vendredi 12 décembre 2025

One battle after another (2025)

Paul Thomas Anderson fait partie de ces valeurs sûres du cinéma américain qu'on pourrait presque qualifier d'"indépendant". J'ai vu une partie de ses films et j'ai toujours aimé. C'est le cas du dernier en date.

L'histoire est celle d'un couple d'anarchistes californiens, Pat Calhoun (Leonard DiCaprio, excellent) et Perfidia Beverly Hills (Teyana Taylor, très bien). Avec leur groupe de révolutionnaires, les French 75, ils participent à la libération des migrants des centres de rétention, posent des bombes dans les administrations, braquent des banques... Mais la situation finit par mal tourner : Perfidia est interpellée, laissant derrière elle Pat et leur bébé, Charlene, obligés de fuir et de se cacher dans un autre Etat américain sous une autre identité. Mais un militaire, le capitaine Steven J. Lockjaw (Sean Penn, trop caricatural), qui pourchasse les French 75, s'est juré de mettre la main sur le père et sa fille...

J'aime :

* Le casting. Si j'ai une réserve sur Sean Penn, qui en fait trop je trouve dans le stéréotype du militaire froid et rigide (physiquement même), un peu comme ceux des séries des années 1980, j'ai été conquis par les autres comédiennes et comédiens. Dont un Leonardo DiCaprio très en forme dans ce rôle de Pat Calhoun, qui pourrait être le cousin du "Dude" Lebowski dans la "seconde" partie du film. Mais aussi Chase Infiniti, très convaincante dans le rôle - son premier au cinéma en plus - de sa fille, ou encore un délicieux Benicio Del Toro, prof de karaté le jour et passeur (positif) de migrants la nuit.

* Le scénario. En soi, il est assez simple : il s'agit de la traque de Pat Calhoun et sa fille par Steven J. Lockjaw. Mais il est rempli d'aventures, d'action et d'humour. Et sans temps mort, permettant de largement supporter les plus de 2h30 de film. On n'oublie pas l'histoire en elle-même qui est parfaitement ancrée dans l'actualité, dans cette Amérique de Donald Trump qui fait la chasse aux migrants comme à ceux qui les soutiennent, soit les opposants du président américain.

* La mise en scène. Paul Thomas Anderson prouve ici qu'il peut tout filmer. Car il s'agit véritablement d'un film d'action et il me semble bien que ce soit son premier. L'image est magnifique et il y a beaucoup de créativité dans les plans, de variété dans les séquences. La course-poursuite finale en voiture est particulièrement marquante.

* Les décors. Tourné entre la Californie et le Texas, le film montre des lieux splendides, notamment sur la fin du film. 

Je n'aime pas :

* Je dois dire qu'il y a quelques éléments du scénario que je n'avais pas compris, notamment vers la fin du long-métrage. Il a fallu que j'en parle avec d'autres personnes pour me mettre au clair. Mais je pense que c'est surtout de ma faute. 

Nous verrons bien si "One battle after another" remporte des récompenses, mais il le mériterait amplement. Paul Thomas Anderson démontre une fois de plus tout son talent avec un film qui, sans s'y attaquer directement, est un véritable coup de poing dans le ventre du "régime" trumpiste. Et moi qui aie souvent eu des doutes sur Leonardo DiCaprio, il m'apparaît ici une fois de plus hautement appréciable.