lundi 14 janvier 2013

The Squid and the whale (2005)

Noah Baumbach est un réalisateur rare que j'ai découvert avec ce film, "The Squid and the whale", puis avec le tout aussi cérébral et intéressant "Greenberg". J'y suis particulièrement attaché en tant que fan de Wes Anderson puisqu'on retrouve toute la sensibilité de ce dernier, les deux compères ayant travaillé ensemble sur les scénarios de "The Life aquatic with Steve Zissou" et "Fantastic Mr Fox". "The Squid and the whale" mit ainsi en lumière un formidable cinéaste indépendant.

Au milieu des années 1980, la famille Berkman vit à New York. Les deux parents sont des écrivains aux carrières qui se croisent. Bernard (Jeff Daniels, parfait) commence à sombrer dans l'anonymat tandis que Joan (Laura Linney, très bien) grimpe peu à peu. Mais cette rivalité latente, avec un Bernard, macho et imbu de lui-même, provoque des tensions qui aboutissent à leur séparation.

Chacun de leurs deux enfants, Walt (Jesse Eisenberg, déjà excellent) et Frank (Owen Kline, formidable), en pleine adolescence, va alors choisir son camp, tiraillé entre les deux géniteurs et surtout se retrouver bien perturbé. L'aîné, Walt, profondément littéraire et admiratif de son père, va choisir ce dernier, tandis que son cadet préférera une mère pourtant bien absente ou dans les bras de leur professeur de tennis (joué par William Baldwin, bien).

J'aime : 

* Le casting. C'est vraiment un film de personnages, un quasi huis-clos avec les quatre membres de cette famille qui implose, à laquelle on ajoute des personnages secondaires, mais tout aussi intéressants, du prof de tennis et amant un peu idiot à la nouvelle colocataire de Bernard, Lili (Anna Paquin, parfaite lolita), qui n'est autre qu'une de ses élèves au lycée où il enseigne. Tous ces rôles sont extrêmement bien écrits, notamment dans leurs contradictions et réflexions les plus sombres. Et que dire de l'interprétation, formidable de bout en bout, parents comme enfants. Il y a beaucoup d'intelligence, de justesse et de maturité dans le jeu de chacun.

* Le scénario. L'histoire a beau être simple, cette chronique familiale est passionnante et poignante. C'est une succession de saynètes voyant chaque personnage plonger un peu plus dans la dépression, sauf peut-être la mère, seul personnage féminin de la famille et seul espoir aussi.

* L'univers de Noah Baumbach. Avec un esprit et une méticulosité proches de ceux de Wes Anderson, le réalisateur nous emmène sur les lieux et à l'époque de son adolescence à lui. On sent justement qu'on assiste à une oeuvre très personnelle, presque autobiographique, comme s'il nous montrait un album de famille peuplé d'anecdotes mélancoliques la plupart du temps.

* La bande originale. Là encore, avec un proche de Wes Anderson, on est certain de retrouver de la bonne musique au menu. C'est le cas avec un gros penchant pour Pink Floyd, Walt étant fan jusqu'au point de les copier d'un peu trop près...

J'aime pas : 

* Très peu de choses à reprocher à ce film, si ce n'est peut-être un aspect très cérébral qui pourra en rebuter certains. Puis la décomposition inéluctable de cette famille dont on aurait tout de même aimé voir quelques moments heureux de leur existence ensemble.

Comme Wes Anderson, Noah Baumbach met la famille à l'honneur de son film, y montrant combien les liens qui l'unissent peuvent se défaire subitement, même s'ils restent à jamais tissés. C'est au final une très belle oeuvre indépendante, simple et réfléchie, par un véritable auteur trop rare dont on aimerait décidément voir plus de choses.

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