mercredi 20 décembre 2023

Killers of the flower moon (2023)

Je ne suis pas un inconditionnel de Martin Scorsese, même si je lui reconnais un talent indéniable. Le fait d'utiliser toujours les mêmes acteurs m'agace un peu, surtout Leonardo DiCaprio et Robert De Niro, et ils sont là tous les deux ensemble dans sa dernière œuvre ! Mais le scénario m'attirait bien et le film est tout à fait réussi, bien différent ce que peut laisser penser la bande-annonce...

L'histoire est celle d'Ernest Burkhart (Leonardo DiCaprio, excellent), qui revient de la Première Guerre Mondiale et va chercher du travail chez son oncle William (Robert De Niro, très bien), riche éleveur d'Oklahoma. La région est riche en pétrole, assurant des revenus conséquents au peuple autochtone des Osages. Ernest va justement s'enticher d'une jeune femme de la tribu, Mollie (Lily Gladstone, bien), ce qui pourrait lui assurer un imposant héritage...

J'aime :

* Le scénario. Adapté d'un roman lui-même tiré d'une histoire vraie, il est passionnant. Je n'avais jamais entendu parler de cette tribu autochtone Osage qui, pendant un temps, a été plus riche que les blancs de leur région d'Oklahoma. A travers le couple Ernest-Mollie, on comprend mieux ce qui lui est arrivé, soit un génocide lent et douloureux. 

* La reconstitution. Tourné sur place, le film est doté de décors et costumes magnifiques. 

* Le casting. Robert De Niro est toujours impeccable en "méchant" et cela fait tout de même plaisir de revoir Leonardo DiCaprio dans un rôle différent, ici d'un simplet pas méchant mais complètement influençable. Ce dernier est ainsi loin d'être le héros que je pensais qu'il était après avoir vu la bande-annonce. Les rôles secondaires sont solides (Jesse Plemons, Brendan Fraser, John Lithgow... que du lourd), mention spéciale à Lily Gladstone et tous les acteurs et actrices autochtones. 

* La photographie. L'atmosphère de thriller lancinant est aussi très bien rendue grâce au Mexicain Rodrigo Prieto, qui a collaboré aux derniers films de Martin Scorsese.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier au final, pas même la longueur !

Les près de 3h30 passent très bien tant l'histoire de "Killers of the flower moon" est fascinante, nous en apprenant encore un peu plus sur la manière dont les blancs ont conquis les Etats-Unis et n'auront laissé aucun répit aux autochtones. Du grand art signé Martin Scorsese.

samedi 9 décembre 2023

Coup de chance (2023)

Et voici le 50e film de Woody Allen, peut-être le dernier ? Son premier intégralement en français, avec également un casting 100% hexagonal. C'est la seule originalité d'une œuvre qui reste dans la lignée des précédentes.

L'histoire est celle de Fanny (Lou de Laâge, gracieuse), jeune Parisienne mariée au fortuné et plus âgé Jean (Melvil Poupaud, très bien). Un jour, elle rencontre par hasard dans la rue Alain (Niels Schneider, bien), ancien camarade de lycée. Ce dernier, devenu écrivain, lui révèle qu'il était amoureux d'elle à l'époque et tente de renouer le contact. Une romance va s'engager et Jean, très jaloux, commence à devenir méfiant...

J'aime :

* Le casting. Le duo de jeunes amoureux nous rappelle un peu celui de "Match Point" du même Woody Allen avec donc Lou de Laâge et Niels Schneider à la place de Scarlett Johansson et Jonathan Rhys-Meyers. Un très joli couple donc, accompagné d'un excellent Melvil Poupaud (dans un rôle pas très lointain de celui qu'il tient dans "L'amour et les forêts", sorti cette année aussi) et d'une Valérie Lemercier à son aise.

* L'environnement. Depuis qu'il filme à Paris, on a compris que Woody Allen ne montrerait que celui qu'il aime, donc c'est la capitale dans ses plus beaux atours, chics et bourgeois. Toujours un joli film de promotion pour la ville lumière auprès des Américains (s'ils regardent encore ses films).

* La bande originale. Toujours ses petits airs jazzy sympas (tout comme le générique introductif), ça ne bouge pas non plus.

J'aime pas :

 * Le scénario. Woody Allen ne se bonifie pas vraiment avec l'âge, offrant une histoire peu originale et surtout très prévisible, mais qui a le mérite d'être courte (1h36) et sauvée par le charme de ses comédiennes et comédiens.

* La mise en scène. Woody Allen a laissé sa troupe retravailler ses dialogues à sa guise afin qu'ils sonnent le plus français possible, vu que le cinéaste ne maîtrise pas la langue, mais le film a parfois l'air d'une vulgaire sitcom dans certaines situations.

L'essai entièrement Frenchy de Woody Allen n'est pas totalement raté, un thriller mêlé à de la comédie, le cinéaste new-yorkais maîtrise, puis c'est un joli casting dans un joli Paris; mais "Coup de chance" confirme que son inspiration vacille toujours plus et il ajoute une œuvre bien mineure de plus à sa filmographie. Elles s'enchaînent ces derniers temps.

lundi 4 décembre 2023

Oppenheimer (2023)

Dans cette folie cinématographique de l'été dernier, il y avait donc une sorte de duel artificiel entre "Barbie" et "Oppenheimer". Après avoir vu le premier, je me devais de voir le second. Je ne suis pas spécialement fan de Christopher Nolan, mais son sujet de biopic m'intéressait bien. 

L'histoire est celle du scientifique américain Robert Oppenheimer (Cillian Murphy, très bien), de ses années d'étudiant à Oxford jusqu'à son passage devant la Commission de l'énergie atomique qui entendait le mettre au pilori car opposé au développement de l'armement nucléaire, en passant par sa direction du projet Manhattan, à savoir la conception de la bombe atomique.

J'aime pas :

* Le scénario. Oppenheimer, un nom éminemment connu pour moi, mais c'était tout. Et sa vie fascinante, outre évidemment le projet Manhattan, méritait assurément un biopic. Ne voulant évidemment pas être linéaire, Christopher Nolan a glissé des allers et retours entre la plus grande réalisation de sa vie et l'audience de la Commission de l'énergie atomique (filmée elle en noir et blanc, ce qui affine la distinction). Il faut s'y retrouver un peu, mais globalement, cela fonctionne, imposant un constant changement de rythme. Ses années étudiantes, avec ses amitiés communistes, sont bien intéressantes aussi.

* Le casting. Le charismatique Cillian Murphy incarne pleinement son personnage, secondé par une solide troupe dont Matt Damon, Robert Downey Jr, Emily Blunt ou encore Florence Pugh. Et il y a encore plus d'autres noms prestigieux... Il n'y a guère que le personnage d'Albert Einstein qui paraît un peu artificiel.

* La reconstitution. Evidemment, le sujet est très complexe, mais Christopher Nolan parvient très bien à nous plonger dans cette atmosphère scientifique peuplée de génies de la physique, en pleine ébullition alors qu'une course contre la montre se joue pour concevoir la bombe atomique avant les nazis. Et à nous rendre cette conception plus ou moins accessible.

J'aime pas :

* La bande originale. J'ai adoré le travail du Suédois Ludwig Göransson sur la série "The Mandalorian" et Christophe Nolan lui avait confié la musique de son précédent film, "Tenet", mais là, ce n'est pas tant sa partition que j'ai moins aimé que la puissance avec laquelle elle accompagne le film. Un choix du réalisateur paraît-il. Résultat : c'est assourdissant.

* La mise en scène. Christopher Nolan a du style, a son style, tant mieux, mais ici, ses effets, même si très esthétiques (ces séquences de fusion nucléaire, l'une des hallucinations finales d'Oppenheimer lors d'un discours), ont tendance à rendre l'atmosphère encore plus oppressante. Le film étant déjà très long (trois heures), cela paraît un peu superflu.

Avec "Oppenheimer", Christopher Nolan signe un biopic globalement classique (et passionnant), mais tout de même à sa manière, avec un casting de prestige. Néanmoins, on peut lui reprocher d'en faire un peu trop (long notamment).