mardi 30 décembre 2014

You will meet a dark tall stranger (2010)

Entre son réjouissant retour à New York ("Whatever Works") et son escapade parisienne saluée par tous ("Midnight in Paris"), Woody Allen était revenu faire un petit tour à Londres pour une oeuvre gentille, mais discrète, aussi mineure qu'on le dit.

Comme souvent avec le cinéaste américain, nous avons le droit à un véritable vaudeville et un paquet de personnages. Ici, nous retrouvons le brave et riche Alfie (Anthony Hopkins, très bien) qui décide de changer de vie malgré son âge avancé, laissant de côté Helena (Gemma Jones, excellente), son épouse qui n'arrive pas à suivre sa terrible envie de jeunesse. Tandis que le premier va jouir de sa liberté auprès d'une cruche plus jeune, Charmaine (Lucy Punch, pas mal), la seconde sombre dans la dépression jusqu'à rencontrer une voyante qui lui redonne espoir. Mais les prédictions de cette dernière ennuient profondément la fille du couple, Sally (Naomi Watts, bien), qui se démène dans le milieu de l'art londonien, et encore plus son mari, Roy (Josh Brolin, bien aussi), écrivain en quête d'un deuxième roman à succès. La relation de ces derniers est au plus bas, Sally lorgnant sur son chef, Greg (Antonio Banderas, sobre), tandis que Roy espionne amoureusement leur voisine d'en face, Dia (Freida Pinto, délicieuse). Comment tout cela va-t-il se terminer ?

J'aime : 

* Le casting. C'est souvent ce qui peut rattraper un scénario plus faible de Woody Allen. Ici, on a le droit à une jolie troupe qui montre tout son talent à se glisser dans des personnages 100% Alleniens. Pour certains, c'est loin de leurs rôles habituels (Josh Brolin, Antonio Banderas), mais tous jouent très juste !

* La bande originale. Toujours discrète, mais délicieusement jazzy, collant bien avec l'ambiance de vaudeville du film.

* Le scénario. Globalement, il n'y a pas vraiment de fil rouge à part peut-être les aventures d'Alfie avec sa blonde et Helena avec sa voyante, mais les aventures de Sally et Roy sont toutes aussi primordiales. Le tout est assez plaisant, mais...

J'aime pas : 

* Trop de légèreté. On aurait aimé plus d'entrecroisements, d'interactions entre les différents personnages, pour complexifier un peu les choses et rendre un peu plus denses les compositions de ces mêmes personnages. Certes, Woody Allen ne fait jamais vraiment dans le happy end et distille son ironie ici et là, mais chaque petite histoire est malheureusement un peu trop survolée.

Il y avait beaucoup de potentiel dans ce marivaudage de Woody Allen, mais le cinéaste a sans doute été un peu trop paresseux cette fois-ci pour aller plus loin. Il a en tout cas su profiter de Londres une nouvelle fois et d'une belle brochette de comédiens, et cela nous ravit quand même un minimum.

samedi 27 décembre 2014

Taxi Driver (1976)

Il me manque un sacré paquet de chefs d'oeuvre à voir. Manque corrigé avec "Taxi Driver", LE film de Martin Scorsese (avec "Goodfellas que je n'ai pas encore vu !). Et bien, j'ai plutôt été gâté, même si j'émettrais bien un petit bémol.

Martin Scorsese, ou plutôt son scénariste Paul Schrader, nous emmène dans le New York hétéroclite et interlope des années 1970. Travis Bickle (Robert de Niro, époustouflant) est un jeune vétéran du Vietnam, insomniaque, qui trouve un boulot de chauffeur de taxi. Il tombe amoureux de Betsy (Cybill Shepherd, très bien), volontaire pour la campagne aux primaires démocrates du candidat Charles Palantine (Leonard Harris, bien). Alors que sa cour semble fonctionner, Travis se fait finalement éconduire par la belle blonde lorsqu'il l'emmène maladroitement voir un film porno au cinéma. Furieux qu'elle ne veuille plus le voir, Travis décide de préparer un attentat contre Charles Palantine. Au même moment, il rencontre Iris (Jodie Foster, formidable), une prostituée mineure qu'il va vouloir prendre sous son aile...

J'aime : 

* La mise en scène. "Taxi Driver" permet de voir tout le talent du jeune Martin Scorsese et notamment son style bien à lui, brut et tranchant, avec une foule de plans splendides, très créatifs, dont on retiendra notamment celui de la scène de crime.

* Le casting. De grands acteurs en devenir, et déjà très grands d'ailleurs, à l'image d'un Robert de Niro qui crève l'écran, à la fois suave et hyper inquiétant, presque imprévisible. Autre étoile qui brille déjà, la toute jeune Jodie Foster dans un rôle complexe d'ado prostituée, mais qu'elle joue avec une justesse phénoménale. A noter aussi les quasi débutants Harvey Keitel et Albert Brooks.

* La musique. Martin Scorsese s'est attaché les services du compositeur fétiche d'Alfred Hitchcock, Bernard Hermann, qui signait là sa dernière bande originale, sous le signe du jazz, hallucinée et hallucinante, collant parfaitement à l'atmosphère nocturne du film.

* La photographie. Signée Michael Chapman, elle est somptueuse, nous glissant parfaitement dans cette ambiance chaotique du New York chaud des années 1970, où la violence rôde à chaque coin de rue.

* Le scénario. C'est le seul point sur lequel je vois quelque chose à redire (voir ci-dessous), même si cette descente aux enfers du vétéran frustré Travis Bickle se terminant par une rédemption est tout de même une histoire fascinante.

J'aime pas : 

* Le dénouement. C'est un peu la frustration du film que ce changement de scénario aux 3/4 du film. Pas qu'il ne soit inintéressant, au contraire, mais il intervient trop tard et au final, la relation entre Travis et Iris est réduite à la portion congrue, alors qu'il y avait quelque chose de très fort derrière.

Mis à part ce dernier point qui est un peu dommage, "Taxi Driver" mérite entièrement tous les éloges qu'il continue de susciter encore aujourd'hui. C'est un film très fort, porté par un tout (mise en scène, casting, musique, etc.) au zénith. Bravo Martin Scorsese.

samedi 20 décembre 2014

Medianeras (2011)

Après l'excellent "El Secreto de sus ojos", voici le deuxième film argentin que je suis amené à voir, un peu par hasard d'ailleurs. Et encore une très belle surprise, à saluer d'autant qu'il s'agit du premier long-métrage de Gustavo Taretto.

L'histoire se déroule à Buenos Aires, où Martin (Javier Drolas, très bien), graphiste, vit confiné chez lui, constamment sur Internet, depuis que sa copine l'a quitté pour les Etats-Unis, en lui laissant son chien pour seul compagnon. Dans un immeuble voisin, Mariana (Pilar Lopez de Ayala, très bien aussi), elle aussi récemment séparée, traîne son spleen avec les mannequins qu'elle installe dans les vitrines des magasins. Chacun de leur côté, ces êtres proches et loin à la fois cherchent à refaire leur vie et vont tenter des expériences afin de retrouver l'âme sœur...

J'aime : 

* Le scénario. On retrouve dans cette jolie comédie romantique des inspirations aussi bien américaines que françaises. Américaines pour ce côté urbain (la balade non-touristique dans Buenos Aires comme on peut avoir des balades non-touristiques dans New York) et moderne (l'usage d'Internet, des réseaux sociaux), et françaises pour ces deux héros torturés, gauches et non dénués de tendresse, ainsi que pour ce goût des détails originaux (elle fan de "Où est Charlie ?" et monte tous les étages à pied, lui avec le chien de son ex). Ce croisement incessant des héros est aussi intéressant, jusqu'au dénouement.

* Le casting. Pilar Lopez de Ayala et Javier Drolas constituent deux âmes un peu perdues dans cette grande ville qu'est Buenos Aires, à la recherche d'un rebondissement dans leur vie qui ne semble jamais venir. Sans être des canons de beauté, tous deux ont un charme tout à fait hispanique.

* L'environnement. Comme elle n'est pas forcément filmée à destination d'un public étranger, on ne visite pas vraiment Buenos Aires qui apparaît comme une grande ville lambda, mais c'est une autre façon de la découvrir et ce n'est pas plus mal.

J'aime pas : 

* Malgré leurs histoires intéressantes en parallèle, on aurait bien aimé voir nos deux tourtereaux se rencontrer plus tôt dans le film, mais le dénouement reste malgré tout une belle originalité.

Encore une bonne pioche donc que ce "Medianeras" qui prouve qu'on peut voir de jolies choses, sympas et originales, ailleurs qu'en France et aux Etats-Unis, il faut simplement se laisser porter par la curiosité, ce que je ne fais malheureusement pas assez !

vendredi 12 décembre 2014

Playing for keeps (2012)

Flop suprême aux Etats-Unis, cette comédie romantique de l'Italien Gabriele Muccino est sortie directement en DVD en France. Cela se comprend, pourtant il y avait du beau monde au casting. On se demande bien pourquoi justement.

L'histoire est simplissime. George (Gerard Butler, pas mal) est un ancien footballeur anglais qui a terminé sa carrière aux Etats-Unis. Il y passe sa retraite, mais est loin d'être plein aux as. Divorcé de Stacie (Jessica Biel, bien), il s'occupe encore un peu de leur fils Lewis en l'emmenant à ses entraînements de foot qu'il va être amené à diriger. Son physique et ses bons résultats font de George la coqueluche des femmes au foyer de la ville qui vont se l'arracher. Mais ce que désire l'entraîneur, c'est reconquérir son ex-femme qui s'apprête à se remarier...

J'aime : 

* Le casting. Il fallait bien trouver quelque chose. Pour une fois, c'est un rôle qui va bien à Gerard Butler que je trouve généralement falot. On ne va pas bouder notre plaisir de voir la jolie Jessica Biel et Catherine Zeta-Jones en mode cougar, même si cette dernière semble avoir pris un coup de vieux, parce que je ne l'ai pas bien reconnue, j'ai d'abord pensé à une actrice lui ressemblant... On trouve aussi quand même Uma Thurman et Dennis Quaid, qui jouent ridiculement, chacun dans leur personnage, un couple.

J'aime pas : 

* Le scénario. La trame principale est archi vue (le gentil papa divorcé qui veut reconquérir sa femme via son fils) et elle est surtout remplie de petits bouts scénaristiques inachevés et complètement absurdes : de l'homme d'affaires louche qui glisse une enveloppe de cash qui paraît sale au coach (il ne se passera rien après) aux différentes avances et/ou coucheries faites par les femmes au foyer qui n'auront ni suite ni conséquence (allez si, une fera tiquer... le fils !) et en plus, à chaque fois le coach fait l'ingénu qui est surpris que la femme veuille lui sauter dessus, en passant par le match final de la saison qui contrairement à TOUS les films sportifs ne comporte aucun suspense.

Rien de plus à dire, "Playing for keeps" n'a rien de bien particulier en dehors de cela. A la fin de ce bon gros navet pseudo romantique, une seule question nous vient à l'esprit à l'égard du casting "prestigieux" : Que sont-ils allés faire dans cette galère ?

jeudi 11 décembre 2014

Captain America : The first Avenger (2011)

Je continue mon rattrapage des films Marvel avec ce Captain America, le plus discret semble-t-il. Il faut dire qu'il n'a pas grand chose d'extraordinaire outre son super bouclier. Le premier long-métrage qui lui est consacré n'est pas non plus fou.

Le premier des "Avengers", c'est en effet chronologiquement ce Captain America. Au départ, il s'agit du jeune Steve Rogers (Chris Evans, fade), frêle Américain qui veut à tout prix s'engager dans l'armée au moment de la Seconde Guerre Mondiale. Mais son physique de gringalet l'en empêche jusqu'à ce qu'il soit remarqué lors d'une foire par le scientifique Abraham Erskine (Stanley Tucci, bien). Ce dernier, constatant l'enthousiasme et la motivation du jeune homme, l'engage alors pour qu'il soit le cobaye d'une expérience secrète menée conjointement avec l'inventeur Howard Stark (Dominic Cooper, bien aussi), papa du futur Tony Stark. De petit bonhomme, Steve Rogers passe à super homme, au physique et à la force décuplée. Si ses capacités physiques ne sont au départ pas utilisées puisqu'il ne fait que se produire en spectacle sous le nom de Captain America, le super héros va se révéler très utile lorsqu'il s'agira de combattre l'infâme nazi Johann Schmidt (Hugo Weaving, excellent), alias Crâne Rouge, qui, avec son organisation maléfique Hydra et l'application du Tesseract (un artefact divin scandinave), menace le monde...

J'aime : 

* Le scénario. L'histoire est plutôt intéressante, notamment ce mélange de contexte historique réel (la guerre, la propagande qui l'entoure) et de science-fiction vintage.

* Le casting. En dehors du rôle principal, dont je vais reparler, les seconds rôles sont tous très biens, du méchant charismatique Hugo Weaving à la jolie caution féminine Hayley Atwell en passant par un Tommy Lee Jones qui fait le job.

J'aime pas : 

* Chris Evans. Il a la gueule de l'Américain moyen qui correspond à Captain America, mais il est quand même assez fade, peut-être même encore plus quand il prend ses muscles qu'au début.

* La reconstitution. Certes, l'objectif du film n'était pas d'offrir des décors réalistes de l'époque de la Seconde Guerre Mondiale, et même si on valide l'ajout de science-fiction, tout fait beaucoup trop artificiel, on a vraiment l'impression qu'il n'y a que du fond vert et c'est un peu dommage.

* La longueur. C'est un mal de tous les films Marvel, ils sont longs, bien longs, trop longs. Ok, là y a tout le prologue, mais on rentre assez tard dans l'action pure et dure et on est un peu épuisé avant même la fin du film.

Cet épisode inaugural du Captain America est ainsi, comme la plupart des films Marvel, pas mal, mais ce n'est pas non le plus trépidant pour autant, peut-être un peu trop engoncé dans ses habits "historiques" (même si c'est original). On verra la suite !

samedi 22 novembre 2014

Dumb and Dumber to (2014)

Les suites, 20 ans après, cela peut faire (très) peur. Mais, malgré les dernières daubes de Jim Carrey, j'étais plutôt confiant sur le retour de l'un des duos les plus débiles du cinéma, surtout avec les frères Farrelly toujours aux manettes.

Où l'on retrouve Harry Dunne (Jeff Daniels, excellent) et Lloyd Christmas (Jim Carrey, génial) qui ne se sont jamais vraiment quittés ces 20 dernières années. Sauf que le second a fait croire au premier qu'il était dans paralysé et incapable de communiquer depuis tout ce temps. Mais quand Harry lui annonce qu'il va bientôt mourir s'il ne trouve pas un nouveau rein, Lloyd met fin à sa blague. Les deux compères refont la paire et vont se mettre en quête d'un organe pour Harry qui apprend par la même occasion qu'il a une fille...

J'aime :

* Le casting. Et particulièrement la performance grandiose de ces deux zozos de Jeff Daniels et Jim Carrey 20 ans après, surtout quand on sait que le premier a tout de même délaissé les rôles comiques depuis un moment. A leur âge, jouer ces personnages complètement débiles avec toujours autant de justesse (notamment un impayable Jim Carrey), c'est magique. Le reste de la distribution est moins inoubliable, moins connu aussi, fallait laisser de la place au duo culte.

* L'humour. C'est bien pour cela qu'on vient regarder "Dumb and Dumber", des gags complètement débiles et régressifs. Il y en a bien des lourds et prévisibles dans ce nouvel opus, mais globalement, ça tient bien la route et on rit bien.

* Le scénario. Ce n'est pas non plus hyper inventif, mais l'idée de la recherche de la fille et d'un rein est assez bonne et donne lieu à un nouveau road movie rocambolesque.

J'aime pas : 

* Il n'y a rien de particulier que je n'aime pas, tout n'est pas parfait, et je relèverai quand même quelques situations humoristiques trop "enfantines" et qui tombent à plat.

"Dumb and Dumber to" n'est pas la comédie de l'année, mais ce n'est pas non plus une suite honteuse après un premier épisode devenu culte. On est très heureux de voir resurgir le duo Harry-Lloyd, servi de manière plus qu'honorable par deux très grands acteurs. Ouf !

vendredi 14 novembre 2014

Saint Laurent (2014)

C'est une spécialité française, sortir deux films sur le même sujet presque en même temps. Ici, c'est Yves Saint Laurent. Je ne sais pas quand je verrai le premier sorti, réalisé par Jalil Lespert, mais j'ai vu le deuxième, de Betrand Bonello, le plus sulfureux apparemment.

Sans doute pas faux, il retrace une décennie particulièrement trash du couturier, de 1967 à 1977, qui commence avec le faste de la collection "Libération" puis une traversée du désert avant un retour en grâce avec la collection "Ballet russe". On découvre un Yves Saint Laurent (Gaspard Ulliel, remarquable) qui respire le talent et la créativité, soutenu par un Pierre Bergé (Jérémie Rénier, excellent) dévoué, mais le créateur affiche également une fragilité à fleur de peau, poussé à bout par l'alcool et la drogue auprès de ses muses, Loulou de la Falaise (Léa Seydoux, bien) et Betty Catroux (Aymeline Valade, pas mal), ou bien de son amant maléfique, Jacques de Bascher (Louis Garrel, impressionnant)...

J'aime : 

* Le casting. Beaucoup de beau monde à l'affiche et ils excellent tous à l'image d'un Gaspard Ulliel extrêmement précis et sensible dans son rôle. On salue aussi les autres prestations masculines de Jérémie Rénier et Louis Garrel.

* Les reconstitutions. Peu d'extérieurs, surtout de l'intérieur, mais avec de splendides reconstitutions, que ce soit pour les costumes ou les décors comme l'appartement de Yves Saint Laurent à Paris ou encore le défilé final.

* Le style. Bertrand Bonello utilise tout au long de son film des cadrages très variés, cela va du travelling (parfois en aller-retour) au split screen (défilé final) et c'est en général très beau.

* Le scénario. On ne sait pas s'il est exagéré, mais il nous apprend beaucoup sur cette face "cachée" de Yves Saint Laurent et donne une bonne idée de ce qu'ont été les années 1970 (et même les suivantes et précédentes) pour le milieu artistique, ses liens avec la drogue et l'alcool.

J'aime pas : 

* Les longueurs. Malheureusement, on a souvent l'impression que le côté esthétique de Bertrand Bonello l'emporte sur le cours de l'histoire et les séquences à rallonge, parfois purement artistiques (comme le travelling incessant dans la boîte de nuit), achèvent de nous épuiser car elles ralentissent considérablement le rythme. C'est beau, mais c'est un peu chiant.

Même si "Saint Laurent" n'est pas forcément complètement flatteur pour le grand couturier, le film de Bertrand Bonello reste tout de même un hommage de haute volée. C'est un film "beau" et très bien joué, mais il faut s'accrocher malgré tout aux effets de style parfois pompeux de son auteur.

vendredi 26 septembre 2014

Hanna (2011)

Il y a de bonnes petites séries B et puis des moins bonnes, telles ce "Hanna" qui rappelle les thrillers d'action scénarisés et produits par Luc Besson.

Hanna (Saoirse Ronan, excellente) est une adolescente élevée par son père, Erik (Eric Bana, fade), dans des contrées nordiques isolées. Cet ancien agent de la CIA la forme pour qu'elle puisse devenir à son tour une agent de choc. Le jour vient où celle-ci décide de voler de ses propres ailes en se faisant repérer volontairement pas la CIA afin de venger son père de Marissa Wiegler (Cate Blanchett, caricaturale, dans un rôle trop ressemblant à d'autres) qui a tué sa mère. Hanna pense s'être vengée en éliminant une doublure de celle-ci et s'enfuit. Sa route la conduit jusqu'à Berlin, traquée par Marissa Wiegler et ses mercenaires...

J'aime : 

* Le rythme. La mission divertissante est assurée avec des séquences d'action régulières, on ne s'ennuie jamais.

* La bande originale. Elle est signée des Chemical Brothers et les différents sons électro collent vraiment bien aux différentes atmosphères du film.

J'aime pas : 

* Le casting. Hormis la convaincante Saoirse Ronan, les autres personnages sont caricaturaux au possible et le jeu de leurs acteurs respectifs aussi.

* Le scénario. On ne lui trouve pas beaucoup d'originalité, pas beaucoup de complexité non plus. C'est fluide, mais pas très intéressant.

* La photographie. En dehors des paysages nordiques et marocains, qui offrent de beaux contrastes, c'est extrêmement froid et austère, à l'image de la mise en scène.

Avec "Hanna", le réalisateur britannique Joe Wright a voulu changer de genre après des films plus "classiques". Malheureusement, l'essai est bien décevant et ne restera pas dans les mémoires.

samedi 13 septembre 2014

Orfeu Negro (1959)

Il me manque un sacré paquet de classiques dans mon escarcelle. J'ai un peu rattrapé mon retard avec le visionnage de l'oeuvre magnifique de Marcel Camus, adaptée d'une pièce de Vinicius de Moraes, qui lui-même avait adapté le mythe d'Orphée dans les favelas de Rio.

Dans cette version brésilienne, la jeune et innocente Eurydice (Marpessa Dawn, sublime) vient de la campagne pour voir sa cousine Serafina (Léa Garcia, très drôle) à Rio, en pleine période de carnaval. Dès son arrivée, elle se sent suivie par quelqu'un qui lui voudrait du mal, mais le voisin de Serafina, le beau et fort Orfeo (Breno Mello, très bien), chauffeur de tramway, lui promet protection et amour, malgré ses fiançailles avec la belle et très jalouse Mira (Lourdes de Oliveira, excellente). Le carnaval s'annonce et les craintes d'Eurydice s'avèrent réelles, la mort la poursuit à travers Rio...

J'aime :

* Le scénario. Il n'est pas bien complexe, Orfeo est un vrai coeur d'artichaut, mais il adapte à merveille le mythe grec avec une formidable poésie. Cette histoire d'un amour impossible en plein carnaval de Rio, au dénouement forcément fatal et terriblement cruel, est sublime.

* Le casting. Peu de véritables comédiens parmi les personnages principaux, mais pourtant ils composent des personnages très forts, beaux et charismatiques. Marpessa Dawn est belle comme un coeur et Breno Mello fait un sacré séducteur.

* Les décors. Il est toujours très intéressant de découvrir le Rio d'antan. Ici, entre le port, les hauteurs de Copacabana et le Centro, c'est un régal. Le carnaval y est également très bien retranscrit avec une ferveur qui nous prend au corps à travers l'écran.

* La bande originale. Premiers échos de la bossa nova naissante grâce à Tom Jobim et Luiz Bonfa qui offrent une sublime partition. D'autant plus que cette dernière est partie intégrante du film, parfois jouée et chantée par les personnages.

J'aime pas : 

* Le rythme n'est pas si lent que cela pour un film de cette époque, grâce à la vigueur brésilienne sans doute. Mais il y a bien quelques longueurs.

"Orfeu Negro" est une oeuvre majeure du cinéma pour de nombreuses raisons. C'est avant tout un film d'un charme fou, totalement brésilien pour la manière dont il envoûte le spectateur avec pas grand chose : ses lieux, ses personnages et ses musiques.

samedi 2 août 2014

Jersey Boys (2014)

Finalement, Clint Eastwood continue à tourner des films. Celui-ci est une commande plutôt paresseuse et c'est dommage, parce qu'il y avait une très belle histoire derrière la carrière de Frankie Valli et ses Four Seasons.

L'histoire est calquée (à plusieurs romances près) sur la jeunesse et le début de carrière de ce fameux groupe de chanteurs italo-américains du New Jersey. Frankie (John Lloyd Young, pas mal), barbier, tombe dans les combines de son ami Tommy DeVito (Vincent Piazza, très bien), à la fois délinquant et leader d'un groupe du rock du début des années 1950. Mais Frankie chante surtout très bien, avec une voix nasillarde et haut perchée. Tommy le prend sous son aile pour faire décoller son groupe, les Four Lovers, formé notamment avec le bassiste Nick Massi (Michael Lomenda, bien). Grâce à Joe Pesci (oui le futur acteur alors jeune homme), le groupe va intégrer un nouveau membre de poids, Bob Gaudio (Erich Bergen, correct), excellent compositeur. Et le succès des Four Lovers, futurs Four Seasons, sera franchi lorsque le producteur Bob Crewe (Mike Doyle,  très bon) les prendra sous son aile. Mais évidemment, les destins personnels de chacun des membres fera connaître des passages mouvementés au groupe...

J'aime : 

* La bande originale. Même si la plupart des morceaux ne sont pas les originaux, les reprises sont forcément très fidèles et il n'y a rien à jeter dans la playlist des Four Seasons.

* La reconstitution. Il n'y a pas non plus mille décors, mais le New Jersey des années 1950 est très joliment reconstitué. On note une tonalité très marron tout au long du film, des vêtements aux intérieurs.

J'aime pas : 

* Le scénario. Si la trame principale a été conservée, et elle est passionnante, Clint Eastwood s'est contenté de recracher sur grand écran l'adaptation faite pour la comédie musicale. Résultat, beaucoup de romance, de raccourcis et d'anachronismes (des faits qui se sont déroulés bien plus tard placés dans une époque antérieure, telle la mort de la fille de Frankie Valli) si l'on en croit la bio "officielle". Rageant.

* Le casting. Il y a du bon, surtout parmi les "vrais" acteurs (Vincent Piazza, Christopher Walken, Mike Doyle), et puis du moins convaincant. Certes, les acteurs issus de la pièce de Broadway (John Lloyd Young, Erich Bergen, Michael Lomenda) chantent pour de vrai, et très bien, mais au niveau du jeu, ça manque de profondeur.

Je suis un peu sur la réserve avec Clint Eastwood ces derniers temps, mais j'espérais me plonger avec délice dans l'histoire d'un groupe et une époque qui me régalent. Au final, si c'est pour voir la comédie musicale, autant la voir sur scène. "Jersey Boys" est loin d'être mauvais, mais cela aurait pu être bien plus transcendant si cela avait été réalisé par un cinéaste plus passionné et intéressé par le fonds de son sujet. Dommage.

mercredi 23 juillet 2014

The Grand Budapest Hotel (2014)

Le dernier chef d'oeuvre de Wes Anderson a mis beaucoup de temps à sortir au Brésil, mais enfin j'ai pu le voir. "The Life Aquatic with Steve Zissou" n'est pas surpassé, mais le délice est toujours au rendez-vous.

La narration de cette histoire est faite sous forme de poupée gigogne. Le narrateur principal est un écrivain qui raconte son séjour en 1968 dans un grand hôtel en déchéance situé dans le petit Etat de Zubrowka, en Europe centrale. Là, il rencontre le propriétaire des lieux, Zero Moustafa qui va alors lui conter comment il en est arrivé là. Tout a commencé en 1932, du temps de la splendeur du Grand Budapest Hotel, lorsque le jeune réceptionniste (Tony Revolori, excellent) débute sa carrière sous la houlette du concierge, Gustave H. (Ralph Fiennes, formidable). Ce dernier agit en véritable mentor sur Zero et l'emmène alors dans une folle aventure sur fond de montée du fascisme et de course à l'héritage...

J'aime : 

* Le casting. On n'a cité que les deux protagonistes principaux, joués par les magnifiques Ralph Fiennes (son personnage de maître d'hôtel amateur de vieilles dames et de richesses restera dans les annales) et Tony Revolori, mais une pluie de stars sont à l'affiche et, malgré leur moindre temps de jeu (parfois une seule scène), elles s'intègrent parfaitement à l'histoire, on citera notamment Mathieu Amalric, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Jude Law, Bill Murray, Edward Norton ou encore Jason Schwartzman.

* Le scénario. Comme à chaque film ou presque de Wes Anderson, on retrouve deux constantes : le voyage (ici la grande évasion de Gustave et Zero) et la famille (illustrée concrètement par cette sombre histoire d'héritage, mais aussi par la filiation qui se crée peu à peu entre Zero et son mentor Gustave). Encore une fois, l'histoire est malgré tout assez simple, mais remplie d'action et de rebondissements. Le rythme est ici particulièrement élevé, on en est presque à bout de souffle.

* Les décors. Comme d'habitude, Wes Anderson soigne son environnement et on imagine combien il a dû se régaler avec ce palace à l'ancienne et tous ces personnages en uniforme (personnel, soldats, prisonniers, etc.). C'est sans doute l'un de ses films les plus beaux visuellement.

* Le style. Evidemment, Wes Anderson fait du Wes Anderson et c'est pour cela qu'on l'aime (ou le déteste) : précision des cadrages, travellings linéaires, dialogues coupés au cordeau, humour caustique, palette de couleurs, l'utilisation de parties animées (pour le téléphérique ou encore en stop motion pour la magnifique course-poursuite en ski-luge) ...

J'aime pas :

* Le seul reproche qu'on pourrait faire est de ne pas savourer assez les passages de la plupart des "guests" du film même si on peut se réjouir qu'autant d'acteurs géniaux acceptent de faire partie de la troupe de Wes Anderson. De bonne augure pour la suite !

Chaque film de Wes Anderson est un petit chef d'oeuvre de plus. Si on compare par rapport au précédent, le cinéaste a troqué la mélancolie de "Moonrise Kingdom" pour une trame plus classique, plus noire aussi (meurtres en série et montée du fascisme), mais qui reste une véritable aventure, pimpante et picaresque, où l'on n'oublie pas la nostalgie et l'amour des choses bien faites. Vivement le prochain !

mercredi 9 juillet 2014

Neighbors (2014)

Un film avec Seth Rogen est forcément prometteur. Même s'il partage l'affiche avec le mielleux Zac Efron et que le scénario paraît un poil trop banal.

Alors oui, ce dernier n'est pas bien original et ce n'est pas pour cela qu'il faudra aller voir le film. L'histoire raconte tout simplement comment la vie du gentil couple Mac (Seth Rogen, très bien) et Kelly (Rose Byrne, très bien aussi), qui viennent d'avoir un bébé, va être bouleversée quand une confrérie étudiante, dirigée par le playboy Teddy (Zac Efron, pas mal), va emménager dans le pavillon voisin de leur paisible banlieue. Au départ, tout se passe pour le mieux jusqu'à ce que les choses dérapent, laissant place à une terrible guerre des voisins...

J'aime : 


* L'humour. Ce qu'on vient avant tout chercher dans ce genre de films, ce sont de bons gros gags gras et des dialogues crus. Et il y en a, des très classiques liés à l'abus d'alcool et de drogues, mais aussi des plus surprenants (le détournement des airbags de voiture...). On rit pas mal et c'est le principal.

* Le casting. Le couple Seth Rogen-Rose Byrne fonctionne très bien face à un Zac Efron, que je n'aime pas plus, mais qui joue parfaitement son rôle. La plus-value de ce genre de film vient aussi des seconds rôles et ceux-là, notamment les amis du couple Mac-Kelly, sont très bons.

J'aime pas : 

* Le scénario. Clairement, il n'est pas original et heureusement que les éléments cités ci-dessus suffisent à nous combler. On apprécie quand même les quelques retournements de situation qui font que l'histoire n'est pas trop monotone et ne consiste pas uniquement en une querelle linéaire de voisinage.

"Neighbors" n'est pas un grand film et ne restera pas non plus parmi les meilleurs long-métrages comiques de ces dernières années, mais c'est le genre de divertissement mineur qui néanmoins assure sa mission en nous faisant rire et sentir bien. Cool.

vendredi 23 mai 2014

The Other woman (2014)

Nick Cassavetes n'arrive assurément pas à la cheville de son père, réalisant des films à chaque fois très différents et ainsi sans vraie personnalité. Son dernier en date, "The Other woman", est une honnête comédie au scénario pourtant banal.

Carly (Cameron Diaz, très bien) est heureuse, il semblerait que son nouvel amant, le beau Marc (Nikolaj Coster-Waldau, bof), soit le bon. Sauf qu'elle va rapidement découvrir qu'il est marié de longue date à Kate (Leslie Mann, formidable) avec qui elle tombe nez à nez alors qu'elle voulait lui faire une surprise. Désespérée d'avoir été trompée, la femme au foyer veut que Carly l'aide à surmonter cette épreuve. Elles vont peu à peu se rapprocher et se rendre compte que Marc fréquente aussi la jeune Amber (Kate Upton, fort jolie à regarder, pas plus). Furieuses, elles organisent alors un plan, avec l'aide de la bimbo, afin de se venger de l'affreux mari volage...

J'aime : 

* Le casting. C'est assurément la force du film. Si Cameron Diaz mène toujours d'aussi belle manière la danse, elle est surpassée par Leslie Mann qui offre ici une performance de déglinguée assez géniale, passant de femme au foyer ennuyeuse à vengeresse lunatique. On voit moins Kate Upton qui ne joue pas si mal, mais c'est sa plastique qui reste la plus intéressante. Je suis encore moins fan des rôles masculins, Nikolaj Coster-Waldau est caricatural et David Thornton (le frère de Kate) ne sert pas à grand chose. Apparitions sympas de Don Jonhson et Nicki Minaj en revanche.

* L'humour. Outre le scénario, plusieurs gags sont déjà vus mille fois (le médicament qui donne envie de faire caca, le produit qui fait faire perdre les cheveux ou encore la brosse à dent mouillé au pipi), mais l'énergie comique générale du duo Diaz-Mann fonctionne très bien et on sourit souvent.

J'aime pas : 

* Le scénario. Pour une fois, ce n'est pas un remake, mais on ne peut pas vraiment dire que la femme trompée qui se venge de son mari avec l'aide de ses copines soit d'une véritable inventivité. Et comme on l'a dit plus haut, même certains gags sont éculés.

"The Other woman" n'a vraiment rien d'original et marquera difficilement les esprits, mais le divertissement reste cependant présent grâce à l'abattage et la folie des deux principales comédiennes. Et c'est déjà pas mal.

samedi 3 mai 2014

Fading gigolo (2014)

Quoi, un film avec Woody Allen acteur mais non réalisateur ? Je croyais cela impossible de nos jours (déjà qu'il avait dit qu'il arrêtait de jouer avant "From Rome with love"), mais il a remis cela pour John Turturro dans une petite comédie sans prétention.

L'acteur-réalisateur rentre tout de suite dans son sujet, dès la première scène, ce qui n'est pas commun. Murray (Woody Allen, fidèle à lui-même et délicieux), vendeur de bouquins rares qui ferme boutique, branche son ami Fioravante (John Turturro, bien), fleuriste, pour qu'il participe à un ménage à trois avec sa dermatologiste (Sharon Stone, pas mal) et une amie à elle, Selima (Sofia Vergara, hautement désirable). Hésitant, Fioravante finit par accepter de tenter l'aventure et devient malgré lui gigolo par l'intermédiaire de Murray qui s'occupe d'être son agent en lui trouvant des femmes fortunées à satisfaire. Jusqu'au jour où ce dernier lui demande de venir en aide à Avigal (Vanessa Paradis, correcte), une veuve juive orthodoxe enfermée dans la solitude depuis la mort de son mari...

J'aime : 

* Le casting. C'est la grande force du film et surtout son duo d'acteurs principaux John Turturro-Woody Allen. Entre le grand taciturne et le petit excité, le courant passe parfaitement bien et le duo est beaucoup mieux assorti qu'on aurait pu le penser. Autant le personnage du premier reste un peu déconcertant et mystérieux (il ne semble ni apprécier ni assumer complètement son nouveau gagne-pain), autant celui du second est totalement "Allenien", prévisible, mais tellement drôle. Les seconds rôles, essentiellement féminins, assurent, mais on n'est pas totalement convaincu par Vanessa Paradis, dans un personnage bien surprenant pour elle il faut dire.

* L'humour. On se croirait dans un film de Woody Allen tant tout est là : New York, le sexe exalté et foufou, la communauté juive éraillée, des dialogues drôles et piquants (surtout dans la bouche du cinéaste).

J'aime pas : 

* Le scénario. Rien à redire sur la partie gigolo malgré lui qui donne tout l'humour et le piment du film, mais en revanche, la vague amourette entre Fioravante et Avigal est aussi mièvre que rapidement expédiée, et n'a presque rien à faire dans le film. Le réalisateur aurait pu trouver autre chose pour mettre de l'amertume dans sa comédie.

John Turturro ne s'est pas foulé pour mettre en scène cette sympathique comédie qui marche dans les traces de celles de celui avec qui il partage l'affiche. Heureusement que ce dernier est là, qu'on est d'ailleurs très heureux de retrouver devant la caméra, pour apporter tout le piment d'un divertissement dont la mission n'est pas tout à fait remplie. Cela est presque pardonnable.

samedi 12 avril 2014

Her (2014)

J'aime beaucoup ce que fait Spike Jonze, indépendant et toujours très original. Avec "Her", il nous gâte une fois de plus et j'y ai trouvé mon coup de coeur 2014, en attendant le prochain Wes Anderson...

Dans un futur pas si éloigné que cela, Theodore (Joaquin Phoenix, toujours aussi excellent), paisible écrivain public, s'enfonce peu à peu dans une solitude qui lui pèse. Il est séparé de Catherine (Rooney Mara, bien), mais la procédure de divorce met du temps à aboutir, notamment par sa faute. Il n'arrive pas à l'oublier, ni donc à refaire sa vie avec quelqu'un d'autre. C'est alors qu'il achète un nouveau logiciel qui offre une compagnie virtuelle dotée d'une intelligence artificielle extrêmement poussée. A partir de ses choix, il crée Samantha qui l'accompagnera désormais avec sa seule voix (celle de Scarlett Johansson, à croquer). Une jolie complicité s'installe avant de laisser place à des sentiments ambigus...

J'aime :


* Le scénario. Des relations homme-machine, il y en a déjà eu un certain nombre dans des films et des séries. Mais une histoire sentimentale de ce type, aussi réaliste que ce futur proche, jamais et c'est follement original. On se prend tout de suite au jeu et on y croit.

* Le casting. A chacun de ses films, je suis toujours plus fan de Joaquin Phoenix dont le personnage ambigu et tiraillé par ses sentiments n'est pas très éloigné du Leonard qu'il jouait dans "Two Lovers". Il réussit une nouvelle fois à interpréter une sobriété alliée à un charisme détonnant. Rien qu'avec sa voix (c'est un exercice, comme pour les dessins animés), Scarlett Johansson était un excellent choix et elle le confirme avec une très belle sensualité ingénue. Les autres seconds rôles sont bien aussi.

* Les décors. Ils sont minimalistes, sans quasiment aucun effet spécial, et accentuent ainsi le réalisme du film. Il est sans nul doute que notre futur proche ressemblera à ce que montre Spike Jonze.

J'aime pas :

* La longueur du film. C'est peut-être son seul défaut. Très contemplatif et lent, ce qui passe très bien ici, il est malheureusement un peu long.

"Her" correspond totalement au film que je m'attendais à voir et cela fait toujours plaisir. C'est une comédie romantique, voire plutôt un drame, qui ne ressemble à aucune autre et fait réfléchir à ce futur virtuel qui nous attend.

mercredi 26 mars 2014

Angels & Demons (2009)

Je n'ai plus grand souvenir du "Da Vinci Code", mais je me rappelle au moins que ce n'était pas aussi bon qu'attendu. Ce "prequel" est déjà bien mieux, même si c'est loin d'être parfait.

Des chercheurs du Cern, dont l'Italienne Vittoria Vetra (Ayelet Zurer, pas mal), produisent de l'antimatière sous les yeux d'un prêtre qui est assassiné. Un échantillon est également volé. Pendant ce temps-là, le pape meurt et le Vatican entame le processus d'élection du prochain. Sauf que quatre des candidats majeurs sont kidnappés par les Illuminati qui menacent des les tuer un par un à une heure d'intervalle jusqu'à minuit où ils feront enfin exploser l'antimatière, détruisant le Vatican. L'expert en religion Robert Langdon (Tom Hanks, très bien) est appelé à la rescousse, aidé dans sa quête à travers Rome par Vittoria Vetra et le responsable de la Garde suisse, Maximilian Richter (Stellan Skarsgard, bien). La course contre la montre peut commencer tandis que l'élection papale se déroule comme convenue et que l'intérim est tenu par le camerlingue Patrick McKenna (Ewan McGregor, peu crédible)...

J'aime : 

* Le scénario. Le jeu de pistes ésotérique est rondement mené à travers Rome et le Vatican, mêlant habilement religion et art de la Renaissance. L'action n'est pas oubliée, ni même les rebondissements avec un retournement de situation final bien trouvé - dans le sens où l'on ne s'y attendait pas, ce qui est rare -.

* Le casting. Tom Hanks campe de nouveau un Robert Langdon convaincant et sa charmante partenaire féminine n'est pas sotte, donc c'est un bon point. En revanche, le bémol va à Ewan McGregor qui, en reprenant son accent naturel écossais, perd justement de son naturel et c'est surtout son personnage qui n'apparaît pas crédible comme camerlingue car cette fonction est donnée en général à un cardinal d'expérience donc âgé.

* Les décors. Plus que les effets spéciaux, Rome et le Vatican apparaissent de fort belle manière, que les décors soient réels ou non. Il y a évidemment du budget derrière tout cela et il n'a pas été gâché, on s'y croirait !

J'aime pas : 

* Quelques effets scénaristiques vraiment grandiloquents. Outre le "jeune" camerlingue, celui-ci réalise des prouesses étonnantes que je ne peux dévoiler, mais c'est vraiment trop et cela dessert l'aventure.

* La longueur. Difficile de faire court quand on est dans ce style de scénario et c'est déjà bien rythmé, mais malgré tout, c'est un peu trop long.

Ron Howard a retenu la leçon de l'ennuyeux "Da Vinci Code" en offrant au public un prequel bien plus en jambes et avec un scénario toujours aussi riche adapté de Dan Brown. Cependant, quelques éléments importants dont Ewan McGregor est au centre empêchent d'en faire un film complet en termes de qualité.

samedi 15 mars 2014

EuroTrip (2004)

De manière générale, j'aime bien les "teens movies". C'est en général bien stupide et vulgaire, mais souvent drôle. Sauf que depuis "American Pie", fondateur de la nouvelle génération, il y en a des bons et des très mauvais. Ce "EuroTrip" est dans la seconde catégorie.

L'histoire commence comme tout "teen movie" ou presque. Scott Thomas (Scott Mechlowicz, bof) se fait larguer par sa copine lors du dernier jour de cours. Désespéré, il se prend une cuite à la fête de fin d'année qui suit et commet l'erreur de mettre vulgairement un vent à sa correspondante virtuelle allemande, Mieke, qu'il croyait être un homme. Cette dernière, fort jolie, décide alors de le bloquer. Scott se rend compte de sa méprise et entreprend de se rendre à Berlin pour la retrouver. Il part avec son meilleur ami, Cooper (Jacob Pitts, bien), avec un premier arrêt à Londres. Ils retrouveront ensuite leurs amis jumeaux, Jamie (Travis Webster, pas mal) et Jenny (Michelle Trachtenberg, pas mal aussi), à Paris avant de poursuivre leur tour d'Europe en passant notamment par Amsterdam et Bratislava avant d'atteindre Berlin...

J'aime : 

* La bande originale. C'est assez éclectique, avec pas mal de bon punk rock comme dans tout bon teen movie, et même l'excellent "ça plane pour moi" de Plastic Bertrand que j'entends dans de plus en plus de films.

J'aime pas : 

* Le casting. A part deux courtes apparitions de Matt Damon (métamorphosé en chanteur punk à piercings et tatouages) et Lucy "Xénia la guerrière" Lawless, il n'y a que des inconnus à l'affiche qui sont pour la plupart loin du compte à l'image de l'acteur principal, Scott Mechlowicz.

* Le scénario. Si l'idée de passer de pays en pays européens n'est pas si mal, chaque séjour se révèle calamiteux. Les clichés, d'accord, mais à ce point de mauvais goût ? Le pire : la Slovaquie seulement représentée par une banlieue sordide où quelques dollars suffisent à vivre dans le luxe.

* Les décors. Vu le casting, on devine le petit budget. Alors Londres, Paris, Amsterdam, Rome et j'en passe ont toutes été reconstituées en studio ou fond vert. Cela se voit clairement et c'est d'une laideur sans nom.

* L'humour. D'habitude, les teen movies sont gras, avec des blagues en dessous de la ceinture, là, c'est pareil, mais c'est pas drôle et totalement caricatural. Au secours.

En dehors de sa bande originale plutôt cool, "Eurotrip" cumule donc les tares et rate complètement le coche. Le divertissement attendu laisse place à une triste consternation...

dimanche 9 mars 2014

The Monuments Men (2014)

L'affiche était alléchante, le scénario, tirée d'une histoire vraie, également, je ne me voyais donc pas bouder le nouveau film de George Clooney. Pourtant, les critiques avaient prévenu et avaient raison : c'est une relative déception.

"The Monuments Men", c'est le nom donné à cette équipe internationale d'historiens, architectes, experts en art, conservateurs, et autres, ayant été envoyée en France puis en Allemagne dans le sillage du Débarquement de juin 1944 afin de récupérer et mettre en sûreté les milliers d'oeuvres d'art pillées par les Nazis. Dans le film, l'équipe est menée par Frank Stokes (George Clooney, bien) et composée de James Granger (Matt Damon, qui fait le job), envoyé à Paris rencontrer la résistante Claire Simone (Cate Blanchett, étrange et pas crédible en Française), Walter Garfield (John Goodman, sobre), Richard Campbell (Bill Murray, pas mal), Preston Savitz (Bob Balaban, cool), le Britannique Donald Jeffries (Hugh Bonneville, très bien) et le Français Jean-Claude Clermont (Jean Dujardin, sans éclat). Malgré la libération, la quête sera longue et semée d'embûches...

J'aime : 

* L'idée originale. Ces faits réels sortent évidemment du lot dans tous les événements de la Seconde Guerre Mondiale et c'est extrêmement intéressant. Sans l'intervention de ces hommes, qui sait ce que seraient devenues bien des grandes oeuvres d'art européennes ?

* Le casting. Rien à dire, c'est du cinq étoiles et on apprécie tout le monde. Après, les performances sont pour la plupart sobres et aucun acteur ne sort vraiment du lot. En revanche, pointe de déception pour Cate Blanchett, seul personnage féminin, rigide. Et surtout pourquoi ne pas avoir choisi une actrice française pour ce rôle sachant qu'il y a aussi Jean Dujardin et qques autres apparitions françaises ?

* La reconstitution. Il n'y a pas de grands risques non plus, on voit peu d'extérieurs, mais globalement, on sent bien l'atmosphère de l'époque, aussi bien visuellement que sur le plan sonore.

J'aime pas : 

* Le scénario. Les Monuments Men ayant des missions dans différents endroits, ils sont envoyés par un ou deux ici et là en Europe de l'Ouest. Du coup, on a une succession de saynètes, avant une réunion finale, qui sont rarement emballantes.

* Le rythme. C'est l'un des plus gros soucis du film, sa lenteur. Nous sommes en période de guerre, mais il y n'y a quasiment aucune scène d'action. Beaucoup de bavardage donc, George Clooney multipliant les messages un peu pompeux sur l'importance des oeuvres d'art pour l'humanité.

George Clooney disposait d'une histoire en or, très originale, mais sans doute trop lourde à porter pour lui. Malgré son casting emballant, il offre une honnête reconstitution, mais sage, trop sage, qui ne conviendra qu'à un public de l'âge de ses héros...

samedi 8 mars 2014

Jackass presents : Bad Grandpa (2013)

Je ne suis pas un inconditionnel de "Jackass", mais je dois avouer que les heures de gloire de la série de MTV étaient globalement très drôles. Au grand écran, ce nouvel épisode est malheureusement édulcoré, mais il n'est pas complètement raté pour autant.

Pour "Bad Grandpa", le réalisateur Jeff Tremaine a opté pour la semi-fiction à la "Borat" en confrontant ses personnages avec des situations réelles, en caméra cachée. Pour la partie fiction, c'est l'histoire d'Irving Zisma (Johnny Knoxville, bien), un grand-père de 86 ans, qui vient de perdre sa femme et dont la fille Kimmie lui refile son propre fils de 8 ans, Billy (Jackson Nicoll, excellent), à emmener chez son ex et père, à l'autre bout des Etats-Unis. Aussi vulgaire et facétieux l'un que l'autre, les deux membres du duo vont semer la panique tout au long de leur route auprès de postières, de strip-teasers, de bikers ou encore d'un tas d'inconnus dans la rue...

J'aime : 

* Le casting. A vrai dire seulement le jeune Jackson Nicoll qui, à huit ans, offre déjà une palette exceptionnelle d'expressions, une vraie maturité et une magnifique performance dans des situations réelles (notamment quand il tente de trouver un nouveau père dans la rue et surtout sa prestation de mini-miss). A ses côtés, Johnny Knoxville est lui beaucoup plus caricatural.

* L'humour. Tout n'est pas franchement hilarant, mais globalement, les caméras cachées fonctionnent et les réactions face à l'absurde font mouche. Parmi les séquences les plus marquantes, on retient le défilé des mini-miss, la vente de meubles ou quand le petit Billy se cherche un nouveau père dans la rue.

J'aime pas : 

* Le scénario. C'est là que le bât blesse parce que pour le rendre cohérent, des scènes de fiction sont ajoutées et n'ont vraiment aucun intérêt. De même, quand celles-ci sont mêlées à la réalité, elles ne fonctionnent pas non plus, ressemblant à du mauvais théâtre. On aurait largement pu se contenter d'un simple road-movie grand-père/petit-fils.

Ce nouvel épisode de "Jackass" sur grand écran ne casse pas trois pattes à un canard, mais se révèle malgré tout un sympathique divertissement si on aime l'humour gras et trash. On espère enfin revoir l'affreux gamin dans d'autres rôles.

samedi 15 février 2014

Nymphomaniac - Volume 1 (2014)

Ce n'était pas mon intention, mais je suis enfin allé voir un Lars von Trier au cinéma. Je ne m'attendais pas à être emballé, ni même émoustillé par ce que j'allais voir. J'ai eu raison, l'oeuvre du cinéaste n'a que peu d'intérêt.

Divisé en plusieurs chapitres, le film, dont c'est la première partie, raconte la vie sexuelle de Joe (Charlotte Gainsbourg, bien), recueillie blessée dans la rue par Seligman (Stellan Skarsgard, bien aussi). Alors qu'elle se rétablit doucement, elle livre les étapes successives de son destin de nymphomane, débuté lors de sa plus tendre enfance, à son sauveur : les premiers émois quand elle était petite fille, son premier "amour", Jérôme (Shia LaBeouf, sobre et étonnant), qui la dépucelle lors de son adolescence (jouée par Stacy Martin, intéressante), et l'accélération des partenaires quand elle devient une jeune adulte.

J'aime : 

* Le style. Même si le film est assez creux, il y a quand même une patte indéniable, très esthétisée, de la lumière aux cadrages, en passant par la musique. Pas inintéressant.

* Le casting. Pas non plus de performance étonnante, mais la jeune Stacy Martin sort forcément du lot et on remarque Shia LaBeouf dans un genre évidemment bien loin du sien habituellement. Déception en revanche pour Christian Slater, dans le rôle du père de Joe, qui n'est pas très convainquant.

J'aime pas : 

* Le scénario. Il est aussi mince que celui d'un film érotique avec aucune réelle profondeur psychologique dans le cheminement sexuel de Joe. Au spectateur, sans doute, de la trouver. La seule séquence intéressante est lorsqu'une femme trompée débarque chez Joe où se trouve son mari, voire celle du train et de l'homme qui résiste aux avances de Joe.

* L'atmosphère. Dans un style minimaliste, Lars von Trier impose dès l'entame une ambiance à la fois lourde et austère. Le sexe semble être une affaire sérieuse pour le cinéaste qui ne se laisse aller à aucune légèreté. Dur.

Est-ce la censure ? N'est-ce que le volume 1 ? Toujours est-il que cette première partie de "Nymphomaniac" est loin du scandale annoncé. Lars von Trier déçoit avec une histoire sans grand intérêt et un style personnalisé, mais discutable.

dimanche 9 février 2014

American Hustle (2014)

Pluie de récompenses en cours pour le dernier film de David O. Russell. Pour les acteurs, pourquoi pas, mais pour le film en lui-même ou la mise en scène, on n'est pas d'accord. "American Hustle" réussit bien le "bluff" du titre français en proposant une coquille clinquante, mais vide ou presque à l'intérieur.

Inspirée de faits réels datant de la fin des années 1970, l'histoire raconte comment un duo d'escrocs, Irving Rosenfeld (Christian Bale, caricatural) et Sydney Prosser (Amy Adams, bien), s'est fait prendre par le FBI avant que ce dernier ne leur propose d'utiliser leur talent pour faire tomber des politiciens locaux véreux, le maire de Camden (New Jersey), Carmine Polito (Jeremy Renner. étonnant à contre-emploi), en tête. Pour ce faire, ils sont dirigés par l'agent Richard DiMaso (Bradley Cooper, pas mal).

J'aime : 

* Le scénario. Cette histoire loufoque avait déjà été évoquée dans plusieurs films, mais aucune oeuvre ne l'avait utilisée en tant que tel. C'est ainsi une excellente idée et le réalisateur a eu raison de jouer sur son caractère atypique et pittoresque pour pencher du côté de la comédie, avec une belle place donnée aux seconds rôles.

* Le casting. Si j'émets des réserves sur Christian Bale, qui surjoue selon moi (mais son accoutrement, notamment capillaire, n'aide pas), le reste de la distribution est très intéressant avec une mention spéciale à Jennifer Lawrence, bluffante dans le rôle de l'épouse d'Irving Rosenfeld.

* La B.O.. Le film regorge d'excellents morceaux des années 1970, dont le "Live and let die" de Paul McCartney & Wings. Pas super original non plus, mais c'est toujours plaisant de le retrouver.

J'aime pas  :

* La reconstitution. Elle n'est pas complètement à remettre en cause, mais certains déguisements, à l'image de la capillarité de Christian Bale, fait plus pencher à un pastiche qu'à une vraie fidélité à l'époque. Pas assez naturelle donc.

* Le rythme. On met pas mal de temps à rentrer dans le film et à bien comprendre tous les tenants et aboutissants. Cela s'accélère à la fin avec ce surprenant dénouement, mais globalement, c'est un peu trop long et lent.

On comprend l'engouement autour du dernier film de David O. Russell qui est assez jouissif sur certains aspects, mais on reste tout de même sur notre faim, faute à un style un peu trop maniéré de la part du cinéaste, qui alourdit plus qu'il ne libère.

vendredi 31 janvier 2014

The Next three days (2010)

Avant de voir ce film, je ne savais pas que c'était le remake de "Pour elle", que je n'ai pas vu donc. Je ne me baserais ainsi sur aucune comparaison, mais cela donne envie de voir la version française, certainement meilleure que ce thriller sans artifice ?

L'histoire est celle d'un couple, John (Russell Crowe, pas mal) et Lara (Elizabeth Banks, correcte), qui mènent une vie relativement normale à Pittsburgh avec leur fils. Un soir, la patronne de la jeune femme, avec qui ce n'est pas le grand amour, est retrouvée morte dans un parking. Le lendemain, la police débarque chez les Brennan et arrêtent Lara. Les preuves sont irréfutables. Trois ans plus tard, un appel de la condamnation de la jeune femme est rejeté, elle tente de se suicider. John va alors préparer son évasion...

J'aime : 

* Le scénario. C'est ce qui fait l'attrait du film, une histoire plutôt originale où un homme ordinaire doit se surpasser pour organiser un événement extraordinaire.

J'aime pas : 

* La mise en scène. Paul Haggis est certainement meilleur scénariste que réalisateur. Choisir une ville moins classique que New York ou Los Angeles pour situer son film, très bien, mais globalement, son oeuvre est monotone, sombre et avec peu d'ambition.

* Le rythme. Le film est bien long et manque sacrément de rythme, surtout dans sa première partie. La fin est plus haletante, mais c'est trop tard.

* Le casting. Tout le monde est assez terne, à l'image de Russell Crowe, déjà pas très crédible en anti-héros, qu'on ne sent pas très impliqué dans son rôle.

Il y a des "petits" thrillers bien efficaces et d'autres qui passent à côté de leur sujet. Mauvaise pioche pour "The Next three days" qui rate le passage à l'américaine de la version originale française. A quoi bon faire des remakes si c'est pour les rater ?

mercredi 15 janvier 2014

Até que a sorte nos separe (2012)

Je ne suis pas encore installé depuis longtemps au Brésil et je n'ai donc pas encore vu beaucoup de films locaux. Je suis tombé par hasard sur cette grosse comédie et je l'ai regretté.

Le schéma de l'histoire est ultra balisé. Tino (Leandro Hassum, qui en fait des caisses) est un bellâtre, personal trainer, qui sort avec Jane (Danielle Winits), tout aussi apprêtée. Un jour, le jeune couple gagne au loto. On les retrouve une dizaine d'années plus tard : Tino est gras et oisif, Jane est shootée au botox et au shopping et ils ont désormais deux enfants, une jeune ado futée et un petit garçon insupportable. Tino aime à narguer son voisin Amauri (Kiko Mascarenhas, pas mal), austère comptable dans une banque, mais sa vie va basculer quand il va devoir faire appel à ce dernier pour le sauver de la banqueroute. Tino et sa famille ont en effet dilapidé tous les millions qu'ils avaient gagné...

J'aime : 

* Malheureusement, je crois que je n'aime rien de spécial...

J'aime pas : 

* Le scénario. Complètement téléphoné, on sait déjà ce qu'il va se passer, sans oublier les milliards de clichés boursouflés sur la vie de riches beaufs qui ne font plus rire depuis bien longtemps.

* Le casting. L'omniprésent Leandro Hassum en fait encore plus que son tour de taille, exagère chacune de ses interventions comiques jusqu'à la nausée. C'est une sorte de De Funès en raté. Autour de lui, Danielle Winits fait sa nouvelle riche botoxée à fond dans la caricature et il n'y a guère que le voisin, Kiko Mascarenhas, qui s'en sort pas mal.

* L'humour. Je l'ai déjà un peu détaillé, ça joue la beauferie, mais c'est déjà beauf à la base. Au final, chaque gag fait plus pitié qu'autre chose.

Ma première comédie brésilienne est donc un flop retentissant dans mon esprit pas forcément toujours exigeant pourtant. C'est nul, tout simplement, et le pire est qu'une suite de ce film est sortie tout récemment dans laquelle le couple star va à Las Vegas. Au secours.

dimanche 5 janvier 2014

The Hobbit : The Desolation of Smaug (2013)

Un an après un prologue un poil décevant, notamment en raison d'une première partie bien longuette, voici enfin le deuxième volet du "Hobbit" qui tient plutôt bien ses promesses.

Nous reprenons notre troupe de nains, leur guide Gandalf et Bilbo le hobbit là où on les avait laissés la dernière fois, échappant de peu aux vilains orques. Ces derniers sont cependant toujours à leur poursuite et, tandis que Gandalf décide de les devancer en solitaire, la grande marche vers la Montagne solitaire des nains et de Bilbo continue, avec des étapes à travers la forêt noire - rencontres délicates avec des araignées, des elfes et les orques - et une ville "humaine" située sur un lac. Enfin, la rencontre avec le dragon Smaug a enfin lieu...

J'aime :

* L'aventure. C'est toujours aussi épique et de nouveaux ennemis sont trouvés (araignées, humains ainsi que le fameux dragon !), ce qui renouvelle le récit et l'action. Cette dernière est toujours bien présente avec notamment une formidable descente de rivière en tonneaux.

* Le scénario. On ne comprend pas tout et on sait qu'il a été allongé par rapport au livre, mais il reste cohérent et passionnant, tenant en haleine de bout en bout. Dès que notre troupe peut enfin se reposer, il faut repartir et/ou affronter une nouvelle épreuve !

* Le casting. Martin Freeman est toujours formidable en facétieux hobbit, Ian McKellen assure et le reste des acteurs aussi. Petite déception pour Orlando Bloom, aussi fade que sa couleur de peau en Legolas.

J'aime pas :

* Les reproches sont moindres que pour le précédent, mais on peut les regrouper en soulignant la complexité de certains moments de l'histoire et quelques personnages plus faibles (surtout chez les elfes).

La suite de la trilogie du "Hobbit" est ainsi bien plus palpitante que la première, engoncée par son introduction bavarde et pataude, et nous laisse une bien bonne impression, sans temps mort et avec toujours une action sympathique, une pointe d'humour et un très bel environnement. Chapeau !