lundi 23 octobre 2023

Asteroid City (2023)

Wes Anderson étant mon réalisateur préféré, je ne pouvais évidemment pas passer à côté de cette sortie. Casting comme scénario étaient alléchants. Mais encore une fois, si tout me réjouit globalement, il manque encore un petit quelque chose pour atteindre le niveau de ses premiers films. 

L'histoire est celle d'une pièce de théâtre, "Asteroid City", écrite et mise en scène par Conrad Earp (Edward Norton, bien). Elle raconte comment une petite ville de l'Arizona va se retrouver en quarantaine durant la tenue d'un concours de jeunes scientifiques car un extraterrestre a débarqué pour voler la météorite qui a rendu le lieu célèbre.

J'aime :

* Le casting. Certes, Bill Murray n'est pas présent (atteint par le Covid-19 au moment du tournage, remplacé par un excellent Steve Carell), mais la liste de chouettes actrices (Scarlett Johansson, Margot Robbie, Tilda Swinton, Maya Hawke...) et acteurs (Jason Schwartzman, Tom Hanks, Edward Norton, Bryan Cranston, Rupert Friend, Jeff Goldblum, Willem Dafoe, Steve Carell...) est encore impressionnante, même si la plupart font juste une apparition furtive. Mais je dois dire que c'est surtout la bande de jeunes actrices et acteurs qui m'a plu, apportant, comme souvent chez Wes Anderson, beaucoup de fraîcheur et de légèreté aux côtés d'adultes un peu trop "figés". A ce sujet, Jason Schwartzman déçoit un peu justement, apportant peu d'émotion dans son rôle.

* Le scénario. Après "The French Dispatch" et ses making of de reportages filmés, Wes Anderson, en équipe avec Roman Coppola, initie ici un nouveau procédé avec, donc, cette pièce de théâtre "filmée". Une manoeuvre qui fonctionne moins bien, mais, heureusement, l'histoire est aussi jolie que divertissante, avec, comme toujours, beaucoup de finesse et de poésie, et une bonne touche d'humour. Après le requin jaguar de "The Life aquatic with Steve Zissou", c'est cette fois un extraterrestre animé qui vient s'incruster au milieu des acteurs pour une séquence aussi romantique que sympa. On aime aussi beaucoup les clins d'oeil à "Bip Bip et Coyote".

* Les décors. Montés en Espagne, ceux de la pièce sont superbes, accentués par le filtre pastel apposé aux images en couleurs (les coulisses, elles, sont tournées en noir et blanc), qui nous plonge parfaitement dans cette ambiance vintage. 

* La musique. L'indéboulonnable Alexandre Desplat assure, une fois de plus, fort bien.

J'aime pas :

* Si les interludes entre chaque article de "The French Dispatch" fonctionnaient bien, ici, les annonces des différents actes, et même les séquences de coulisses de la pièce, ont plutôt tendance à plomber le film, en ralentissant encore plus le rythme. 

Difficile d'être déçu par un film de Wes Anderson, j'adore tellement son style, ses histoires, ses actrices et acteurs... Mais je n'ai pas encore atteint de nouveau la plénitude que j'ai pu ressentir avec "The Life aquatic with Steve Zissou" qui reste mon indétrônable film préféré du cinéaste.

jeudi 12 octobre 2023

Wahou ! (2023)

Je n'ai pas vu tous les films de Bruno Podalydès, mais j'avais beaucoup aimé son adaptation des romans de Gaston Leroux. Sa dernière œuvre en date est un petit film réalisé entre deux projets. Et c'est toujours aussi sympa !

L'histoire est celle de deux agents immobiliers des Yvelines. Catherine Bourbialle (Karin Viard, bien) tente de vendre un appartement neuf à Bougival tandis qu'Oracio Sanchez (Bruno Podalydès, très bien) est lui sur une belle maison ancienne de Louveciennes appartenant à un couple de personnes âgées dont le mari (Eddy Mitchell, pas mal) refuse la vente. Le défilé des acheteurs intéressés et toutes les stratégies pour les convaincre ne sont pas de tout repos...

J'aime :

* Le casting. Si Karin Viard est dans un rôle finalement un peu plus dramatique (son personnage est une veuve), Bruno Podalydès nous fait bien rire dans cette caricature d'agent immobilier débonnaire qui enseigne le métier à son stagiaire Jim. Du côté des clients, vendeurs comme acheteurs, il est sympa de retrouver une ribambelle de visages connus comme Eddy Mitchell, Sabine Azéma, Agnès Jaoui, Manu Payet, Roschdy Zem ou encore, bien évidemment, le frérot Denis Podalydès pour une apparition aussi furtive que (presque) silencieuse.

* L'humour. L'immobilier est toujours un bon sujet au cinéma (même quand il n'est pas l'élément central, on pense à "On connaît la chanson" par exemple) car il regorge de situations comiques. Ici, Bruno Podalydès se régale avec notamment tous les tics verbaux des agents, dont cet effet "Wahou !" recherché chez les clients. 

* Le scénario. Il est hyper simpliste, avec deux seuls bien à visiter et tisser des intrigues autour, mais assez bien rempli dans chaque cas, à parts quasi égales, pour nous sustenter.   

J'aime pas :

* Le film est relativement court (1h30), mais on n'échappe pas à quelques longueurs qui auraient pu être résolues sans doute par l'ajout d'un ou plusieurs autres biens à montrer par exemple, ou alors par une immersion dans la vie des deux agents immobiliers. 

Sachant qu'il s'agissait donc d'une œuvre mineure écrite et réalisée à la va-vite, on pardonne évidemment facilement Bruno Podalydès du manque de consistance d'un scénario, qui réussit néanmoins à nous faire souvent sourire (voire rire !) grâce à la science du dialogue et de la comédie du cinéaste.