Olivier Assayas n'est pas un cinéaste qui m'attire trop. J'avais vu "Clouds of Sils Maria" et désormais ce "Mage du Kremlin". A chaque fois en raison d'une initiative qui n'est pas la mienne. Mais je n'en ressors pas forcément déçu. Ce dernier film repose sur une histoire (en partie) vraie et fascinante.
Et cette histoire est celle de Vadim Baranov (Paul Dano, bien), jeune artiste d'avant-garde russe, qui va grimper les échelons du début des années 1990 aux années 2010, jusqu'à devenir producteur de télévision et surtout artisan, avec Boris Berezovsky (Will Keen, très bien), de l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine (Jude Law, pas mal). Ce dernier se révélera finalement bien plus difficile à manier que son prédécesseur, Boris Elstine...
J'aime :
* Le scénario. Adapté du roman éponyme de Giuliano da Empoli par Olivier Assayas lui-même aidé par Emmanuel Carrère, il est passionnant pour les mauvais connaisseurs, comme moi, de l'histoire russe contemporaine et donne des clés pour mieux comprendre l'ascension de Vladimir Poutine et ce qu'il a fait du pouvoir qui lui a été livré clés en main.
* La reconstitution. Je ne suis pas plus fin connaisseur de la Russie, mais les décors lettons m'ont paru très crédibles.
* Le casting. C'est du solide avec, outre Paul Dano, Jude Law et Will Keen, les excellents Jeffrey Wright, Tom Sturridge ou encore Alicia Vikander.
J'aime pas :
* La mise en scène. Divisé en chapitres, le film paraît presque un documentaire, monopolisé par la voix off de Paul Dano ou des scènes de dialogues interminables. Ce qui rend l'expérience encore plus longue voire ennuyeuse.
* Le casting. Malgré les très bons comédiens, on n'aurait pas été contre une distribution un peu plus "locale" pour rendre le long-métrage encore plus crédible.
Au départ, Olivier Assayas n'était lui-même pas très chaud pour réaliser ce film, en raison des contraintes citées dans mes reproches : un livre - sans lui retirer ses qualités - trop bavard et l'obligation de faire appel à des acteurs anglo-saxons pour pouvoir vendre son film à l'international. Aurait-il ainsi dû renoncer pour de bon ? Peut-être pas, mais il est vrai que cela pèse tout de même dans la note finale.