mercredi 20 décembre 2023

Killers of the flower moon (2023)

Je ne suis pas un inconditionnel de Martin Scorsese, même si je lui reconnais un talent indéniable. Le fait d'utiliser toujours les mêmes acteurs m'agace un peu, surtout Leonardo DiCaprio et Robert De Niro, et ils sont là tous les deux ensemble dans sa dernière œuvre ! Mais le scénario m'attirait bien et le film est tout à fait réussi, bien différent ce que peut laisser penser la bande-annonce...

L'histoire est celle d'Ernest Burkhart (Leonardo DiCaprio, excellent), qui revient de la Première Guerre Mondiale et va chercher du travail chez son oncle William (Robert De Niro, très bien), riche éleveur d'Oklahoma. La région est riche en pétrole, assurant des revenus conséquents au peuple autochtone des Osages. Ernest va justement s'enticher d'une jeune femme de la tribu, Mollie (Lily Gladstone, bien), ce qui pourrait lui assurer un imposant héritage...

J'aime :

* Le scénario. Adapté d'un roman lui-même tiré d'une histoire vraie, il est passionnant. Je n'avais jamais entendu parler de cette tribu autochtone Osage qui, pendant un temps, a été plus riche que les blancs de leur région d'Oklahoma. A travers le couple Ernest-Mollie, on comprend mieux ce qui lui est arrivé, soit un génocide lent et douloureux. 

* La reconstitution. Tourné sur place, le film est doté de décors et costumes magnifiques. 

* Le casting. Robert De Niro est toujours impeccable en "méchant" et cela fait tout de même plaisir de revoir Leonardo DiCaprio dans un rôle différent, ici d'un simplet pas méchant mais complètement influençable. Ce dernier est ainsi loin d'être le héros que je pensais qu'il était après avoir vu la bande-annonce. Les rôles secondaires sont solides (Jesse Plemons, Brendan Fraser, John Lithgow... que du lourd), mention spéciale à Lily Gladstone et tous les acteurs et actrices autochtones. 

* La photographie. L'atmosphère de thriller lancinant est aussi très bien rendue grâce au Mexicain Rodrigo Prieto, qui a collaboré aux derniers films de Martin Scorsese.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier au final, pas même la longueur !

Les près de 3h30 passent très bien tant l'histoire de "Killers of the flower moon" est fascinante, nous en apprenant encore un peu plus sur la manière dont les blancs ont conquis les Etats-Unis et n'auront laissé aucun répit aux autochtones. Du grand art signé Martin Scorsese.

samedi 9 décembre 2023

Coup de chance (2023)

Et voici le 50e film de Woody Allen, peut-être le dernier ? Son premier intégralement en français, avec également un casting 100% hexagonal. C'est la seule originalité d'une œuvre qui reste dans la lignée des précédentes.

L'histoire est celle de Fanny (Lou de Laâge, gracieuse), jeune Parisienne mariée au fortuné et plus âgé Jean (Melvil Poupaud, très bien). Un jour, elle rencontre par hasard dans la rue Alain (Niels Schneider, bien), ancien camarade de lycée. Ce dernier, devenu écrivain, lui révèle qu'il était amoureux d'elle à l'époque et tente de renouer le contact. Une romance va s'engager et Jean, très jaloux, commence à devenir méfiant...

J'aime :

* Le casting. Le duo de jeunes amoureux nous rappelle un peu celui de "Match Point" du même Woody Allen avec donc Lou de Laâge et Niels Schneider à la place de Scarlett Johansson et Jonathan Rhys-Meyers. Un très joli couple donc, accompagné d'un excellent Melvil Poupaud (dans un rôle pas très lointain de celui qu'il tient dans "L'amour et les forêts", sorti cette année aussi) et d'une Valérie Lemercier à son aise.

* L'environnement. Depuis qu'il filme à Paris, on a compris que Woody Allen ne montrerait que celui qu'il aime, donc c'est la capitale dans ses plus beaux atours, chics et bourgeois. Toujours un joli film de promotion pour la ville lumière auprès des Américains (s'ils regardent encore ses films).

* La bande originale. Toujours ses petits airs jazzy sympas (tout comme le générique introductif), ça ne bouge pas non plus.

J'aime pas :

 * Le scénario. Woody Allen ne se bonifie pas vraiment avec l'âge, offrant une histoire peu originale et surtout très prévisible, mais qui a le mérite d'être courte (1h36) et sauvée par le charme de ses comédiennes et comédiens.

* La mise en scène. Woody Allen a laissé sa troupe retravailler ses dialogues à sa guise afin qu'ils sonnent le plus français possible, vu que le cinéaste ne maîtrise pas la langue, mais le film a parfois l'air d'une vulgaire sitcom dans certaines situations.

L'essai entièrement Frenchy de Woody Allen n'est pas totalement raté, un thriller mêlé à de la comédie, le cinéaste new-yorkais maîtrise, puis c'est un joli casting dans un joli Paris; mais "Coup de chance" confirme que son inspiration vacille toujours plus et il ajoute une œuvre bien mineure de plus à sa filmographie. Elles s'enchaînent ces derniers temps.

lundi 4 décembre 2023

Oppenheimer (2023)

Dans cette folie cinématographique de l'été dernier, il y avait donc une sorte de duel artificiel entre "Barbie" et "Oppenheimer". Après avoir vu le premier, je me devais de voir le second. Je ne suis pas spécialement fan de Christopher Nolan, mais son sujet de biopic m'intéressait bien. 

L'histoire est celle du scientifique américain Robert Oppenheimer (Cillian Murphy, très bien), de ses années d'étudiant à Oxford jusqu'à son passage devant la Commission de l'énergie atomique qui entendait le mettre au pilori car opposé au développement de l'armement nucléaire, en passant par sa direction du projet Manhattan, à savoir la conception de la bombe atomique.

J'aime pas :

* Le scénario. Oppenheimer, un nom éminemment connu pour moi, mais c'était tout. Et sa vie fascinante, outre évidemment le projet Manhattan, méritait assurément un biopic. Ne voulant évidemment pas être linéaire, Christopher Nolan a glissé des allers et retours entre la plus grande réalisation de sa vie et l'audience de la Commission de l'énergie atomique (filmée elle en noir et blanc, ce qui affine la distinction). Il faut s'y retrouver un peu, mais globalement, cela fonctionne, imposant un constant changement de rythme. Ses années étudiantes, avec ses amitiés communistes, sont bien intéressantes aussi.

* Le casting. Le charismatique Cillian Murphy incarne pleinement son personnage, secondé par une solide troupe dont Matt Damon, Robert Downey Jr, Emily Blunt ou encore Florence Pugh. Et il y a encore plus d'autres noms prestigieux... Il n'y a guère que le personnage d'Albert Einstein qui paraît un peu artificiel.

* La reconstitution. Evidemment, le sujet est très complexe, mais Christopher Nolan parvient très bien à nous plonger dans cette atmosphère scientifique peuplée de génies de la physique, en pleine ébullition alors qu'une course contre la montre se joue pour concevoir la bombe atomique avant les nazis. Et à nous rendre cette conception plus ou moins accessible.

J'aime pas :

* La bande originale. J'ai adoré le travail du Suédois Ludwig Göransson sur la série "The Mandalorian" et Christophe Nolan lui avait confié la musique de son précédent film, "Tenet", mais là, ce n'est pas tant sa partition que j'ai moins aimé que la puissance avec laquelle elle accompagne le film. Un choix du réalisateur paraît-il. Résultat : c'est assourdissant.

* La mise en scène. Christopher Nolan a du style, a son style, tant mieux, mais ici, ses effets, même si très esthétiques (ces séquences de fusion nucléaire, l'une des hallucinations finales d'Oppenheimer lors d'un discours), ont tendance à rendre l'atmosphère encore plus oppressante. Le film étant déjà très long (trois heures), cela paraît un peu superflu.

Avec "Oppenheimer", Christopher Nolan signe un biopic globalement classique (et passionnant), mais tout de même à sa manière, avec un casting de prestige. Néanmoins, on peut lui reprocher d'en faire un peu trop (long notamment).

jeudi 23 novembre 2023

Mission : Impossible - Dead Reckoning, part one (2023)

Et on n'arrête plus le duo Tom Cruise-Christophe McQuarrie qui nous est revenu cette année avec un septième épisode de la saga "Mission : Impossible". Et cette fois, c'est inédit, en deux parties ! Cette première dure tout de même près de trois heures, mais que l'on ne voit pas passer, comme d'habitude.

L'histoire est celle d'Ethan Hunt (Tom Cruise, toujours impeccable) qui reçoit pour mission de retrouver son ancienne partenaire britannique Ilsa Faut (Rebecca Ferguson, bien), détentrice d'une mystérieuse clé. Après des retrouvailles musclées au Yémen, le célèbre espion veut en savoir plus sur cet élément et infiltre une réunion de la CIA. Il y découvre qu'avec une autre clé combinée, il est possible de contrôler une intelligence artificielle surpuissante nommée "L'Entité", qui a déjà causé des dégâts en Russie...

J'aime :

* Le scénario. Christopher McQuarrie est vraiment devenu le spécialiste de "Mission : Impossible" puisqu'il en signe également l'histoire, et il parvient toujours à nous divertir grâce à ses personnages ambigus et ses chausses-trappes. Ici, on salue l'originalité avec un ennemi virtuel qui force l'équipe d'Ethan Hunt à un retour à des méthodes artisanales.

* L'action. Si on reste dans le très classique avec des bagarres, des fusillades, des courses-poursuites et des cascades impressionnantes, des trouvailles viennent toujours nous divertir. On pense donc à cette excellente scène de l'aéroport d'Abu Dhabi où L'Entité remet totalement en question le savoir-faire de l'équipe "Mission : Impossible", Tom Cruise qui tente d'échapper à des méchants en conduisant avec une seule main dans les rues de Rome ou encore ce fameux saut à moto d'Ethan Hunt pour rejoindre un train...

* Les décors. Le Yémen, l'aéroport d'Abu Dhabi, Rome, Venise, l'Autriche... On aime toujours autant voyager à travers le monde (même si, évidemment, tout n'a pas été tourné exactement sur place). 

* Le casting. On ne change pas totalement une équipe qui gagne, donc l'increvable Tom Cruise continue à mener Ving Rhames et Simon Pegg, avec également Rebecca Ferguson. Mais ils intègrent tout de même une nouvelle coéquipière : Grace (Hayley Atwell). Du côté des méchants, Vanessa Kirby est de retour, Henry Czerny est une vieille connaissance (du premier épisode de la saga !). Et on fait connaissance avec l'énigmatique Gabriel (Esai Morales), bras "humain" de L'Entité, et de Paris (Pom Klementieff), sa tueuse à gages. Du beau monde !

J'aime pas :

* C'est un détail, mais le générique à l'ancienne, qui tombe au bout d'un moment où on ne s'y attend pas, surprend un peu. On reste néanmoins toujours aussi fan de la musique originale de Lalo Schifrin.

Si les épisodes de "Mission : Impossible" nous marquent moins que les "James Bond" - je dois avouer que j'avais oublié certains personnages et les scénarios des précédents opus -, on ne peut que s'incliner devant le savoir-faire de Christopher McQuarrie et de Tom Cruise. On est pleinement diverti, avec en plus ici une vraie originalité et modernité dans le scénario, et on sort même frustré de devoir attendre des mois avant de pouvoir assister à la seconde partie !

lundi 20 novembre 2023

Barbie (2023)

J'ai été assez décontenancé de voir que la géniale et surtout indépendante Greta Gerwig puisse réaliser un film sur la poupée Barbie, qui plus est produit par Mattel. Mais la bande-annonce était prometteuse et a plutôt tenu ses promesses.

L'histoire est celle de Barbie (Margot Robbie, très bien), qui vit dans le monde enchanté de Barbieland peuplé d'autres Barbie et Ken variés. Mais un jour, Barbie est bouleversée par des pensées négatives, puis ses pieds deviennent plats au lieu d'être courbés pour intégrer parfaitement ses chaussures à talon. Elle se rend alors chez une Barbie différente (Kate McKinnon, bien), maltraitée par l'enfant qui la possédait. Cette dernière lui recommande de se rendre dans le monde réel afin de rencontrer sa propriétaire et de comprendre pourquoi elle subit cette crise. Alors qu'elle s'y rend, elle découvre son Ken (Ryan Gosling, excellent) caché dans sa voiture. Une épopée remplie de remises en question commence alors pour le couple...

J'aime :

* Le casting. C'est un peu l'actrice du moment qu'on voit partout, mais Margot Robbie est évidemment parfaite pour le rôle de Barbie, aussi bien pour son physique que pour sa capacité à se fondre dans une œuvre qui, justement, va bien au-delà de la mise en valeur de sa plastique. Au cœur de projet, puisqu'elle produit le film, l'Australienne démontre tout son potentiel comique ici. Et que dire, dans ce registre de Ryan Gosling, qui lui vole carrément la vedette en Ken macho et bête comme ses pieds. Ils sont entourés d'une foule de personnages secondaires assurés par de nombreuses têtes connues et appréciées : Kate McKinnon, Michael Cera, Will Ferrell... Bref, on se régale de ce côté-là.

* Le scénario. Epaulée par son compagnon Noah Baumbach, que j'aime beaucoup, Greta Gerwig a eu la liberté totale sur l'histoire et c'est évidemment tant mieux, même si, financement oblige, Mattel a forcément dû garder un certain contrôle. Mais l'entreprise et sa célèbre poupée en prennent tout de même suffisamment pour leur grade, et la réalisatrice a eu le loisir de concocter une comédie certes rose mais aussi totalement orientée par le féminisme avec une histoire plutôt bien troussée, même si elle n'aborde forcément pas ses thèmes avec beaucoup de profondeur. Mais même superficiellement, cela peut faire du bien au plus grand nombre.

* L'humour. Le couple de scénaristes s'est bien amusé avec les stéréotypes liés à Barbie et Ken, ce qui donne son lot de situations absurdes et drôles.

* Les décors. Très roses, très colorés, mais aussi très inventifs dans la manière dont ils ont été conçus, "Barbieland" en particulier. 

* La bande originale. Les doués Mark Ronson et Andrew Wyatt ont concocté une playlist des plus cools et enjouées. 

J'aime pas :

* Forcément, on ne peut s'enlever de la tête que Mattel réalise ici une énorme opération marketing, ainsi que du purplewashing (même si l'entreprise s'est tout de même forcée à faire évoluer ses poupées avec le temps). Par ailleurs, on compte aussi quelques longueurs sur la fin, dont la scène de comédie musicale avec les Ken, pas forcément nécessaire.

"Barbie" n'est pas exempt de défauts dus à l'énorme machine que le film représente et de l'entreprise qui le finance, mais on peut remercier cette dernière d'avoir donné carte blanche à Greta Gerwig pour apporter sa touche de cinéaste féministe et indépendante à un produit hyper commercial. Cela donne une comédie très drôle, servie par une troupe de comédiennes et comédies qui semble s'amuser autant que nous.

dimanche 12 novembre 2023

Raiders of the lost Ark (1981)

Après avoir vu l'ultime épisode de la saga "Indiana Jones" qui m'avait laissé un goût amer, je me suis dit qu'il était temps de me refaire toute la série. Retour donc, pour commencer, sur les "Aventuriers de l'Arche perdue", signé Steven Spielberg.

L'histoire est celle de l'archéologue américain Indiana Jones (Harrison Ford, excellent) qui est envoyé en Egypte sur les traces de l'Arche d'alliance, qui renferme les Tables de la Loi. Elle est en effet activement recherchée par les nazis qui voudraient utiliser ses pouvoirs légendaires. Avant cela, Indiana Jones doit passer au Népal retrouver son ancien mentor qui possède un élément clé pour trouver l'Arche d'alliance. Mais les nazis y sont aussi...

J'aime : 

* Le scénario. Ecrit par Lawrence Kasdan, qui avait bossé avec George Lucas sur "Star Wars", il nous emmène dans une première quête des plus inspirées sur les traces d'une légende biblique, avec un prologue de présentation d'Indiana Jones devenu culte.

* Le casting. Après son rôle de Han Solo dans la saga "Star Wars", Harrison Ford affichait sa gouaille pour un nouveau rôle qui lui collera encore plus à la peau. Il est parfait, aussi drôle qu'intrépide, accompagné de l'une de ses meilleures acolytes, jouée par l'excellente Karen Allen (qu'on ne sera donc pas étonné de retrouver plus tard). On retrouve aussi pour la première fois les superbes seconds rôles que sont Sallah (John Rhys-Davies) et Marcus Brody (Denholm Elliott). Et puis le grand méchant, l'archéologue français René Belloq, est interprété avec charisme par le Britannique Paul Freeman (dommage que les acteurs français envisagés ne parlaient pas l'anglais !). 

* Les décors. Si le film se déroule majoritairement en Egypte, on voyage tout de même pas mal, entre l'Amérique du Sud du prologue, puis les Etats-Unis, le Népal et enfin la Grèce. Quasiment rien tourné dans ces pays (sauf les Etats-Unis, forcément), mais c'est là toute la magie du cinéma. 

* La mise en scène. Dès le prologue, inspiré par "L'Homme de Rio", Steven Spielberg donne le ton : c'est de l'aventure pure, non sans humour. Et c'est cela qui fait le sel de la saga, le tout reposant sur des légendes de l'Histoire parfaitement intégrées et avec la dose de science-fiction qui va bien (pour le moment). 

* La bande originale. Après "Star Wars", John Williams s'emparait donc d'une nouvelle saga imaginée par George Lucas et signait l'une des meilleures musiques de films d'aventures.

J'aime pas :

* Peu de choses, mais ce n'est pas pour autant mon épisode préféré de la saga. Le deuxième quand même ! 

En passant donc du dernier au premier opus, on apprécie encore mieux l'artisanat de ces films d'aventures des années 1970-1980, où la magie régnait malgré des décors et effets spéciaux limités. Cette introduction à Indiana Jones ne comporte pas moins de morceaux de bravoure et ils sont servis par un maître, Steven Spielberg, à un rythme effréné. Le succès du film doit aussi évidemment à ses formidables acteurs et actrice qui semblent s'amuser autant que nous au cœur d'une excellente intrigue. Pour autant, comme je l'ai déjà expliqué ici, la "dernière Croisade" m'a encore plus plu que "l'Arche perdue" pour son scénario et surtout le duo formé avec Sean Connery.

lundi 6 novembre 2023

Indiana Jones and the Dial of Destiny (2023)

On avait envie de croire qu'il fallait bien un nouvel et dernier épisode d'"Indiana Jones" pour effacer la déception du "Royaume du crâne de crystal" qui restait en nous. James Mangold a pris le flambeau des mains de Steven Spielberg et livre une conclusion malheureusement pas beaucoup plus convaincante.

L'histoire débute par un flashback de 1944 lors duquel Indiana Jones (Harrison Ford, excellent) et son compère Basil Shaw (Toby Jones, bien) tentent de récupérer la lance de Longinus auprès des nazis en France. Lors de leur fuite à bord d'un train, ils tombent sur de nombreux objets archéologiques dont une partie de la machine d'Anticythère sur laquelle travaille un scientifique nazi, Jürgen Voller (Mads Mikkelsen, très bien). Indiana Jones et Basil Shaw la lui volent. Vingt-cinq ans plus tard, le premier est sur le point de terminer sa carrière d'universitaire à New York, vieux et déprimé, quand la fille du second, Helena Shaw (Phoebe Waller-Bridge, intéressante), vient lui rendre visite pour reparler de la machine d'Anticythère...

J'aime :

* Le casting. Toujours un plaisir de revoir Harrison Ford dans ses costumes les plus populaires. Ici, il avait exigé de "faire" son âge et, même s'il reste un minimum fringant, il est parfait en vieil aventurier grincheux à qui il reste malgré tout une petite flamme pour les découvertes archéologiques. J'ai été surpris du choix féminin à savoir la piquante Phoebe Waller-Bridge, que je n'aurais jamais imaginé dans ce type de film, mais je dois reconnaître qu'elle dépote, apportant une fraîcheur malicieuse. Autrement, Mads Mikkelsen est un savoureux adversaire et on est aussi heureux de voir, même furtivement, les revenants John Rhys-Davies et Karen Allen, ainsi que l'apparition d'Antonio Banderas. Et enfin Toby Jones est un compère d'aventure sympa dans la première partie, rappelant furieusement le brave (et regretté) Marcus Brody.

* Les décors. Le voyage est évidemment à l'honneur et les destinations (la France, New York, le Maroc, la Grèce, la Sicile...) sont appréciables. Après le prologue, la première partie dans la Grosse Pomme est particulièrement inédite et originale. 

* L'action. Malgré ses vieux os, Harrison Ford tient encore bien la route, et les combats et autres courses-poursuites sont légion. On aurait même pu se passer des deux principales séquences "artificielles" (dont le prologue). 

* La bande originale. John Williams, forcément.

* Le scénario. On est heureux de voir les scénaristes utiliser de nouvelles légendes historiques véritables (ici la machine d'Anticythère) pour tisser leur aventure pleine de rebondissements et de faux semblants. Mais...

J'aime pas :

* La nouvelle jeunesse donnée à Harrison Ford grâce à l'intelligence artificielle ne m'a pas enchanté, car ce n'est pas si bluffant que cela, on ressent que quelque chose est différent et on ne croit même pas que c'est bien lui dans ce corps. Ainsi toute cette longue séquence paraît limite factice. Et l'avant-dernière séquence, sans la dévoiler, est certes majestueuse mais, là encore, les scénaristes sont allés beaucoup trop loin pour moi, avec des éléments de science-fiction qui ne m'ont pas vraiment convaincu, me rapprochant de la déception de l'épisode précédent . Et Indiana Jones ne termine même pas comme je l'aurais aimé.

Si la mise en scène de James Mangold est irréprochable et que cela reste un plaisir de revoir Indiana Jones se lancer dans une ultime quête, accompagné de personnages charismatiques, ce dernier épisode nous laisse tout de même un goût un peu amer. A revoir.

lundi 23 octobre 2023

Asteroid City (2023)

Wes Anderson étant mon réalisateur préféré, je ne pouvais évidemment pas passer à côté de cette sortie. Casting comme scénario étaient alléchants. Mais encore une fois, si tout me réjouit globalement, il manque encore un petit quelque chose pour atteindre le niveau de ses premiers films. 

L'histoire est celle d'une pièce de théâtre, "Asteroid City", écrite et mise en scène par Conrad Earp (Edward Norton, bien). Elle raconte comment une petite ville de l'Arizona va se retrouver en quarantaine durant la tenue d'un concours de jeunes scientifiques car un extraterrestre a débarqué pour voler la météorite qui a rendu le lieu célèbre.

J'aime :

* Le casting. Certes, Bill Murray n'est pas présent (atteint par le Covid-19 au moment du tournage, remplacé par un excellent Steve Carell), mais la liste de chouettes actrices (Scarlett Johansson, Margot Robbie, Tilda Swinton, Maya Hawke...) et acteurs (Jason Schwartzman, Tom Hanks, Edward Norton, Bryan Cranston, Rupert Friend, Jeff Goldblum, Willem Dafoe, Steve Carell...) est encore impressionnante, même si la plupart font juste une apparition furtive. Mais je dois dire que c'est surtout la bande de jeunes actrices et acteurs qui m'a plu, apportant, comme souvent chez Wes Anderson, beaucoup de fraîcheur et de légèreté aux côtés d'adultes un peu trop "figés". A ce sujet, Jason Schwartzman déçoit un peu justement, apportant peu d'émotion dans son rôle.

* Le scénario. Après "The French Dispatch" et ses making of de reportages filmés, Wes Anderson, en équipe avec Roman Coppola, initie ici un nouveau procédé avec, donc, cette pièce de théâtre "filmée". Une manoeuvre qui fonctionne moins bien, mais, heureusement, l'histoire est aussi jolie que divertissante, avec, comme toujours, beaucoup de finesse et de poésie, et une bonne touche d'humour. Après le requin jaguar de "The Life aquatic with Steve Zissou", c'est cette fois un extraterrestre animé qui vient s'incruster au milieu des acteurs pour une séquence aussi romantique que sympa. On aime aussi beaucoup les clins d'oeil à "Bip Bip et Coyote".

* Les décors. Montés en Espagne, ceux de la pièce sont superbes, accentués par le filtre pastel apposé aux images en couleurs (les coulisses, elles, sont tournées en noir et blanc), qui nous plonge parfaitement dans cette ambiance vintage. 

* La musique. L'indéboulonnable Alexandre Desplat assure, une fois de plus, fort bien.

J'aime pas :

* Si les interludes entre chaque article de "The French Dispatch" fonctionnaient bien, ici, les annonces des différents actes, et même les séquences de coulisses de la pièce, ont plutôt tendance à plomber le film, en ralentissant encore plus le rythme. 

Difficile d'être déçu par un film de Wes Anderson, j'adore tellement son style, ses histoires, ses actrices et acteurs... Mais je n'ai pas encore atteint de nouveau la plénitude que j'ai pu ressentir avec "The Life aquatic with Steve Zissou" qui reste mon indétrônable film préféré du cinéaste.

jeudi 12 octobre 2023

Wahou ! (2023)

Je n'ai pas vu tous les films de Bruno Podalydès, mais j'avais beaucoup aimé son adaptation des romans de Gaston Leroux. Sa dernière œuvre en date est un petit film réalisé entre deux projets. Et c'est toujours aussi sympa !

L'histoire est celle de deux agents immobiliers des Yvelines. Catherine Bourbialle (Karin Viard, bien) tente de vendre un appartement neuf à Bougival tandis qu'Oracio Sanchez (Bruno Podalydès, très bien) est lui sur une belle maison ancienne de Louveciennes appartenant à un couple de personnes âgées dont le mari (Eddy Mitchell, pas mal) refuse la vente. Le défilé des acheteurs intéressés et toutes les stratégies pour les convaincre ne sont pas de tout repos...

J'aime :

* Le casting. Si Karin Viard est dans un rôle finalement un peu plus dramatique (son personnage est une veuve), Bruno Podalydès nous fait bien rire dans cette caricature d'agent immobilier débonnaire qui enseigne le métier à son stagiaire Jim. Du côté des clients, vendeurs comme acheteurs, il est sympa de retrouver une ribambelle de visages connus comme Eddy Mitchell, Sabine Azéma, Agnès Jaoui, Manu Payet, Roschdy Zem ou encore, bien évidemment, le frérot Denis Podalydès pour une apparition aussi furtive que (presque) silencieuse.

* L'humour. L'immobilier est toujours un bon sujet au cinéma (même quand il n'est pas l'élément central, on pense à "On connaît la chanson" par exemple) car il regorge de situations comiques. Ici, Bruno Podalydès se régale avec notamment tous les tics verbaux des agents, dont cet effet "Wahou !" recherché chez les clients. 

* Le scénario. Il est hyper simpliste, avec deux seuls bien à visiter et tisser des intrigues autour, mais assez bien rempli dans chaque cas, à parts quasi égales, pour nous sustenter.   

J'aime pas :

* Le film est relativement court (1h30), mais on n'échappe pas à quelques longueurs qui auraient pu être résolues sans doute par l'ajout d'un ou plusieurs autres biens à montrer par exemple, ou alors par une immersion dans la vie des deux agents immobiliers. 

Sachant qu'il s'agissait donc d'une œuvre mineure écrite et réalisée à la va-vite, on pardonne évidemment facilement Bruno Podalydès du manque de consistance d'un scénario, qui réussit néanmoins à nous faire souvent sourire (voire rire !) grâce à la science du dialogue et de la comédie du cinéaste.

mercredi 27 septembre 2023

The Theory of everything (2015)

Typique film qui ne m'attirait pas trop, mais que j'ai choisi dans l'avion par défaut. Néanmoins, une plongée pas inintéressante dans la vie du génie de la physique britannique Stephen Hawking.

L'histoire est donc celle de la personnalité citée plus haut (Eddie Redmayne, impressionnant) et en particulier de la première partie de sa vie, de ses études à Cambridge, avec l'apparition de sa sclérose latérale amyotrophique, jusqu'aux prémices de sa célébrité mondiale.

J'aime :

* Le casting. Il fallait évidemment être très bon pour interpréter un personnage avec une telle maladie, en montrant notamment son développement, et Eddie Redmayne n'a pas volé son Oscar pour sa performance. Il est secondé par une excellente Felicity Jones dans le rôle de Jane, la première femme de Stephen Hawking, qui a sacrifié sa vie pour lui avec une issue malheureuse. 

* Le scénario. Adapté du livre de Jane Wilde Hawking, il fait le choix de dévoiler en priorité la vie privée du scientifique. Le film aborde ainsi des thématiques plus larges que sa seule carrière professionnelle comme évidemment le quotidien avec un tel handicap qui a évolué, en pire, au cours des années, mais aussi la problématique des relations de couple. Ce n'est évidemment pas dénué d'intérêt, mais...

* La reconstitution. Les décors de la première partie, à Cambridge, sont magnifiques et tout l'aspect médical est bien rendu et intéressant. 

J'aime pas :

* Outre des longueurs, notamment vers la fin, on peut regretter que, malgré la complexité du domaine de compétences d'Hawking, son travail n'ait pas été plus mis en valeur, même d'une manière vulgarisatrice dans le film. Un peu comme dans "Oppenheimer" quoi même si le physicien n'a pas développé d'"objet" en soi. Son œuvre scientifique figure vraiment en annexe et c'est le mélo qui prend le pas.

Evidemment la vie de Stephen Hawking est passionnante, mais James Marsh livre un biopic bien académique où, malgré des comédiennes et comédiens exceptionnels, la romance est omniprésente et on finit par oublier qu'il met en scène un personnage réel.

lundi 11 septembre 2023

The Fabelmans (2023)

Étant un peu mitigé avec la plupart des derniers films de Steven Spielberg, je suis resté une fois de plus un peu distant de cette œuvre quasi autobiographique avant de me raviser à la lecture de nombreux avis positifs. Qui avaient raison. 

L'histoire est celle de Samuel Fabelman, enfant des années 1950, qui va tomber amoureux du cinéma après avoir vu "The Greatest show on Earth" avec ses parents, Burt (Paul Dano, très bien) et Mitzi (Michelle Williams, excellente). Il ne poursuivra alors plus qu'un seul but : devenir cinéaste. Mais ce ne sera pas sans heurts en raison d'une vie familiale mouvementée à laquelle il va participer malgré lui...

J'aime :

* Le casting. Gabriel LaBelle s'en sort très bien dans le rôle du jeune Spielberg, magnifiquement entouré par Michelle Williams, qui a fait du chemin depuis "Dawson's Creek". Elle est sobre et touchante de fragilité. Il y a aussi Paul Dano, toujours impeccable, dans ce rôle de père aimant et passionné qui ne voit pas ce qui se déroule sous son nez. Quant à Seth Rogen, qui joue le collègue et meilleur ami de Burt, il joue juste aussi, mais on se demande s'il était le meilleur choix pour ce rôle. Difficile de se retirer l'image de ses nombreux rôles comiques. Mention aussi aux petites sœurs de Sammy, très sympas.

* Le scénario. Steven Spielberg n'a pas eu non plus une enfance si "extraordinaire" que cela au final, mais, avec l'aide de Tony Kushner, il parvient à la raconter d'une manière à la fois nostalgique et mélancolique, sans écarter les moments difficiles donc, avec aussi beaucoup de moments magiques et poétiques, et surtout un véritable régal de nous dévoiler comment il a fabriqué ses tout premiers films amateurs. 

* La reconstitution. Décors et costumes soignés, et minutie apportée évidemment aux séquences autour du cinéma.

J'aime pas :

* Rien de spécial à signaler. 

J'avais donc des doutes sur les capacités de Spielberg à pouvoir encore se détacher en tant que cinéaste, et il a réussi à les ôter avec ce très joli film contant à la fois son histoire familiale et professionnelle (ses prémices en tout cas, intervenus très tôt). Qu'il conclut avec son talent habituel par une dernière séquence forte et une facétieuse dernière scène.

mercredi 23 août 2023

The Super Mario Bros. Movie (2023)

Quelle bonne idée de confier la confection d'un film d'animation sur "Super Mario" au studio Illumination. Réalisé par les inconnus Aaron Horvath et Michael Jelenic, il a cartonné dans les salles et c'est plutôt mérité.

L'histoire est celle de deux frères plombiers de New York, Mario et Luigi, qui, après une visite des égouts de la ville pour tenter de régler un problème d'inondation, sont aspirés par un mystérieux tuyau vert. Ils vont atterrir chacun dans un univers différent. Mario se retrouve au Royaume Champignon, peuplé de gentils Toads et dirigé par la princesse Peach, tandis que Luigi tombe chez les méchants Koopas Bowser menés par l'infâme Bowser, qui envisage justement de conquérir le Royaume Champignon...

J'aime :

* L'univers. Je n'ai jamais été un pur fan du jeu "Super Mario" en tant que tel car je n'ai jamais été très habile avec les jeux de plate-forme. Néanmoins, cela reste une saga culte de mon enfance avec laquelle j'ai grandi et "Mario Kart" est un must. Et c'est un bonheur de retrouver toute la galerie de personnages et de détails dans ce film. Il ne manque personne, toutes et tous faisant une apparition, même subtile. 

* L'animation. Illumination a su allier sa patte avec celle de Nintendo et le rendu est superbe, coloré et dynamique comme jamais.

* Le casting. Il paraît que les voix françaises sont meilleures que les américaines. Pour avoir vu la VO, j'en suis ressorti très satisfait avec, notamment, Chris Pratt (Mario), Anya Taylor-Joy (princesse Peach), Jack Black (Bowser) ou encore Seth Rogen (Donkey Kong). Du beau monde donc. 

* La bande originale. Évidemment, le thème de "Super Mario" et les sons bien caractéristiques du jeu sont omniprésents, mais les concepteurs du film ont été assez malins d'y ajouter une playlist très 80's avec du Bonnie Tyler, A-ha, AC/DC, Beastie Boys et Electric Light Orchestra, afin d'achever de convaincre les parents venus voir le film avec leurs enfants. On apprécie aussi la chanson originale "Peaches" coécrite par Jack Black qui l'interprète lui-même, soit une ode de Bowser pour la princesse Peach. 

* Le scénario. On dira que c'est le point faible du film, parce qu'il est assez simpliste, mais il a aussi beaucoup de très bonnes idées : la genèse de Mario et Luigi (on les voit en famille à New York, dans leur vraie vie de plombiers); Mario n'est pas encore un super-héros, il doit apprendre à l'être et c'est la princesse qui le formera, ce qui est une belle modernisation de ce dernier personnage, à qui l'on a également ajouté un fort charisme; la quête de Bowser, gros méchant maladroit et avec un cœur puisqu'il souhaite au final seulement la main de la princesse...

J'aime pas :

* En dehors de ce scénario en effet un peu linéaire, pas d'autres reproches. 

Si "The Super Mario Bros. Movie" ressemble parfois à un best of de la saga dans lequel le scénariste Matthew Fogel (spécialiste des films d'animation) a tenté (et réussi !) à compiler tous les éléments des différents jeux vidéo en seulement 1h30 (bravo !), les adultes nostalgiques en ressortiront néanmoins aussi conquis que leurs enfants qui n'auront peut-être pas toutes les références (même s'ils continuent de jouer à "Super Mario") mais à qui est offerte une aventure fort drôle et divertissante. Le premier film tiré de l'univers "Super Mario" avec de vrais acteurs avait été un affront pour Nintendo, lavé par cette nouvelle tentative animée qui est un triomphe.

jeudi 6 juillet 2023

Babylon (2023)

Je n'avais encore vu aucun film du prodige Damien Chazelle, principalement par manque d'intérêt et la bande-annonce de sa dernière œuvre me laissait encore des doutes, puis les critiques positives m'ont encouragé à tenter ma chance. Une bonne chose. 

L'histoire est celle de Manuel Torres (Diego Calva, très bien), homme à tout faire d'un grand studio hollywoodien des années 1920, alors encore en plein cinéma muet. Une fête extravagante lui fait croiser deux personnes qui vont compter pour son ambition de faire carrière dans le milieu : Nellie LaRoy (Margot Robbie, excellente), jeune actrice prête à tout pour percer, et Jack Conrad (Brad Pitt, égal à lui-même en positif), déjà une grande star dont la sortie guette alors que le cinéma parlant frappe à la porte d'Hollywood...

J'aime : 

 * Le scénario. Ce n'est assurément pas le premier film à conter l'histoire et les conséquences de la transition du cinéma muet au parlant à Hollywood - je pense notamment à "Sunset Boulevard" ou encore plus récemment "The Artist", mais Damien Chazelle offre un regard plus ample, presque encyclopédique. Sans aucun classicisme pour autant, il salue le travail des équipes de tournage de l'époque (du cinéaste au simple employé de plateau) et pimente le tout avec l'évocation des grandes fêtes et de la vie débridée d'alors. Et c'est passionnant. 

* Le casting. C'est tout à l'honneur d'avoir sorti du presque "anonymat" Diego Calva, qui semble découvrir en même temps que son personnage les fastes d'Hollywood. Il est remarquablement entouré de la splendide Margot Robbie - dans un rôle qui aurait dû revenir à Emma Stone et on pense d'ailleurs beaucoup à elle quand on voit le personnage - et de ce roi des cabotins (dans le bon sens) de Brad Pitt. Sans compter une foule de rôles secondaires admirables. 

* La reconstitution. On en prend plein les yeux et cela commence fort avec cette fête incroyable donnée dans un château californien avec un éléphant en guise d'attraction. A l'image de ces événements où on dirait que tout est permis, on dirait que Damien Chazelle a lui aussi eu tous les moyens pour s'offrir sa vision rêvée du cinéma de l'époque. Les scènes de tournage sont tout aussi épiques. 

* La bande originale. C'est le compère et compositeur attitré du cinéaste, Justin Hurwitz, qui signe une superbe musique. A l'image de ce que Damien Chazelle a voulu montrer sur l'écran, une époque lointaine avec une vision moderne, le musicien a lui aussi donné un vrai coup de jeune aux sons jazzy et classiques des années folles. C'est brillant.

J'aime pas :

 * Je n'ai rien contre les longs films quand tout est justifié. Mais cela reste rare et on peut regretter ici la troisième heure, soit une partie finale où on a l'impression que Damien Chazelle ne savait pas tellement comment terminer son film. Cela s'étire sans raison et le medley cinématographique final est aussi artificiel que maladroit, concluant l'histoire comme un cheveu sur la soupe. 

Bravo à Damien Chazelle pour avoir su montrer la grandeur et la décadence du Hollywood des années 1920-1930 avec autant de panache. Visuellement et musicalement, c'est magnifique, avec une mise en scène dynamique. Mais ce passionné et vibrant hommage est quelque peu gâché par une conclusion peu convaincante.

lundi 3 juillet 2023

Everything Everywhere All at Once (2022)

Je n'étais pas spécialement attiré par ce film des Daniels, mais les commentaires autour, souvent positifs, m'ont poussé à lui donner sa chance (dans un trajet en avion, pas l'idéal). 

L'histoire est celle d'Evelyn (Michelle Yeoh, excellente), qui tient une laverie avec son mari Waymond (Ke Huy Quan, très bien). Mais ce dernier veut divorcer et leur établissement est visé par l'IRS. Ajoutées à cela la présence encombrante du père d'Evelyn (James Hong, bien) et l'homosexualité de leur fille Joy (Stephanie Hsu, pas mal) qu'Evelyn a bien du mal à accepter. La mère de famille est au bord de l'implosion lorsqu'une expérience à la fois étrange et extraordinaire va lui tomber dessus...

J'aime :

* Le casting. De plus en plus de grosses productions font appel à des castings à majorité d'origine asiatique et c'est tant mieux. Michelle Yeoh est formidable dans le rôle d'une mère au bord de la crise de nerfs avant de découvrir qu'elle peut se transformer dans un type de personnage que l'actrice maîtrise déjà excellemment. On est aussi ravi de retrouver Ke Huy Quan qui a bien grandi depuis ses rôles mythiques, alors enfant, dans les Goonies et Indiana Jones. Jolie prestation également pour l'inusable James Hong et Jamie Lee Curtis en intraitable employée de l'IRS. 

* La mise en scène. Comme Evelyn, on est projeté d'un univers à un autre à un rythme effréné, surpris à chaque fois par les idées follement drôles et originales proposées par les Daniels. 

* Les effets spéciaux. Déjà dans "Swiss Army Man" (que je n'ai pas encore vu malheureusement), le duo de réalisateurs donnait à voir des scènes d'action totalement inattendues et fort bien réussies visuellement. Rebelote ici. 

J'aime pas :

* Le scénario. Si on est donc épaté par la folie du multivers imaginé par les Daniels, l'histoire de base, qui met du temps à s'emballer, n'est pas très passionnante. Le film est sans doute aussi trop long. 

On ne peut que saluer la bravoure de Daniel Kwan et Daniel Scheinert de présenter des films plus fous et originaux les uns que les autres, servis par de très bons acteurs qui ont l'air de bien s'amuser. Néanmoins, la pluie d'Oscars reçue est sans doute exagérée et a aussi à voir avec la faiblesse de la concurrence cette année-là. 

vendredi 23 juin 2023

Bullet Train (2022)

C'est le premier film de l'ex-cascadeur devenu réalisateur David Leitch que je vois. Et cette commande, adaptation d'un roman japonais, est réussie, on sent la patte de l'expert !

L'histoire est celle de "Ladybug" (Brad Pitt, excellent de coolitude), tueur à gages en pleine crise existentielle dont la mission, simple en apparence, consiste à récupérer une mallette dans un Shinkansen au Japon. Sauf que la valise en question est en possession d'un duo d'autres tueurs à gages et que le train se trouve rempli de personnes toutes plus dangereuses les unes que les autres aux ambitions différentes qui finiront par se rejoindre...

J'aime :

* Le casting. C'est une bien jolie bande de tueurs à gages qui prend ce Shinkansen pour Kyoto. En premier lieu un Brad Pitt qui cumule les rôles de costaud cool depuis un petit moment pour notre plus grand plaisir. On aime beaucoup aussi, entre autres, les "frères" Aaron Taylor-Johnson et Brian Tyree Henry, ou encore Joey King dans le rôle du "Prince". Sans oublier la drôle d'apparition de Channing Tatum.

* Le scénario. Rempli de chausse-trapes que l'on découvre quasiment au même moment que le blasé Ladybug, il rend ce voyage en train des plus animés jusqu'à un dénouement des plus explosifs. 

* L'action. On pouvait compter sur David Leitch, ancien cascadeur et spécialiste du genre, pour nous fournir des chorégraphies de combats toutes plus spectaculaires (et drôles !) les unes que les autres.

* L'humour. Film d'action parfois bien sanglant, "Bullet Train" est surtout une comédie avec des scènes et dialogues aussi hilarants qu'absurdes à la Robert Rodriguez ou Quentin Tarantino.

* Les décors. On est bien content que le scénariste n'ait pas emporté le film loin du Japon, lui donnant encore plus de cachet même si bien entendu, on reste la majeure partie du temps à bord du Shinkansen et que les extérieurs (vus de dedans et à la fin) sont certainement de pacotille.

J'aime pas :

* Rien à signaler, ce qui est rare ! 

Je n'en doutais pas trop après avoir été attiré par la bande-annonce, j'ai pris beaucoup de plaisir devant ce qui restera un blockbuster estival, mais à placer dans le haut du panier. Bien joué David Leitch !

mardi 23 mai 2023

White Noise (2022)

Noah Baumbach ne réalise pas des oeuvres faciles d'accès. Même si j'ai beaucoup d'appréciation pour certaines et aussi celles qu'il coscénarise avec Wes Anderson, ce dernier film, adapté d'un roman de 1985, laisse une impression, encore une fois, mitigée.

L'histoire est celle de Jack (Adam Driver, pas mal) et Babette (Greta Gerwig, très bien), qui sont à la tête d'une famille recomposée  dans les années 1980. Elle doit soudainement fuir la petite ville américaine dans laquelle elle vit à la suite du déraillement d'un train transportant des matières chimiques.

J'aime :

* Le casting. Le duo principal est épatant, que ce soit un Adam Driver gras et suintant, et une Greta Gerwig occupée et préoccupée. On apprécie aussi beaucoup leur progéniture pleine d'esprit et de créativité. 

* Les décors. On retrouve une reconstitution sympa (costumes et coiffures compris) des années 1980, mélange de "Stranger Things" et d'un univers coloré à la Wes Anderson.

* La mise en scène. Il y a souvent beaucoup de personnages et on retrouve alors pas mal de bonnes choses de son acolyte dernièrement cité, tout en étant différent et avec, aussi tout de même, de très bons dialogues.

J'aime pas :

* Le scénario. Si les deux tiers du film sont divertissants (jusqu'à l'accident et ses suites), bien que parfois un peu trop bavard, la dernière partie, plus sombre et paranoïaque, gâche un peu tout, allongeant l'oeuvre en étant presque hors sujet.

Noah Baumbach est de retour avec un nouveau long-métrage mettant en scène une famille bien compliquée, cette fois dans une sacrée aventure qui vire malheureusement beaucoup trop à l'absurde tragique dans son dénouement. Il manque nettement de la fantaisie du début. On reste sur notre faim.

lundi 24 avril 2023

Glass Onion (2022)

Ainsi, après avoir rattrapé l'excellent "Knives Out", j'ai pu assister sereinement à son successeur, toujours signé Rian Johnson. L'esprit y est toujours, mais on est un peu moins emballé quand même. 

L'histoire est celle de notre fameux détective Benoit Blanc (Daniel Craig, malheureusement toujours affublé de cet accent grotesque) qui reçoit, comme plusieurs autres convives, une invitation à rejoindre le milliardaire fantasque Miles Bron (Edward Norton, très bien) sur son île privée en Grèce. Ce dernier propose à ses invités de jouer à une sorte de "Cluedo" en chair et en os, assumant lui-même le rôle de la victime, mais tout ne va pas se passer comme prévu...

J'aime :

* Le scénario. Après un hommage que l'on qualifiera de "classique" à Agatha Christie dans "Knives Out", Rian Johnson revient ici avec une proposition bien plus moderne, toujours en huis-clos mais dotée de fausses pistes bien plus complexes, sans oublier une satire à peine voilée des milliardaires mégalomanes de la tech américaine tel Elon Musk. 

* Le casting. Bizarrement, il est moins "clinquant" que celui de "Knives Out", mais on apprécie notamment Edward Norton, Muskien à souhait.

* Les décors. L'île grecque de Miles Bron est superbe, ainsi que sa propriété. Les mystérieuses boîtes contenant les invitations des convives sont également une belle trouvaille, parmi les nombreuses bonnes idées.  

* La bande originale. Et particulièrement la chanson des Beatles qui a inspiré le titre (et résonne en générique de fin).

J'aime pas :

* L'accent pris par Daniel Craig ne passe toujours pas et on doit avouer que les méandres du scénario ont pu nous perdre par moments d'autant qu'ils allongent d'autant plus la durée du film.

Comme à beaucoup, "Glass Onion" nous a moins plu que "Knives Out" car plus grandiloquent et moins charmant, sans oublier une troupe de comédiennes et comédiens moins attachante. Néanmoins, ce nouvel épisode comporte beaucoup de bonnes choses et critique avec mordant les nouvelles élites de la société américaine actuelle.

mercredi 22 mars 2023

Knives Out (2019)

J'étais passé à côté de ce film de Rian Johnson, loin de ses œuvres de science-fiction précédentes. Mais je me devais de le voir avant d'enchaîner sur sa suite, "Glass Onion". Plaisante découverte. 

L'histoire est celle d'Harlan Thrombey (Christopher Plummer, très bien), célèbre auteur de romans policiers, qui est retrouvé mort dans sa propriété, la gorge tranchée, laissant penser à un suicide. Le détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig, malheureusement doté d'un accent bien trop forcé) est engagé pour faire la lumière sur son décès. Il ne croit pas que le riche écrivain se soit donné la mort et va alors enquêter sur ses différents enfants et petits-enfants qui ont tous quelque chose à cacher...

J'aime :

* Le casting. On est presque chez Wes Anderson ! Outre Daniel Craig et Christopher Plummer, cités plus haut, on retrouve également Jamie Lee Curtis, Ana de Armas, Don Johnson, Chris Evans, Toni Collette ou encore Michael Shannon. Tous délicieux, la troupe semblant s'amuser autant que nous.

* Le scénario. Bel hommage à Agatha Christie ici avec un détective au nom francophone et une enquête plus complexe qu'elle n'en a l'air avec cette foule de personnages d'une même famille tous autant suspects les uns que les autres. 

* Les décors. C'est quasiment un huis-clos dans cette magnifique bâtisse avec son intérieur raffiné correspondant parfaitement à son hôte écrivain.

J'aime pas :

* L'accent du sud des Etats-Unis pris par Daniel Craig est malheureusement aussi perturbant - car on est tellement habitué à l'avoir vu avec son véritable accent British de James Bond - qu'agaçant - proche de l'imitation. Et c'est le personnage principal...

Intrigue policière à l'ancienne très bien ficelée par Rian Johnson, "Knives Out" est un essai particulièrement réussi dans le genre. Malgré mon bémol sur l'accent de Daniel Craig, c'est un régal de voir tous ces comédiens et comédiennes à l’œuvre.

samedi 25 février 2023

Cry Macho (2021)

Même si je suis moins fan des derniers films de Clint Eastwood, j'ai toujours la curiosité de les regarder. Ayant eu une bonne surprise avec "The Mule", je voulais voir ce qu'il en était de ce "Cry Macho". Tout le contraire malheureusement. 

L'histoire est celle de Mike Milo (Clint Eastwood, égal à lui-même), ancienne gloire du rodéo que l'ancien patron appelle à l'aide. Il mandate le vieillard pour aller récupérer son jeune fils, Rafael (Eduardo Minett, nul), séquestré par sa mère, Leta (Fernanda Urrejola, caricaturale), au Mexique. Un long voyage semé d'embûches commence...

J'aime : 

 * Les décors. Si le tournage n'a en réalité jamais quitté les frontières américaines, les paysages du sud des Etats-Unis sont bien semblables aux mexicains et sont magnifiques.

* La photographie. Ben Davis est plutôt un habitué des films de super-héros et c'est sa première collaboration avec Clint Eastwood. Elle est réussie avec une belle mise en valeur des décors précités.

J'aime pas :

* Le scénario. Aussi prévisible que mince, il n'apporte rien de nouveau au genre, gâché même par le casting.

* Le casting. Clint Eastwood donne ses dernières forces de dur solitaire au coeur tendre avec un certain panache, mais il est bien trop âgé pour le rôle et on craint que sa grande carcasse squelettique ne finisse par craquer à chaque effort. A ses côtés, le jeune Eduardo Minett joue faux de bout en bout et Fernanda Urrejola, qu'on ne voit heureusement qu'au début, nous achève bien tôt par son jeu de télénovela. Autre second rôle, Natalia Traven est elle plus délicate et sensible (même si on se demande comment son personnage peut tomber amoureux aussi vite d'un vieux croûton).

* La mise en scène. Elle est sommaire et presque bâclée, avec nombre de séquences absurdes (notamment celles avec ce fameux coq...).

Il n'y a plus qu'à espérer que Clint Eastwood ait encore l'énergie de retenter sa chance avec un autre film que celui-ci, vieille commande négligée une première fois puis repassée par d'autres mains avant les siennes. Il mérite vraiment mieux pour achever une carrière si riche et prestigieuse.

mercredi 15 février 2023

Rocketman (2019)

Le Britannique Dexter Fletcher avait terminé "Bohemian Rhapsody" après le renvoi de Bryan Singer. Un an plus tard, il passait de Queen à Elton John avec un nouveau biopic sous contrôle de sa star. Dommage.

L'histoire est donc celle de Reginald Dwight (Taron Egerton, excellent), ce jeune pianiste prodige qui deviendra Elton John. Nous le suivons de sa jeunesse jusqu'à sa résurrection dans les années 1980 après une période délicate, malgré son succès immense, marquée par les excès de drogue et d'alcool. 

J'aime : 

* La bande originale. Le film ne va pas au-delà des années 1980, mais on a déjà droit à un petit best of sympa des chansons d'Elton John. Elles sont interprétées par Taron Egerton lui-même avec brio.

* La reconstitution. Que ce soit le physique, les costumes extravagants d'Elton John ou les lieux et scènes qu'il a fréquentés, tout est très bien restitué.

* Le casting. Taron Egerton crève l'écran, bien plus que Rami Malek en Freddie Mercury je trouve, avec de bons seconds rôles dont Bryce Dallas Howard dans le rôle de la mère d'Elton John.

J'aime pas :

* Le scénario. La volonté de faire de ce biopic une véritable comédie musicale fait qu'on ne sait pas vraiment séparer la vérité de la fiction et que, malgré la flamboyance des scènes musicales, le film en devient limite ennuyeux. 

Si Elton John ne cache pas ses sérieux problèmes d'alcool et de drogue dans "son" film, dont le fil rouge est d'ailleurs un cercle de parole de toxicomanes, il nous propose son "Bohemian Rhapsody" à lui. Avec un meilleur interprète, mais n'apportant pas plus de crédibilité car trop lisse et clinquant. Reste Taron Egerton et les morceaux éternels.

vendredi 3 février 2023

The Menu (2022)

Je n'avais pas franchement envie d'aller voir ce film au cinéma, mais j'y ai été traîné. Pas de bonne surprise malheureusement de la part de Mark Mylod, plus connu pour avoir dirigé des épisodes de séries et dont c'est d'ailleurs une oeuvre de commande (un autre réalisateur était prévu à l'origine). 

L'histoire est celle d'un petit groupe de personnes (critiques gastronomiques, couples, traders...) se rendant sur une île abritant un restaurant gastronomique. Le propriétaire et chef renommé, Julian Slowik (Ralph Fiennes, bien), leur a préparé un menu exclusif, mais le dîner ne va pas se passer exactement comme les convives l'avaient imaginé...

J'aime :

* Le casting. Face à un Ralph Fiennes glaçant à souhait, Anya Taylor-Joy, émancipée de "The Queen's Gambit", lui tient parfaitement tête. Le reste de la troupe est moins connu (et convaincant), en dehors de John Leguizamo, très à l'aise dans le rôle d'un acteur has been.

* La mise en scène. Il y a des huis-clos moins réussis, mais celui-ci a au moins le mérite d'être bien dirigé.

* Les décors. Les lieux, froids et épurés, correspondent parfaitement à la personnalité de Julian Slowik. Et au-delà de ça, les plats, réalisés par un(e) vrai(e) chef(fe), sont superbes.   

* Le scénario. L'idée de départ est excellente et originale, mais...

J'aime pas :

* On soupire face à une avalanche d'invraisemblances ("tout ça pour ça", se dit-on à la fin), un ton jamais vraiment assumé et bancal entre thriller et comédie, et une passivité des personnages face à ce qui les attend franchement irritante. 

Si l'enrobage (décors, mise en scène et casting) donne envie, le mets servi par Mark Mylod nous reste sur l'estomac et on frôle l'indigestion.

mercredi 11 janvier 2023

Two Mules for Sister Sara (1970)

Voilà un western avec Clint Eastwood dont je n'avais jamais entendu parler avant de le voir. Signé de son fidèle acolyte Don Siegel, il a un onctueux goût de spaghetti ! 

L'histoire est celle d'Hogan (Clint Eastwood, fidèle à son personnage flegmatique), mercenaire solitaire, qui, lors d'une mission au Mexique, tombe sur une nonne, Sara (Shirley MacLaine, très bien), capturée par trois bandits. Après l'avoir libérée, il accepte de l'escorter jusqu'à un camp de révolutionnaires mexicains en lutte contre l'occupation française car ce sont ceux-là mêmes pour qui il travaille.

J'aime :

* Le scénario. Il n'est pas bien complexe, mais son contexte (qui fait partie d'une histoire de France méconnue !) est original et il ne manque pas de rebondissements (cette bonne soeur est bien spéciale...).

* Le casting. Clint Eastwood connaît sa partition par coeur en cow-boy calme et pragmatique, ici tout de même très vite attiré par cette drôle de nonne jouée par une Shirley MacLaine enjouée et intrépide.

* La bande originale. Ce n'est pas formellement un western spaghetti, mais ça y ressemble ne serait-ce que grâce à la musique tonitruante et superbe d'Ennio Morricone, toujours bien présente. 

* Les décors. Le film a bien été tourné là où il se déroule, au Mexique, et les paysages sont magnifiques, tout comme les reconstitutions (malgré une foule d'anachronismes concernant les armes à ce que j'ai lu).

J'aime pas :

* Rien à signaler si ce n'est quelques longueurs peut-être sur la fin et l'attaque du fort français.

Une grande partie de la filmographie de Clint Eastwood m'est encore inconnue, donc j'avance et j'ai été bien heureux de le découvrir une fois de plus dans ce genre qui, je trouve, lui va le mieux : le western.