Pluie de récompenses en cours pour le dernier film de David O. Russell. Pour les acteurs, pourquoi pas, mais pour le film en lui-même ou la mise en scène, on n'est pas d'accord. "American Hustle" réussit bien le "bluff" du titre français en proposant une coquille clinquante, mais vide ou presque à l'intérieur.
Inspirée de faits réels datant de la fin des années 1970, l'histoire raconte comment un duo d'escrocs, Irving Rosenfeld (Christian Bale, caricatural) et Sydney Prosser (Amy Adams, bien), s'est fait prendre par le FBI avant que ce dernier ne leur propose d'utiliser leur talent pour faire tomber des politiciens locaux véreux, le maire de Camden (New Jersey), Carmine Polito (Jeremy Renner. étonnant à contre-emploi), en tête. Pour ce faire, ils sont dirigés par l'agent Richard DiMaso (Bradley Cooper, pas mal).
J'aime :
* Le scénario. Cette histoire loufoque avait déjà été évoquée dans plusieurs films, mais aucune oeuvre ne l'avait utilisée en tant que tel. C'est ainsi une excellente idée et le réalisateur a eu raison de jouer sur son caractère atypique et pittoresque pour pencher du côté de la comédie, avec une belle place donnée aux seconds rôles.
* Le casting. Si j'émets des réserves sur Christian Bale, qui surjoue selon moi (mais son accoutrement, notamment capillaire, n'aide pas), le reste de la distribution est très intéressant avec une mention spéciale à Jennifer Lawrence, bluffante dans le rôle de l'épouse d'Irving Rosenfeld.
* La B.O.. Le film regorge d'excellents morceaux des années 1970, dont le "Live and let die" de Paul McCartney & Wings. Pas super original non plus, mais c'est toujours plaisant de le retrouver.
J'aime pas :
* La reconstitution. Elle n'est pas complètement à remettre en cause, mais certains déguisements, à l'image de la capillarité de Christian Bale, fait plus pencher à un pastiche qu'à une vraie fidélité à l'époque. Pas assez naturelle donc.
* Le rythme. On met pas mal de temps à rentrer dans le film et à bien comprendre tous les tenants et aboutissants. Cela s'accélère à la fin avec ce surprenant dénouement, mais globalement, c'est un peu trop long et lent.
On comprend l'engouement autour du dernier film de David O. Russell qui est assez jouissif sur certains aspects, mais on reste tout de même sur notre faim, faute à un style un peu trop maniéré de la part du cinéaste, qui alourdit plus qu'il ne libère.
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