lundi 31 juillet 2017

Dunkirk (2017)

Passionné d'histoire et amateur de films de guerre, je ne pouvais pas rater le premier essai de Christopher Nolan dans le genre, sur un épisode de la Seconde Guerre Mondiale peu abordé jusqu'ici.

Cet épisode, c'est la "débâcle" de Dunkerque, en mai 1940, lorsque les troupes alliées se retrouvent encerclées dans la ville du nord de la France par les forces allemandes. Le Royaume-Uni met en place l'opération Dynamo pour rapatrier ses centaines de milliers d'hommes outre-Manche. L'histoire est racontée à travers trois groupes de personnages et trois espaces-temps : une semaine sur la plage de Dunkerque avec notamment Tommy (Fionn Whitehead, excellent), un soldat britannique qui tente de s'infiltrer sur un navire de secours à l'aide d'un déserteur français, une journée à bord de l'un des nombreux bateaux de plaisance britanniques réquisitionnés pour secourir les soldats et une heure dans les airs, avec l'escadron britannique mené par le pilote Farrier (Tom Hardy, bien).

J'aime : 

* Le scénario. Il est passionnant même s'il a généré des polémiques par son manque d'exhaustivité, mais c'est une fiction et non un documentaire. Ensuite, l'idée de montrer l'événement à travers trois points de vue différents (air, terre et mer) est très bien trouvé.

* La bande son. Elle est ici particulièrement importante car il y a au final peu de dialogues, beaucoup de silence et le seul bruit de la mer et des balles... Avec la musique de Hans Zimmer par-dessus, l'atmosphère est angoissante à souhait, mais excellemment retranscrite.

* Les décors. Tourné entre la France, l'Angleterre et les Pays-Bas, "Dunkerque" met à l'honneur les paysages maritimes de la Manche (et un peu au-dessus du coup). Christopher Nolan a cependant un peu triché en ajoutant le mauvais temps pour renforcer la dramaturgie alors que, dans les faits réels, il faisait beau.

* Le casting. Christopher Nolan n'a pas fait dans la surenchère de stars et c'est pour le mieux avec notamment de jeunes acteurs britanniques prometteurs à l'image de Fionn Whitehead.

J'aime pas : 

* La structure. Si le scénario en trois espaces-temps est donc une bonne idée, je me suis retrouvé parfois un peu perdu car, n'étant pas sur la même durée, on se retrouve par moment face à des flashbacks qu'il faut bien assimiler.

Oeuvre finalement assez dépouillée pour un film de guerre - on ne voit quasiment jamais l'ennemi, "Dunkerque" reste une intéressante reconstitution de l'opération Dynamo à travers plusieurs petites histoires et sans aucun patriotisme pompier. Well done Christopher Nolan.

jeudi 20 juillet 2017

The Founder (2016)

L'histoire de la fondation et success story de McDonald's n'avait jamais été racontée en film. La voici et elle est fascinante !

Au milieu des années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton, excellent) peine à vendre ses machines à milk-shakes à travers les Etats-Unis. Mais un jour, une importante commande surgit en provenance de San Bernardino (Californie). Elle provient du restaurant des frères McDonald, créateurs d'un nouveau concept de restauration rapide dont le succès local est fulgurant. Enthousiasmé par ce modèle révolutionnaire, Ray Kroc tente de les convaincre de le franchiser, persuadé que le succès pourrait se répandre à travers le pays. D'abord réticents, les deux frères finissent par accepter en émettant des conditions très strictes dont l'entrepreneur va peu à peu s'émanciper...

J'aime : 

* Le scénario. Particulièrement fidèle, il déroule donc une histoire finalement méconnue et pourtant fort intéressante, réhabilitant la mémoire des frères McDonald's qu'on pourrait avoir tendance à comparer au diable de la malbouffe puisqu'ils ont tout de même laissé leur nom à la chaîne de restauration rapide.

* Le casting. Poursuivant sa récente renaissance, Michael Keaton, toujours mi-sympathique mi-inquiétant, incarne très bien l'audacieux et opportuniste Ray Kroc, qui ne partait pas forcément avec un mauvais fond, mais qui a ensuite marché sur les consignes imposées par ses deux patrons (avec raison si on ne considère que l'aspect financier et commercial). Le reste du casting est solide, avec des habitués des seconds rôles (Nick Offerman, John Carroll Lynch, Laura Dern...). Petite réserve sur Linda Cardellini en blonde, cela ne lui va pas du tout.

* La reconstitution. Même s'ils font un peu trop "propres" dans les scènes d'extérieur de restaurants avec les clients, les décors des années 1950 sont néanmoins impeccables.

J'aime pas : 

* Le ton. Au final, le concept des frères McDonald's est mis en valeur et salué sans une once de critique. Le scénario privilégie la belle histoire entrepreneuriale - et il y a de quoi être admiratif, sans jamais remettre en cause ce modèle qui fera se répandre la malbouffe à travers le monde. Et on ne finit que par avoir de la peine pour les frères McDonald's devant les coups fourrés posés par Ray Kroc.

Très (trop ?) académique, "The Founder" reste néanmoins un excellent récit de la naissance du géant des fast-food, dressant un portrait suffisamment nuancé et critique de Ray Kroc, l'homme qui a permis au concept des frères McDonald's de devenir un empire mondial. Mais pour la remise en question de ce modèle, on repassera.

mercredi 12 juillet 2017

Shimmer Lake (2017)

On trouve du bon et du moins bon dans les films produits et sortant directement sur Netflix. Celui-ci, le premier d'Oren Uziel, est une bonne pioche.

L'histoire débute un vendredi matin dans une petite bourgade du Midwest américain, où tout le monde se connaît. Un braquage a été commis la veille au soir dans la banque locale par un trio de malfaiteurs qui a réussi à prendre ensuite la fuite. Parmi eux, Andy Sikes (Rainn Wilson, bien), frère du sheriff Zeke Sikes (Benjamin Walker, très bien), qui mène l'enquête, assisté par le FBI. Mais, particularité du film, le scénario va être déroulé à l'envers...

J'aime : 

* La structure du film. Certes, un montage à l'envers ou décalé, cela a déjà été fait, et pour des oeuvres culte, mais ce n'est pas courant non plus. Ici, Oren Uziel va au plus simple en décomptant les parties de son film jour par jour, avec notamment une introduction similaire et, un peu plus tard, un running gag. Et c'est suffisamment bien fait pour qu'on ne soit jamais vraiment perdu et que le fil de l'histoire se compose de jour en jour, avec quelques rebondissements.

* Le casting. Pas de noms ronflants, loin de là, mais des têtes déjà vues ici ou là, notamment dans des séries, à l'image de Rainn Wilson. Et ils s'en tirent tous fort bien.

* L'humour. Le scénario est suffisamment mince pour espérer qu'il ne se prenne pas au sérieux. Et c'est donc le cas - mais sous forme d'humour noir, ce n'est pas complètement une comédie non plus - avec des personnages sacrément frappadingues, à l'image du trio de malfaiteurs bien allumé.

* Le rythme. Oren Uziel propose un film court pour les standards actuels (1h30) et surtout bien dynamique grâce à des scènes relativement courtes. Une bonne idée.

J'aime pas : 

* Le scénario. Au final, ce serait le point faible du film bien que pas désagréable non plus. Mais il aurait pu être en effet un peu plus ambitieux.

Film mineur certes, mais "Shimmer Lake" est un divertissement court, sympa et efficace si vous ne savez pas quoi regarder dans le catalogue Netflix. Cet Oren Uziel est à surveiller.

lundi 3 juillet 2017

Home Alone 2 : Lost in New York (1992)

Le succès (mérité) du premier épisode des aventures de Kevin McCallister a forcément engendré une suite, toujours signée de l'expert Chris Colombus. Si la structure est très similaire, elle est néanmoins plutôt réussie.

Un an après avoir oublié leur fils Kevin (Macaulay Culkin, bien) chez eux pour Noël, les McCallister se préparent à partir passer les fêtes en Floride. Cette fois, le petit garçon est bien dans la navette pour l'aéroport sauf qu'une fois là-bas, dans la confusion du retard, Kevin perd de vue ses parents et se trompe de porte d'embarquement, prenant un avion pour New York... De nouvelles aventures rocambolesques l'attendent dans la Grosse Pomme alors que l'affreux duo de cambrioleurs, Harry (Joe Pesci, très bien) et Marv (Daniel Stern, excellent), échappé de prison, prépare un nouveau casse perturbé par l'enfant.

J'aime : 

* Le casting. Le petit Macaulay Culkin n'a pas tellement grandi deux ans après le premier film et s'en sort bien, mais c'est surtout l'impayable paire Pesci-Stern que j'adore, même s'ils sont peut-être un peu plus cabotins ici. On ne les voit pas assez, mais les autres membres de la famille McCallister (en particulier l'oncle, le cousin et le grand frère) sont bien marrants aussi.

* Les gags. Même si elles sont très similaires à celles du premier épisode, en plus longues, les deux séquences de "pièges" de Kevin (à l'hôtel puis dans la maison abandonnée de l'oncle) sont les meilleures du film et restent très imaginatives et drôles.

J'aime pas : 

* Je ne vais pas vraiment reprocher le fait que cet épisode soit un calque du premier transposé à New York car j'apprécie donc ses gags, mais il me semble en revanche plus longuet, avec de sérieuses baisses de rythme (notamment les scènes avec la dame aux pigeons ou dans le grand magasin de jouet).

Evidemment, offrir une nouvelle fournée d'aventures à Kevin McCallister était casse-gueule, mais, sans prendre de risques, Chris Colombus propose une resucée suffisamment divertissante, où le casting et les gags font tout.