lundi 15 janvier 2024

Leave the world behind (2023)

Encore un film dans l'air du temps aux Etats-Unis. Produit par le couple Obama, réalisé par le créateur de la série à succès "Mr Robot" Sam Esmail et sorti sur Netflix, "Leave the world behind" a divisé les spectatrices et spectateurs, qui ont globalement adoré ou détesté. Moi je suis au milieu ! 

L'histoire est celle du couple Sandford, Amanda (Julia Roberts, bien) et Clay (Ethan Hawke, bien aussi), qui part en week-end avec ses deux enfants à Long Island, bien éloigné de la ville, histoire de déconnecter. Ils ont loué une belle maison avec piscine et veulent en profiter aussi pour aller à la plage. Mais des événements étranges commencent à intervenir, un navire s'échoue d'abord sur la côte avant que le réseau des télécommunications ne soit coupé...

J'aime :

* Le casting. Aux côtés des "vétérans" des 80's-90's Julia Roberts, Ethan Hawke et Kevin Bacon (qu'on voit peu), Mahershala Ali et de bons jeunes acteurs assurent la distribution principale. Du tout bon, particulièrement Ethan Hawke en papa cool dépassé par les événements. 

* Les décors. Ils sont minimalistes - mais fort beaux, accompagnant parfaitement la paranoïa ambiante, grâce aussi à une photographie léchée.

J'aime pas :

* Le scénario. Je ne sais pas s'il est fidèle au roman de Rumaan Alam dont il est tiré, mais Sam Esmail s'amuse autant avec les nerfs de ses personnages qu'avec ceux de son audience en ne laissant filtrer que peu d'explications sur les raisons de ce blackout des télécommunications et cette atmosphère d'apocalypse, jusqu'à un dénouement aussi cocasse qu'absurde (mais bien trouvé). Cela donne certes à réfléchir et chacun peut se faire ses propres théories, mais cela m'a laissé plutôt de marbre et frustré. 

* La mise en scène. C'est quasiment un huis-clos (ce dont je ne suis vraiment pas fan), donc elle est presque théâtrale, alignant les bavardages, ce qui rend l'ensemble un peu long et ennuyeux (vu que le développement de l'intrigue est minime). 

Ainsi, on peut remercier "Leave the world behind" de compter sur un casting aussi resserré que solide et un bien joli environnement pour sauver une histoire qui, si elle fonctionne bien pour nous mettre dans le même état que ses protagonistes, n'est franchement pas des plus palpitantes.

jeudi 11 janvier 2024

Between two ferns: the movie (2019)

J'ai découvert la série de fausses interviews "Between two ferns" par hasard (et avec beaucoup de retard) sur les réseaux sociaux. Menées par Zach Galifianakis, elles sont aussi irrévérencieuses (bien que scénarisées) qu'hilarantes. Un an après son dernier épisode (21 entre 2008 et 2018), une fiction censée montrer les coulisses du show est réalisée pour Netflix. Pas franchement nécessaire. 

L'histoire est celle de Zach Galifianakis (égal à lui-même), intervieweur minable de stars d'une chaîne locale publique. Repéré par Will Ferrell et la société de production comique du Web "Funny or die", il est mandaté pour poursuivre ses interviews à grande échelle. Avec sa petite équipe pas bien plus maligne que lui, il va alors voyager à travers les Etats-Unis afin de mener les entretiens de divers personnalités anglo-saxonnes...

J'aime :

* Le casting. Zach Galifianakis est parfait dans ce rôle d'intervieweur aussi idiot qu'arrogant, qui mène la vie dure à son équipe (jouée par des comédiennes et comédiens habitués des sitcoms). Evidemment, ce sont les invitées et invités du show qui font l'intérêt du film avec, entre autres, Matthew McConaughey, Keanu Reeves, Jon Hamm, Benedict Cumberbatch, Paul Rudd, David Letterman... Il semblerait que la plupart de leurs apparitions soient issues des vidéos déjà diffusées, mais pour certains, des éléments supplémentaires de "coulisses" ont été tournés, comme avec John Legend, Chrissy Teigen ou encore Peter Dinklage. 

* L'humour. Ce sont avant tout les séquences d'interviews qui sont essentielles au film et elles sont géniales de drôlerie.

* Le scénario. L'histoire écrite autour de ces interviews est plutôt cohérente et bien foutue, même si ce n'est pas aussi drôle.

J'aime pas :

* En plus des coulisses des interviews, le tournage d'un faux documentaire sur l'ascension de Zach Galifianakis (dans le rôle qu'il joue évidemment), à la "The Office", a été ajouté et il n'est pas vraiment bien intégré. Puis c'est vraiment du déjà vu. Autrement, le film, bien que court (1h23), manque de rythme. Et on regrettera enfin que certaines interviews parmi les plus drôles de la série (celle avec Bradley Cooper ou encore celle avec Barack Obama) manquent à l'appel.

Réalisé par l'un des cocréateurs de la série, Scott Aukerman, "Between two ferns: the movie" est ce genre de film qui veut poursuivre artificiellement une œuvre originale qui se suffisait à elle-même. Ce n'est pas mauvais, mais, au final, tout ce qui a été imaginé autour des interviews n'apporte rien de spécial. Inutile donc.

lundi 8 janvier 2024

Napoléon (2023)

Malgré les critiques globalement négatives, j'étais très curieux de voir ce que Ridley Scott ferait de ce personnage ô combien important de l'histoire de France. Les bandes-annonces me donnaient bien envie, mais je dois dire que je fais finalement aussi partie des déçus.

L'histoire est donc celle de l'ascension de Napoléon Bonaparte (Joaquin Phoenix, un peu trop figé), de ses débuts de jeune officier héroïque durant la Révolution grâce à la reprise de Toulon aux Anglais jusqu'à son exil définitif, une vingtaine d'années plus tard, en tant qu'empereur déchu pour Sainte-Hélène. Une carrière marquée par les innombrables batailles pour conquérir l'Europe et sa relation tumultueuse avec l'impératrice Joséphine (Vanessa Kirby, pas mal).

J'aime :

* La reconstitution. Les costumes et les décors intérieurs ont ma faveur, magnifiquement restitués. Pour le reste, rien n'a été tourné en France (ou sur place en fonction du lieu) donc on ressent le manque d'authenticité. Mais de manière générale, c'est soigné. 

* L'action. Les différentes scènes de bataille (Toulon, Austerlitz, Waterloo...) sont épiques et vraiment impressionnantes (même si pas toutes complètement véridiques). Le must du film. 

* Le casting. Si Joaquin Phoenix a un petit air de ressemblance avec l'empereur, on ne le sent jamais vraiment dans son rôle, qui paraît trop grand pour ses épaules pourtant bien larges déjà. La faute sans doute aussi à la mise en scène (on en reparlera), qui fait qu'on ne l'entend pas beaucoup. A ses côtés, Vanessa Kirby se démène déjà plus en épouse de caractère, presque dominatrice selon le point de vue de Ridley Scott, même si elle finira délaissée par Napoléon. Le reste du casting est plutôt bon, mention spéciale à Rupert Everett en Wellington.

J'aime pas :

* Le scénario. Je peux pardonner au cinéaste les nombreuses ellipses (et absence de présentation claire des différents personnages, notamment au moment de la Révolution) car il était impossible de fournir un biopic exhaustif de Napoléon, même en trois heures. On survole vraiment son épopée, mais comme l'ont dit certains historiens moins rigides, cela permet une bonne introduction au personnage. Néanmoins, même si on peut saluer que Ridley Scott ait choisi de mettre Joséphine de Beauharnais particulièrement en lumière, les scènes "de couple" occupent beaucoup trop l'espace et sont rarement passionnantes (voire pertinentes), servant juste à montrer Napoléon en mari possessif et minable amant. 

* La mise en scène. On en revient aux séquences avec Napoléon et Joséphine, peu inspirées, notamment les premières, quasi mutiques. 

Si j'attends de redonner une nouvelle chance au film avec sa version longue qui sortira en streaming, j'imagine que cette dernière proposera surtout des scènes d'intrigue "intérieures". Or, c'est bien par là que ce "Napoléon" pêche, Ridley Scott, en bon Britannique (donc cela se comprend), s'efforçant de dépeindre l'empereur, pas très bien incarné par Joaquin Phoenix, en un être humain médiocre et finalement peu sûr de lui. Heureusement que le cinéaste offre de magnifiques batailles pour offrir un minimum de divertissement, sinon c'est l'ennui assuré.