époque de ses passages télé, à "Nulle Part Ailleurs" notamment, j'ai appris petit à petit à me faire à son personnage d'infatigable trublion et donc à l'apprécier. D'où mon goût pour son film, qui n'est pas un chef d'oeuvre, mais une comédie fort sympathique.
Le fantasque comédien ne s'attribue pas vraiment un rôle de composition avec ce personnage de Luigi (qu'il joue forcément parfaitement !), directeur de théâtre, qui s'apprête à vivre une veille de première rocambolesque. En effet, les dernières répétitions sont compliquées, ses employés menacent de faire grève et le comédien qui devait interpréter un singe se blesse. Le voilà alors parti à travers Paris, en compagnie d'une stagiaire de Sciences Po (Sabrina Ouazani, bien), afin de trouver un (vrai) singe de substitution et des fonds pour rémunérer ses salariés qui n'ont rien touché depuis deux mois...
J'aime :
* Le casting. On regarde les films d'Edouard Baer moins pour ses scénarios déjantés que pour sa galerie de personnages folkloriques. Je n'ai pas vu ses deux premiers films, néanmoins celui-ci est sans doute le plus "scénarisé". Ce qui n'empêche pas de voir des acteurs connus sympas, Edouard Baer en tête, certes dans un rôle où il est donc lui-même ou presque, charmeur, instruit, beau parleur, bavard et surtout constamment dans son monde à lui. S'il pourrait prendre toute la place, Sabrina Ouazani et Audrey Tautou, qui joue sa meilleure amie et collègue, parviennent à occuper le terrain pour tenter de le ramener sur Terre et justement en touchant aussi du doigt parfois les défauts de son personnage - c'est tout à l'honneur d'Edouard Baer d'avoir conscience de ses manies. Le reste des seconds rôles, essentiellement masculins, sont particulièrement loufoques et réussis, dont le singe !
* Le scénario. Sur une base relativement simple, la quête d'un singe et d'argent, il y a évidemment avec Edouard Baer un rebondissement à chaque rencontre. A l'image d'un "After Hours", la nuit s'avère bien plus agitée que prévu et le héros doit faire face à de multiples contretemps burlesques.
* L'environnement. La course contre la montre se déroule à Paris et Edouard Baer a la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés, nous promenant d'une drôle de maisonnée à Montreuil aux toits de la capitale en passant par les bords de Seine et surtout des troquets bien parigots.
J'aime pas :
* Rien de spécial à signaler si ce n'est que Sabrina Ouazani fait tout de même trop âgée pour son rôle d'étudiante, déjà maman qui plus est.
Edouard Baer, on aime ou on déteste. Si j'étais dans la seconde catégorie à l'époque de ses passages télé, à "Nulle Part Ailleurs" notamment, j'ai appris petit à petit à me faire à son personnage d'infatigable trublion et donc à l'apprécier. D'où mon goût pour son film, qui n'est pas un chef d'oeuvre, mais une comédie fort sympathique.
mercredi 22 mars 2017
Silence (2017)
L'histoire du Japon est extrêmement intéressante et j'étais ravi de voir Martin Scorsese réaliser enfin son rêve d'adapter le roman japonais "Silence". Le résultat est à la hauteur des espérances, mais...
Le film nous plonge dans le 17e siècle japonais où les autorités du pays n'acceptent plus l'évangélisation entreprise par les jésuites, notamment portugais. Ces derniers ainsi que leurs fidèles sont forcés de renier leur religion sous peine d'être torturés et tués. Parmi eux, le père Cristovão Ferreira (Liam Neeson, très bien) dont les rumeurs disent qu'il aurait fini par commettre l'apostasie avant de se convertir au bouddhisme et épouser une Japonaise. Deux de ses anciens disciples, Sebastião Rodrigues (Andrew Garfield, pas mal) et Francisco Garupe (Adam Driver, bien), décident d'en avoir le coeur net et embarquent depuis Macao pour le Japon en pleine inquisition...
J'aime :
* Le scénario. J'aime assez les fresques historiques et celle-ci est marquée par l'originalité de son sujet (même si le roman a déjà été adapté auparavant, mais par un cinéaste japonais). On est happé dans cette quête du père Ferreira, qui s'annonce hautement périlleuse dans un territoire écrasé par l'inquisition.
* La problématique. En vérité, elles sont multiples et poussent constamment à la réflexion. Doit-on condamner l'intolérance des autorités japonaises envers le christianisme et se ranger derrière les missionnaires jésuites et leurs fidèles persécutés à mort ? Peut-on être compréhensif avec le point de vue de ces autorités qui voient leur religion remise en cause par ces prosélytes de Dieu ? Les victimes devraient-elles plutôt renoncer à leur chrétienté ou accepter la mort ? Toutes ces questions sont posées et il est intéressant de voir autant de simples villageois que les missionnaires eux-mêmes y être confrontés. Et ces derniers sont loin d'être les plus courageux...
* Les décors. Si le film a été tourné à Taïwan, les paysages restent tout à fait ressemblants avec ceux du Japon et sont simples et magnifiques, aussi sauvages que naturels.
J'aime pas :
* Le casting. Il est toujours déplaisant de voir des acteurs d'une certaine nationalité jouer le rôle d'une autre. Si Liam Neeson fait la blague, Adam Driver et Andrew Garfield encore moins avec sa tête de jeune Américain n'ont pas du tout une allure de prêtres portugais. Vraiment dommage que Benicio del Toro et Gael Garcia Bernal, choisis à l'origine, n'aient pas pu être présents. Les acteurs japonais, en revanche, sont excellents.
* La longueur. Si le début du film est (très) rapide, le rythme ralentit peu à peu jusqu'à devenir insoutenablement lent dans la dernière heure. Certes, le père Rodrigues est tiraillé de doutes sur sa foi et sur la décision qu'il devrait prendre, mais sa séquence d'emprisonnement est bien longuette.
Martin Scorsese a un rapport intime et peut-être même sceptique vis-à-vis de la foi et cela se voit une fois de plus avec "Silence". Son film est aussi fascinant que l'histoire qu'elle raconte, mais il manque d'authenticité du côté du casting et se perd un peu à la fin.
Le film nous plonge dans le 17e siècle japonais où les autorités du pays n'acceptent plus l'évangélisation entreprise par les jésuites, notamment portugais. Ces derniers ainsi que leurs fidèles sont forcés de renier leur religion sous peine d'être torturés et tués. Parmi eux, le père Cristovão Ferreira (Liam Neeson, très bien) dont les rumeurs disent qu'il aurait fini par commettre l'apostasie avant de se convertir au bouddhisme et épouser une Japonaise. Deux de ses anciens disciples, Sebastião Rodrigues (Andrew Garfield, pas mal) et Francisco Garupe (Adam Driver, bien), décident d'en avoir le coeur net et embarquent depuis Macao pour le Japon en pleine inquisition...
J'aime :
* Le scénario. J'aime assez les fresques historiques et celle-ci est marquée par l'originalité de son sujet (même si le roman a déjà été adapté auparavant, mais par un cinéaste japonais). On est happé dans cette quête du père Ferreira, qui s'annonce hautement périlleuse dans un territoire écrasé par l'inquisition.
* La problématique. En vérité, elles sont multiples et poussent constamment à la réflexion. Doit-on condamner l'intolérance des autorités japonaises envers le christianisme et se ranger derrière les missionnaires jésuites et leurs fidèles persécutés à mort ? Peut-on être compréhensif avec le point de vue de ces autorités qui voient leur religion remise en cause par ces prosélytes de Dieu ? Les victimes devraient-elles plutôt renoncer à leur chrétienté ou accepter la mort ? Toutes ces questions sont posées et il est intéressant de voir autant de simples villageois que les missionnaires eux-mêmes y être confrontés. Et ces derniers sont loin d'être les plus courageux...
* Les décors. Si le film a été tourné à Taïwan, les paysages restent tout à fait ressemblants avec ceux du Japon et sont simples et magnifiques, aussi sauvages que naturels.
J'aime pas :
* Le casting. Il est toujours déplaisant de voir des acteurs d'une certaine nationalité jouer le rôle d'une autre. Si Liam Neeson fait la blague, Adam Driver et Andrew Garfield encore moins avec sa tête de jeune Américain n'ont pas du tout une allure de prêtres portugais. Vraiment dommage que Benicio del Toro et Gael Garcia Bernal, choisis à l'origine, n'aient pas pu être présents. Les acteurs japonais, en revanche, sont excellents.
* La longueur. Si le début du film est (très) rapide, le rythme ralentit peu à peu jusqu'à devenir insoutenablement lent dans la dernière heure. Certes, le père Rodrigues est tiraillé de doutes sur sa foi et sur la décision qu'il devrait prendre, mais sa séquence d'emprisonnement est bien longuette.
Martin Scorsese a un rapport intime et peut-être même sceptique vis-à-vis de la foi et cela se voit une fois de plus avec "Silence". Son film est aussi fascinant que l'histoire qu'elle raconte, mais il manque d'authenticité du côté du casting et se perd un peu à la fin.
lundi 27 février 2017
Girlfriend's Day (2017)
L'excellent Bob Odenkirk au casting et au scénario suffit-il pour faire un excellent film ? Non, malheureusement avec cette oeuvre sortie directement sur Netflix.
"Girlfriend's Day", c'est une sorte de Saint-Valentin bis créée par le maire d'une ville américaine. A cette occasion, il lance un grand concours de carte de voeux. Celle avec la plus belle formule recevra un prix. C'est dans une ambiance surréaliste que Ray (Bob Odenkirk, bien), ancien rédacteur à succès qui vient justement d'être viré de son entreprise spécialisée dans les cartes de voeux, va se lancer dans la partie...
J'aime :
* Le casting. Le toujours excellent Bob Odenkirk dirige un casting de bonne facture, avec quelques autres acteurs de séries, dont Amber Tamblyn et Rich Sommer. Mais sa palette ne s'éloigne pas tellement de son personnage de "Better Call Saul", même s'il est ici un peu plus désespéré.
J'aime pas :
* Le scénario. L'écriture professionnelle de messages de cartes de voeux, on a déjà vu ça dans "Her" et l'histoire se perd dans des méandres noirs, se complexifiant sans raison jusqu'à nous perdre et surtout bien nous ennuyer. L'absurdité ne sauve pas tout.
* Les décors. La ville du film est censée être fictive, mais on reconnaît Los Angeles et ses bas-fonds impersonnels. Déprimant.
Comédie ironique et quelque peu expérimentale, jamais vraiment drôle, "Girlfriend's Day" ne nous a emballé à aucun moment et on n'a jamais réussi à rentrer dedans. Malgré Bob Odenkirk, c'est l'ennui qui l'a emporté. Peut-être que Saul Goodman arriverait à la défendre ?
"Girlfriend's Day", c'est une sorte de Saint-Valentin bis créée par le maire d'une ville américaine. A cette occasion, il lance un grand concours de carte de voeux. Celle avec la plus belle formule recevra un prix. C'est dans une ambiance surréaliste que Ray (Bob Odenkirk, bien), ancien rédacteur à succès qui vient justement d'être viré de son entreprise spécialisée dans les cartes de voeux, va se lancer dans la partie...
J'aime :
* Le casting. Le toujours excellent Bob Odenkirk dirige un casting de bonne facture, avec quelques autres acteurs de séries, dont Amber Tamblyn et Rich Sommer. Mais sa palette ne s'éloigne pas tellement de son personnage de "Better Call Saul", même s'il est ici un peu plus désespéré.
J'aime pas :
* Le scénario. L'écriture professionnelle de messages de cartes de voeux, on a déjà vu ça dans "Her" et l'histoire se perd dans des méandres noirs, se complexifiant sans raison jusqu'à nous perdre et surtout bien nous ennuyer. L'absurdité ne sauve pas tout.
* Les décors. La ville du film est censée être fictive, mais on reconnaît Los Angeles et ses bas-fonds impersonnels. Déprimant.
Comédie ironique et quelque peu expérimentale, jamais vraiment drôle, "Girlfriend's Day" ne nous a emballé à aucun moment et on n'a jamais réussi à rentrer dedans. Malgré Bob Odenkirk, c'est l'ennui qui l'a emporté. Peut-être que Saul Goodman arriverait à la défendre ?
jeudi 16 février 2017
The Beatles : Eight Days a Week - The Touring Years (2016)
Je n'allais pas bouder ce nouveau documentaire sur les Beatles signé Ron Howard. En tant que fan pur et dur, il ne m'apporte pas grand-chose, mais il est toujours bon à prendre pour les néophytes.
Même s'il digresse un peu par moments, le documentaire s'attache à mettre en lumière les années de tournées des Beatles, soit entre 1962 et 1966 (en évoquant tout de même la période Hambourg précédente). On suit donc, à travers des témoignages (dont ceux actuels de Paul McCartney et Ringo Starr) et diverses images de nombreuses sources, toute la folie autour de leurs concerts à travers le monde qui a conduit le quatuor à y mettre fin, par épuisement et écœurement, la technique de l'époque ne permettant décemment pas de mettre leur musique en valeur.
J'aime :
* Le sujet. Il n'était pas inutile de s'intéresser particulièrement aux tournées des Beatles, car c'est un aspect fondamental de leur carrière. Comme tout groupe, c'est la scène qui les a forgés et ils ont été des pionniers dans bien des aspects (concerts dans les stades, etc.).
* La bande originale. Quoi de mieux que les Beatles ?
* Les images. La plupart des séquences sont connues, mais il y en a quand même des inédites ou des points de vue différents.
* Les intervenants. Paul McCartney et Ringo Starr sont bien évidemment là, John Lennon et George Harrison aussi via d'anciennes interviews, des célébrités qui ont assisté à la Beatlemania (Sigourney Weaver, Whoopi Goldberg, Elvis Costello...) et autres experts, mais le plus intéressant pour moi est Larry Kane, journaliste radio américain ayant suivi la première grande tournée des Beatles à travers les Etats-Unis, ou encore le réalisateur Richard Lester.
J'aime pas :
* Le documentaire visant visiblement le grand public, le puriste que je suis ne découvrira rien de bien nouveau. De plus, le sujet est finalement bien plus riche qu'il n'en a l'air et le film s'avère assez superficiel, survolant quelques épisodes (il est vrai abordés plus en profondeur dans "Anthology") et surtout abusant de séquences très courtes en termes d'images. Tous les extraits sont trop rapides, donnant cette impression d'aller à toute allure.
On ne sent pas vraiment une patte Ron Howard dans "Eight Days a Week" si ce n'est un résultat policé et grand public, facile à suivre. On pourra donc lui reprocher son côté zapping, star system (pas de témoin "anonyme") et un peu vain pour évoquer un sujet passionnant.
Même s'il digresse un peu par moments, le documentaire s'attache à mettre en lumière les années de tournées des Beatles, soit entre 1962 et 1966 (en évoquant tout de même la période Hambourg précédente). On suit donc, à travers des témoignages (dont ceux actuels de Paul McCartney et Ringo Starr) et diverses images de nombreuses sources, toute la folie autour de leurs concerts à travers le monde qui a conduit le quatuor à y mettre fin, par épuisement et écœurement, la technique de l'époque ne permettant décemment pas de mettre leur musique en valeur.
J'aime :
* Le sujet. Il n'était pas inutile de s'intéresser particulièrement aux tournées des Beatles, car c'est un aspect fondamental de leur carrière. Comme tout groupe, c'est la scène qui les a forgés et ils ont été des pionniers dans bien des aspects (concerts dans les stades, etc.).
* La bande originale. Quoi de mieux que les Beatles ?
* Les images. La plupart des séquences sont connues, mais il y en a quand même des inédites ou des points de vue différents.
* Les intervenants. Paul McCartney et Ringo Starr sont bien évidemment là, John Lennon et George Harrison aussi via d'anciennes interviews, des célébrités qui ont assisté à la Beatlemania (Sigourney Weaver, Whoopi Goldberg, Elvis Costello...) et autres experts, mais le plus intéressant pour moi est Larry Kane, journaliste radio américain ayant suivi la première grande tournée des Beatles à travers les Etats-Unis, ou encore le réalisateur Richard Lester.
J'aime pas :
* Le documentaire visant visiblement le grand public, le puriste que je suis ne découvrira rien de bien nouveau. De plus, le sujet est finalement bien plus riche qu'il n'en a l'air et le film s'avère assez superficiel, survolant quelques épisodes (il est vrai abordés plus en profondeur dans "Anthology") et surtout abusant de séquences très courtes en termes d'images. Tous les extraits sont trop rapides, donnant cette impression d'aller à toute allure.
On ne sent pas vraiment une patte Ron Howard dans "Eight Days a Week" si ce n'est un résultat policé et grand public, facile à suivre. On pourra donc lui reprocher son côté zapping, star system (pas de témoin "anonyme") et un peu vain pour évoquer un sujet passionnant.
mercredi 25 janvier 2017
Zootopia (2016)
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu un Disney et celui-ci sort quelque peu de l'ordinaire, avec une jolie réussite.
L'histoire nous emmène à Zootopie, une gigantesque mégalopole avec divers climats et types de quartier pour y accueillir absolument tous les animaux qui existent sur Terre. Ces derniers y vivent en harmonie, qu'ils soient proie ou prédateur. L'intrépide lapine Judy Hopps (voix de Ginnifer Goodwin, bien), qui vient de la campagne où ses parents cultivent des carottes - forcément, débarque alors dans la grande ville, fraîchement diplômée de l'académie de police. Les premiers jours de la première lapine à avoir intégré les forces de l'ordre vont être particulièrement rudes puisqu'elle est assignée aux contraventions, mais sa carrière va rapidement prendre de l'intérêt lorsqu'une enquête sur la disparition mystérieuse d'une dizaine d'animaux lui est confiée. Elle va alors profiter de l'aide du rusé renard Nick Wilde (voix de Jason Bateman, très bien)...
J'aime :
* Le scénario. On ne s'attendait pas vraiment à trouver une telle histoire pour un dessin animé Disney, mais on a droit à un vrai "polar" animalier avec une enquête plutôt bien foutue.
* Les personnages. On trouve ici une sacré galerie, avec évidemment des fonctions correspondant généralement à leur espèce (les félins sont des policiers, les lapins des cultivateurs de carottes...). Mais ici, l'idée était justement aussi de prôner la tolérance et l'égalité en mettant en avant cette adorable petite lapine qui veut faire carrière dans la police.
* Les graphismes. Ils sont très beaux et riches en idées, notamment cette mégalopole divisée en plusieurs quartiers climatiques et miniaturisés également pour les animaux les plus petits.
* Le casting. Pas de grandes stars non plus, mais les voix sont toutes très bien.
J'aime pas :
* Il y a quelques longueurs et la chanson phare de Shakira est assez nulle.
"Zootopia" apporte ainsi quelque chose de nouveau et différent dans l'univers Disney, un dessin animé très divertissant et finalement assez adulte, mais qui plaira vraiment à tous les publics. Bravo.
L'histoire nous emmène à Zootopie, une gigantesque mégalopole avec divers climats et types de quartier pour y accueillir absolument tous les animaux qui existent sur Terre. Ces derniers y vivent en harmonie, qu'ils soient proie ou prédateur. L'intrépide lapine Judy Hopps (voix de Ginnifer Goodwin, bien), qui vient de la campagne où ses parents cultivent des carottes - forcément, débarque alors dans la grande ville, fraîchement diplômée de l'académie de police. Les premiers jours de la première lapine à avoir intégré les forces de l'ordre vont être particulièrement rudes puisqu'elle est assignée aux contraventions, mais sa carrière va rapidement prendre de l'intérêt lorsqu'une enquête sur la disparition mystérieuse d'une dizaine d'animaux lui est confiée. Elle va alors profiter de l'aide du rusé renard Nick Wilde (voix de Jason Bateman, très bien)...
J'aime :
* Le scénario. On ne s'attendait pas vraiment à trouver une telle histoire pour un dessin animé Disney, mais on a droit à un vrai "polar" animalier avec une enquête plutôt bien foutue.
* Les personnages. On trouve ici une sacré galerie, avec évidemment des fonctions correspondant généralement à leur espèce (les félins sont des policiers, les lapins des cultivateurs de carottes...). Mais ici, l'idée était justement aussi de prôner la tolérance et l'égalité en mettant en avant cette adorable petite lapine qui veut faire carrière dans la police.
* Les graphismes. Ils sont très beaux et riches en idées, notamment cette mégalopole divisée en plusieurs quartiers climatiques et miniaturisés également pour les animaux les plus petits.
* Le casting. Pas de grandes stars non plus, mais les voix sont toutes très bien.
J'aime pas :
* Il y a quelques longueurs et la chanson phare de Shakira est assez nulle.
"Zootopia" apporte ainsi quelque chose de nouveau et différent dans l'univers Disney, un dessin animé très divertissant et finalement assez adulte, mais qui plaira vraiment à tous les publics. Bravo.
samedi 21 janvier 2017
Captain Fantastic (2016)
Premier film ou presque pour l'acteur méconnu Matt Ross et un vrai succès critique mérité pour une histoire aussi jolie qu'originale.
Ben Cash (Viggo Mortensen, excellent) vit avec sa femme, Leslie, et ses six enfants au coeur de la nature sauvage américaine, au milieu de la forêt. Reclus du monde extérieur et "moderne", le père de famille propose un cadre rigoureux d'éducation, tendance très alternative, à sa progéniture, aussi bien intellectuellement que physiquement. Leur existence va être bousculée par le suicide de Leslie, qui était hospitalisée pour des troubles bipolaires. Toute la petite famille va devoir affronter la réalité du monde "extérieur" afin d'assister à l'enterrement...
J'aime :
* Le scénario. Il est follement original, bourré de références, et pose une multitude de questionnements, tout en nuances, sur notre société moderne, sans jamais non plus affirmer que le retour à l'état de nature est le meilleur des mondes pour autant. C'est évidemment par cette progéniture à la fois nombreuse et variée, heureuse et intelligente même si élevée à la dure, que, plongée dans la "réalité" du bitume, va se faire cette connexion et les réflexions qui vont avec.
* Le casting. Viggo Mortensen, éblouissant en Robinson Crusoë altermondialiste et survivaliste, mène une sacré troupe de jeunes acteurs tous aussi doués les uns que les autres. Chapeau bas.
* La photographie. Elle est française d'ailleurs et est très belle, notamment dans la première partie du film au coeur de la forêt américaine.
* Les décors. Si l'environnement naturel est splendide, que dire des magnifiques décors, notamment le camp de base de la famille Cash dans la forêt et son bus-camping-car.
J'aime pas :
* Si les enfants de la famille Cash ne sont pas totalement étrangers non plus à tous les éléments de la vie "moderne", on aurait peut-être aimé un peu plus de scènes de rencontre avec ce mode de vie là, à l'image de celle dans le restaurant, même si, on le concède, cela n'aurait pas été non plus un point très original. Et Matt Ross s'en tire avec d'autres types de confrontation, plus humains, comiques ou non.
"Captain Fantastic" est ainsi un vrai coup de coeur de fin d'année dernière, un film qui retient l'attention et marque par toutes les valeurs et réflexions qu'il entend faire partager. Complet, il oscille entre drame et comédie dans un équilibre sérieux, servi par des comédiens formidables, petits comme grands.
Ben Cash (Viggo Mortensen, excellent) vit avec sa femme, Leslie, et ses six enfants au coeur de la nature sauvage américaine, au milieu de la forêt. Reclus du monde extérieur et "moderne", le père de famille propose un cadre rigoureux d'éducation, tendance très alternative, à sa progéniture, aussi bien intellectuellement que physiquement. Leur existence va être bousculée par le suicide de Leslie, qui était hospitalisée pour des troubles bipolaires. Toute la petite famille va devoir affronter la réalité du monde "extérieur" afin d'assister à l'enterrement...
J'aime :
* Le scénario. Il est follement original, bourré de références, et pose une multitude de questionnements, tout en nuances, sur notre société moderne, sans jamais non plus affirmer que le retour à l'état de nature est le meilleur des mondes pour autant. C'est évidemment par cette progéniture à la fois nombreuse et variée, heureuse et intelligente même si élevée à la dure, que, plongée dans la "réalité" du bitume, va se faire cette connexion et les réflexions qui vont avec.
* Le casting. Viggo Mortensen, éblouissant en Robinson Crusoë altermondialiste et survivaliste, mène une sacré troupe de jeunes acteurs tous aussi doués les uns que les autres. Chapeau bas.
* La photographie. Elle est française d'ailleurs et est très belle, notamment dans la première partie du film au coeur de la forêt américaine.
* Les décors. Si l'environnement naturel est splendide, que dire des magnifiques décors, notamment le camp de base de la famille Cash dans la forêt et son bus-camping-car.
J'aime pas :
* Si les enfants de la famille Cash ne sont pas totalement étrangers non plus à tous les éléments de la vie "moderne", on aurait peut-être aimé un peu plus de scènes de rencontre avec ce mode de vie là, à l'image de celle dans le restaurant, même si, on le concède, cela n'aurait pas été non plus un point très original. Et Matt Ross s'en tire avec d'autres types de confrontation, plus humains, comiques ou non.
"Captain Fantastic" est ainsi un vrai coup de coeur de fin d'année dernière, un film qui retient l'attention et marque par toutes les valeurs et réflexions qu'il entend faire partager. Complet, il oscille entre drame et comédie dans un équilibre sérieux, servi par des comédiens formidables, petits comme grands.
mardi 17 janvier 2017
Le Juge et l'assassin (1976)
Je n'ai pas vu beaucoup de films de Bertrand Tavernier, à mon grand regret. Alors en voici un au passage.
L'histoire s'inspire très fortement de la balade meurtrière à travers la France de Joseph Vacher, un tueur en série de la fin du 19e siècle, qui a violé et tué des dizaines de jeunes adolescents, souvent des bergers et bergères. Ici, on a affaire à Joseph Bouvier (Michel Galabru, formidable), qui vient d'être réformé de l'armée. Alors qu'il pense pouvoir retrouver et se marier avec sa fiancée, cette dernière se refuse finalement à lui. Joseph Bouvier lui tire dessus et tente de se suicider dans la foulée. Les deux victimes survivent et l'amoureux éconduit est envoyé à l'asile. S'il est simple d'esprit, il n'est pas fou pour autant et il est déclaré guéri malgré ses deux balles restées figées dans le crâne. Sa sortie coïncide alors avec une longue période de vagabondage durant laquelle il va commettre ses meurtres. De son côté, le juge Emile Rousseau (Philippe Noiret, excellent) s'intéresse à cette série de crimes, persuadé qu'il s'agit du même auteur. Lorsqu'il arrive enfin à mettre la main sur Joseph Bouvier, pris en flagrant délit, commence alors une longue et subtile négociation pour obtenir de ce dernier des aveux complets...
J'aime :
* Le scénario. Il est passionnant, d'autant plus que cette fameuse histoire criminelle est ainsi fidèlement adaptée des faits réels. Certes, le contexte historique fait que l'enquête policière n'est pas comme ce qu'on connaît de nos jours et en est réduite aux théories du juge Rousseau sur sa carte de France - c'est donc très statique de son côté, mais le charme opère tout de même.
* Le casting. Un duel de monstres sacrés à l'affiche avec le facétieux Philippe Noiret face à un Michel Galabru dans un rôle très loin de ses personnages comiques un peu idiots. Ici, il joue une autre sorte d'idiot justement, dans la noirceur et il tient sans doute ici son meilleur rôle (récompensé d'un César). Longtemps séparés, ils "s'affrontent" dans la dernière partie dans un délicieux jeu de poker menteur. De solides seconds rôles également à l'image de Jean-Claude Brialy et Isabelle Huppert.
* Les décors. Dans la partie qui suit Joseph Bouvier, une grande place est donnée aux extérieurs puisqu'il se balade à travers les campagnes, et tous ces environnements naturels, notamment en Ardèche, sont superbes.
* La transposition. Ce n'est pas qu'un film d'époque avec costumes et décors, Bertrand Tavernier va plus loin en retranscrivant également tout le contexte politique et social (époque post-Commune de Paris, grèves, etc.) de manière très juste.
J'aime pas :
* Comme je le disais dans mon commentaire sur le scénario, trop habitué aux thrillers d'aujourd'hui avec leurs enquêtes haletantes, on peut ressentir ce manque d'une chasse à l'homme à travers les campagnes françaises. Cela fait qu'avant la rencontre des deux protagonistes principaux, la partie sur le juge peut paraître un peu trop bavarde et manquant d'action. Une fois leur réunion effective, c'est peut-être un peu long également.
"Le Juge et l'assassin" reste néanmoins un film passionnant, qui m'a donné envie d'en lire plus sur l'histoire de ce terrifiant Joseph Vacher. Bertrand Tavernier, dans l'une de ses premières oeuvres, filme déjà avec maestria cette quête immorale d'un homme malade et violent dont les pulsions non contrôlées vont le pousser à commettre ces crimes sordides. Du grand art.
L'histoire s'inspire très fortement de la balade meurtrière à travers la France de Joseph Vacher, un tueur en série de la fin du 19e siècle, qui a violé et tué des dizaines de jeunes adolescents, souvent des bergers et bergères. Ici, on a affaire à Joseph Bouvier (Michel Galabru, formidable), qui vient d'être réformé de l'armée. Alors qu'il pense pouvoir retrouver et se marier avec sa fiancée, cette dernière se refuse finalement à lui. Joseph Bouvier lui tire dessus et tente de se suicider dans la foulée. Les deux victimes survivent et l'amoureux éconduit est envoyé à l'asile. S'il est simple d'esprit, il n'est pas fou pour autant et il est déclaré guéri malgré ses deux balles restées figées dans le crâne. Sa sortie coïncide alors avec une longue période de vagabondage durant laquelle il va commettre ses meurtres. De son côté, le juge Emile Rousseau (Philippe Noiret, excellent) s'intéresse à cette série de crimes, persuadé qu'il s'agit du même auteur. Lorsqu'il arrive enfin à mettre la main sur Joseph Bouvier, pris en flagrant délit, commence alors une longue et subtile négociation pour obtenir de ce dernier des aveux complets...
J'aime :
* Le scénario. Il est passionnant, d'autant plus que cette fameuse histoire criminelle est ainsi fidèlement adaptée des faits réels. Certes, le contexte historique fait que l'enquête policière n'est pas comme ce qu'on connaît de nos jours et en est réduite aux théories du juge Rousseau sur sa carte de France - c'est donc très statique de son côté, mais le charme opère tout de même.
* Le casting. Un duel de monstres sacrés à l'affiche avec le facétieux Philippe Noiret face à un Michel Galabru dans un rôle très loin de ses personnages comiques un peu idiots. Ici, il joue une autre sorte d'idiot justement, dans la noirceur et il tient sans doute ici son meilleur rôle (récompensé d'un César). Longtemps séparés, ils "s'affrontent" dans la dernière partie dans un délicieux jeu de poker menteur. De solides seconds rôles également à l'image de Jean-Claude Brialy et Isabelle Huppert.
* Les décors. Dans la partie qui suit Joseph Bouvier, une grande place est donnée aux extérieurs puisqu'il se balade à travers les campagnes, et tous ces environnements naturels, notamment en Ardèche, sont superbes.
* La transposition. Ce n'est pas qu'un film d'époque avec costumes et décors, Bertrand Tavernier va plus loin en retranscrivant également tout le contexte politique et social (époque post-Commune de Paris, grèves, etc.) de manière très juste.
J'aime pas :
* Comme je le disais dans mon commentaire sur le scénario, trop habitué aux thrillers d'aujourd'hui avec leurs enquêtes haletantes, on peut ressentir ce manque d'une chasse à l'homme à travers les campagnes françaises. Cela fait qu'avant la rencontre des deux protagonistes principaux, la partie sur le juge peut paraître un peu trop bavarde et manquant d'action. Une fois leur réunion effective, c'est peut-être un peu long également.
"Le Juge et l'assassin" reste néanmoins un film passionnant, qui m'a donné envie d'en lire plus sur l'histoire de ce terrifiant Joseph Vacher. Bertrand Tavernier, dans l'une de ses premières oeuvres, filme déjà avec maestria cette quête immorale d'un homme malade et violent dont les pulsions non contrôlées vont le pousser à commettre ces crimes sordides. Du grand art.
jeudi 12 janvier 2017
The Secret life of pets (2016)
La bande-annonce de ce nouveau film des créateurs des Minions donnait plutôt envie. Mais la déception est plutôt au rendez-vous.
L'histoire se déroule à New York et nous plonge dans le quotidien de Max (voix de Louis C.K., bien), un petit chien sympa et docile, bouleversé par l'arrivée d'un nouveau compagnon encombrant dans son appartement, Duke. Leur relation commence sous les plus mauvais auspices et lors d'une promenade, les deux chiens s'égarent dans les rues de la ville. Alors qu'ils sont aux prises avec le personnel de la fourrière, ils rencontrent Snowball (voix de Kevin Hart, excellent), un lapin nain hystérique bien décidé à venger sa troupe abandonnée de leurs maîtres humains. Pendant ce temps-là, les amis de Max tentent également de le retrouver...
J'aime :
* Les graphismes. C'est assez simpliste, comme dans la série des "Despicable me", mais un peu plus élaboré quand même car il faut représenter New York. C'est plutôt joli dans l'ensemble et les animaux sont bien faits, tous mignons.
* Les personnages. Si les héros (Max surtout) sont plutôt consensuels, le lapin nain vengeur (clin d'oeil aux Monty Python ?) est une belle trouvaille, tout comme certains autres personnages secondaires comme l'aigle Tiberius (doublé par Albert Brooks, toujours lui).
* Le casting. Que du bon, avec pas mal d'acteurs du "Saturday Night Live" ou de séries, à l'image de Louis C.K.. Mais c'est vraiment Kevin Hart qui remporte la palme.
J'aime pas :
* Le scénario. Il ne manque pas totalement d'originalité, mais on ne s'attend pas non plus à voir ça en regardant la bande-annonce et en lisant le titre. On pense que les scénaristes vont nous trouver un tas de situations marrantes sur ce que font nos animaux de compagnie quand nous avons le dos tourné. Au final, c'est une aventure plutôt sympa, mais qui ne correspond pas forcément à nos attentes.
Entre deux succès avec ses Minions, Chris Renaud s'est lancé dans cet intermède animalier plus convenu et moins surprenant. Mais ce n'est pas forcément un mauvais divertissement, c'est sympathique, sans plus.
L'histoire se déroule à New York et nous plonge dans le quotidien de Max (voix de Louis C.K., bien), un petit chien sympa et docile, bouleversé par l'arrivée d'un nouveau compagnon encombrant dans son appartement, Duke. Leur relation commence sous les plus mauvais auspices et lors d'une promenade, les deux chiens s'égarent dans les rues de la ville. Alors qu'ils sont aux prises avec le personnel de la fourrière, ils rencontrent Snowball (voix de Kevin Hart, excellent), un lapin nain hystérique bien décidé à venger sa troupe abandonnée de leurs maîtres humains. Pendant ce temps-là, les amis de Max tentent également de le retrouver...
J'aime :
* Les graphismes. C'est assez simpliste, comme dans la série des "Despicable me", mais un peu plus élaboré quand même car il faut représenter New York. C'est plutôt joli dans l'ensemble et les animaux sont bien faits, tous mignons.
* Les personnages. Si les héros (Max surtout) sont plutôt consensuels, le lapin nain vengeur (clin d'oeil aux Monty Python ?) est une belle trouvaille, tout comme certains autres personnages secondaires comme l'aigle Tiberius (doublé par Albert Brooks, toujours lui).
* Le casting. Que du bon, avec pas mal d'acteurs du "Saturday Night Live" ou de séries, à l'image de Louis C.K.. Mais c'est vraiment Kevin Hart qui remporte la palme.
J'aime pas :
* Le scénario. Il ne manque pas totalement d'originalité, mais on ne s'attend pas non plus à voir ça en regardant la bande-annonce et en lisant le titre. On pense que les scénaristes vont nous trouver un tas de situations marrantes sur ce que font nos animaux de compagnie quand nous avons le dos tourné. Au final, c'est une aventure plutôt sympa, mais qui ne correspond pas forcément à nos attentes.
Entre deux succès avec ses Minions, Chris Renaud s'est lancé dans cet intermède animalier plus convenu et moins surprenant. Mais ce n'est pas forcément un mauvais divertissement, c'est sympathique, sans plus.
jeudi 5 janvier 2017
Finding Dory (2016)
Treize ans plus tard, voici la suite attendue du délicieux "Finding Nemo". Ce n'est pas aussi bien, mais c'est plutôt mignon.
Ce n'est pas treize, mais seulement un an après la disparition et le sauvetage du petit Nemo que cette nouvelle histoire commence. Dory (voix de Ellen DeGeneres, très bien), l'amie facétieuse de Marlin (voix d'Albert Brooks, bien) et Nemo, dont la mémoire lui joue de sacrés tours, s'en vient soudainement à se souvenir de ses parents. Elle décide alors de partir immédiatement à leur recherche, jusqu'à un institut de biologie marine de Californie. Inquiets, Marlin et Nemo, qui n'ont pas été prévenus, doivent alors se mettre eux aussi en quête de Dory...
J'aime :
* Les graphismes. Retranscrire ainsi les fonds marins et sa faune est un sacré défi une nouvelle fois rempli de main de maître par les équipes de Pixar. On peut compter sur eux pour voir un "beau" dessin-animé et les personnages sont vraiment trop mignons, notamment Dory jeune.
* Le rythme. On ne s'ennuie guère, notamment car au lieu d'une seule mission de recherche, comme dans le premier épisode, il y en a cette fois-ci deux (Marlin et Nemo recherchent Dory qui recherche ses parents).
* L'humour. Si Dory est un peu plus stressée dans ce film-ci, elle n'en reste pas moins adorable et la plupart des personnages contribue à la bonne humeur régnante, sans oublier toutes les péripéties très bien imaginées par les scénaristes, dans l'institut de biologie marine surtout car ils n'oublient jamais qu'il faut toujours trouver un stratagème aquatique pour que les poissons se déplacent. Il n'y a que la pieuvre Hank, nouveau personnage sympa au passage, qui peut s'en affranchir.
* Le casting. Personnage secondaire dans le premier épisode, Dory se retrouve propulsée en tête d'affiche et Ellen DeGeneres avec. Mais on peut largement compter sur elle, tout comme sur le reste des voix de haute volée (Albert Brooks, Diane Keaton, Eugene Levy, Idris Elba, Dominic West...).
J'aime pas :
* Le scénario. Certes, l'idée de calquer l'histoire de ce nouvel épisode sur celle du précédent en mettant à nouveau une recherche comme fil rouge n'est pas non plus bête, mais il y a moins de suspense car Dory ne disparaît pas totalement comme Nemo avait pu se volatiliser sans que l'on sache quasiment jusqu'à la fin où il était. Puis, même s'il est une caution un peu originale comme décor, l'institut de biologie marine n'offre pas autant de beauté et de mystère que les fonds marins.
* L'absence de méchants. Il n'y en a aucun dans cet épisode, aucune bête aquatique féroce ou volatile abruti (ici ils sont aidants) ne vient ennuyer nos héros et il ne reste que les humains qui sont des ennemis involontaires et finalement peu contraignants (à part les enfants à un moment). Hank, qui reste assez ambigu, aurait pu être ce très bon méchant.
"Finding Dory" est donc une suite plutôt sympa à "Finding Nemo", même si elle n'apparaît pas vraiment nécessaire au final. Malgré de nouveaux personnages attachants, il manque la magie aquatique du premier.
Ce n'est pas treize, mais seulement un an après la disparition et le sauvetage du petit Nemo que cette nouvelle histoire commence. Dory (voix de Ellen DeGeneres, très bien), l'amie facétieuse de Marlin (voix d'Albert Brooks, bien) et Nemo, dont la mémoire lui joue de sacrés tours, s'en vient soudainement à se souvenir de ses parents. Elle décide alors de partir immédiatement à leur recherche, jusqu'à un institut de biologie marine de Californie. Inquiets, Marlin et Nemo, qui n'ont pas été prévenus, doivent alors se mettre eux aussi en quête de Dory...
J'aime :
* Les graphismes. Retranscrire ainsi les fonds marins et sa faune est un sacré défi une nouvelle fois rempli de main de maître par les équipes de Pixar. On peut compter sur eux pour voir un "beau" dessin-animé et les personnages sont vraiment trop mignons, notamment Dory jeune.
* Le rythme. On ne s'ennuie guère, notamment car au lieu d'une seule mission de recherche, comme dans le premier épisode, il y en a cette fois-ci deux (Marlin et Nemo recherchent Dory qui recherche ses parents).
* L'humour. Si Dory est un peu plus stressée dans ce film-ci, elle n'en reste pas moins adorable et la plupart des personnages contribue à la bonne humeur régnante, sans oublier toutes les péripéties très bien imaginées par les scénaristes, dans l'institut de biologie marine surtout car ils n'oublient jamais qu'il faut toujours trouver un stratagème aquatique pour que les poissons se déplacent. Il n'y a que la pieuvre Hank, nouveau personnage sympa au passage, qui peut s'en affranchir.
* Le casting. Personnage secondaire dans le premier épisode, Dory se retrouve propulsée en tête d'affiche et Ellen DeGeneres avec. Mais on peut largement compter sur elle, tout comme sur le reste des voix de haute volée (Albert Brooks, Diane Keaton, Eugene Levy, Idris Elba, Dominic West...).
J'aime pas :
* Le scénario. Certes, l'idée de calquer l'histoire de ce nouvel épisode sur celle du précédent en mettant à nouveau une recherche comme fil rouge n'est pas non plus bête, mais il y a moins de suspense car Dory ne disparaît pas totalement comme Nemo avait pu se volatiliser sans que l'on sache quasiment jusqu'à la fin où il était. Puis, même s'il est une caution un peu originale comme décor, l'institut de biologie marine n'offre pas autant de beauté et de mystère que les fonds marins.
* L'absence de méchants. Il n'y en a aucun dans cet épisode, aucune bête aquatique féroce ou volatile abruti (ici ils sont aidants) ne vient ennuyer nos héros et il ne reste que les humains qui sont des ennemis involontaires et finalement peu contraignants (à part les enfants à un moment). Hank, qui reste assez ambigu, aurait pu être ce très bon méchant.
"Finding Dory" est donc une suite plutôt sympa à "Finding Nemo", même si elle n'apparaît pas vraiment nécessaire au final. Malgré de nouveaux personnages attachants, il manque la magie aquatique du premier.
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