mercredi 31 octobre 2018

Au revoir là-haut (2017)

Largement récompensée par les César, cette adaptation cinématographique du roman, lui aussi récompensé, de Pierre Lemaitre, a mérité ses prix et éloges. Du vrai bon cinéma populaire français, devenu si rare.

L'histoire est la folle aventure d'Albert Maillard (Albert Dupontel, très bien) et Edouard Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart, excellent), deux Poilus de la Première Guerre Mondiale, le second terminant avec la "gueule cassée" et présumé mort selon son souhait, qui vont se lancer dans une grande arnaque autour des monuments dédiés aux morts de la Grande Guerre. Mais il faudra compter sur Henri d'Aulnay-Pradelle (Laurent Lafitte, bien), leur ancien infâme lieutenant et désormais partie intégrante de la famille d'Edouard, lancé dans une autre escroquerie et prêt à leur mettre des bâtons dans les roues...

J'aime :

* Le scénario. Je n'ai pas lu le livre, mais, pour un film, c'est une histoire à la fois belle et originale, où Albert Dupontel, également réalisateur, a réussi à donner beaucoup de rythme et de panache. Le dénouement est particulièrement réussi.

* Le casting. Albert Dupontel est incontestablement un grand comédien et il sait s'entourer. Ici, on découvre Nahuel Pérez Biscayart dans un rôle pas évident puisque quasiment muet, où la gestuelle derrière les masques est très importante. Une très grande prestation. Et Laurent Lafitte, rarement vu en méchant, semble prendre beaucoup de plaisir dans ce rôle. Mention aussi aux seconds rôles dont la comédienne qui joue la petite Louise.

* Les décors. S'ils font parfois un peu artificiels en raison des technologies actuelles qui donnent parfois cette impression, ils sont tout de même de fort belle facture, avec une atmosphère Années Folles vraiment bien rendue. Sans oublier le travail sur les costumes dont les merveilleux masques d'Edouard.

J'aime pas : 

* Pas de reproche particulier à livrer sur ce film. C'est rare !

Avec "Au revoir là-haut", Albert Dupontel signe son premier "blockbuster" et s'en tire à merveille, parvenant à conserver son style, notamment l'humanité donnée à ses personnages dont le sien, son goût pour la dénonciation (ici, c'est une très belle oeuvre pro-LGBT) ainsi qu'un humour acide et très visuel. Bravo !

mercredi 17 octobre 2018

Jumanji : welcome to the jungle (2017)

Comme beaucoup, j'avais une grande appréhension avant de voir cette suite du culte "Jumanji" avec Robin Williams. Et ce n'est heureusement pas le désastre annoncé.

Cette fois, le fameux jeu de société se transforme, entre les mains du jeune Alex, au milieu des années 1990, en une version jeu vidéo. L'adolescent lance une partie et est absorbé par le jeu. Vingt ans plus tard, ce dernier réapparaît dans la remise du lycée de la ville que quatre élèves doivent ranger alors qu'ils sont placés en retenue. On y retrouve Spencer le nerd, Fridge le sportif, Bethany la reine du lycée et Martha, l'ado introvertie. Tombant par hasard sur le jeu vidéo, ils vont lancer à leur tour une partie et être absorbés par lui. Ils atterrissent dans la jungle sous l'apparence du personnage qu'ils ont choisi au préalable : Spencer devient un aventurier musclé (Dwayne Johnson, bien), Fridge un zoologiste miniature (Kevin Hart, fidèle à lui-même), Bethany un cartographe pataud (Jack Black, très bien) et Martha une sorte de Lara Croft (Karen Gillan, correcte). Pour sortir du jeu, ils vont devoir le terminer...

J'aime :

*L'adaptation. Plutôt que de faire un remake avec les technologies actuelles d'un film qui était déjà admirable sur ce plan, les producteurs ont eu la bonne idée de s'orienter vers une voie différente, actualisant seulement le mode de jeu (le jeu de société devient un jeu vidéo). Et tous les codes des jeux vidéo, en particulier ceux des années 1990, sont parfaitement respectés et utilisés astucieusement : nombre de vies limitées, etc.

*Le casting. C'est un peu lassant de voir l'armoire à glace Dwayne Johnson dans tous les films d'aventure actuels, mais il démontre ici un réel talent d'acteur puisqu'il doit emprunter le caractère d'un ado nerd. Mention spéciale aussi à Jack Black qui doit glisser une ado imbue d'elle-même sous sa peau et s'en sort drôlement bien. Le registre de Kevin Hart, Karen Gillan et Nick Jonas (qui apparaît plus tard) est moins compliqué, mais ils sont bien eux aussi.

*L'univers. Les films dans la jungle, on en a déjà vu, mais celle d'Hawaï est toujours aussi belle et les séquences d'action, avec d'excellents effets spéciaux, ne manquent pas, offrant un rythme enlevé.

J'aime pas :

*Le scénario. Il est malheureusement aussi linéaire que celui d'un jeu vidéo des années 1990, chacun des personnages ayant son moment de bravoure l'un après l'autre sans grand rebondissement.

Un peu plus de vingt ans après le "Jumanji" de Joe Johnston, Jake Kasdan propose une suite loin d'être inoubliable comme son prédécesseur, mais loin d'être infamante non plus. Cette nouvelle mouture est habile, drôle et divertissante. Ouf !

lundi 15 octobre 2018

Toc Toc (2018)

Chaudement recommandée par un ami, j'ai bien voulu regarder sur Netflix cette adaptation espagnole et filmée, signée Vicente Villanueva, de la pièce de théâtre de Laurent Baffie. Je n'ai pas été aussi enthousiaste que lui. 

L'histoire se concentre autour d'un petit groupe de patients attendant leur rendez-vous avec un éminent spécialiste des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Ce dernier étant très en retard, ils vont devoir se supporter les uns les autres avec leurs TOC respectifs : syndrome Gilles de la Tourette, arithmomanie, nosophobie, palilalie, écholalie... 

J'aime

* Le scénario. Des personnages avec des TOC, on en avait déjà vu dans des films notamment, mais une demi-douzaine réunie ensemble, c'est original. La structure reste elle évidemment propre à celle d'une pièce de boulevard, relativement classique, mais cela fonctionne sur petit écran. 

J'aime pas

* Le casting. Je ne connaissais que Rossy de Palma, méconnaissable d'ailleurs, mais le rendu est inégal, certains acteurs stéréotypant trop leur TOC (ce qui n'est pas facile à interpréter, on le reconnaît), s'en sortant moins bien que d'autres. 

* La mise en scène. Vicente Villanueva ne pouvait pas faire autrement, mais un huis clos d'une heure et demie dans quasiment une seule pièce, c'est long. Déjà que je n'aime pas spécialement les huis clos... Puis la "résolution" de chacun es TOC est un peu trop schématisée pour un film. 

* Le rythme. Défaut lié au précédent, malgré une intensité qui monte au fur et à mesure de l'entraide des différents patients, on s'ennuie par moments, certains TOC étant moins "intéressants" que d'autres. 

Si "Toc Toc" doit être sympa à voir sur scène, surtout connaissant la plume acerbe de Laurent Baffie, le film, lui, a tous les défauts du théâtre filmé. Malgré la débauche d'énergie des acteurs, l'adaptation ne parvient pas à emballer plus que cela.