lundi 25 mai 2020

Yellow Submarine (1969)

Après avoir arrêté les tournées, les Beatles voulaient encore moins réapparaître dans un film. Un dessin animé, signé George Dunning, les mettant en scène les comblera. Et nous aussi !

L'histoire se déroule principalement à Pepperland, agréable terre paisible et musicale située loin sous des tas de mers. Voilà qu'un jour, elle est envahie par les terribles Blue Meanies, de méchantes créatures bleues détestant la moindre note. Tous les habitants de Pepperland sont comme momifiés, sauf Young Fred, qui parvient à s'enfuir à bord d'un (fameux) sous-marin jaune. Il s'embarque pour Liverpool où il va trouver l'aide de quatre jeunes hommes facétieux, John, Paul, George et Ringo...

J'aime : 

* La bande originale. C'est rare que je mette cet élément en premier, mais là, impossible d'y couper. Au final, "Yellow Submarine", c'est presque plus une comédie musicale animée qu'un simple film d'animation car ces derniers, de manière générale, ne comportent pas autant de chansons. Et ce sont ici des morceaux des Beatles, avec un choix particulièrement varié et judicieux, le scénario s'adaptant en partie à celles-ci. A noter également que les séquences uniquement instrumentales sont signées George Martin et elles sont de grande qualité.

* L'animation. Elle a beau dater, elle était déjà remarquable pour l'époque et continue à l'être. C'est un très joli patchwork de techniques avec autant d'éléments figés, faits de photos et de dessins (surtout la magnifique partie à Liverpool), qu'animés. L'imagination des différentes mers est débordante et les quatre Beatles, ainsi que leur sous-marin jaune, sont superbes.

* Le casting. Certes, on aurait tellement aimé que les Fab Four prennent le temps de venir doubler leur personnage - ils se sauvent un peu avec la très sympa pastille finale -, mais ils n'auraient peut-être pas été aussi bons que les acteurs qui l'ont fait à leur place. On est au moins soulagé qu'ils aient un timbre de voix similaire. Et le reste des voix est excellent.

J'aime pas : 

* Le scénario. On va dire que c'est mitigé. On ne va pas reprocher qu'il soit simplet, car c'est un dessin animé après tout, mais, outre ses longueurs, il est parfois un peu déroutant (du recrutement des Beatles par Young Fred à leurs péripéties à Pepperland).

C'est donc moins pour son histoire que pour ses fabuleuses chansons et son animation originale que l'on adore revoir "Yellow Submarine", un chef-d'oeuvre Beatlesque de plus.

lundi 18 mai 2020

Bullitt (1969)

Et les classiques du cinéma mondial défilent devant mes yeux ébahis. Au tour du célèbre "Bullitt" de Peter Yates. Adoubé sans doute plus pour la forme que le fond.

L'histoire se déroule le temps d'un week-end à San Francisco. Le lieutenant Frank Bullitt (Steve McQueen, excellent) est chargé par un politicien local, Walter Chambers (Robert Vaughn, bien), d'assurer la protection d'un témoin majeur dans un procès contre la mafia. Malgré les précautions du policier, le témoin est assassiné par des tueurs. Chambers n'est pas net, Bullitt va mener l'enquête...

J'aime : 

* Le casting. Je suis un grand fan de Steve McQueen déjà. Ici, il est intéressant, à la fois sérieux et intègre, mais avec une pointe de romantisme. Puis cela fait plaisir de le retrouver face cette fois à Robert Vaughn après "The Magnificent Seven". Ce dernier joue d'ailleurs ici un rôle bien ambigu dans lequel il s'affirme particulièrement. Les seconds rôles masculins ne sont pas tous très exceptionnels, mais Jacqueline Bisset, elle, est resplendissante.

* Les décors. San Francisco est une ville fantastique et elle est particulièrement mise en valeur dans "Bullitt" grâce notamment à cette formidable course-poursuite en voiture qui a fait sa renommée.

* Le style. Le scénario pourrait s'avérer somme toute banal (lire plus bas), mais Peter Yates apporte un vrai style à son film, avec ce montage brut et cette mise en scène qui installent une tension permanente.

* Le scénario. L'histoire est bonne et prenante, sans être grandement originale, mais c'est vrai que le résultat est en deçà des espérances. Dont cette scène de l'assassinat du témoin...

* La bande originale. Signée Lalo Schifrin, elle instaure elle aussi cette atmosphère sombre et haletante à la fois.


J'aime pas : 

* Il n'y a pas de défaut majeur, mais il est vrai que le scénario manque quelque peu d'épaisseur et que le film présente sans doute quelques longueurs.

Un film devenu célèbre seulement (ou presque) pour une course-poursuite en voiture, ce n'est pas très bon signe. "Bullitt" a plein de bonnes choses pour lui, un vrai style et des premiers rôles de qualité, mais il aurait pu en effet être plus pêchu dans son scénario.

mercredi 13 mai 2020

Barry Lyndon (1975)

Un classique, encore un classique. Cette fois-ci du grand Stanley Kubrick, dont j'ai presque terminé la filmographie. Et une fois de plus, il m'impressionne.

L'histoire se déroule entre le 18e et le 19e siècle, racontant la vie tumultueuse de l'aventurier irlandais Redmond Barry (Ryan O'Neal, très bien). Confronté dès son premier amour aux barrières imposées par son origine modeste, il va alors poursuivre une quête d'ascension sociale, lui faisant parcourir l'Europe en guerre, non sans mensonges et subterfuges...

J'aime : 

* Le scénario. J'aime assez les films historiques et cette presque biographie d'un véritable aventurier irlandais qui a inspiré le personnage de Redmond Barry est tout bonnement passionnante. Son cheminement à travers l'Europe et les batailles de la guerre de Sept Ans est ponctué de rebondissements. Des déboires d'abord qui vont finir par se transformer en succès avant que la poisse ne finisse par le rattraper...

* La reconstitution. L'une des grosses qualités de "Barry Lyndon", c'est toute la précision que Stanley Kubrick a apportée à sa création. Des décors aux costumes, inspirés de tableaux d'époque, en passant par cette lumière naturelle ou à la bougie, c'est visuellement superbe. Rien ne paraît artificiel ou en carton-pâte comme on peut parfois le voir dans certains films historiques. Les scènes de bataille, notamment, sont impressionnantes.

* Le casting. Star de l'époque, je ne connais en réalité peu Ryan O'Neal, mais il est intéressant dans ce rôle pas si évident. Au fond, Redmond Barry reste toujours le grand naïf et romantique que l'on voit au début, totalement manipulable, par sa mère ou son propre fils, et qui ne tient pas vraiment bien ses mensonges. Le reste de la distribution est très bon et on est subjugué par la beauté de Marisa Berenson, dans le rôle de la comtesse de Barry.

* La musique. Elle est parfois anachronique, mais de seulement plusieurs décennies. Un choix assumé par Stanley Kubrick qui ne trouvait pas de bande originale de l'époque adéquate pour accompagner son oeuvre. Bien que parfois répétitive, chaque morceau étant attribué à l'un des actes, elle est belle et soigneusement choisie.

* La mise en scène. Elle est plutôt sobre, mais on sent une maîtrise pointilleuse du cinéaste qui voudrait que chaque plan ressemble aux tableaux dont il s'est inspiré.

J'aime pas : 

On pourra éventuellement se plaindre de la longueur, mais difficile de faire court avec une telle épopée !

Jusqu'ici, je n'ai trouvé aucun film de Stanley Kubrick moins bon qu'un autre, ce sont tous des chefs-d'oeuvre ou presque. "Barry Lyndon" apporte lui aussi toutes ses particularités et est un ravissement.

vendredi 8 mai 2020

Indiana Jones and the last crusade (1989)

J'avais une envie terrible de revoir ce qui constitue pour moi le meilleur des Indiana Jones. Chose faite, avec un plaisir non consumé.

Dans ce troisième épisode des aventures du célèbre archéologue américain (Harrison Ford, excellent), ce dernier est contacté par un certain Walter Donovan (Julian Glover, bien) qui lui indique vouloir poursuivre la quête du Saint Graal. Pour cela, il est aidé du père d'Indiana Jones, Henry (Sean Connery, génial), mais celui-ci est porté disparu à Venise. Son fils décide alors de partir à sa recherche, accompagné de son fidèle assistant Marcus Brody (Denholm Elliott, très bien)...

J'aime : 

* Le scénario. Pas le temps de souffler pour cette quête du Saint Graal qui est tout bonnement passionnante avec une fantastique histoire écrite autour de cette légende. Et la longue intro sur la "première" aventure d'Indiana Jones adolescent est délicieuse, un vrai court-métrage en soi.

* Le casting. Le génial duo Ford-Connery suffit à vrai dire. On adore particulièrement la roublardise du second qui fait que le premier devient un véritable baby-sitter. Les seconds rôles assurent tels que Denholm Elliott, John Rhys-Davies, Julian Glover ou l'excellent et regretté River Phoenix, qui joue le "jeune" Indiana Jones. Alison Doody assure le seul rôle féminin, pas franchement réussi.

* Les décors. On n'a jamais autant voyagé dans un "Indiana Jones" avec des lieux aussi mythiques et beaux que l'Utah, Venise, l'Allemagne ou encore la Jordanie.

* L'humour. Entre deux scènes d'action, ou pendant, on rit beaucoup, principalement des facéties d'Indiana Jones père, mais aussi du malheureux Marcus Brody.

* La bande originale. Signée John Williams, culte évidemment. 


J'aime pas : 

* Difficile de trouver le moindre défaut général !

"Indiana Jones and the last crusade" est mon préféré de la série, autant pour son scénario que pour ses deux têtes d'affiche, prouvant définitivement le talent de Steven Spielberg pour la réalisation de films d'aventures.

mardi 5 mai 2020

Le Samouraï (1967)

Je poursuis mon rattrapage des classiques du cinéma français avec cette référence mondiale signée Jean-Pierre Melville. Mon premier film du cinéaste.

Le samouraï du titre, c'est Jef Costello (Alain Delon, bien), un tueur à gages solitaire qui a un oiseau en cage pour seul compagnon. La police lui tombe dessus alors qu'il vient d'assassiner le patron d'une boîte de jazz. Malgré des témoins l'ayant croisé, le malfrat réussit à être libéré. Alors que la police, menée par un commissaire tenace (François Périer, très bien), ne le lâche pas d'une semelle, Jef Costello va devoir affronter dans le même temps un autre commanditaire cherchant à le faire tuer...

J'aime : 

* Le scénario. Il ne casse pas des briques non plus, mais cette prise en étau de Jef Costello entre la police et les malfrats est haletante. Quelques séquences sont particulièrement marquantes comme la poursuite dans le métro.

* La photographie. Signée de la référence Henri Decaë, son côté sombre et bleuté s'accommode parfaitement à l'épure des décors, à l'image du studio de Jef Costello. Il n'y a que le strict nécessaire.

* La mise en scène. Bien que rigide et quasiment dépourvue de dialogues, elle apporte elle aussi un vrai style au film, millimétrée.

* La bande originale. C'est le très jeune et autodidacte François de Roubaix qui a composé cette musique très jazzy. Parfaite pour ce polar.

* Le casting masculin. Première fois que je sépare, mais il y a malheureusement une grosse différence. Alain Delon et François Périer sont au top.


J'aime pas : 

* Le casting féminin. On ne peut pas en dire autant de Nathalie Delon et Cathy Rosier. Il s'agit de leur premier film, ça se voit.

Polar atypique par son style, froid et abrupt, "Le Samouraï" se démarque et on comprend combien il a pu inspirer au-delà de nos frontières. Il n'est néanmoins pas dénué de défauts côté casting.