samedi 26 décembre 2020

Tandem (1987)

J'avais rarement entendu parler de ce film de Patrice Leconte, qui fut une oeuvre de transition aussi bien pour lui que pour Gérard Jugnot. Eh bien je suis heureux d'avoir pu le voir par hasard. 

L'histoire est celle de Michel Mortez (Jean Rochefort, exceptionnel, comme souvent), animateur radio has been d'un jeu passé de mode, "La langue au chat". Il sillonne la France et particulièrement ses petites villes en compagnie de son ingénieur du son, Rivetot (Gérard Jugnot, très bien), pour son émission quotidienne. Un jour, Rivetot apprend que celle-ci va être supprimée, mais il décide de ne rien dire à Mortez pour ne pas lui faire de peine.

J'aime : 

 * Le casting. Une fois de plus, Jean Rochefort crève l'écran dans un rôle qui lui va si bien, aussi antipathique qu'attachant. A ses côtés, Gérard Jugnot porte une perruque et surtout laisse tomber la moustache pour la première fois. L'admiration du second pour le premier se ressent à l'écran, faisant apparaître une belle complicité entre les deux comédiens/personnages. Une relation (et un scénario) qui fait penser à Don Quichotte et Sancho Panza, comme une prédiction pour ce futur rôle de Jean Rochefort (malheureusement inachevé). Les seconds rôles sont tout petits à côté, mais très bien.

* Le scénario. Cela fait plaisir de revoir des comédies (dramatique ici) françaises un peu "anciennes", car, contrairement à la plupart des actuelles qui copient des trames américaines en moins bien, elles se placent dans un univers bien français (sans nationalisme aucun évidemment). "La langue au chat" parodie le culte "Jeu des 1000 francs" de France Inter et offre un véritable concentré de "province", avec ses lieux, ses décors, ses gens et un animateur qui se prend pour une star qu'il n'est plus depuis bien longtemps. Surtout, cela montre le décalage toujours actuel entre Paris (représenté ici par la direction de la radio, qui veut supprimer l'émission, jugée ringarde) et le reste de la France, dont le public est lui toujours friand de ce type d'événement. 

* Les décors. Comme dit plus haut, on sillonne avec Mortez et Rivetot une autre France, même si elle n'est vraiment pas présentée sous son meilleur jour, mais c'est original.

* La bande originale. Elle est étonnante car principalement composée d'une (belle) chanson, chantée en italien par Richard Cocciante, "Il mio rifugio" (reprise en plus d'une chanson française de François Bernheim). Jouée à plusieurs reprises dans le film, elle lui offre une dose de mélancolie en plus.

J'aime pas :

 *  Pas de reproche particulier à faire.

Oeuvre marquante à plus d'un titre donc : Patrice Leconte se lance magnifiquement dans la comédie dramatique, de même que pour Gérard Jugnot, tandis que Jean Rochefort propose sans doute l'un de ses plus beaux rôles. Grand film !

lundi 21 décembre 2020

The Firm (1993)

Au début des années 1990, il y a eu cette mode des thrillers judiciaires, notamment grâce aux romans de l'écrivain John Grisham. "The Firm" est d'ailleurs le premier porté au cinéma, avec Sydney Pollack derrière la caméra, les suivants connaîtront le même (heureux) sort. 

L'histoire est celle de Mitch McDeere (Tom Cruise, excellent), brillant étudiant en droit recruté avant même de pouvoir exercer par un cabinet d'avocats d'affaires de Memphis. Tout se passe pour le mieux jusqu'à ce que surgissent des événements troublants : la mort de deux avocats du cabinet, un premier contact par le FBI... Le jeune homme décide alors d'enquêter sur ce que désire cacher ses employeurs. 

J'aime : 

 * Le casting. Alors qu'il joue plutôt que des rôles de casse-cou ces derniers temps, cela fait plaisir de revoir Tom Cruise camper un personnage tout autre, alors certes jeune premier quand même, mais qui va lutter avec d'autres armes contre ses ennemis. La flopée de seconds rôles est de premier ordre également : Gene Hackman (qui joue très bien un mentor pas net), Jeanne Tripplehorn (qui joue une épouse qui a du caractère, on aime!), Ed Harris (qui joue un agent du FBI à la dure qui se fait tourner en bourrique), Gary Busey (qui joue un excentrique détective privé) ou encore Holly Hunter (qui joue la secrétaire gonflée du détective). 

* Le scénario. Peu d'action, presque pas de morts visibles, et pourtant on assiste à un thriller haletant, autour d'une histoire dont les détails restent néanmoins un peu complexes.

* Le lieu. Toujours un plaisir pour moi qu'un film américain se déroule dans une ville autre que New York ou Los Angeles. Ici Memphis. 

* La bande originale. Signée Dave Grusin, elle offre quelques trépidants morceaux de jazz qui collent parfaitement à l'ambiance.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier à faire. 

Je n'avais jamais vu "The Firm" sans doute parce que, sur le papier, l'histoire ne m'emballait pas. J'ai mûri et été agréablement surpris autant par le scénario très prenant que par un casting cinq étoiles. Bravo.

vendredi 11 décembre 2020

Nevada Smith (1966)

J'aime les westerns, j'aime Steve McQueen. J'étais donc comblé de pouvoir regarder cette oeuvre de l'expert Henry Hathaway que je n'avais jamais vue. Plutôt bon !

Tirée d'un roman, l'histoire raconte la quête de vengeance de Max Sand (Steve McQueen, pas mal), un jeune métis blanc et autochtone, dont les parents sont sauvagement assassinés par un trio de malfrats. Après un apprentissage du maniement des armes par le marchand ambulant Jonas Cord (Brian Keith, très bien), le cow-boy va alors entreprendre de retrouver et tuer un à un les assassins de ses parents...

J'aime : 

 * Le scénario. Evidemment, le fil rouge - la vengeance - est des plus convenus, mais rappelons qu'il s'agit d'un western et que c'est un ressort souvent utilisé dans cet univers sans foi ni loi. D'ailleurs, Max Sand aura l'occasion plusieurs fois de voir cette quête remise en question. Mais surtout, pour en arriver là, le cheminement sera long car les trois cibles du jeune homme se sont séparées depuis leur crime, donnant alors lieu à trois aventures différentes. La séquence de l'apprentissage auprès de Jonas Cord est des plus sympathiques, celle dans le camp de travail des bayous sans doute un peu trop longue (un film en lui-même !).

* Les décors. De véritables paysages américains pour ce western non-spaghetti, à la fois variés (désert, bayou, etc.) et magnifiques, offrant un voyage dans le sud des Etats-Unis. 

* Le casting. Tout en adorant Steve McQueen, qui offre ici une jolie évolution, de jeune naïf à vengeur rusé, il est clairement trop vieux pour le rôle (vingt ans de plus que le personnage du roman !), ce qui fait qu'on reste un peu dubitatif au début, puis n'a rien de métis. Au-delà de cela, le reste des personnages est charismatique à souhait avec de vraies trognes de western. Peu de femmes - et ce sont des faire-valoir,  mais un rôle un peu plus intéressant pour Pilar (Suzanne Pleshette). 

* L'action. Les aventures étant variées, les morceaux de bravoure de Max Sand sont légion, avec de nombreuses occasions pour lui de se mettre en valeur, pour le pire comme pour le meilleur.

 J'aime pas : 

* En dehors de quelques longueurs et donc d'une adaptation qu'il aurait fallu un poil moins fidèle sur l'âge et les origines de Max Sand, peu de reproches à apporter. 

Avec "Nevada Smith" (drôle de nom qui n'arrive qu'à la fin), Henry Hathaway signe un western divertissant, dans lequel Steve McQueen brille une fois de plus.

mardi 8 décembre 2020

The Wolf of Wall Street (2013)

On m'a vendu du rêve avec ce film que j'ai longtemps laissé de côté parce que long et de nouveau un Scorsese avec Leonardo DiCaprio. Je ne regrette pas trop mon choix. 

L'histoire (vraie) est celle de Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio, très bien), jeune trader new-yorkais, qui débute sa carrière à la fin des années 1980. Alors qu'il est en pleine ascension, chaperonné par l'expérimenté Mark Hanna (Matthew McConaughey, incroyable), un krach boursier provoque la faillite de son entreprise. Il va alors se reconvertir, via son nouvel emploi, dans la vente d'actions de PME. Le succès aidant, il crée alors sa propre société, Stratton Oakmont, avec son voisin et associé Donnie Azoff (Jonah Hill, déjanté). La mayonnaise prend et les affaires sont florissantes, plongeant Belfort, Azoff et leurs traders dans une folie totale, attirant les suspicions du FBI...

J'aime : 

* Le casting. Ce sont vraiment les acteurs et actrices qui portent le film de Martin Scorsese. Il faut en effet une performance assez exceptionnelle de cette troupe pour camper des personnages sans limites dans le travail, l'argent, l'alcool, la drogue, le sexe... Leonardo DiCaprio en tête bien entendu. Premier grand rôle détonnant aussi pour Margot Robbie.

* La mise en scène. Martin Scorsese colle parfaitement au train de vie de son héros, c'est ultra tonique et rythmé, avec un montage nerveux, sans aucun temps mort ou presque, où toutes les extravagances sont permises.

 * La bande originale. Comme toujours avec le cinéaste, c'est éclectique et il n'y a que du bon. Au top.

J'aime pas :

* Le scénario. Si la première partie sur la formation puis l'ascension de Jordan Belfort est assez intéressante, le reste du film est une surenchère de scènes les plus dingues les unes que les autres sur l'autodestruction du trader avec comme fil rouge l'enquête du FBI pour le coincer, pas bien passionnante.

Si la vie de Jordan Belfort est fascinante, Martin Scorsese a choisi de la traiter sous un angle presque tarantinesque, en privilégiant les frasques au mécanisme de son succès, rapidement expliqué au début du film. C'est très divertissant, merci aux acteurs, mais sur le fond, on s'ennuie quelque peu.

mardi 20 octobre 2020

A Perfect world (1993)

Poursuivant la filmographie de Clint Eastwood, j'étais heureux de tomber enfin sur cette oeuvre majeure, pourtant de commande, que je n'avais bizarrement pas encore vue. Des éloges mérités. 

L'histoire se situe en 1963 au Texas, quelques jours avant la venue de Kennedy. Les criminels Butch Haynes (Kevin Costner, très bien) et Terry Pugh (Keith Szarabajka, pas mal) s'évadent d'un pénitencier. Au début de leur cavale, il entrent par effraction dans la maison d'une mère de famille dont ils kidnappent le jeune fils, Philip (TJ Lowther, excellent). La course-poursuite avec les autorités, menées par le Texas ranger Red Garnett (Clint Eastwood, sobre), peut commencer...

J'aime :

 * Le scénario. Les duos mal assortis, cela fonctionne très souvent au cinéma, et encore plus lorsque c'est un type dur avec un petit garçon des plus tendres. Ainsi, la cavale des deux criminels et du garçonnet se révèle des plus attachantes tandis que la chasse à l'homme est plutôt bon enfant. Avec un final totalement eastwoodien.

* Le casting. Kevin Costner, à l'apogée de sa carrière pour des rôles de "héros", se retrouve cette fois antihéros et se révèle impeccable (il est particulièrement marquant à la fin), affublé d'un formidable jeune acteur pour lui donner la réplique. On regrettera que ce dernier n'ait pas vraiment fait carrière par la suite. On saluera également la sobriété de Clint Eastwood dans un énième rôle de force de l'ordre, qui au départ ne voulait pas jouer dans son film. La chasse à l'homme de Red Garnett s'efface largement au profit de la cavale de Butch et Philip. A signaler également l'unique rôle principal féminin de l'excellente Laura Dern, qui joue la criminologue Sally Gerber, même s'il apparaît légèrement de convenance. Et puis de très bons seconds rôles par ailleurs.

* La mise en scène. "A Perfect world" est rempli de scènes fortes comme touchantes, avec tension, émotion et humour. Que des bonnes choses donc, avec un casting de haut niveau, menées de main de maître par le maestro Clint Eastwood.

* La reconstitution. Je l'ai déjà dit ici, je suis passionné par les années 1950-1960, notamment aux Etats-Unis, et l'époque est encore ici très bien retranscrite, que ce soit dans l'ambiance, les décors, les costumes ou encore les véhicules. 

* La bande originale. C'est principalement par la musique et la culture que j'aime cette époque, et je suis donc heureux de retrouver ici des morceaux et chansons ajoutant à cette ambiance.

 J'aime pas

 * Difficile de trouver quelque chose à redire en dehors peut-être, côté scénario, des conditions de l'enlèvement du petit garçon, un peu confuses. 

"A Perfect world" est sans doute l'un des meilleurs films de Clint Eastwood car, à l'image de Butch, c'est un dur au coeur tendre, qui apporte à la fois maîtrise et finesse dans cette oeuvre.

samedi 10 octobre 2020

Blue Steel (1990)

Je n'avais jamais entendu parler de ce film, qui est l'un des premiers de Kathryn Bigelow. J'ai donc sauté sur l'occasion. Particulier. 

L'histoire est celle de Megan Turner (Jamie Lee Curtis, excellente), qui vient tout juste d'être diplômée de l'académie de police de New York. Lors de l'une de ses premières tournées, elle assiste au braquage d'un supermarché. Elle intervient en tuant le malfaiteur. Sauf que l'arme de ce dernier est dérobée par l'un des clients, le trader Eugene Hunt (Ron Silver, spécial). Megan est alors accusée d'avoir abattu un homme désarmé tandis qu'Eugene se met à errer dans New York en tuant au hasard avec l'arme en question...

J'aime : 

 * Le scénario. Le fil rouge, le jeu du chat et de la souris entre Megan et Eugene, est haletant avec une tension qui monte graduellement.

* L'atmosphère. Hostile, elle se cale parfaitement avec le scénario, à savoir des scènes souvent nocturnes, dans une ville de New York glaçante et pluvieuse. 

* Le casting. Cela fait plaisir de voir une toute jeune Jamie Lee Curtis, dans un rôle toujours aussi énergique. Même s'il fait bien peur, son ennemi, joué par Ron Silver, est moins convaincant. Les seconds rôles sont solides.

 J'aime pas : 

 * Avec la tension qui monte donc au cours de l'histoire, ce sont aussi les incohérences qui surgissent jusqu'aux plus absurdes (un ennemi quasi immortel et qui sait vraiment tout de sa proie). Cela gâche un peu les choses. On a le droit également à une esthétique et une mise en scène très 80's, un peu datées aujourd'hui. 

"Blue Steel" avait beaucoup de potentiel, se basant sur une idée de départ attractive, mais plus le film avance, plus il s'enfonce malheureusement dans la série B. Dommage.

lundi 14 septembre 2020

Walk the line (2006)

Je ne connaissais pas bien Johnny Cash avant de voir le film biographique de James Mangold, hormis un nom, un genre, quelques morceaux vaguement, et encore moins June Carter. "Walk the line" a donc largement comblé mes lacunes, de manière très réussie. 

L'histoire suit une partie de la vie et carrière de Johnny Cash (Joaquin Phoenix, très bien), ses hauts et ses bas, de son enfance pauvre, dans les années 1930, jusqu'à la fin des années 1960, qui constitue son retour en grâce professionnel et son mariage avec June Carter (Reese Witherspoon, excellente).

J'aime : 

 * Le scénario. On ne lui reprochera pas d'aller au-delà des années 1960 car on peut se douter que les époques les plus fascinantes de Johnny Cash sont dans le film. Le mariage avec June Carter consommé, sa vie sera certainement plus paisible (même s'il y a eu d'autres bas plus tard il me semble). Et donc nous suivons des moments marquants pour lui comme pour nous. 

* Le casting. Entourés de solides seconds rôles (Ginnifer Goodwin, Robert Patrick...), Joaquin Phoenix et sans doute encore un peu plus Reese Witherspoon, au panel plus varié ici, offrent une performance mémorable. 

* La bande originale. Aimer la musique des années 1950 et 1960 aide beaucoup. Je ne suis pas un grand fan de country en général, mais ses racines commerciales via le rockabilly, dont Johnny Cash est un leader, me plaisent bien mieux. Et de saluer la performance, cette fois musicale, des deux acteurs principaux. 

* La reconstitution. Je suis particulièrement fan de cette époque, via sa musique sans doute, et je trouve les décors et costumes soignés.

 J'aime pas : 

 * Evidemment, il est toujours frustrant de regarder un biopic car on sait qu'il manquera des éléments. Pour celui-ci, j'aurais aimé voir moins de séquences où Johnny Cash s'autodétruit en buvant et/ou se droguant, bien trop nombreuses, et plus de scènes sur sa musique (comment il l'a apprise, pourquoi il a voulu faire carrière dans ce domaine, quelles sont ses inspirations, etc.).

"Walk the line" a donc des trous importants, mais il a au moins le mérite d'offrir un regard sincère et surtout pas hagiographique sur un monstre sacré de la musique américaine. Son histoire est passionnante et nous donne envie d'aller plus loin ensuite.

vendredi 4 septembre 2020

Ocean's 8 (2018)

Même si ce spin-off tardif ne me donnait guère envie, il fallait bien que je complète ma série des "Ocean". Signé Gary Ross, mais toujours sous la houlette du duo Soderbergh-Clooney, cet épisode 100% féminin est assez vain. 

L'introduction de l'histoire mime celle d'"Ocean's Eleven". Cette fois, ce n'est pas Danny - qui est décédé -, mais sa soeur Debbie (Sandra Bullock, correcte) qui sort de prison avec l'envie immédiate de réaliser un casse. Son objectif : dérober lors du MET Gala, à New York, un collier Cartier d'une valeur de 150 millions de dollars. Pour cela, elle va contacter sa vieille amie Lou (Cate Blanchett, sobre) et recruter cinq autres femmes pour concrétiser son coup : la pickpocket Constance (Awkwafina, sans plus), la hackeuse Nine-Ball (Rihanna, pas si mal), la tailleuse de diamants Amita (pas mal), la "caméléon" Tammy (Sarah Paulson, bien) et la créatrice de mode Rose Weil (Helena Bonham Carter, très bien). La huitième femme du groupe le sera à son insu : l'actrice Daphne Kluger (Anne Hathaway, excellente), qui portera le bijou lors de l'événement. 

J'aime :

 * Le casting. Aux deux baronnes (Sandra Bullock et Cate Blanchett, pas très expressives), on préfère plutôt le reste de l'équipe, particulièrement Sarah Paulson, Helena Bonham Carter et, surtout, Anne Hathaway. 

* L'ambiance. On sent que tout le monde s'entend bien et la préparation comme la réalisation du casse se font dans une atmosphère plutôt décontractée. Même si l'humour est globalement assez réchauffé, le personnage d'Anne Hathaway vient pimenter tout cela.

* La bande originale. Elle est assez cool, avec pas mal de morceaux déjà entendus, mais du Charles Aznavour quand même.

J'aime pas :

* Le scénario. Malheureusement, il manque clairement de folie et il surprend même car le plan se déroule absolument sans accroc. En dehors d'un petit rebondissement final. Mais le film a au moins le mérite d'être "court" et rythmé.

L'idée de départ n'était pas mauvaise du tout, au contraire, mais le résultat manque clairement d'ambition. Si "Ocean's 8" est tout de même divertissant, il n'arrive pas à marquer suffisamment pour se placer au même niveau que la trilogie précédente (qui a aussi ses défauts mais pèse bien plus).

samedi 22 août 2020

Dune (1985)

Je ne suis pas du tout familier de l'univers de Frank Herbert, mais l'adaptation au cinéma de son chef-d'oeuvre par David Lynch étant à la fois culte et controversée, cela a aiguisé ma curiosité. Pas pire ! 

Je serais bien incapable d'affirmer si la version du cinéaste américain est fidèle ou pas, toujours est-il que c'est l'histoire, dans une galaxie lointaine, d'une lutte pour le contrôle de la planète Arrakis (ou "Dune"), seul lieu où l'on trouve une denrée extraordinaire appelée "Epice". L'empereur de la galaxie, Padishah Shaddam IV (José Ferrer, pas mal), nomme les Atréides, menés par le duc Leto (Jürgen Prochnow, bien), à sa tête. Hélas, il s'agissait d'un piège orchestré conjointement avec les Harkonnens du vilain baron Vladimir (Kenneth McMillan, excellent) qui prennent Arrakis d'assaut. Rescapés du massacre, la femme et le fils de Leto Atréides, Jessica (Francesca Annis, bien aussi) et Paul (Kyle MacLachlan, très bien), rejoignent le peuple autochtone de la planète, les Fremen, afin d'organiser la résistance...

J'aime : 

 * Le scénario. Malgré les explications d'introduction, il faut un peu de temps pour rentrer dedans, mais ensuite, c'est plutôt fluide et on assiste à un vrai bon film de science-fiction, entre intrigues et action. On imagine évidemment que David Lynch, qui a aussi signé le script, a simplifié au maximum le récit tout en apportant sa touche sophistiquée.

* Le casting. La plupart des acteurs, confirmés, ont un peu disparu évidemment, mais on retrouve notamment un jeune Kyle MacLachlan dans son premier rôle et déjà diablement charismatique. J'ai apprécié aussi voir Dean Stockwell (de ma série chouchou "Quantum Leap") dans un rôle pivot (le docteur traître Yueh). Quant à Sting, dans une apparition finalement aussi anecdotique que marquante, il s'en sort pas si mal. 

* Les effets spéciaux. Forcément, ils paraissent datés aujourd'hui et n'équivalent peut-être pas ceux de films précédents comme la première trilogie "Star Wars", mais ils restent à la fois étonnants et originaux. 

* La bande originale. Un thème de Brian Eno, le reste de Toto, c'est pas "beau", mais l'ambiance est assurée.

J'aime pas : 

* L'esthétique. On ne peut pas dire que les décors soient extrêmement variés et ils sont globalement assez laids. Pareil pour les costumes. 

Si j'aurais adoré voir le "Dune" imaginé dans un premier temps par Alejandro Jodorowsky et qui aurait sans doute été plus flamboyant (je recommande le documentaire "Jodorowsky's Dune" sur le sujet) que celui de son successeur sur le projet, David Lynch s'en sort plutôt bien (même s'il a lui-même renié son oeuvre pour des raisons de "final cut" non respecté par les producteurs) pour les néophytes dont je fais partie. Un divertissement SF vintage qui passe encore bien! 

jeudi 13 août 2020

Tout simplement noir (2020)

En ces temps de pandémie et de mouvement "Black lives matter", le film de Jean-Pascal Zadi et John Wax est tombé à point nommé. Frais, original et efficace. 

L'histoire est celle de JP, comédien raté, qui décide de se lancer dans l'organisation d'une grande marche des (hommes) noirs à Paris, pour dénoncer leur manque de visibilité en France, aussi bien dans la société que dans les médias. Il se met alors en scène dans un documentaire qui suivra notamment ses démarches auprès de personnalités noires françaises (acteurs, humoristes, etc.) afin de l'aider à promouvoir l'événement. Un parcours semé d'embûches pour un personnage aussi maladroit que lui...

J'aime : 

 * Le casting. Je découvre Jean-Pascal Zadi avec bonheur, acteur très drôle au physique particulier, on pense évidemment à sa dentition sur lesquelles les vannes pleuvent au cours du film. Il est parfait dans ce rôle de tête à claques sans gêne mais au final très attachante. Il a su réunir la grande majorité des humoristes et comédiens noirs français dans ce subtil exercice d'autodérision. Car la plupart en prennent pour leur grade ! 

* Le message. Jean-Pascal Zadi a donc choisi l'humour et l'absurde pour dénoncer le manque de visibilité des noirs en France (car, si c'est le combat de son personnage, c'est bien aussi le but du film) et pose, à travers les déambulations de JP, de nombreuses questions (comment agir au mieux ? De quelle forme ? De quelle manière ? La place des femmes, etc.), visant souvent juste.

* Le format. Jean-Pascal Zadi a choisi le mode "faux documentaire", où toutes les images que l'on voit font partie du projet, et ça marche très bien, donnant un côté spontané et improvisé aux scènes. 

* Le scénario. S'il détonne par son originalité, il est un peu fait de bric et de broc en raison du format, mais il est cohérent et doté d'un fil rouge au dénouement charmant. 

 * L'humour. Evidemment, on ne peut pas passer à côté de cet élément. Jean-Pascal Zadi a voulu l'éviter autant que possible, mais il est difficile de ne pas non plus voir en "Tout simplement noir" un film à sketches, car les invités se succèdent un peu les uns après les autres. C'est globalement assez drôle, mais toutes les séquences ne sont pas réussies, surtout celles où le scénario va trop loin dans l'exagération (Eric Judor convaincu qu'il est noir, Lucien Jean-Baptiste qui est pris d'une crise de folie...). 

 J'aime pas : 

 * Pas de gros reproche particulier à faire, si ce n'est, donc, des scènes humoristiques inégales.

Très critique des comédies contemporaines françaises en général, j'ai été fort agréablement surpris par cette oeuvre sans prétention de Jean-Pascal Zadi qui a très certainement un grand avenir dans le paysage humoristique français.

lundi 10 août 2020

Le Professionnel (1981)

Si Jean-Paul Belmondo restera à jamais l'un des "héros", via ses films (plus particulièrement sa période "Bébel" des années 1970-1980), de mon enfance, certains ont très mal vieilli. A l'image de ce "Professionnel", signé Georges Lautner.

Le "Professionnel", c'est Josselin Beaumont (Jean-Paul Belmondo, qui en fait un peu des caisses), agent secret français envoyé dans le pays africain imaginaire du Malagawi pour y abattre le président tyran. Entre-temps, les relations franco-malagawiennes se sont améliorées et l'Elysée sacrifie Beaumont en le dénonçant aux autorités du Malagawi. Il est alors condamné sur place aux travaux forcés. Deux ans plus tard, Josselin Beaumont parvient à s'échapper et rentrer à Paris. Sa vengeance sera terrible...

J'aime :

 * Le scénario. S'il n'innove pas vraiment avec une histoire toute bête de vengeance et de contrat à remplir jusqu'au bout, il est intéressant dans sa remise en question des affaires pas nettes de la Françafrique. Puis, pour arriver à ses fins, Josselin Beaumont devra monter un plan plutôt malin, jusqu'à un dénouement peu orthodoxe.

* Le casting. Jean-Paul Belmondo est évidemment omniprésent et fait du "Bébel", à la fois brutal et facétieux. Robert Hossein compose face à lui un "vilain" charismatique, commissaire aux méthodes contestées mais redoutablement efficaces. Pas de très grands noms sur le reste de l'affiche, mais une bonne distribution avec pas mal de fidèles des films de Belmondo.

* L'action. On peut compter sur Belmondo pour mouiller la chemise durant ses films de cette époque. Ici, les bagarres (même si on voit aujourd'hui trop la simulation) sont nombreuses et les cascades en voiture signées Rémy Julienne sont toujours un must.

J'aime pas : 

* La bande originale. Le morceau "Chi Mai", d'Ennio Morricone, est sans doute encore plus célèbre que le film. Ce n'est pas tant qu'il ait été depuis étiqueté "Royal Canin" qui me gêne que sa redondance, toutes les dix minutes du film. A la fin, c'est l'indigestion. 

 * La mise en scène. C'est sans doute ce qui fait que le film paraît hors d'âge. On lève les yeux au ciel dès la séquence d'introduction, très longue, en Afrique (mal reconstituée en Camargue !), puis à de nombreuses reprises ensuite tellement elle est théâtrale. Le summum est atteint avec l'hommage à Sergio Leone pour le duel Belmondo-Hossein. Dérangeants aussi ces petits moments soudains de comédie, avec des répliques de Michel Audiard, au milieu d'une histoire relativement violente. 

S'il n'est donc plus possible de regarder aujourd'hui "Le Professionnel" au premier degré, comme quand on était enfant, en raison de ses défauts qui sautent aux yeux, on doit encore reconnaître au film une excellente dimension divertissante. C'est déjà ça.

mardi 4 août 2020

Hippocrate (2014)

Après avoir vu le dernier film de la trilogie médicale de Thomas Lilti, "Première année", je me suis fait le tout premier, "Hippocrate". Cela fait plutôt sens chronologiquement (après les études, l'internat) et c'est tout aussi réussi.

L'histoire est celle de Benjamin (Vincent Lacoste, très bien), qui débute son internat dans un hôpital parisien, dans le service dirigé par son père (Jacques Gamblin, bien). Là, il va découvrir tous les aléas et surtout les difficultés quotidiennes auxquelles fait face le personnel hospitalier, en compagnie notamment d'Abdel (Reda Kateb, très bien aussi), un interne algérien.

J'aime :

* L'univers. Il n'est pas des plus clinquants, mais il permet une plongée des plus réalistes, quasi documentaire, dans un service hospitalier, sujet rarement traité par le cinéma français. On y retrouve ses joies, ses peines, ses galères, son humanité. Tout cela est assez fidèlement retranscrit.

* Le casting. Je crois l'avoir déjà dit, mais je suis de plus en plus fan de Vincent Lacoste. Il incarne très bien ce jeune personnage très humain, dont le statut de fils du chef de service va le plonger malgré lui dans l'engrenage du mensonge et de l'impunité. A ses côtés, Reda Kateb compose un rôle plus complexe, mettant en lumière la situation des internes étrangers qui, eux, n'ont pas le droit à l'erreur.

* Le scénario. Pas facile de laisser de la place à autre chose avec deux fils rouges portant sur deux cas médicaux complexes, un pour chacun des deux protagonistes principaux du film, mais il laisse tout de même bien entrevoir la vie d'un service.

J'aime pas :

* Même s'il apparaît sensé de s'attarder sur les deux cas de figure proposés par Thomas Lilti, illustrant tout le poids de la moindre décision, et surtout de ses conséquences, des médecins à l'hôpital, on aurait sans doute aimé voir une plus grande variété de prises en charge des internes et ainsi un peu plus de leur gestion de ce quotidien.

Après "Première année", Thomas Lilti achève de me convaincre avec "Hippocrate" de la grande qualité de sa trilogie sur le milieu médical. Manque plus que "Médecin de campagne", qui s'annonce lui aussi passionnant.

lundi 27 juillet 2020

Astérix aux Jeux olympiques (2008)

Il manquait un épisode que je n'avais pas vu dans la série cinématographique des "Astérix". Celui signé Frédéric Forestier et Thomas Langmann. Très certainement le plus mauvais (mais il faudrait que je revois le tout premier pour confirmer).

L'histoire reprend en partie celle de la bande dessinée, mais en beaucoup plus étoffée. Ici, c'est le Gaulois Alafolix (Stéphane Rousseau, mièvre) qui voudrait prendre la main d'une princesse grecque, Irina (Vanessa Hessler, qui joue les belles plantes). Mais le "fils" de César (Alain Delon, très bien), Brutus (Benoît Poelvoorde, pas mal), la convoite aussi très fortement. Le père d'Irina la promet alors à celui qui remportera les jeux Olympiques. Pour cela, Alafolix aura besoin de ses compagnons gaulois Astérix (Clovis Cornillac, très correct) et Obélix (Gérard Depardieu, un peu emprunté)...

J'aime : 

* Le casting. Comme dans tout "Astérix", il déborde de vedettes et il y a à boire et à manger. On retiendra que Clovis Cornillac n'est pas si mal en Astérix, que Gérard Depardieu est plutôt effacé, qu'Alain Delon excelle dans l'autodérision en tant que César et que Benoît Poelvoorde fait une bonne tête à claques de Brutus. Malheureusement, le gentil couple qui sert de fil rouge est mielleux à souhait et les différentes stars du sport apparaissant à la fin n'étaient absolument pas nécessaires.

J'aime pas : 

* Le scénario. Thomas Langmann et ses auteurs ont voulu aller plus loin que la bande dessinée en ajoutant donc cette romance inintéressante et de multiples éléments alambiquant l'histoire. C'est confus et la séquence sportive finale, interminable (on se réjouissait pourtant de revoir Jamel Debbouze), achève de plomber le film.

* Les décors. Les images croulent sous les effets spéciaux et c'est souvent du pire effet.

* L'humour. Autant le précédent épisode signé Alain Chabat nous offrait des références sympas à l'esprit Canal, autant celui-ci nage dans un univers beauf, entre les citations de chansons de variétoche française, la présence de Francis Lalanne dans son presque propre rôle et la course de chars-Formule 1.

Avec cet "Astérix aux Jeux olympiques", j'ai donc vu toute la série (en film) jusqu'à présent. Et difficile de donner un avis différent de l'unanimité quant à l'opus de Thomas Langmann et Frédéric Forestier : c'est tout simplement un énorme gâchis (pas que financier).

dimanche 19 juillet 2020

Ocean's Thirteen (2007)

Après un deuxième épisode trop lent et alambiqué, Steven Soderbergh est revenu trois ans plus tard avec un retour aux fondamentaux pour clore sa trilogie. Honorable.

Retour à Las Vegas donc pour Danny Ocean (George Clooney, qui assure) et sa bande d'experts braqueurs. Il s'agit d'affronter un nouvel ennemi : Willy Bank (Al Pacino, cabotin). Ce dernier, qui va ouvrir un nouveau casino dans la ville, a doublé et laissé pour mort l'un des leurs, ce vieux roublard de Reuben Tishkoff (Elliott Gould, correct). La vengeance sera terrible...

J'aime : 

* Le casting. On est toujours bien servi par la bande à George Clooney, même s'il est vrai qu'on sent que le pilote automatique est enclenché dans cette fin de trilogie, avec un nouveau vilain, joué par Al Pacino, qui n'offre pas non plus une performance inoubliable. On regrette également l'absence des deux femmes remarquables des premiers épisodes, Julia Roberts et Catherine Zeta-Jones.

* Le scénario. Contrairement au deuxième opus, les scénaristes ne se sont pas trop foulés pour cette conclusion, en revenant sur un terrain connu. Néanmoins, c'est ce qu'il y a aussi de plus efficace tant le précédent épisode européen nous avait quelque peu perdu.

* L'ambiance. C'est ce qui fait la force des "Ocean's" avec l'humour et la complicité des acteurs.


J'aime pas : 

* Pas de remarques forcément négatives à faire, si ce n'est reprocher le manque de surprise et d'originalité.

Voulant rattraper le précédent épisode qui n'avait pas remporté l'unanimité, Steven Soderbergh n'a donc pas pris de risques pour conclure sa trilogie. Pas si grave, c'est suffisamment efficace et divertissant, même si cela n'arrive pas à la cheville d'"Ocean's Eleven".

mercredi 15 juillet 2020

Ocean's Twelve (2004)

Le succès d'Ocean's Eleven appelait forcément à une suite. Toujours signée Steven Soderbergh, elle est arrivée trois plus tard. Mais elle tombe dans le grand sac des suites ratées...

Nous retrouvons donc notre joyeuse bande de braqueurs trois ans plus tard. Elle s'est éparpillée, mais elle va devoir se reformer car celui qu'ils ont volé, Terry Benedict (Andy Garcia, toujours bien), leur a mis la main dessus. Il leur donne alors deux semaines pour le rembourser, avec intérêts. C'est en Europe que Danny Ocean (George Clooney, toujours bien aussi) et ses compères vont tenter d'accomplir leurs prochains forfaits, à la conquête de précieux objets. Sauf que, cette fois, ils font face à la fois à la concurrence du mystérieux cambrioleur français François Toulour (Vincent Cassel, très à l'aise) et à la surveillance d'Interpol, via l'inspectrice Isabel Lahiri (Catherine Zeta-Jones, très bien)...

J'aime : 

* Le casting. Steven Soderbergh a fait fort en réussissant à réunir la même troupe du premier et en y ajoutant d'autres superstars comme Catherine Zeta-Jones et Vincent Cassel. Avec même une apparition de Bruce Willis, dans son propre rôle, pour la séquence la plus hilarante du film.

* Les décors. Entre Paris, Amsterdam et l'Italie (Rome notamment), "Ocean's Twelve" nous offre un bien joli voyage en Europe.

* Le scénario. Plutôt que refaire un braquage de casino ou d'un autre établissement financier, une banque par exemple, le film a l'originalité de nous emmener donc loin de Las Vegas et même des Etats-Unis, et de proposer un autre type d'objectif, avec en plus ce défi représenté par le concurrent de l'équipe de Danny Ocean. C'est appréciable, mais...

* L'humour. On retrouve la bonne humeur et le caractère bon enfant du premier épisode avec joie.


J'aime pas : 

La lenteur. Vous me direz que j'ai fait plein de commentaires positifs donc où est le problème ? Il réside dans le fait qu'"Ocean's Twelve" manque cruellement de rythme, avec des chausses-trappes à la pelle qui contribuent au final à considérablement ralentir le film, qui n'en finit plus.

"Ocean's Twelve" avait tout sur le papier pour constituer une alléchante suite, mais Steven Soderbergh en a fait un film bien trop touffu et alambiqué qui finit par nous ennuyer. Tellement dommage.

dimanche 12 juillet 2020

Ocean's Eleven (2002)

Bizarrement, je n'avais pas encore vu la célèbre trilogie de Steven Soderbergh, remake (pour le premier) d'un film de 1960 avec Frank Sinatra. C'est chose faite. Pour commencer, un premier épisode plutôt réussi.

L'histoire est celle de Danny Ocean (George Clooney, bien), qui vient de sortir de prison et veut remettre ça directement en réalisant un coup énorme : cambrioler le coffre des trois plus importants casinos de Las Vegas. Par la même occasion, il entend également reconquérir son ex, Tess (Julia Roberts, très bien), qui s'est entichée du patron de ces établissements, Terry Benedict (Andy Garcia, parfait vilain). Afin de mener sa petite entreprise, façon de parler, Danny Ocean va s'entourer de dix experts en tous genres...

J'aime : 

* Le casting. On ne va pas se mentir, c'est surtout cet élément qui saute aux yeux et donne envie : George Clooney, Julia Roberts, Brad Pitt, Matt Damon, Andy Garcia... tous réunis avec d'autres seconds rôles plus ou moins connus mais variés et sympas : Don Cheadle, Bernie Mac, Casey Affleck, Carl Reiner, Elliott Gould... On sent que tout le monde s'amuse et c'est plaisant.

* L'humour. Certes, la préparation du braquage et sa mise en oeuvre priment, mais "Ocean's Eleven", c'est tout de même largement une comédie avec moult clins d'oeil et private jokes.

* Le scénario. Je le mets moins en avant car ce n'est pas non plus d'une originalité folle (mais c'est un remake), mais la mise en scène du plan est réussie avec de nombreux éléments que l'on découvre à la fin, comme Terry Benedict.


J'aime pas : 

* Pas de critique majeure à faire.

Il est sympa de voir de temps en temps ce genre de "blockbuster" réunissant de nombreuses vedettes. Celui-ci, sans être non plus un chef-d'oeuvre, touche au but, avec beaucoup d'humour et de bravoure. Pactole mérité.

mardi 7 juillet 2020

Ascenseur pour l'échafaud (1958)

Mon premier film de Louis Malle, il était temps ! Son premier film à lui de fiction, à seulement 25 ans, quel talent !

L'histoire reprend celle du roman éponyme de Noël Calef. Le commercial Julien Tavernier (Maurice Ronet, bien) est l'amant de Florence Carala (Jeanne Moreau, bien aussi), épouse de son patron, un riche homme d'affaires. Ils ont un plan : assassiner le mari et maquiller cela en suicide. Tout se déroule comme prévu, Julien s'apprête à rejoindre Florence en voiture, sauf qu'il a oublié un élément confondant sur place. Tandis qu'il retourne le chercher, son véhicule est volé par un jeune couple et lui reste coincé dans l'ascenseur de l'immeuble...

J'aime : 

* Le scénario. Simple en apparence, l'histoire se complexifie au fur et à mesure de la multitude de petits rebondissements se déroulant tandis que le "malheureux" anti-héros est coincé dans son ascenseur. On est ainsi pris dans ses rouages afin de connaître son sort et celui des autres personnages jusqu'au bout.

* La mise en scène. Louis Malle propose un film très épuré, les décors sont réduits au minimum, comme si la mécanique du scénario importait le plus. C'est très réussi.

* Le casting. Aucune performance vraiment inoubliable, mais Jeanne Moreau est intéressante, la plupart du temps en voix off, passant par tous les sentiments alors que son amant est aux abonnés absents. A noter la présence, toujours charismatique, de Lino Ventura en commissaire de police.

* La bande originale. Elle est presque plus connue que le film. Signée et improvisée par Miles Davis et ses musiciens, elle accompagne parfaitement ce film "noir".


J'aime pas :

* Si on peut ressentir que c'est une oeuvre de jeunesse (même si je ne connaissais pas l'âge de Louis Malle avant de voir le film) si l'on compare à une inspiration comme Alfred Hitchcock (dans la dramaturgie, la performance des acteurs), je n'ai pas vu de défauts majeurs non plus.

J'ai donc particulièrement apprécié cet "Ascenseur pour l'échafaud", principalement pour son scénario. Louis Malle, déjà un grand.

vendredi 3 juillet 2020

French Connection II (1975)

Il fallait une suite à "The French Connection", Popeye n'ayant pas réussi à mettre la main sur Alain Charnier. C'est John Frankenheimer qui s'y colla quelques années plus tard. Mais c'est raté.

Nous retrouvons donc l'imbuvable Popeye (Gene Hackman, très bien), bien décidé à traquer le trafiquant d'héroïne Alain Charnier (Fernando Rey, pas mal) jusqu'à Marseille. Las, il ne parle pas un mot de français et ses homologues marseillais, menés par Henri Barthélémy (Bernard Fresson, bien), ont des méthodes d'investigation bien différentes et ne lui facilitent pas la tâche...

J'aime : 

* Le casting. Gene Hackman apporte une nouvelle fois tout son charisme gouailleur dans le personnage de Popeye et crève l'écran. C'est un régal de le voir subir tout le contexte marseillais sans parler un mot de français et se faisant difficilement comprendre. En dehors de Fernando Rey, tous les autres acteurs sont bien français, pas forcément des très connus, mais c'est du solide avec Bernard Fresson ou encore Philippe Léotard.

* L'environnement. Quasiment tout le film a été tourné à Marseille et c'est très plaisant de voir la ville à l'époque, pas forcément non plus dans ses lieux les plus touristiques (on ne voit pas une fois Notre-Dame-de-la-Garde je crois).

* La mise en scène. John Frankenheimer a gardé le côté assez brut du premier épisode signé William Friedkin, avec des scènes tournées caméra à l'épaule, un peu en mode documentaire. C'est réussi.

* Le scénario. Le duel Popeye-Charnier reste haletant jusqu'au dénouement, même si l'histoire insiste plus sur les frasques de l'Américain à Marseille et sur un autre élément dont je parlerai plus loin, bien moins positif.


J'aime pas : 

* Sans spoiler complètement, le film est vraiment gâché par une très longue séquence de torture à la drogue puis de sevrage de Popeye. Même si cela permet d'apprécier le talent d'acteur de Gene Hackman, c'est interminable (bien un tiers du film) et on s'ennuie alors ferme.

J'avais été un peu déçu par le premier épisode, mais la suite de "The French Connection" m'attirait beaucoup pour son histoire se déroulant à Marseille. Ce n'est donc pas mieux, car, s'il y a beaucoup de bonnes choses, la trop longue séquence citée plus haut plombe totalement le film. Dommage.

lundi 29 juin 2020

The French Connection (1972)

Voilà un autre film culte américain que je désirais voir depuis longtemps : le premier "gros" long-métrage de William Friedkin sur la French Connection. Là encore, moins emballé que je ne le pensais.

L'histoire se base donc sur des faits et personnages réels. Au début des années 1970, Marseille est une plaque tournante du trafic d'héroïne vers les Etats-Unis. Le "parrain" Alain Charnier (Fernando Rey, bof) accompagne jusqu'à New York une importante livraison cachée dans une voiture. Il va être surveillé de près par un duo de policiers new-yorkais, Jimmy "Popeye" Doyle (Gene Hackman, excellent) et Buddy "Cloudy" Russo (Roy Scheider, bien), qui est remonté jusqu'à lui via une piste locale, les trafiquants à qui doit être livrée la marchandise...

J'aime : 

* L'atmosphère. Caméra à l'épaule, William Friedkin tourne dans un New York sale et froid, bien loin des cartes postales, donnant un aspect (voulu) presque documentaire. Sympa aussi de voir un peu le Marseille de cette époque.

* Le casting. Si je n'ai pas été très convaincu par Fernando Rey (en plus doublé car parlant trop mal français), Gene Hackman évidemment détonne (dans la peau d'un personnage qu'il n'aimait pas vraiment), très bien secondé par Roy Scheider. Le reste du casting, notamment les Français, assure bien.

* Le scénario. Reprenant une folle histoire qui s'était passée dix ans plus tôt, il n'est pas aussi soutenu que je ne le pensais et manque de complexité. Néanmoins, on suit avec intérêt l'acharnement de Popeye dans son enquête et son jeu du chat et de la souris avec Alain Charnier (plusieurs scènes de poursuite dans le métro mémorables).

J'aime pas : 

* Pas de gros défauts en particulier, mais un fil rouge donc assez pauvre qui fait qu'on reste au final sur notre faim.

J'attendais beaucoup de "The French Connection", qui a été bien récompensé à l'époque. Il y a en effet un côté novateur, un vrai style et un casting solide, mais peut-être que mes yeux d'aujourd'hui font que le scénario ne me paraît pas assez profond.

lundi 22 juin 2020

Un homme et une femme (1966)

L'enchaînement des classiques se poursuit avec LE film de Claude Lelouch. Malgré le style particulier du cinéaste, je m'attendais à une oeuvre plus classique. Ce n'est point le cas, un film intéressant à défaut d'être transcendant.

L'histoire est celle d'un homme et une femme donc. L'homme, c'est Jean-Louis Duroc (Jean-Louis Trintignant, bien). La femme, c'est Anne Gauthier (Anouk Aimée, très bien). Ils sont tous les deux veufs et ont leur enfant - un fils pour lui, une fille pour elle - dans le même pensionnat de Deauville. Un soir, il lui propose de la ramener à Paris. Commence alors une romance passionnée...

J'aime :

* Le casting. Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant forment un très beau couple, ce qui est déjà fondamental. Et on apprécie beaucoup aussi Pierre Barouh, dont j'ignorais la facette acteur, dans le rôle du défunt mari d'Anne Gauthier.

* La bande originale. "Da ba da ba da, ba da ba da ba"... on connaît la ritournelle de Francis Lai. Pas du tout ma tasse de thé, mais j'ai été agréablement surpris de la séquence "brésilienne", un véritable clip en soi (Claude Lelouch en était un spécialiste), avec la délicieuse "Samba Saravah" de Pierre Barouh. 

* La structure. Je ne saurais définir en un mot ce que je veux expliquer, mais "Un homme et une femme" est très particulier, pas linéaire, avec de nombreux flashbacks, des scènes extérieur en couleur, intérieur en noir et blanc. C'est assez déconcertant, presque expérimental, c'est l'époque qui veut ça aussi. Intéressant en tout cas. 

* Le scénario. Il y a beaucoup de remplissage car on assiste simplement à un chassé-croisé amoureux tout au long du film. Rien de très complexe, mais ce n'est pas désagréable.  


J'aime pas : 

* Parmi le remplissage, on a notamment plusieurs séquences interminables d'essais et courses automobile (passion de Claude Lelouch et Jean-Louis Trintignant). Elles auraient pu être raccourcies sans dommage.

Je n'ai pas eu l'impression d'assister à un chef-d'oeuvre en regardant le film qui a porté la carrière de Claude Lelouch, même s'il est bourré de qualités et de choses intéressantes. Les séquences automobiles plombent le tout. Dommage.

vendredi 19 juin 2020

The man who knew too much (1956)

Continuant ma tournée des grands classiques du cinéma mondial, il fallait bien que j'aborde Alfred Hitchcock, dont j'ai vu que très peu de choses je dois dire. Je suis tombé sur ce remake américain de son propre film de 1934, tourné alors qu'il était encore en Angleterre.

L'histoire est similaire, à quelques détails près. Le couple en vacances, Benjamin (James Stewart, bien) et Jo (Doris Day, très bien) McKenna, est américain (anglais dans l'original). Ils se trouvent cette fois en séjour au Maroc (en Suisse dans l'original) et ont un fils Hank (une fille dans l'original). Ils sont abordés par un espion français, Louis Bernard (Daniel Gélin, bien aussi), qui les confond avec un autre couple, les Drayton, qui prépare l'assassinat d'un ambassadeur à Londres. Le Français est tué, révélant ce qu'il se trame à Benjamin McKenna avant de mourir. Pendant ce temps, les Drayton, qui ont fait connaissance des McKenna au restaurant, enlèvent leur fils afin qu'ils ne parlent pas...

J'aime : 

* Le scénario. Même si l'on reste parfois autant dans le brouillard que les McKenna, surtout dans la première partie, il est haletant et rondement mené. Une première partie à Marrakech particulièrement réussie, avec beaucoup d'humour autour de la découverte par le couple des moeurs locales.

* Le casting. Si James Stewart est bon, mais classique, j'ai été épaté par la performance de Doris Day, dont c'était sans doute le premier film que je voyais. Outre sa jolie interprétation musicale, son personnage est très complémentaire de celui de son mari, pas du tout faire-valoir ni naïve - c'est même elle qui se méfie la première de Louis Bernard - et c'est appréciable pour un film de cette époque. L'autre couple, les Drayton, est excellent aussi et Daniel Gélin n'est pas un stéréotype du Français. Un choix d'actrices et d'acteurs optimal donc.

* Les décors. Mention spéciale encore une fois à la première partie à Marrakech, fascinante car elle n'a guère changé depuis le tournage, même si on reste évidemment un peu dans les clichés.

* La mise en scène. Alfred Hitchcock maîtrise parfaitement bien son sujet, encore plus car il s'agit d'un remake et qu'il a pu améliorer sa première copie (il l'a dit lui-même). On plonge dans l'intrigue dès la première scène et on termine par une fin un peu abrupte mais assez cocasse. Et puis il y a cette fameuse séquence à l'opéra, sans dialogue, de huit minutes.

* La bande originale. Signée de l'inévitable Bernard Hermann, qui apparaît d'ailleurs en chef d'orchestre, elle est mémorable, avec en bonus la jolie chanson "Que sera, sera", chantée donc par Doris Day.

J'aime pas :

* Si la première partie est enlevée et colorée, la seconde, à Londres, est plus sombre et austère. Un peu plus longuette aussi - la scène du concert aurait pu être la fin, mais cela se poursuit encore ensuite - alors que cela démarrait bien avec la mauvaise piste du taxidermiste.

Si les deux parties de ce remake de "The man who knew too much" par Alfred Hitchcock lui-même sont donc, pour moi, inégales, le tout offre globalement un film d'espionnage très bien maîtrisé et interprété.

lundi 15 juin 2020

L'Armée des ombres (1969)

On poursuit la filmographie de Jean-Pierre Melville avec cette fameuse "Armée des ombres", réalisée juste après "Le Samouraï". J'en attendais beaucoup, je suis un poil déçu.

L'histoire, adaptée du roman de Joseph Kessel du même nom, suit le parcours du résistant Philippe Gerbier (Lino Ventura, excellent) à partir de 1942. Arrêté par la police française, il est interné dans un camp avant d'être transféré à Paris pour être interrogé par la Gestapo. Le résistant parvient à s'enfuir et gagner Marseille où il retrouve les membres de son réseau et peut reprendre ses actions...

J'aime : 

* Le scénario. Via le récit de Joseph Kessel et les éléments apportés par Jean-Pierre Melville, qui a lui aussi été résistant, on assiste presque à un documentaire tellement on sent précision et sincérité. Quelques coups d'éclat certes, mais un réalisme à toute épreuve.

* Le casting. Ultra sobre, Lino Ventura, mélancolique et besogneux à souhait, est formidable, guidant son réseau prestigieux : Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel... A noter la présence dans son propre rôle d'André Dewavrin, authentique résistant lui aussi, que le réalisateur avait connu à Londres.

* La mise en scène. Typique de Jean-Pierre Melville, elle est rigide et austère, à l'image de l'atmosphère entière du film, sombre et froide. Pas de chichis, même pour les rares scènes d'action.

J'aime pas :

Le film est long, bien long, l'ambiance glaçante et tendue n'aidant pas à ce que cela passe plus vite.

Malgré un sujet ô combien passionnant et une interprétation magnifique des acteurs, on doit bien avouer qu'on s'ennuie un peu devant cette "Armée des ombres". Ou il faut adorer le style Melville.

mardi 9 juin 2020

Plein Soleil (1960)

Ma poursuite de la découverte des classiques du cinéma français m'a amené au film qui a "lancé" la carrière d'Alain Delon : l'adaptation du "Talented Mr Ripley" de Patricia Highsmith par René Clément.

L'histoire se déroule en Italie où le riche héritier américain Philippe Greenleaf (Maurice Ronet, très bien) profite des vacances avec sa petite amie Marge (Marie Laforêt, bien). Le père de Philippe, qui n'apprécie guère la vie paresseuse de son fils, a chargé le jeune Tom Ripley (Alain Delon, excellent) de le convaincre de rentrer aux Etats-Unis. La tâche est rude pour Tom, malmené par Philippe. Il entreprend alors d'usurper son identité...

J'aime : 

* Le scénario. Non seulement il est palpitant (merci Patricia Highsmith), mais son adaptation fait de "Plein Soleil" un thriller très moderne. On ne croirait pas que le film date de 1960 ! On lui donnerait une bonne dizaine d'années de plus avec cette tension omniprésente et qui s'accentue au fur et à mesure que l'étau se resserre sur Tom Ripley, avec un excellent final.

* Le casting. Le trio Delon-Ronet-Laforêt est parfait, les deux amis-rivaux encore plus dans cette étrange manipulation que l'un croit faire subir à l'autre (et l'un sera bien plus malin...), avec la conquête de Marge à la clé. Alain Delon a dû batailler pour obtenir le rôle, il a bien fait et sa carrière était propulsée.

* Les décors. Toute l'intrigue se déroule en Italie, cette Italie en plus de l'époque de la splendeur de son cinéma. Une atmosphère estivale et légère si particulière, magnifique.


J'aime pas : 

* Le seul bémol que j'ai trouvé au film est que l'adaptation de René Clément ait gardé la nationalité américaine de ses personnages. Cela fait bizarre parce que la langue originale est le français, d'autant plus qu'il y a un autre personnage américain mais lui avec un gros accent. Vraiment pas nécessaire donc pour une intrigue qui ne se déroule à aucun moment aux Etats-Unis, les personnages auraient pu être français.

Un "Plein Soleil" au zénith donc pour René Clément et surtout Alain Delon, qui irradie le film. Malgré le petit défaut que j'ai souligné, c'est magistral et donne envie de voir les autres adaptations du roman de Patricia Highsmith. 

lundi 25 mai 2020

Yellow Submarine (1969)

Après avoir arrêté les tournées, les Beatles voulaient encore moins réapparaître dans un film. Un dessin animé, signé George Dunning, les mettant en scène les comblera. Et nous aussi !

L'histoire se déroule principalement à Pepperland, agréable terre paisible et musicale située loin sous des tas de mers. Voilà qu'un jour, elle est envahie par les terribles Blue Meanies, de méchantes créatures bleues détestant la moindre note. Tous les habitants de Pepperland sont comme momifiés, sauf Young Fred, qui parvient à s'enfuir à bord d'un (fameux) sous-marin jaune. Il s'embarque pour Liverpool où il va trouver l'aide de quatre jeunes hommes facétieux, John, Paul, George et Ringo...

J'aime : 

* La bande originale. C'est rare que je mette cet élément en premier, mais là, impossible d'y couper. Au final, "Yellow Submarine", c'est presque plus une comédie musicale animée qu'un simple film d'animation car ces derniers, de manière générale, ne comportent pas autant de chansons. Et ce sont ici des morceaux des Beatles, avec un choix particulièrement varié et judicieux, le scénario s'adaptant en partie à celles-ci. A noter également que les séquences uniquement instrumentales sont signées George Martin et elles sont de grande qualité.

* L'animation. Elle a beau dater, elle était déjà remarquable pour l'époque et continue à l'être. C'est un très joli patchwork de techniques avec autant d'éléments figés, faits de photos et de dessins (surtout la magnifique partie à Liverpool), qu'animés. L'imagination des différentes mers est débordante et les quatre Beatles, ainsi que leur sous-marin jaune, sont superbes.

* Le casting. Certes, on aurait tellement aimé que les Fab Four prennent le temps de venir doubler leur personnage - ils se sauvent un peu avec la très sympa pastille finale -, mais ils n'auraient peut-être pas été aussi bons que les acteurs qui l'ont fait à leur place. On est au moins soulagé qu'ils aient un timbre de voix similaire. Et le reste des voix est excellent.

J'aime pas : 

* Le scénario. On va dire que c'est mitigé. On ne va pas reprocher qu'il soit simplet, car c'est un dessin animé après tout, mais, outre ses longueurs, il est parfois un peu déroutant (du recrutement des Beatles par Young Fred à leurs péripéties à Pepperland).

C'est donc moins pour son histoire que pour ses fabuleuses chansons et son animation originale que l'on adore revoir "Yellow Submarine", un chef-d'oeuvre Beatlesque de plus.

lundi 18 mai 2020

Bullitt (1969)

Et les classiques du cinéma mondial défilent devant mes yeux ébahis. Au tour du célèbre "Bullitt" de Peter Yates. Adoubé sans doute plus pour la forme que le fond.

L'histoire se déroule le temps d'un week-end à San Francisco. Le lieutenant Frank Bullitt (Steve McQueen, excellent) est chargé par un politicien local, Walter Chambers (Robert Vaughn, bien), d'assurer la protection d'un témoin majeur dans un procès contre la mafia. Malgré les précautions du policier, le témoin est assassiné par des tueurs. Chambers n'est pas net, Bullitt va mener l'enquête...

J'aime : 

* Le casting. Je suis un grand fan de Steve McQueen déjà. Ici, il est intéressant, à la fois sérieux et intègre, mais avec une pointe de romantisme. Puis cela fait plaisir de le retrouver face cette fois à Robert Vaughn après "The Magnificent Seven". Ce dernier joue d'ailleurs ici un rôle bien ambigu dans lequel il s'affirme particulièrement. Les seconds rôles masculins ne sont pas tous très exceptionnels, mais Jacqueline Bisset, elle, est resplendissante.

* Les décors. San Francisco est une ville fantastique et elle est particulièrement mise en valeur dans "Bullitt" grâce notamment à cette formidable course-poursuite en voiture qui a fait sa renommée.

* Le style. Le scénario pourrait s'avérer somme toute banal (lire plus bas), mais Peter Yates apporte un vrai style à son film, avec ce montage brut et cette mise en scène qui installent une tension permanente.

* Le scénario. L'histoire est bonne et prenante, sans être grandement originale, mais c'est vrai que le résultat est en deçà des espérances. Dont cette scène de l'assassinat du témoin...

* La bande originale. Signée Lalo Schifrin, elle instaure elle aussi cette atmosphère sombre et haletante à la fois.


J'aime pas : 

* Il n'y a pas de défaut majeur, mais il est vrai que le scénario manque quelque peu d'épaisseur et que le film présente sans doute quelques longueurs.

Un film devenu célèbre seulement (ou presque) pour une course-poursuite en voiture, ce n'est pas très bon signe. "Bullitt" a plein de bonnes choses pour lui, un vrai style et des premiers rôles de qualité, mais il aurait pu en effet être plus pêchu dans son scénario.

mercredi 13 mai 2020

Barry Lyndon (1975)

Un classique, encore un classique. Cette fois-ci du grand Stanley Kubrick, dont j'ai presque terminé la filmographie. Et une fois de plus, il m'impressionne.

L'histoire se déroule entre le 18e et le 19e siècle, racontant la vie tumultueuse de l'aventurier irlandais Redmond Barry (Ryan O'Neal, très bien). Confronté dès son premier amour aux barrières imposées par son origine modeste, il va alors poursuivre une quête d'ascension sociale, lui faisant parcourir l'Europe en guerre, non sans mensonges et subterfuges...

J'aime : 

* Le scénario. J'aime assez les films historiques et cette presque biographie d'un véritable aventurier irlandais qui a inspiré le personnage de Redmond Barry est tout bonnement passionnante. Son cheminement à travers l'Europe et les batailles de la guerre de Sept Ans est ponctué de rebondissements. Des déboires d'abord qui vont finir par se transformer en succès avant que la poisse ne finisse par le rattraper...

* La reconstitution. L'une des grosses qualités de "Barry Lyndon", c'est toute la précision que Stanley Kubrick a apportée à sa création. Des décors aux costumes, inspirés de tableaux d'époque, en passant par cette lumière naturelle ou à la bougie, c'est visuellement superbe. Rien ne paraît artificiel ou en carton-pâte comme on peut parfois le voir dans certains films historiques. Les scènes de bataille, notamment, sont impressionnantes.

* Le casting. Star de l'époque, je ne connais en réalité peu Ryan O'Neal, mais il est intéressant dans ce rôle pas si évident. Au fond, Redmond Barry reste toujours le grand naïf et romantique que l'on voit au début, totalement manipulable, par sa mère ou son propre fils, et qui ne tient pas vraiment bien ses mensonges. Le reste de la distribution est très bon et on est subjugué par la beauté de Marisa Berenson, dans le rôle de la comtesse de Barry.

* La musique. Elle est parfois anachronique, mais de seulement plusieurs décennies. Un choix assumé par Stanley Kubrick qui ne trouvait pas de bande originale de l'époque adéquate pour accompagner son oeuvre. Bien que parfois répétitive, chaque morceau étant attribué à l'un des actes, elle est belle et soigneusement choisie.

* La mise en scène. Elle est plutôt sobre, mais on sent une maîtrise pointilleuse du cinéaste qui voudrait que chaque plan ressemble aux tableaux dont il s'est inspiré.

J'aime pas : 

On pourra éventuellement se plaindre de la longueur, mais difficile de faire court avec une telle épopée !

Jusqu'ici, je n'ai trouvé aucun film de Stanley Kubrick moins bon qu'un autre, ce sont tous des chefs-d'oeuvre ou presque. "Barry Lyndon" apporte lui aussi toutes ses particularités et est un ravissement.

vendredi 8 mai 2020

Indiana Jones and the last crusade (1989)

J'avais une envie terrible de revoir ce qui constitue pour moi le meilleur des Indiana Jones. Chose faite, avec un plaisir non consumé.

Dans ce troisième épisode des aventures du célèbre archéologue américain (Harrison Ford, excellent), ce dernier est contacté par un certain Walter Donovan (Julian Glover, bien) qui lui indique vouloir poursuivre la quête du Saint Graal. Pour cela, il est aidé du père d'Indiana Jones, Henry (Sean Connery, génial), mais celui-ci est porté disparu à Venise. Son fils décide alors de partir à sa recherche, accompagné de son fidèle assistant Marcus Brody (Denholm Elliott, très bien)...

J'aime : 

* Le scénario. Pas le temps de souffler pour cette quête du Saint Graal qui est tout bonnement passionnante avec une fantastique histoire écrite autour de cette légende. Et la longue intro sur la "première" aventure d'Indiana Jones adolescent est délicieuse, un vrai court-métrage en soi.

* Le casting. Le génial duo Ford-Connery suffit à vrai dire. On adore particulièrement la roublardise du second qui fait que le premier devient un véritable baby-sitter. Les seconds rôles assurent tels que Denholm Elliott, John Rhys-Davies, Julian Glover ou l'excellent et regretté River Phoenix, qui joue le "jeune" Indiana Jones. Alison Doody assure le seul rôle féminin, pas franchement réussi.

* Les décors. On n'a jamais autant voyagé dans un "Indiana Jones" avec des lieux aussi mythiques et beaux que l'Utah, Venise, l'Allemagne ou encore la Jordanie.

* L'humour. Entre deux scènes d'action, ou pendant, on rit beaucoup, principalement des facéties d'Indiana Jones père, mais aussi du malheureux Marcus Brody.

* La bande originale. Signée John Williams, culte évidemment. 


J'aime pas : 

* Difficile de trouver le moindre défaut général !

"Indiana Jones and the last crusade" est mon préféré de la série, autant pour son scénario que pour ses deux têtes d'affiche, prouvant définitivement le talent de Steven Spielberg pour la réalisation de films d'aventures.

mardi 5 mai 2020

Le Samouraï (1967)

Je poursuis mon rattrapage des classiques du cinéma français avec cette référence mondiale signée Jean-Pierre Melville. Mon premier film du cinéaste.

Le samouraï du titre, c'est Jef Costello (Alain Delon, bien), un tueur à gages solitaire qui a un oiseau en cage pour seul compagnon. La police lui tombe dessus alors qu'il vient d'assassiner le patron d'une boîte de jazz. Malgré des témoins l'ayant croisé, le malfrat réussit à être libéré. Alors que la police, menée par un commissaire tenace (François Périer, très bien), ne le lâche pas d'une semelle, Jef Costello va devoir affronter dans le même temps un autre commanditaire cherchant à le faire tuer...

J'aime : 

* Le scénario. Il ne casse pas des briques non plus, mais cette prise en étau de Jef Costello entre la police et les malfrats est haletante. Quelques séquences sont particulièrement marquantes comme la poursuite dans le métro.

* La photographie. Signée de la référence Henri Decaë, son côté sombre et bleuté s'accommode parfaitement à l'épure des décors, à l'image du studio de Jef Costello. Il n'y a que le strict nécessaire.

* La mise en scène. Bien que rigide et quasiment dépourvue de dialogues, elle apporte elle aussi un vrai style au film, millimétrée.

* La bande originale. C'est le très jeune et autodidacte François de Roubaix qui a composé cette musique très jazzy. Parfaite pour ce polar.

* Le casting masculin. Première fois que je sépare, mais il y a malheureusement une grosse différence. Alain Delon et François Périer sont au top.


J'aime pas : 

* Le casting féminin. On ne peut pas en dire autant de Nathalie Delon et Cathy Rosier. Il s'agit de leur premier film, ça se voit.

Polar atypique par son style, froid et abrupt, "Le Samouraï" se démarque et on comprend combien il a pu inspirer au-delà de nos frontières. Il n'est néanmoins pas dénué de défauts côté casting.

mardi 28 avril 2020

Gisaengchung (2019)

Plus connu sous le nom de "Parasite", le dernier film de Bong Joon-ho a raflé tous les prix possibles. Une bonne pioche donc pour le premier long-métrage coréen qu'il m'a été donné de voir.

L'histoire est celle du jeune Ki-Woo (Choi Woo-sik, pas mal), qui vit avec ses parents et sa soeur, Ki-Jung (Park So-dam, très bien), dans un logement insalubre d'un quartier populaire. Un jour, l'un de ses amis lui propose de le remplacer comme prof d'anglais particulier auprès d'une adolescente de bonne famille, les Park. Alors qu'il s'intègre pour le mieux, Ki-Woo va alors réussir, petit à petit, à faire engager Ki-Jung comme thérapeute du petit garçon des Park, puis son père (Song Kang-ho, excellent) comme chauffeur et enfin sa mère (Jang Hye-jin, très drôle) comme gouvernante. Sans jamais préciser à ses employés qu'ils sont tous issus de la même famille...

J'aime : 

* Le scénario. Il est à la fois haletant et surprenant, entre thriller et comédie noire, on ne sait jamais à quoi s'attendre et encore moins au dénouement final.

* Le casting. Je ne connais aucun des acteurs et actrices, mais ils sont très expressifs et excellents.

* L'humour. Il est très subtil, souvent suggéré. Et le jeu des acteurs y participe beaucoup.

* La mise en scène. C'est surtout dans l'ambiance feutrée de la villa moderne des Park que se joue un véritable ballet de dupes.


J'aime pas :

* Même s'il est intéressant et permet de faire retomber le choc (dont on taira les circonstances), il est un poil long.

Il n'y a aucun doute que "Gisaengchung" mérite tous les éloges qui lui ont été attribués. Il dépeint d'une manière mordante les inégalités sociales persistantes de notre monde moderne et que toutes les combines sont bonnes pour les atténuer. Bravo !

samedi 25 avril 2020

L'Aile ou la cuisse (1976)

L'un des classiques de la grande comédie française des années 1970 signé Claude Zidi avec une rencontre au sommet entre Louis de Funès et Coluche. Cela aurait pu être mieux, mais on adore quand même.

L'histoire est celle de Charles Duchemin (Louis de Funès, excellent), fondateur éponyme d'un guide gastronomique, qui, à l'orée de sa retraite, souhaiterait promouvoir son fils, Gérard (Coluche, pas mal), à la tête de ses affaires. Mais ce dernier a d'autres projets secrets en tête. Les deux vont néanmoins s'unir dans une ultime lutte pour Duchemin contre la malbouffe illustrée par l'industriel Jacques Tricatel (Julien Guiomar, très bien), qui le provoque.

J'aime : 

* Le casting. Si le duo de tête d'affiche n'est pas aussi convaincant qu'attendu (lire plus bas), on retrouve tout de même un Louis de Funès, revenant après un double infarctus, en bonne forme et un Coluche assez touchant. Mention spéciale pour l'excellent "méchant" Julien Guiomar. Les autres seconds rôles sont plutôt pas mal, la plupart peu ou pas encore connus (Martin Lamotte, Marie-Anne Chazelle, Gérard Lanvin). Très peu de rôles féminins en revanche et le plus important n'est pas à la hauteur (lire plus bas).

* Le scénario. Il est parfois un peu confus (Tricatel attaque sur plusieurs fronts en même temps), mais il se suit sans temps mort et avec des gags de bonne facture.

* Le message. En avance sur son temps ou plutôt aux prémices de son apparition, le film combat la malbouffe avec une rare virulence, exagérant sans doute dans sa partie finale (dans l'usine). Il y a en tout cas un certain nombre de vérités étalées et cela ne l'a pas empêchée de prospérer partout dans le monde.

* La bande originale. Je suis particulièrement fan de Vladimir Cosma, qui signe l'un de ses génériques les plus célèbres.

J'aime pas : 

* Malheureusement, il y a des petites fausses notes au casting dont Ann Zacharias, dans le rôle de la jeune assistante Marguerite, rarement juste. Et surtout, on aurait aimé voir Coluche dans un rôle plus charismatique, il est complètement écrasé par Louis de Funès, à l'image de leurs personnages.

Ce n'est pas ma comédie préférée avec Louis de Funès, mais elle est assurément dans mon top 5. Et surtout, elle rappelait le pouvoir des comédies françaises des années 1970.

vendredi 17 avril 2020

Going in style (2017)

Acteur et réalisateur reconnu, Zach Braff s'est emparé de ce remake d'un film de 1979 (que je n'ai point vu). Pas forcément la meilleure des idées.

L'histoire est celle de trois amis ouvriers à la retraite - Willie (Morgan Freeman, pas mal), Joe (Michael Caine, cabotin) et Albert (Alan Arkin, bien) - qui vont se retrouver sans rien après le rachat de leur entreprise. Ils décident alors de braquer la banque qui les a arnaqués...

J'aime : 

* Le message. Il s'agit globalement d'une comédie, mais qui évoque un vrai sujet social : les effets négatifs de la mondialisation (les délocalisations) et de la gestion par les banques des finances des retraités les moins qualifiés. La scène d'ouverture dans la banque (avant le braquage) est un coup de poing immédiat.

* Le scénario. Je ne m'émerveille jamais devant des remakes, mais celui-ci a été plutôt bien été actualisé avec donc des thématiques d'aujourd'hui.

J'aime pas : 

* Le casting. Loin de moi de ne pas aimer ce trio, sans oublier les seconds rôles de choix (Matt Dillon, Christopher Lloyd), du lourd pour une "petite" comédie de commande, mais je trouve qu'ils ne vont pas "bien" ensemble. On a du mal à les imaginer avoir été ouvriers, surtout Michael Caine qui n'a même pas pris la peine de perdre son accent British pour l'occasion.

Malgré un casting de choix, "Going in style" est le genre de comédie mineure vite vue et vite oubliée. Elle manque sacrément de consistance et d'implication, bien que son message vise juste. Dommage.

dimanche 12 avril 2020

American Made (2017)

La sortie d'"American Made" était passée inaperçue pour moi et c'est aussi bien par hasard que j'ai regardé ce film de Doug Liman à la télévision. Une bien agréable surprise.

L'histoire retrace le parcours incroyable et véridique de Barry Seal (Tom Cruise, excellent), un pilote de ligne engagé par le cartel de Medellin pour livrer sa drogue aux Etats-Unis à la fin des années 1970. Interpellé par la DEA au début des années 1980, il devient leur agent infiltré au sein du trafic...

J'aime : 

* Le scénario. Histoire vraie donc et passionnante que celle de Barry Seal. Doug Liman y a éventuellement ajouté un peu plus d'action pour permettre à Tom Cruise de montrer tout son savoir-faire à 50 ans passés, mais ça n'enlève rien à la fidélité du récit.

* Le casting. Tom Cruise n'aime pas trop partager la vedette quand il est aux manettes. Donc il n'y a vraiment que lui à retenir de cette distribution où les seconds rôles sont méconnus ou plus des (bons) acteurs de série.

* La bande originale. On se régale tout au long du film avec des morceaux funky des années 1970. Le meilleur pour le générique de fin : "Wah Wah" de George Harrison.

* La photographie. Outre la reconstitution très réussie, un style très 70's a été apporté à l'image aboutissant à une atmosphère parfaite.

* La mise en scène. On ne s'ennuie jamais au cours de ces presque deux heures d'aventures qui prennent souvent l'air d'une comédie tellement Tom Cruise apporte gouaille et bravoure. 

J'aime pas : 

* Pas de critique particulière à apporter. Certains pensent que Doug Liman n'a pas abordé le sujet assez sérieusement, mais je pense qu'au contraire, son film est rempli d'ironie à l'égard du gouvernement américain de l'époque. Un style plus "sérieux" aurait en tout cas été tout aussi bon.

Tom Cruise a de nouveau visé juste avec cet "American Made" tiré d'une fascinante histoire vraie. On prend beaucoup de plaisir à le voir dans la peau de ce personnage qui s'est pris à un double jeu des plus risqués...

jeudi 9 avril 2020

Bombshell (2020)

J'étais passé à côté des accusations de harcèlement sexuel qui avaient fait tomber il y a quelques années le patron de Fox News, Roger Ailes. Voilà un film efficace et salutaire qui sort au bon moment.

A travers le portrait de trois journalistes de Fox News, la déclinante Gretchen Carlson (Nicole Kidman, bien), la star Megyn Kelly (Charlize Theron, très bien) et la jeune ambitieuse Kayla Pospisil (Margot Robbie, pas mal) - la seule du trio à être un personnage de fiction -, l'histoire montre les dessous du recrutement et de la promotion des journalistes féminines de la chaîne d'info américaine par son patron tout puissant, Roger Ailes (John Lithgow, excellent). Le tout via des faveurs sexuelles. Virée, Gretchen Carlson décide de porter plainte contre Roger Ailes. La loi du silence est brisée...

J'aime : 

* Le casting. Trois grandes actrices pour incarner trois journalistes toutes avec les critères "Fox News" (blondes et sexy). On ne reconnaît pas vraiment John Lithgow sous ses prothèses, mais c'est du solide à tous les étages.

* Le scénario. Entièrement tiré d'une histoire vraie donc (à l'exception du personnage de Kayla Pospisil), il va droit au but en montrant la méthode Ailes. Il n'oublie pas de montrer (un peu) les contradictions de ces journalistes qui ont aussi profité du système pour grimper, mais également leur rivalité implacable qui est loin de les unir face aux abus.

* La reconstitution. L'univers de la télévision américaine est très bien retranscrit avec à la fois tout ce professionnalisme, cette pression médiatique monumentale et cette compétition exacerbée en coulisses.

J'aime pas : 

* Le film ne s'attarde pas tellement sur le parcours et la vie intime de nos héroïnes. Cela aurait pu donner une plus-value et des éléments intéressants de compréhension du contexte.

Habitué à des comédies bien plus légères, Jay Roach signe ici une oeuvre dans l'air du temps, presque documentaire, sur l'affaire de harcèlement sexuel de Fox News. Ce n'est pas du grand cinéma non plus, mais cela fonctionne très bien.

samedi 4 avril 2020

L'Aventure c'est l'aventure (1972)

Un autre classique du cinéma français que je n'avais point vu. Puis j'ai très peu visionné de films de Claude Lelouch donc cela tombait bien. Bon, celui-ci a bien mal vieilli.

L'histoire est celle d'un quintet de truands - Lino (Lino Ventura, très bien), Jacques (Jacques Brel, pas mal), Simon (Charles Denner, bien), Charlot (Charles Gérard, bien aussi) et Aldo (Aldo Maccione, pas mal aussi) - qui décide de profiter d'un monde en pleine révolution (post-1968) pour se lancer dans le crime "politique", notamment à l'aide d'enlèvements, afin de se faire de l'argent. Le tour du monde peut commencer...

J'aime : 

* Le casting. Parce que quand même, y a du lourd : Lino Ventura mène sa bande d'adorables pieds nickelés avec, comme toujours, une poigne de fer. Il est toujours plaisant de voir Jacques Brel acteur, même si c'est loin d'être son meilleur rôle. Les autres membres de la bande sont sympas, chacun dans son registre. Une pléiade de seconds rôles connus complète le casting, certains dans leur propre rôle comme Johnny Hallyday ou encore Michel Drucker.

* La bande originale. Composée par Francis Lai, elle est très funky et 70's à souhait. La chanson titre, "L'Aventure c'est l'aventure", interprétée par Johnny Hallyday n'est pas déplaisante.

* L'humour. Si le sujet se veut politique, c'est aussi et surtout une comédie d'aventures plutôt amusante dans l'ensemble, même si caricaturale dans ses séquences "exotiques".


J'aime pas : 

* Le scénario. Il est complètement foutraque, sans queue ni tête. On va d'un bout à l'autre de la planète sans réelle cohérence ni but. Et cela dure deux heures !

"L'Aventure c'est l'aventure" est le genre de film qui vaut surtout pour sa bande d'acteurs qui semble bien s'amuser en quasi liberté. Malheureusement, il n'y a pas vraiment de scénario derrière et le temps de cette joyeuse mascarade est bien trop long.

mercredi 25 mars 2020

The Circus (1928)

Poursuivant mon (re)visionnage des Chaplin, voici "The Circus", encore un bijou, lui aussi entouré d'une histoire rocambolesque.

Notre cher vagabond (Charles Chaplin, génial) est pris pour un pickpocket par la police. En fuite, il se réfugie dans un cirque en pleine représentation. Sa maladresse perturbe les numéros, mais le public réagit si bien que le directeur (Allan Garcia, très bien) décide de l'embaucher. Le nouvel homme à tout faire va alors tomber amoureux de la fille du patron et écuyère (Merna Kennedy, bien), qui lui préfère pourtant le funambule (Harry Crocker, pas mal)...

J'aime : 

* Le scénario. Tous les numéros et éléments du cirque sont passés en revue avec un vagabond en pleine forme qui parvient à semer la zizanie partout où il passe. Sa passion pour l'écuyère est touchante.

* Le casting. Charles Chaplin, toujours au sommet de son art, sait choisir ses comédiens, aussi charismatiques qu'expressifs.

* La mise en scène. Chaque détail compte chez Chaplin et tous les numéros sont réglés comme du papier à musique. De plus, le rythme ne retombe jamais du début à la fin.

* La bande originale. Charles Chaplin en a recomposé une nouvelle en 1967 avant que le film ne revoit le jour.

J'aime pas : 

* Aucun vrai défaut à signaler, j'ai tout aimé !

Film "mineur" de Charles Chaplin, avec un scénario certes moins original que la plupart de ses autres films, "The Circus" reste néanmoins un divertissement muet des plus plaisants, on rit de bout en bout.

dimanche 8 mars 2020

City Lights (1931)

Dans ma poursuite des grands classiques du cinéma à rattraper, il fallait bien que je m'attèle à combler mon retard dans les Chaplin. Ce premier film sonore du maître britannique est une perle.

L'histoire met cette fois en scène le "vagabond" (Charles Chaplin, génial) dans une aventure urbaine au cours de laquelle il rencontre une jolie marchande de fleurs aveugle (Virginia Cherrill, excellente). Son handicap et un quiproquo font qu'elle croit avoir à faire à un homme riche. Après une nouvelle rencontre fortuite, le vagabond va tout mettre en oeuvre pour lui offrir de meilleures conditions de vie alors qu'elle est souffrante et menacée d'expulsion de son logement où elle vit avec sa grand-mère. Cela passera par de multiples petits boulots tout comme une relation tumultueuse avec un millionnaire suicidaire (Harry Myers, bien)...

J'aime : 

* Le scénario. Elaboré durant plusieurs années, Charles Chaplin a intégré au fil rouge plusieurs sketchs issus de courts-métrages (le combat de boxe, le restaurant...) qui apportent beaucoup de rythme et empêchent tout temps mort.

* L'humour. Charles Chaplin est clairement un génie du gag et montre combien le cinéma n'a vraiment pas besoin d'être parlant pour faire hurler de rire. Les séquences drôles s'enchaînent et sont toutes plus ingénieuses les unes que les autres.

* La mise en scène. Quand on voit un film muet, et notamment un Chaplin, on sent qu'aucun détail n'est laissé au hasard, que tout se passe selon une mécanique précise, celle du gag, et le cinéaste excelle.

* Le casting. A l'époque du cinéma muet, il fallait être des plus expressifs et Charles Chaplin a réuni des comédiennes et comédiens qui rendent tous leurs personnages très marquants et saisissants.

J'aime pas : 

* Rien de très particulier, peut-être un scénario qui justement se perd un peu trop dans les multiples histoires parallèles à celle du vagabond et de sa marchande de fleurs.

Pour "City Lights", Charles Chaplin a intégré un peu de son à son muet, mais pour quelques effets seulement. Le reste est classique avec une musique omniprésente qui accompagne l'histoire tel un personnage à part entière. Une bien jolie histoire remplie d'excellents gags.

dimanche 1 mars 2020

Black Panther (2018)

J'ai raté une flopée de films de super-héros ces dernières années, englouti par leur accumulation. Mais, par curiosité, j'ai daigné regardé ce fameux "Black Panther". Beaucoup de bruit pour rien ?

L'histoire est, comme la plupart des Marvel, un peu alambiquée entre succession sur le trône du Wakanda, pays africain qui se fait passer pour pauvre alors que ultra moderne, avec un prince T'Challa (Chadwick Boseman, pas mal) défié par son cousin N'Jadaka (Michael B. Jordan, pas mal aussi). Le tout sur fond de trafic de vibranium, un métal précieux que le Wakanda cache jalousement.

J'aime :

* L'univers. Il était temps en effet de sortir Black Panther du bois, surtout que le super-héros existe depuis bien longtemps lui aussi. L'histoire du Wakanda est bien vue et intéressante.

* Le casting. C'est la crème des acteurs et actrices noirs américains du moment qui ont été embauchés (Chadwick Boseman, Lupita Nyong'o, Danai Gurira, Michael B. Jordan, Daniel Kaluuya...), mais aussi des références (Angela Bassett, Forest Whitaker, Isaac de Bankolé...)  et cela fonctionne. Les rares blancs sont eux aussi très bien choisis, à savoir le sympathique Martin Freeman et le caméléon Andy Serkis.

* Les costumes. C'est un élément que je souligne rarement, mais ceux du film, recherchés, sont très réussis.

J'aime pas :

* Le scénario. Comme la plupart des films Marvel et cie, on essaye de mettre de la complexité et ça se transforme en confusion. Cela part un peu dans tous les sens avec plusieurs histoires dans l'histoire et comme c'est un peu trop long, on finit par s'ennuyer.

* Effets spéciaux. Tout comme les scènes d'action, rien de très innovant...

Pour son premier film, on ne peut pas dire que "Black Panther" ait vraiment été gâté. Malgré un casting inspiré et un univers intéressant, son réalisateur, le peu expérimenté Ryan Coogler, a sérieusement manqué d'ambition et n'a pas vraiment réussi à sortir des clichés.

samedi 22 février 2020

Star Wars Episode IX : The Rise of Skywalker (2019)

Et voilà, on est arrivé à la fin de cette nouvelle trilogie "Star Wars". Si les deux précédents volets avaient parfaitement réussi le test de la relève, ce dernier, avec J. J. Abrams de nouveau aux commandes, avait la pression supplémentaire de clore (?) la saga. Les avis sont divisés, je suis dans le camp positif.

L'histoire se déroule près d'un an après le sacrifice de Luke Skywalker. La Résistance menée par Leia (Carrie Fisher, crédible malgré les images de synthèse) poursuit ses efforts face au Premier Ordre de Kylo Ren (Adam Driver, bien). Ce dernier retrouve l'empereur Palpatine qui met au point une flotte gigantesque afin de détruire une bonne fois pour toute la Résistance et entend lui offrir. En échange, il lui demande de tuer Rey (Daisy Ridley, très bien)...

J'aime : 

* L'univers. Retrouver "Star Wars" et toute sa galaxie, des personnages aux objets, en passant par les différentes planètes et les créatures, c'est toujours un régal. On en est presque ému en voyant cet épisode si on s'imagine que c'est le dernier...

* Le casting. C'est un véritable best of puisque, outre les "nouveaux" Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver ou encore Oscar Isaac, on retrouve aussi les anciens, Carrie Fisher (en synthèse), Mark Hamill, Harrison Ford et, inédit dans cette trilogie, Billy Dee Williams (Lando Calrissian).

* Le scénario. Il a donc fait jaser pour son approche consensuelle, mais, sans dévoiler le dénouement, je dirais que c'était un peu cela que j'attendais en tout cas et on le sentait venir depuis le dernier épisode notamment. On pourra aussi tiquer avec ce côté best of, notamment du côté des personnages, mais c'est aussi une belle façon de clore la saga. Surtout si elle n'a pas de suite !

J'aime pas : 

* Si le côté obscur l'emporte globalement (peu de séquences drôles ou joyeuses) mais logiquement pour un final épique, on est aussi déçu par certaines séquences (en particulier celle concernant Chewbacca totalement tirée par les poils...).

Il n'était assurément pas simple de terminer une saga aussi culte que "Star Wars", mais, pour moi, J. J. Abrams s'en est sorti avec les honneurs. Tous les éléments (bravoure, humour, émotion, tension) sont bien présents et si le film ressemble parfois un peu trop à une collection de clins d'oeil au passé, on prend encore beaucoup de plaisir devant.

dimanche 2 février 2020

Sausage Party (2016)

C'est un film d'animation, signé Conrad Vernon et Greg Tiernan, qui m'intriguait car imaginé par la bande à Seth Rogen. Totalement barré, mais plutôt décevant.

L'histoire met en scène les aliments d'un supermarché américain n'attendant qu'une chose : être achetés par les humains afin de gagner ce qu'ils croient être "le grand au-delà". Mais, en cette veille de fête nationale américaine, un pot de moutarde de retour dans le magasin affirme qu'il s'agit de l'enfer. En passe d'être repris, il préfère le suicide et provoque un joyeux bordel dans le caddie qu'il occupait. Un conflit éclate notamment entre Douche, une poire à lavement vaginal, et le couple Frank (voix Seth Rogen, bien), une saucisse, et Brenda (voix de Kristen Wiig, très bien), un pain à hot-dog. Désormais hors du caddie, ces deux derniers vont devoir retrouver le chemin vers leur rayon tandis que Douche veut leur faire la peau, les jugeant responsables de son éjection à lui aussi...

J'aime : 

* Le casting. On retrouve derrière ces personnages alimentaires quasiment tous les principaux acteurs de "This is the end", la bande à Seth Rogen : ce dernier, mais aussi Jonah Hill, James Franco, Michael Cera, Danny McBride, Paul Rudd... mais aussi des voix de prestige : Edward Norton, Salma Hayek, Kristen Wiig... Bref, du lourd qui s'amuse bien.

* L'univers. C'est plutôt original d'avoir pris des aliments pour les animer et les interactions entre eux sont bien trouvées. 

* Les graphismes. C'est pas du Pixar non plus, mais l'animation, même pour un "petit" film, ne souffre pas de réels défauts.

* Le message. L'apologie des drogues, attendue, on s'en passera, mais les attaques contre la société de consommation et la religion, bien que loin d'être subtiles, font mouche.

* L'humour. C'est évidemment bien gras et salé, très allusif jusqu'à l'extravagante scène finale qui laisse bouche bée, mais c'est globalement assez rigolo.


J'aime pas : 

Le scénario. La bande-annonce laissait penser à une aventure d'aliments essayant d'échapper aux griffes humaines dans une maison. Or, point du tout donc, la majeure partie du film se situant dans le supermarché et nos héros tentant autant de savoir la vérité sur les humains que d'échapper à Douche. C'est longuet et moins emballant.

Si j'ai mis bien plus de points positifs que négatifs, j'ai tout de même été assez déçu par "Sausage Party", principalement par son scénario qui finit par tourner en rond et être assez ennuyeux. Dommage car, vu la galerie de joyeux lurons, il y avait beaucoup de potentiel !

dimanche 26 janvier 2020

Zombieland (2009)

J'ai toujours eu envie de voir ce premier film de Ruben Fleischer, notamment pour la présence de Bill Murray. C'est chose faite, tardivement, et cela fait plaisir !

L'histoire est celle d'un monde qui a été envahi par les zombies à la suite d'un virus. Aux Etats-Unis, il reste quelques survivants dont un jeune étudiant (Jesse Eisenberg, toujours très bien dans ce rôle d'éternel angoissé maladroit, héritier de Woody Allen) qui rencontre un gros bras sympa mais un peu brutal (Woody Harrelson, top). Les deux se font appeler par le nom de leur destination, pour éviter l'intimité : le premier sera Colombus et le second Tallahassee. En route, ils se font piéger par deux jeunes femmes intrépides avec elles aussi des surnoms de villes : Wichita (Emma Stone, sympa) et Little Rock (Abigail Breslin, pas mal). La course-poursuite peut commencer...

J'aime : 

* L'ambiance. Etant en plein dans la série "The Walking Dead", cela m'a fait drôle de voir un film qui se déroule exactement dans les mêmes conditions apocalyptiques avec des zombies aux mêmes caractéristiques (et même façon d'en réchapper et de lutter contre). Et c'était d'autant plus sympa que "Zombieland", lui, est comique et moins pesant que la série !

* Le casting. Nous avons presque à faire à un huis-clos puisque les quatre acteurs principaux du film sont les seuls personnages vivants (si on excepte Bill Murray, qui est entre les deux...). Et, chacun avec son tempérament assez différent, se complète. Petit bémol pour Abigail Breslin, qui est moins mise en valeur aussi. Et puis quel bonheur donc de retrouver Bill Murray dans son propre rôle pour une séquence aussi absurde que drôle, au dénouement inattendu.

* Les décors. Ils n'ont rien d'exceptionnel en soi, mais je salue, comme pour "The Walking Dead", cette capacité à montrer un monde à l'atmosphère à la fois très banale et totalement surréaliste, car abandonné de ses habitants "vivants".


J'aime pas : 

Le scénario. Si l'ambiance, les relations entre les personnages et les différents rebondissements font du film un très bon divertissement, il pêche en revanche par son absence d'objectifs clairs du point de vue de l'histoire, comme pour "The Walking Dead", décidément. Chaque personnage poursuit plus ou moins un but, mais qui se dilue à un moment donné quand ils sont tous réunis.

Pas long du tout, "Zombieland" nous emmène sur un rythme effréné dans une drôle d'aventure au pays des zombies avec des personnages sympas et charismatiques. On prend beaucoup de plaisir, mais dommage que l'histoire ne soit pas plus solide quant à son dénouement.

dimanche 12 janvier 2020

Aladdin (1993)

Ma revisite de classiques implique également des films d'animation. Je n'ai pas résisté à revoir l'excellent "Aladdin" de mon enfance, signé John Musker et Ron Clements.

L'histoire est celle d'Aladdin, voleur des rues d'Agrabah, recruté par l'ignoble Jafar, vizir du sultan, pour aller chercher pour lui une lampe magique cachée dans la Caverne aux merveilles. Mais, au lieu de lui donner, le jeune homme l'emporte avec lui, rencontrant par la suite le génie (voix de Robin Williams, excellent) qui l'habite. Parmi ses trois voeux, Aladdin souhaite devenir un prince afin de pouvoir conquérir la belle Jasmine, fille du sultan...

J'aime : 

* L'humour. On rit toujours chez Disney évidemment, mais celui-ci regorge de séquences marrantes et surtout de personnages très drôles à l'image du singe Abu ou du perroquet Iago. Sans oublier le génie évidemment.

* Les personnages. Ils sont tous très réussis, comme ceux cités plus haut, mais on n'oubliera pas une Jasmine, princesse mais qui a du tempérament et ne se laisse pas faire, ou encore même le tapis volant, personnage muet mais très expressif.

* Les chansons. Ce ne sont pas toujours mes scènes préférées des dessins animés, mais ici, tous les morceaux du film, signés Alan Menken, compositeur maison, sont excellents et on s'en souvient encore des années après dans toutes les langues comme l'incontournable "A Whole new world", "Prince Ali", "Friend like me" ou encore "Arabian Nights".

* Le doublage. C'était encore une époque où des comédiens et chanteurs "inconnus" assuraient le doublage des dessins animés, et on sent une qualité supérieure. Une seule star figure au casting : Robin Williams. Mais c'était aussi un vrai pro et il brille.

* Le scénario. Il est mené tambour battant et on ne s'ennuie vraiment jamais de bout en bout.


J'aime pas : 

* Les graphismes. D'accord, il commence à sérieusement dater et on ne peut le comparer aux oeuvres animées actuelles, mais au revisionnage, j'ai trouvé les décors parfois un peu "simples", peu détaillés et statiques.

"Aladdin" fait assurément partie de mes dessins animés Disney préférés. C'est devenu un classique car réussi à quasiment tous les niveaux. On le revoit toujours avec beaucoup de plaisir et d'enchantement.

lundi 6 janvier 2020

The Man who would be king (1976)

Voilà un "vieux" classique de John Huston que je n'avais jamais eu le courage de voir. C'est chose faite et je ne le regrette pas. Une sacrée aventure.

Inspirée par une nouvelle de Rudyard Kipling, l'histoire est celle de deux anciens militaires britanniques, Daniel Dravot (Sean Connery, très bien) et Peachy Carnehan (Michael Caine, excellent), qui rêvent de s'emparer du royaume du Kafiristan, en Afghanistan, et d'y régner. Mais les lieux n'ont jamais permis l'entrée du moindre étranger depuis Alexandre le Grand...

J'aime : 

* Le scénario. C'est une fort belle histoire, reprise de Kipling donc, qui lui-même s'était inspiré d'histoires réelles, qui montre jusqu'où peut mener la folie du pouvoir des hommes, occidentaux en particulier. Il est d'autant plus intéressant ici de voir mis en scène deux hommes poursuivant le même but, mais dont l'ambition va finir par diverger sérieusement.

* Le casting. Et pour incarner ces deux hommes, qui de mieux que ces deux monstres sacrés du cinéma britannique. Sean Connery (dont c'est l'un des rôles préférés) a évidemment le charisme du meneur, mais qui en même temps ne peut rien sans son flegmatique et lucide comparse joué par un Michael Caine divin. A noter aussi la présence de Christopher Plummer en Rudyard Kipling (qu'on ne voit qu'au début) et des seconds rôles un peu caricaturaux, mais dont se détache Saeed Jaffrey en Billy Fish, fidèle compagnon de route et traducteur.

* Les décors. C'est au Maroc principalement que l'Inde et le Kafiristan ont été reconstitués. Si on se penche bien, ça se voit pas mal, mais c'est quand même globalement assez grandiose pour l'époque.

* La bande originale. Maurice Jarre encore, décidément. C'est du grandiloquent aventurier comme il faut. 

J'aime pas :

* L'introduction. Elle est jolie, mais un peu longuette, l'histoire met un peu de temps à s'installer avant que l'aventure ne démarre vraiment.

"The Man who would be king" est un vrai film d'aventures à l'ancienne, qui, une fois lancé, ne s'arrête plus, avec beaucoup de morceaux de bravoure, et aussi d'humour, et un terrible dénouement évidemment en forme de morale. Huston master class.

mercredi 1 janvier 2020

Witness (1985)

Voir ou revoir certains classiques du cinéma, telle est ma mission ces derniers temps. Cette fois, j'ai revisionné avec plaisir cette belle oeuvre de l'Australien Peter Weir, sa première aux Etats-Unis.

L'histoire commence dans une communauté amish de Pennsylvanie où, après la mort de son mari, Rachel Lapp (Kelly McGillis, magnifique), décide de se rendre à Baltimore en compagnie de son jeune fils, Samuel, afin de rendre visite à sa soeur. Lors de leur transit à la gare de Philadelphie, le garçon est témoin d'un assassinat commis par des policiers. Le détective John Book (Harrison Ford, très bien), chargé de protéger l'enfant et sa mère, fuit avec eux au sein de leur communauté...

J'aime : 

* L'environnement. La religion chrétienne est l'un des nombreux thèmes qui me fascinent et à l'intérieur, ces communautés comme les amish. "Witness" n'est certes pas un documentaire, et il aurait été critiqué par les amish eux-mêmes, cela reste tout de même une introduction intéressante (et respectueuse d'ailleurs) à leur mode de vie.

* Le casting. Harrison Ford est alors en pleine gloire, sûr de lui, et il est épaulé par une rayonnante Kelly McGillis (pré-"Top Gun"), tout à fait excellente. Les seconds rôles sont de bonne facture également, notamment le jeune Lukas Haas.

* La photographie. Les amish proscrivant l'électricité, beaucoup de scènes nocturnes sont éclairées par de simples lampes à huile, ce qui donne de très belles images signées John Seale (qui sera nommé aux Oscars pour ce film).

* La bande originale. Signée Maurice Jarre, la musique est parfois un peu trop omniprésente et "pompeuse" (style 80's oblige), mais la partition est belle.

J'aime pas : 

* Le scénario. C'est le point faible du film finalement qui se résume à un policier caché chez les amish pour protéger un enfant de trois flics ripoux. Et la majeure partie du film montre plutôt la vie chez les amish et se concentre sur la relation John Book-Rachel Lapp, ainsi que quelques ressorts comiques.

Même si son scénario n'est donc pas très original, l'environnement de "Witness" l'est et le premier film "américain" de Peter Weir trouve ses qualités ailleurs. L'oeuvre est devenue un classique toujours agréable à regarder avec des acteurs au top de leur forme.