vendredi 14 novembre 2014

Saint Laurent (2014)

C'est une spécialité française, sortir deux films sur le même sujet presque en même temps. Ici, c'est Yves Saint Laurent. Je ne sais pas quand je verrai le premier sorti, réalisé par Jalil Lespert, mais j'ai vu le deuxième, de Betrand Bonello, le plus sulfureux apparemment.

Sans doute pas faux, il retrace une décennie particulièrement trash du couturier, de 1967 à 1977, qui commence avec le faste de la collection "Libération" puis une traversée du désert avant un retour en grâce avec la collection "Ballet russe". On découvre un Yves Saint Laurent (Gaspard Ulliel, remarquable) qui respire le talent et la créativité, soutenu par un Pierre Bergé (Jérémie Rénier, excellent) dévoué, mais le créateur affiche également une fragilité à fleur de peau, poussé à bout par l'alcool et la drogue auprès de ses muses, Loulou de la Falaise (Léa Seydoux, bien) et Betty Catroux (Aymeline Valade, pas mal), ou bien de son amant maléfique, Jacques de Bascher (Louis Garrel, impressionnant)...

J'aime : 

* Le casting. Beaucoup de beau monde à l'affiche et ils excellent tous à l'image d'un Gaspard Ulliel extrêmement précis et sensible dans son rôle. On salue aussi les autres prestations masculines de Jérémie Rénier et Louis Garrel.

* Les reconstitutions. Peu d'extérieurs, surtout de l'intérieur, mais avec de splendides reconstitutions, que ce soit pour les costumes ou les décors comme l'appartement de Yves Saint Laurent à Paris ou encore le défilé final.

* Le style. Bertrand Bonello utilise tout au long de son film des cadrages très variés, cela va du travelling (parfois en aller-retour) au split screen (défilé final) et c'est en général très beau.

* Le scénario. On ne sait pas s'il est exagéré, mais il nous apprend beaucoup sur cette face "cachée" de Yves Saint Laurent et donne une bonne idée de ce qu'ont été les années 1970 (et même les suivantes et précédentes) pour le milieu artistique, ses liens avec la drogue et l'alcool.

J'aime pas : 

* Les longueurs. Malheureusement, on a souvent l'impression que le côté esthétique de Bertrand Bonello l'emporte sur le cours de l'histoire et les séquences à rallonge, parfois purement artistiques (comme le travelling incessant dans la boîte de nuit), achèvent de nous épuiser car elles ralentissent considérablement le rythme. C'est beau, mais c'est un peu chiant.

Même si "Saint Laurent" n'est pas forcément complètement flatteur pour le grand couturier, le film de Bertrand Bonello reste tout de même un hommage de haute volée. C'est un film "beau" et très bien joué, mais il faut s'accrocher malgré tout aux effets de style parfois pompeux de son auteur.

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