samedi 22 novembre 2014

Dumb and Dumber to (2014)

Les suites, 20 ans après, cela peut faire (très) peur. Mais, malgré les dernières daubes de Jim Carrey, j'étais plutôt confiant sur le retour de l'un des duos les plus débiles du cinéma, surtout avec les frères Farrelly toujours aux manettes.

Où l'on retrouve Harry Dunne (Jeff Daniels, excellent) et Lloyd Christmas (Jim Carrey, génial) qui ne se sont jamais vraiment quittés ces 20 dernières années. Sauf que le second a fait croire au premier qu'il était dans paralysé et incapable de communiquer depuis tout ce temps. Mais quand Harry lui annonce qu'il va bientôt mourir s'il ne trouve pas un nouveau rein, Lloyd met fin à sa blague. Les deux compères refont la paire et vont se mettre en quête d'un organe pour Harry qui apprend par la même occasion qu'il a une fille...

J'aime :

* Le casting. Et particulièrement la performance grandiose de ces deux zozos de Jeff Daniels et Jim Carrey 20 ans après, surtout quand on sait que le premier a tout de même délaissé les rôles comiques depuis un moment. A leur âge, jouer ces personnages complètement débiles avec toujours autant de justesse (notamment un impayable Jim Carrey), c'est magique. Le reste de la distribution est moins inoubliable, moins connu aussi, fallait laisser de la place au duo culte.

* L'humour. C'est bien pour cela qu'on vient regarder "Dumb and Dumber", des gags complètement débiles et régressifs. Il y en a bien des lourds et prévisibles dans ce nouvel opus, mais globalement, ça tient bien la route et on rit bien.

* Le scénario. Ce n'est pas non plus hyper inventif, mais l'idée de la recherche de la fille et d'un rein est assez bonne et donne lieu à un nouveau road movie rocambolesque.

J'aime pas : 

* Il n'y a rien de particulier que je n'aime pas, tout n'est pas parfait, et je relèverai quand même quelques situations humoristiques trop "enfantines" et qui tombent à plat.

"Dumb and Dumber to" n'est pas la comédie de l'année, mais ce n'est pas non plus une suite honteuse après un premier épisode devenu culte. On est très heureux de voir resurgir le duo Harry-Lloyd, servi de manière plus qu'honorable par deux très grands acteurs. Ouf !

vendredi 14 novembre 2014

Saint Laurent (2014)

C'est une spécialité française, sortir deux films sur le même sujet presque en même temps. Ici, c'est Yves Saint Laurent. Je ne sais pas quand je verrai le premier sorti, réalisé par Jalil Lespert, mais j'ai vu le deuxième, de Betrand Bonello, le plus sulfureux apparemment.

Sans doute pas faux, il retrace une décennie particulièrement trash du couturier, de 1967 à 1977, qui commence avec le faste de la collection "Libération" puis une traversée du désert avant un retour en grâce avec la collection "Ballet russe". On découvre un Yves Saint Laurent (Gaspard Ulliel, remarquable) qui respire le talent et la créativité, soutenu par un Pierre Bergé (Jérémie Rénier, excellent) dévoué, mais le créateur affiche également une fragilité à fleur de peau, poussé à bout par l'alcool et la drogue auprès de ses muses, Loulou de la Falaise (Léa Seydoux, bien) et Betty Catroux (Aymeline Valade, pas mal), ou bien de son amant maléfique, Jacques de Bascher (Louis Garrel, impressionnant)...

J'aime : 

* Le casting. Beaucoup de beau monde à l'affiche et ils excellent tous à l'image d'un Gaspard Ulliel extrêmement précis et sensible dans son rôle. On salue aussi les autres prestations masculines de Jérémie Rénier et Louis Garrel.

* Les reconstitutions. Peu d'extérieurs, surtout de l'intérieur, mais avec de splendides reconstitutions, que ce soit pour les costumes ou les décors comme l'appartement de Yves Saint Laurent à Paris ou encore le défilé final.

* Le style. Bertrand Bonello utilise tout au long de son film des cadrages très variés, cela va du travelling (parfois en aller-retour) au split screen (défilé final) et c'est en général très beau.

* Le scénario. On ne sait pas s'il est exagéré, mais il nous apprend beaucoup sur cette face "cachée" de Yves Saint Laurent et donne une bonne idée de ce qu'ont été les années 1970 (et même les suivantes et précédentes) pour le milieu artistique, ses liens avec la drogue et l'alcool.

J'aime pas : 

* Les longueurs. Malheureusement, on a souvent l'impression que le côté esthétique de Bertrand Bonello l'emporte sur le cours de l'histoire et les séquences à rallonge, parfois purement artistiques (comme le travelling incessant dans la boîte de nuit), achèvent de nous épuiser car elles ralentissent considérablement le rythme. C'est beau, mais c'est un peu chiant.

Même si "Saint Laurent" n'est pas forcément complètement flatteur pour le grand couturier, le film de Bertrand Bonello reste tout de même un hommage de haute volée. C'est un film "beau" et très bien joué, mais il faut s'accrocher malgré tout aux effets de style parfois pompeux de son auteur.