samedi 15 février 2014

Nymphomaniac - Volume 1 (2014)

Ce n'était pas mon intention, mais je suis enfin allé voir un Lars von Trier au cinéma. Je ne m'attendais pas à être emballé, ni même émoustillé par ce que j'allais voir. J'ai eu raison, l'oeuvre du cinéaste n'a que peu d'intérêt.

Divisé en plusieurs chapitres, le film, dont c'est la première partie, raconte la vie sexuelle de Joe (Charlotte Gainsbourg, bien), recueillie blessée dans la rue par Seligman (Stellan Skarsgard, bien aussi). Alors qu'elle se rétablit doucement, elle livre les étapes successives de son destin de nymphomane, débuté lors de sa plus tendre enfance, à son sauveur : les premiers émois quand elle était petite fille, son premier "amour", Jérôme (Shia LaBeouf, sobre et étonnant), qui la dépucelle lors de son adolescence (jouée par Stacy Martin, intéressante), et l'accélération des partenaires quand elle devient une jeune adulte.

J'aime : 

* Le style. Même si le film est assez creux, il y a quand même une patte indéniable, très esthétisée, de la lumière aux cadrages, en passant par la musique. Pas inintéressant.

* Le casting. Pas non plus de performance étonnante, mais la jeune Stacy Martin sort forcément du lot et on remarque Shia LaBeouf dans un genre évidemment bien loin du sien habituellement. Déception en revanche pour Christian Slater, dans le rôle du père de Joe, qui n'est pas très convainquant.

J'aime pas : 

* Le scénario. Il est aussi mince que celui d'un film érotique avec aucune réelle profondeur psychologique dans le cheminement sexuel de Joe. Au spectateur, sans doute, de la trouver. La seule séquence intéressante est lorsqu'une femme trompée débarque chez Joe où se trouve son mari, voire celle du train et de l'homme qui résiste aux avances de Joe.

* L'atmosphère. Dans un style minimaliste, Lars von Trier impose dès l'entame une ambiance à la fois lourde et austère. Le sexe semble être une affaire sérieuse pour le cinéaste qui ne se laisse aller à aucune légèreté. Dur.

Est-ce la censure ? N'est-ce que le volume 1 ? Toujours est-il que cette première partie de "Nymphomaniac" est loin du scandale annoncé. Lars von Trier déçoit avec une histoire sans grand intérêt et un style personnalisé, mais discutable.

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