Je vous ai déjà parlé de films que j'ai été voir en traînant un peu les pieds ou les mains dans les poches, et qui se révèlent de bonnes surprises. C'est le cas de ce "Jack Reacher"dont le titre et la bande-annonce me faisaient pourtant penser à une énième série B sans âme. Eh bien, ce n'est pas vraiment ça.
On ne sait pas trop encore s'il y aura d'autres aventures de ce nouveau héros cinématographique (adapté d'une série de romans), mais on ne dira pas qu'il est extrêmement original. Jack Reacher (Tom Cruise, qui se la raconte un peu trop) est un vétéran de l'armée américaine qui vit désormais sa vie en solitaire et le plus incognito possible. Il va cependant devoir réapparaître à la demande d'un autre vétéran accusé d'avoir tué plusieurs personnes au hasard à Pittsburgh, à la manière d'un sniper.
Jack Reacher va alors reprendre l'enquête, dont toutes les preuves mènent pourtant à l'accusé, en compagnie de l'avocate de ce dernier, Helen Rodin (Rosamund Pike, bien). Ils vont vite découvrir que tous les protagonistes de l'affaire ne sont pas nets, de l'inspecteur au procureur, père de Helen Rodin...
J'aime :
* Le scénario. Si l'on n'est jamais vraiment surpris par les rebondissements de l'enquête, cette dernière est plutôt plaisante, menée tambour battant par notre duo d'enquêteurs, enfin surtout Jack Reacher qui donne souvent de sa personne.
* Le casting, plutôt bon dans l'ensemble, avec en plus du duo principal un Robert Duvall drôle et cabotin, un étonnant Werner Herzog, un peu caricatural tout de même, et l'excellent David Oyelowo.
* Le lieu. J'aime assez ces histoires qui se passent, pour une fois, en dehors de New York ou Los Angeles. Ici, c'est Pittsburgh, ville tout à fait ordinaire des Etats-Unis, mais ça change et c'est bien.
J'aime pas :
* Tom Cruise. Attention, je suis très admiratif de son talent dans certains films, mais ici le rôle de Jack Reacher ne va pas aider l'acteur à sortir de l'ordinaire et de son côté tête à claques. Il est ici complètement attendu et constamment dans les excès : trop fort (la moindre brute finit au tapis), trop intelligent (il sait tout mieux que sa partenaire avocate), trop beau (partout où il passe, les filles se retournent).
* L'équilibre sérieux-humour. Il s'agit principalement d'un thriller, mais qques séquences humoristiques s'y sont glissées comme ce moment où deux types costauds se mettent sur la tronche parce qu'ils veulent tous les deux tabasser Jack Reacher. Alors, certes, c'est plutôt drôle, mais totalement absurde vu le contexte !
* Le titre. Je ne sais pas s'il y aura d'autres épisodes, mais j'espère que ce ne sera pas "Jack Reacher 2, 3, 4...". Certes, c'est bien un "héros", mais même Jason Bourne ou Jack Bauer n'ont pas l'oeuvre de leurs exploits à leur nom. C'est peut-être un détail, mais je trouve que ça ringardise encore plus le film et me donnait pour le coup encore moins envie de le voir. Le titre du livre original, "One Shot", aura collé parfaitement.
Ce héros et son enquête ne vont pas révolutionner le genre, mais "Jack Reacher" parvient tout de même à remplir sa mission de nous tenir en haleine jusqu'au bout tout en nous divertissant avec sa combinaison équilibrée action-enquête. Donc, on salue encore une fois le savoir-faire américain et on ne sera pas contre un prochain épisode.
mardi 22 janvier 2013
vendredi 18 janvier 2013
The Hobbit : An Unexpected journey (2012)
Je ne suis pas forcément familier de l'heroic fantasy, mais il faut bien dire que Peter Jackson a été très fort pour en faire un divertissement grand public, en adaptant les célèbres ouvrages de Tolkien. Après une très belle trilogie, le réalisateur néo-zélandais revient en arrière et à nouveau en trois fois avec le prologue de toute cette épopée : "The Hobbit".
Dans ce premier volet (même si l'ouvrage n'en comprenait qu'un seul), nous faisons connaissance d'abord avec les nains de la Montagne solitaire chassés de leur royaume par un dragon géant, Smaug, qui convoitait leur or. Aidée par le magicien Gandalf, une équipée d'entre eux, dirigée par Thorin, va tenter de reconquérir son territoire.
Pour ce faire, Gandalf et sa bande font un détour chez le hobbit Bilbo Baggins afin que ce dernier les accompagne. Si les nains n'en voient pas l'intérêt, le magicien recommande officiellement son agilité et son odeur méconnue du dragon. D'abord réfractaire, Bilbo accepte finalement de leur venir en aide à son tour et les voilà partis pour une longue route semée d'embûches et d'ennemis tels que les orques, les trolls ou encore les gobelins...
J'aime :
* Le fabuleux univers de J.R.R. Tolkien retranscrit superbement par Peter Jackson. Les différents décors sont splendides, même si celui des Elfes fait pour le coup très artificiel. Mais on aimerait tellement vivre dans celui des hobbits !
* La profusion de séquences épiques, souvent des fuites, mais aussi pas mal de combats qui sont tout à fait réjouissants.
* Le casting, idéal. Alors on retrouve avec plaisir les mêmes "seigneurs" que lors de la précédente trilogie (Ian McKellen, Christopher Lee, ou encore Ian Holm et Elijah Wood pour une petite apparition), mais aussi des petits nouveaux, notamment l'excellent Martin Freeman, mêlant habilement couardise et bravoure, dans le rôle de Bilbo.
J'aime pas :
* Au départ, je pensais qu'il n'y avait qu'un seul film et j'ai pris peur devant la longueur du prologue ! Heureusement, il y a trois films, mais tout de même, la séquence des nains chez Bilbo, aussi loufoque soit-elle, traîne sacrément.
* Même si l'on retrouve encore différentes histoires dans l'histoire ainsi qu'un bestiaire très varié, le scénario, pour le moment, semble assez linéaire et peu surprenant. Heureusement que Gollum vient un peu troubler tout ça en fin d'épisode.
Finalement, on aurait peut-être aimé que la saga de Tolkien ait été filmée dans l'ordre, même si on comprend la logique commerciale. On était en manque de cet univers et on reste forcément un peu sur notre faim devant "The Hobbit", qui fait un peu calque ramolli malgré la qualité, une fois de plus, du film, des décors au casting. Cependant, on ne va pas bouder notre plaisir devant un excellent divertissement dont on attend impatiemment la suite.
Dans ce premier volet (même si l'ouvrage n'en comprenait qu'un seul), nous faisons connaissance d'abord avec les nains de la Montagne solitaire chassés de leur royaume par un dragon géant, Smaug, qui convoitait leur or. Aidée par le magicien Gandalf, une équipée d'entre eux, dirigée par Thorin, va tenter de reconquérir son territoire.
Pour ce faire, Gandalf et sa bande font un détour chez le hobbit Bilbo Baggins afin que ce dernier les accompagne. Si les nains n'en voient pas l'intérêt, le magicien recommande officiellement son agilité et son odeur méconnue du dragon. D'abord réfractaire, Bilbo accepte finalement de leur venir en aide à son tour et les voilà partis pour une longue route semée d'embûches et d'ennemis tels que les orques, les trolls ou encore les gobelins...
J'aime :
* Le fabuleux univers de J.R.R. Tolkien retranscrit superbement par Peter Jackson. Les différents décors sont splendides, même si celui des Elfes fait pour le coup très artificiel. Mais on aimerait tellement vivre dans celui des hobbits !
* La profusion de séquences épiques, souvent des fuites, mais aussi pas mal de combats qui sont tout à fait réjouissants.
* Le casting, idéal. Alors on retrouve avec plaisir les mêmes "seigneurs" que lors de la précédente trilogie (Ian McKellen, Christopher Lee, ou encore Ian Holm et Elijah Wood pour une petite apparition), mais aussi des petits nouveaux, notamment l'excellent Martin Freeman, mêlant habilement couardise et bravoure, dans le rôle de Bilbo.
J'aime pas :
* Au départ, je pensais qu'il n'y avait qu'un seul film et j'ai pris peur devant la longueur du prologue ! Heureusement, il y a trois films, mais tout de même, la séquence des nains chez Bilbo, aussi loufoque soit-elle, traîne sacrément.
* Même si l'on retrouve encore différentes histoires dans l'histoire ainsi qu'un bestiaire très varié, le scénario, pour le moment, semble assez linéaire et peu surprenant. Heureusement que Gollum vient un peu troubler tout ça en fin d'épisode.
Finalement, on aurait peut-être aimé que la saga de Tolkien ait été filmée dans l'ordre, même si on comprend la logique commerciale. On était en manque de cet univers et on reste forcément un peu sur notre faim devant "The Hobbit", qui fait un peu calque ramolli malgré la qualité, une fois de plus, du film, des décors au casting. Cependant, on ne va pas bouder notre plaisir devant un excellent divertissement dont on attend impatiemment la suite.
lundi 14 janvier 2013
The Squid and the whale (2005)
Noah Baumbach est un réalisateur rare que j'ai découvert avec ce film, "The Squid and the whale", puis avec le tout aussi cérébral et intéressant "Greenberg". J'y suis particulièrement attaché en tant que fan de Wes Anderson puisqu'on retrouve toute la sensibilité de ce dernier, les deux compères ayant travaillé ensemble sur les scénarios de "The Life aquatic with Steve Zissou" et "Fantastic Mr Fox". "The Squid and the whale" mit ainsi en lumière un formidable cinéaste indépendant.
Au milieu des années 1980, la famille Berkman vit à New York. Les deux parents sont des écrivains aux carrières qui se croisent. Bernard (Jeff Daniels, parfait) commence à sombrer dans l'anonymat tandis que Joan (Laura Linney, très bien) grimpe peu à peu. Mais cette rivalité latente, avec un Bernard, macho et imbu de lui-même, provoque des tensions qui aboutissent à leur séparation.
Chacun de leurs deux enfants, Walt (Jesse Eisenberg, déjà excellent) et Frank (Owen Kline, formidable), en pleine adolescence, va alors choisir son camp, tiraillé entre les deux géniteurs et surtout se retrouver bien perturbé. L'aîné, Walt, profondément littéraire et admiratif de son père, va choisir ce dernier, tandis que son cadet préférera une mère pourtant bien absente ou dans les bras de leur professeur de tennis (joué par William Baldwin, bien).
J'aime :
* Le casting. C'est vraiment un film de personnages, un quasi huis-clos avec les quatre membres de cette famille qui implose, à laquelle on ajoute des personnages secondaires, mais tout aussi intéressants, du prof de tennis et amant un peu idiot à la nouvelle colocataire de Bernard, Lili (Anna Paquin, parfaite lolita), qui n'est autre qu'une de ses élèves au lycée où il enseigne. Tous ces rôles sont extrêmement bien écrits, notamment dans leurs contradictions et réflexions les plus sombres. Et que dire de l'interprétation, formidable de bout en bout, parents comme enfants. Il y a beaucoup d'intelligence, de justesse et de maturité dans le jeu de chacun.
* Le scénario. L'histoire a beau être simple, cette chronique familiale est passionnante et poignante. C'est une succession de saynètes voyant chaque personnage plonger un peu plus dans la dépression, sauf peut-être la mère, seul personnage féminin de la famille et seul espoir aussi.
* L'univers de Noah Baumbach. Avec un esprit et une méticulosité proches de ceux de Wes Anderson, le réalisateur nous emmène sur les lieux et à l'époque de son adolescence à lui. On sent justement qu'on assiste à une oeuvre très personnelle, presque autobiographique, comme s'il nous montrait un album de famille peuplé d'anecdotes mélancoliques la plupart du temps.
* La bande originale. Là encore, avec un proche de Wes Anderson, on est certain de retrouver de la bonne musique au menu. C'est le cas avec un gros penchant pour Pink Floyd, Walt étant fan jusqu'au point de les copier d'un peu trop près...
J'aime pas :
* Très peu de choses à reprocher à ce film, si ce n'est peut-être un aspect très cérébral qui pourra en rebuter certains. Puis la décomposition inéluctable de cette famille dont on aurait tout de même aimé voir quelques moments heureux de leur existence ensemble.
Comme Wes Anderson, Noah Baumbach met la famille à l'honneur de son film, y montrant combien les liens qui l'unissent peuvent se défaire subitement, même s'ils restent à jamais tissés. C'est au final une très belle oeuvre indépendante, simple et réfléchie, par un véritable auteur trop rare dont on aimerait décidément voir plus de choses.
Au milieu des années 1980, la famille Berkman vit à New York. Les deux parents sont des écrivains aux carrières qui se croisent. Bernard (Jeff Daniels, parfait) commence à sombrer dans l'anonymat tandis que Joan (Laura Linney, très bien) grimpe peu à peu. Mais cette rivalité latente, avec un Bernard, macho et imbu de lui-même, provoque des tensions qui aboutissent à leur séparation.
Chacun de leurs deux enfants, Walt (Jesse Eisenberg, déjà excellent) et Frank (Owen Kline, formidable), en pleine adolescence, va alors choisir son camp, tiraillé entre les deux géniteurs et surtout se retrouver bien perturbé. L'aîné, Walt, profondément littéraire et admiratif de son père, va choisir ce dernier, tandis que son cadet préférera une mère pourtant bien absente ou dans les bras de leur professeur de tennis (joué par William Baldwin, bien).
J'aime :
* Le casting. C'est vraiment un film de personnages, un quasi huis-clos avec les quatre membres de cette famille qui implose, à laquelle on ajoute des personnages secondaires, mais tout aussi intéressants, du prof de tennis et amant un peu idiot à la nouvelle colocataire de Bernard, Lili (Anna Paquin, parfaite lolita), qui n'est autre qu'une de ses élèves au lycée où il enseigne. Tous ces rôles sont extrêmement bien écrits, notamment dans leurs contradictions et réflexions les plus sombres. Et que dire de l'interprétation, formidable de bout en bout, parents comme enfants. Il y a beaucoup d'intelligence, de justesse et de maturité dans le jeu de chacun.
* Le scénario. L'histoire a beau être simple, cette chronique familiale est passionnante et poignante. C'est une succession de saynètes voyant chaque personnage plonger un peu plus dans la dépression, sauf peut-être la mère, seul personnage féminin de la famille et seul espoir aussi.
* L'univers de Noah Baumbach. Avec un esprit et une méticulosité proches de ceux de Wes Anderson, le réalisateur nous emmène sur les lieux et à l'époque de son adolescence à lui. On sent justement qu'on assiste à une oeuvre très personnelle, presque autobiographique, comme s'il nous montrait un album de famille peuplé d'anecdotes mélancoliques la plupart du temps.
* La bande originale. Là encore, avec un proche de Wes Anderson, on est certain de retrouver de la bonne musique au menu. C'est le cas avec un gros penchant pour Pink Floyd, Walt étant fan jusqu'au point de les copier d'un peu trop près...
J'aime pas :
* Très peu de choses à reprocher à ce film, si ce n'est peut-être un aspect très cérébral qui pourra en rebuter certains. Puis la décomposition inéluctable de cette famille dont on aurait tout de même aimé voir quelques moments heureux de leur existence ensemble.
Comme Wes Anderson, Noah Baumbach met la famille à l'honneur de son film, y montrant combien les liens qui l'unissent peuvent se défaire subitement, même s'ils restent à jamais tissés. C'est au final une très belle oeuvre indépendante, simple et réfléchie, par un véritable auteur trop rare dont on aimerait décidément voir plus de choses.
lundi 7 janvier 2013
Diamant 13 (2009)
J'avoue, je n'ai suivi que d'un oeil ce polar sombre de Gilles Béhat, mais je crois avoir assez de restes pour en donner un certain point de vue. Pas forcément positif soit, mais pas besoin non plus de l'avoir vu de fond en comble hein.
Adapté d'un bouquin des années 1980, l'histoire est de facture très classique. Dans un lieu inconnu (mélange de France et Allemagne), Mat (Gérard Depardieu, plutôt bien) est un flic qui a déjà tout vu, assez désabusé par la vie qu'il mène désormais, plongeant d'affaire en affaire dans le néant. Cela ne va guère mieux quand son vieux compagnon Franck (Olivier Marchal, quelconque), qui a franchi allègrement les limites de l'illégalité, le fait tremper dans ses propres affaires. D'autant que l'IGS locale, incarnée par Calhoune (Asia Argento, pas du tout crédible), lui colle aussi aux basques.
J'aime :
* L'univers. Je crois que c'est l'un des points qui ressort de ce film. Le réalisateur présente un projet vraiment personnel dans une ambiance qu'il maintient de bout en bout. C'est sombre, froid et humide. Bon, ce n'est pas très réjouissant, mais le cadre est là et il n'en bouge pas, nous permettant d'y plonger les deux pieds dedans et de bien s'en imprégner.
* Gérard Depardieu. Parce qu'il montre comme souvent qu'il peut tout jouer et bien jouer. Ici, il est parfaitement crédible en vieux flic fatigué par une carrière sans doute longue comme son bras et lourde comme son ventre. On ne sent pas non plus qu'il s'investit à fond dans le rôle, mais ça passe bien. On ne peut pas en dire autant de ses partenaires, exceptée Aïssa Maïga, pas mal non plus.
J'aime pas :
* Le reste du casting. Enfin, deux autres acteurs importants du film : Olivier Marchal que je n'ai jamais trouvé bon nulle part, service minimum quoi, et surtout Asia Argento dont on se demande vraiment ce qu'elle vient faire dans ce rôle de fonctionnaire. Tout est faux, de son jeu à sa manière de parler français comme si elle recrachait son texte sans savoir ce que cela voulait dire.
* Le côté fictif des lieux. Par manque de moyens sans doute, le film a été tourné dans divers endroits peu chers de Belgique. On n'en veut pas tellement au réalisateur, mais masquer cela en ne déterminant aucun lieu précis à son polar, ça enlève une sacré dose d'intérêt. C'est parfois justement passionnant de voir le côté sombre d'une ville, quelle qu'elle soit. Ici, on ne sait donc pas où on est, curieux mélange, et assez décevant au final.
* Le scénario. Pas super original donc, mais qui offre une densité parfois bien trop complexe, surtout quand l'administration policière trempe dedans. Ce n'est pas toujours clair et ça se termine assez abruptement.
On ne peut pas toujours faire ce que l'on veut quand on n'a pas tous les moyens possibles. Gilles Béhat offre une simplicité pas déplaisante, mais qui manque clairement de solidité. On est d'autant plus déçu qu'il y avait du potentiel gâché notamment par une distribution des rôles ratée, hormis Gérard Depardieu qui porte le film à lui tout seul. Un gros dommage en somme, mais c'est pas complètement pourri.
Adapté d'un bouquin des années 1980, l'histoire est de facture très classique. Dans un lieu inconnu (mélange de France et Allemagne), Mat (Gérard Depardieu, plutôt bien) est un flic qui a déjà tout vu, assez désabusé par la vie qu'il mène désormais, plongeant d'affaire en affaire dans le néant. Cela ne va guère mieux quand son vieux compagnon Franck (Olivier Marchal, quelconque), qui a franchi allègrement les limites de l'illégalité, le fait tremper dans ses propres affaires. D'autant que l'IGS locale, incarnée par Calhoune (Asia Argento, pas du tout crédible), lui colle aussi aux basques.
J'aime :
* L'univers. Je crois que c'est l'un des points qui ressort de ce film. Le réalisateur présente un projet vraiment personnel dans une ambiance qu'il maintient de bout en bout. C'est sombre, froid et humide. Bon, ce n'est pas très réjouissant, mais le cadre est là et il n'en bouge pas, nous permettant d'y plonger les deux pieds dedans et de bien s'en imprégner.
* Gérard Depardieu. Parce qu'il montre comme souvent qu'il peut tout jouer et bien jouer. Ici, il est parfaitement crédible en vieux flic fatigué par une carrière sans doute longue comme son bras et lourde comme son ventre. On ne sent pas non plus qu'il s'investit à fond dans le rôle, mais ça passe bien. On ne peut pas en dire autant de ses partenaires, exceptée Aïssa Maïga, pas mal non plus.
J'aime pas :
* Le reste du casting. Enfin, deux autres acteurs importants du film : Olivier Marchal que je n'ai jamais trouvé bon nulle part, service minimum quoi, et surtout Asia Argento dont on se demande vraiment ce qu'elle vient faire dans ce rôle de fonctionnaire. Tout est faux, de son jeu à sa manière de parler français comme si elle recrachait son texte sans savoir ce que cela voulait dire.
* Le côté fictif des lieux. Par manque de moyens sans doute, le film a été tourné dans divers endroits peu chers de Belgique. On n'en veut pas tellement au réalisateur, mais masquer cela en ne déterminant aucun lieu précis à son polar, ça enlève une sacré dose d'intérêt. C'est parfois justement passionnant de voir le côté sombre d'une ville, quelle qu'elle soit. Ici, on ne sait donc pas où on est, curieux mélange, et assez décevant au final.
* Le scénario. Pas super original donc, mais qui offre une densité parfois bien trop complexe, surtout quand l'administration policière trempe dedans. Ce n'est pas toujours clair et ça se termine assez abruptement.
On ne peut pas toujours faire ce que l'on veut quand on n'a pas tous les moyens possibles. Gilles Béhat offre une simplicité pas déplaisante, mais qui manque clairement de solidité. On est d'autant plus déçu qu'il y avait du potentiel gâché notamment par une distribution des rôles ratée, hormis Gérard Depardieu qui porte le film à lui tout seul. Un gros dommage en somme, mais c'est pas complètement pourri.
dimanche 6 janvier 2013
Tropic Thunder (2008)
Ma première impression de "Tropic Thunder" ne fut pas la meilleure, un peu perturbé sans doute par le scénario complètement foutraque du quatrième film en tant que réalisateur de mon bien-aimé Ben Stiller et de cet humour parfois un peu décontenançant. Mais revoir ce même film entre amis m'a donné une vision bien différente et bien plus convaincante.
"Tropic Thunder", c'est donc un film dans le film où l'on retrouve plusieurs stars caricaturales du cinéma américain qui se retrouvent en Asie du Sud-Est pour le tournage d'une superproduction, adaptée d'un récit de la guerre du Vietnam et dirigée par un tâcheron faire-valoir britannique (Steve Coogan, so British). Le casting poids-lourd est ainsi composé de la superstar sur le déclin Tugg Speedman (Ben Stiller, au top de sa forme), le gros rigolo Jeff Portnoy (Jack Black, caricature de lui-même, très bon), l'autre star qui se la pète Kirk Lazarus (Robert Downey Jr, incroyable), le petit rappeur merdeux Alpa Chino (Brandon T. Jackson, très bien aussi) et le bleu Kevin Sandusky (Jay Baruchel, pas mal).
Evidemment, tout ce petit monde fait n'importe quoi, le tournage est en pleine déroute jusqu'à ce que le producteur du film, Les Grossman (Tom Cruise, génial) ne tape du poing sur la table. Le vétéran dont le livre est adapté, John Tayback (Nick Nolte, en roue libre), propose ainsi au réalisateur de lâcher tout le casting dans la nature et de le laisser se débrouiller en le filmant. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévues, les acteurs débarquant sur le territoire de rebelles locaux...
J'aime :
* Le casting. C'est quand même ce qui fait une force essentielle du film. Un tel condensé d'acteurs comiques et même pas forcément, mais qui le sont dans le film, est rare et il est ici en plein délire. Comme dans tout bon film comique, ils ont l'air de vraiment bien s'amuser et cette bonne humeur est largement communicative. On voit vraiment qu'ils se donnent à fond dans leur rôle, tous aussi absurdes et caricaturaux les uns que les autres. On donne une mention largement spéciale à Tom Cruise et à Robert Downey Jr. Le second parce que son talent comique est une fois de plus mis en valeur et le premier parce qu'il est tout juste incroyable dans ce rôle. Très grimé, il débarque grossièrement là où on ne l'attend pas du tout et déchire tout, que ce soit par ses insultes à répétition ou bien son déhanché grotesque. On peut détester la personne qu'il est dans la réalité, il prouve ici qu'il a un culot monstre et un énorme talent lui aussi.
* Le scénario. L'histoire en elle-même n'est pas si géniale que ça, mais c'est surtout le coup de pied aux fesses des grosses productions américaines qu'on apprécie. L'ironie est mordante et la caricature, sans doute bien réaliste, toujours présente. Et ce petit monde, qui est bien placé pour jouer dedans, s'en donne à coeur joie. Tous en prennent pour leur grade, des producteurs aux acteurs, en passant par les agents. C'est un vrai film sur Hollywood en somme et il ne fait pas dans la demie mesure.
* L'humour. Habitué des Buddy movies, Ben Stiller va ici au-delà en proposant un véritable univers et une farce qui mélange les genres. Il y a un côté "ZAZ" avec ses parodies (les fausses bandes-annonces du début du film notamment), Monty Python (pour l'absurdité de certains comportements et gags) et bien d'autres. C'est une tambouille généreuse qui ne s'arrête jamais dans le trash.
J'aime pas :
* Quelques longueurs. Que ce soit certains gags trop longs (dans la scène du début, entre Stiller et Downey Jr notamment) ou tellement absurdes que notre compréhension est un peu perdue, on ne peut malheureusement pas tout garder. Mais le reste compense largement tout cela, bien heureusement.
Voilà donc un film qui s'apprécie particulièrement à plusieurs car on peut se passer et repasser puis remémorer les plus beaux dialogues ou scènes ensuite à foison. Tout seul, on peut moins partager tous ces bons moments gras, et c'est sans doute pour cela qu'on accroche peut-être un peu moins. A consommer ainsi sans modération, mais si possible en bonne et amicale compagnie.
"Tropic Thunder", c'est donc un film dans le film où l'on retrouve plusieurs stars caricaturales du cinéma américain qui se retrouvent en Asie du Sud-Est pour le tournage d'une superproduction, adaptée d'un récit de la guerre du Vietnam et dirigée par un tâcheron faire-valoir britannique (Steve Coogan, so British). Le casting poids-lourd est ainsi composé de la superstar sur le déclin Tugg Speedman (Ben Stiller, au top de sa forme), le gros rigolo Jeff Portnoy (Jack Black, caricature de lui-même, très bon), l'autre star qui se la pète Kirk Lazarus (Robert Downey Jr, incroyable), le petit rappeur merdeux Alpa Chino (Brandon T. Jackson, très bien aussi) et le bleu Kevin Sandusky (Jay Baruchel, pas mal).
Evidemment, tout ce petit monde fait n'importe quoi, le tournage est en pleine déroute jusqu'à ce que le producteur du film, Les Grossman (Tom Cruise, génial) ne tape du poing sur la table. Le vétéran dont le livre est adapté, John Tayback (Nick Nolte, en roue libre), propose ainsi au réalisateur de lâcher tout le casting dans la nature et de le laisser se débrouiller en le filmant. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévues, les acteurs débarquant sur le territoire de rebelles locaux...
J'aime :
* Le casting. C'est quand même ce qui fait une force essentielle du film. Un tel condensé d'acteurs comiques et même pas forcément, mais qui le sont dans le film, est rare et il est ici en plein délire. Comme dans tout bon film comique, ils ont l'air de vraiment bien s'amuser et cette bonne humeur est largement communicative. On voit vraiment qu'ils se donnent à fond dans leur rôle, tous aussi absurdes et caricaturaux les uns que les autres. On donne une mention largement spéciale à Tom Cruise et à Robert Downey Jr. Le second parce que son talent comique est une fois de plus mis en valeur et le premier parce qu'il est tout juste incroyable dans ce rôle. Très grimé, il débarque grossièrement là où on ne l'attend pas du tout et déchire tout, que ce soit par ses insultes à répétition ou bien son déhanché grotesque. On peut détester la personne qu'il est dans la réalité, il prouve ici qu'il a un culot monstre et un énorme talent lui aussi.
* Le scénario. L'histoire en elle-même n'est pas si géniale que ça, mais c'est surtout le coup de pied aux fesses des grosses productions américaines qu'on apprécie. L'ironie est mordante et la caricature, sans doute bien réaliste, toujours présente. Et ce petit monde, qui est bien placé pour jouer dedans, s'en donne à coeur joie. Tous en prennent pour leur grade, des producteurs aux acteurs, en passant par les agents. C'est un vrai film sur Hollywood en somme et il ne fait pas dans la demie mesure.
* L'humour. Habitué des Buddy movies, Ben Stiller va ici au-delà en proposant un véritable univers et une farce qui mélange les genres. Il y a un côté "ZAZ" avec ses parodies (les fausses bandes-annonces du début du film notamment), Monty Python (pour l'absurdité de certains comportements et gags) et bien d'autres. C'est une tambouille généreuse qui ne s'arrête jamais dans le trash.
J'aime pas :
* Quelques longueurs. Que ce soit certains gags trop longs (dans la scène du début, entre Stiller et Downey Jr notamment) ou tellement absurdes que notre compréhension est un peu perdue, on ne peut malheureusement pas tout garder. Mais le reste compense largement tout cela, bien heureusement.
Voilà donc un film qui s'apprécie particulièrement à plusieurs car on peut se passer et repasser puis remémorer les plus beaux dialogues ou scènes ensuite à foison. Tout seul, on peut moins partager tous ces bons moments gras, et c'est sans doute pour cela qu'on accroche peut-être un peu moins. A consommer ainsi sans modération, mais si possible en bonne et amicale compagnie.
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