samedi 25 février 2023

Cry Macho (2021)

Même si je suis moins fan des derniers films de Clint Eastwood, j'ai toujours la curiosité de les regarder. Ayant eu une bonne surprise avec "The Mule", je voulais voir ce qu'il en était de ce "Cry Macho". Tout le contraire malheureusement. 

L'histoire est celle de Mike Milo (Clint Eastwood, égal à lui-même), ancienne gloire du rodéo que l'ancien patron appelle à l'aide. Il mandate le vieillard pour aller récupérer son jeune fils, Rafael (Eduardo Minett, nul), séquestré par sa mère, Leta (Fernanda Urrejola, caricaturale), au Mexique. Un long voyage semé d'embûches commence...

J'aime : 

 * Les décors. Si le tournage n'a en réalité jamais quitté les frontières américaines, les paysages du sud des Etats-Unis sont bien semblables aux mexicains et sont magnifiques.

* La photographie. Ben Davis est plutôt un habitué des films de super-héros et c'est sa première collaboration avec Clint Eastwood. Elle est réussie avec une belle mise en valeur des décors précités.

J'aime pas :

* Le scénario. Aussi prévisible que mince, il n'apporte rien de nouveau au genre, gâché même par le casting.

* Le casting. Clint Eastwood donne ses dernières forces de dur solitaire au coeur tendre avec un certain panache, mais il est bien trop âgé pour le rôle et on craint que sa grande carcasse squelettique ne finisse par craquer à chaque effort. A ses côtés, le jeune Eduardo Minett joue faux de bout en bout et Fernanda Urrejola, qu'on ne voit heureusement qu'au début, nous achève bien tôt par son jeu de télénovela. Autre second rôle, Natalia Traven est elle plus délicate et sensible (même si on se demande comment son personnage peut tomber amoureux aussi vite d'un vieux croûton).

* La mise en scène. Elle est sommaire et presque bâclée, avec nombre de séquences absurdes (notamment celles avec ce fameux coq...).

Il n'y a plus qu'à espérer que Clint Eastwood ait encore l'énergie de retenter sa chance avec un autre film que celui-ci, vieille commande négligée une première fois puis repassée par d'autres mains avant les siennes. Il mérite vraiment mieux pour achever une carrière si riche et prestigieuse.

mercredi 15 février 2023

Rocketman (2019)

Le Britannique Dexter Fletcher avait terminé "Bohemian Rhapsody" après le renvoi de Bryan Singer. Un an plus tard, il passait de Queen à Elton John avec un nouveau biopic sous contrôle de sa star. Dommage.

L'histoire est donc celle de Reginald Dwight (Taron Egerton, excellent), ce jeune pianiste prodige qui deviendra Elton John. Nous le suivons de sa jeunesse jusqu'à sa résurrection dans les années 1980 après une période délicate, malgré son succès immense, marquée par les excès de drogue et d'alcool. 

J'aime : 

* La bande originale. Le film ne va pas au-delà des années 1980, mais on a déjà droit à un petit best of sympa des chansons d'Elton John. Elles sont interprétées par Taron Egerton lui-même avec brio.

* La reconstitution. Que ce soit le physique, les costumes extravagants d'Elton John ou les lieux et scènes qu'il a fréquentés, tout est très bien restitué.

* Le casting. Taron Egerton crève l'écran, bien plus que Rami Malek en Freddie Mercury je trouve, avec de bons seconds rôles dont Bryce Dallas Howard dans le rôle de la mère d'Elton John.

J'aime pas :

* Le scénario. La volonté de faire de ce biopic une véritable comédie musicale fait qu'on ne sait pas vraiment séparer la vérité de la fiction et que, malgré la flamboyance des scènes musicales, le film en devient limite ennuyeux. 

Si Elton John ne cache pas ses sérieux problèmes d'alcool et de drogue dans "son" film, dont le fil rouge est d'ailleurs un cercle de parole de toxicomanes, il nous propose son "Bohemian Rhapsody" à lui. Avec un meilleur interprète, mais n'apportant pas plus de crédibilité car trop lisse et clinquant. Reste Taron Egerton et les morceaux éternels.

vendredi 3 février 2023

The Menu (2022)

Je n'avais pas franchement envie d'aller voir ce film au cinéma, mais j'y ai été traîné. Pas de bonne surprise malheureusement de la part de Mark Mylod, plus connu pour avoir dirigé des épisodes de séries et dont c'est d'ailleurs une oeuvre de commande (un autre réalisateur était prévu à l'origine). 

L'histoire est celle d'un petit groupe de personnes (critiques gastronomiques, couples, traders...) se rendant sur une île abritant un restaurant gastronomique. Le propriétaire et chef renommé, Julian Slowik (Ralph Fiennes, bien), leur a préparé un menu exclusif, mais le dîner ne va pas se passer exactement comme les convives l'avaient imaginé...

J'aime :

* Le casting. Face à un Ralph Fiennes glaçant à souhait, Anya Taylor-Joy, émancipée de "The Queen's Gambit", lui tient parfaitement tête. Le reste de la troupe est moins connu (et convaincant), en dehors de John Leguizamo, très à l'aise dans le rôle d'un acteur has been.

* La mise en scène. Il y a des huis-clos moins réussis, mais celui-ci a au moins le mérite d'être bien dirigé.

* Les décors. Les lieux, froids et épurés, correspondent parfaitement à la personnalité de Julian Slowik. Et au-delà de ça, les plats, réalisés par un(e) vrai(e) chef(fe), sont superbes.   

* Le scénario. L'idée de départ est excellente et originale, mais...

J'aime pas :

* On soupire face à une avalanche d'invraisemblances ("tout ça pour ça", se dit-on à la fin), un ton jamais vraiment assumé et bancal entre thriller et comédie, et une passivité des personnages face à ce qui les attend franchement irritante. 

Si l'enrobage (décors, mise en scène et casting) donne envie, le mets servi par Mark Mylod nous reste sur l'estomac et on frôle l'indigestion.