mercredi 28 novembre 2018

Apocalypto (2006)

L'un de mes meilleurs amis me l'a vendu comme étant son film préféré, l'ayant vu des dizaines de fois. Bon...

Alors que la civilisation Maya est sur le déclin, des guerriers écument les forêts afin de rapporter des esclaves et autres sacrifices humains pour la cité. La tribu de Patte de jaguar (Rudy Youngblood, bien) est visée à son tour, mais le jeune homme fera tout pour échapper à ce funeste destin et sauver sa famille...

J'aime :

* L'univers. On ne peut pas retirer à Mel Gibson l'originalité de son thème. La civilisation Maya n'a été que rarement (voire jamais ?) été abordée au cinéma, qui plus est en utilisant intégralement sa langue pour les dialogues, comme il l'avait fait avec l'araméen pour sa "Passion of the Christ".

* Le casting. Là aussi bel effort du réalisateur d'avoir réuni des acteurs locaux (ou régionaux) et/ou amérindiens, non professionnels pour la plupart, qui s'en sortent très bien.

* Les décors. Ils ne sont pas très variés, c'est surtout de la jungle, mais le film a au moins, là encore, été tourné sur place.

J'aime pas :

* Le scénario. C'est là que le bât blesse franchement. Outre une violence à laquelle on est tout de même habitué avec Mel Gibson, son histoire est cousue de fil blanc, entièrement prévisible. Par ailleurs, la civilisation Maya ne sert finalement que de décor puisque, en dehors de la langue et de quelques clichés (les fameux sacrifices humains), l'aspect historique et anthropologique n'est pas du tout développé. Sans oublier les longueurs, telle cette scène d'introduction à rallonge et sans intérêt.

Même si je savais que mon ami était très subjectif, j'avais pas mal de curiosité à voir "Apocalypto", parce que, comme lui, je suis un passionné d'histoire et notamment de ces civilisations éteintes. Néanmoins, le film de Mel Gibson ne m'a pas rassasié, avec une trame des plus classiques et peu de réflexion.


mercredi 21 novembre 2018

Solo : a Star Wars story (2018)

Malgré les informations négatives qui ont circulé à propos du tournage et les critiques du même acabit qui ont suivi, en amateur (mais pas puriste) de la saga "Star Wars", j'ai voulu me faire une idée de ce spin off consacré à Han Solo. Pas la catastrophe annoncée.

Le film propose ainsi de revenir sur la jeunesse du célèbre contrebandier : comment il en est arrivé là ? Comment il a rencontré Chewbacca ? Comment il a obtenu son fameux vaisseau, le Faucon Millenium ? Comment il a rejoint la résistance à l'Empire ? On découvre ainsi qu'Han Solo (Alden Ehrenreich, bien) vient de la planète Corellia, où il est esclave d'une organisation criminelle qu'il cherche à quitter par tous les moyens en compagnie de sa petite amie, Qi'Ra (Emilia Clarke, pas mal). Mais le couple est interpellé lors de sa fuite et séparé. Han Solo la retrouvera plusieurs années plus tard alors qu'il rejoint un groupe de contrebandiers après avoir été pilote au sein de l'Empire. Leur prochaine mission : s'emparer d'un chargement de coaxium afin d'aller le faire raffiner.

J'aime :

* L'univers. Même avec un scénario moins bon que d'autres épisodes, je suis toujours friand du monde "Star Wars" : ses décors, ses planètes, ses vaisseaux, ses créatures, ses personnages...

* Le casting. Evidemment, Harrison Ford est inégalable dans le rôle d'Han Solo, mais Alden Ehrenreich, bien que moins roublard, s'en sort honorablement. Il fait le job comme on dit. Autour de lui, c'est tout de même bien solide aussi avec, outre Emilia Clarke, Woody Harrelson et Donald Glover (qui reprend le rôle de Lando Calrissian) notamment.

J'aime pas :

* Le scénario. C'est vrai que cette histoire de vol et raffinage de coaxium est loin d'être des plus attractives, même si cela colle bien avec la carrière originale d'Han Solo. Certes, le tout n'est pas sans rebondissement et lien avec la "grande" histoire à venir, mais les longueurs ne sont pas évitées.

* La mise en scène. On aurait quand même bien aimé voir ce que le film aurait donné sous la direction du duo Phil Lord-Chris Miller. On aurait sans doute assisté à plus de folie et d'humour qu'avec un Ron Howard, certes professionnel, mais sans véritable personnalité.

Avis mitigé pour moi donc à propos de ce "Solo : a Star Wars story". Loin d'être nul comme j'aurais pu m'y attendre, c'est plutôt un bon film d'action, assez divertissant, issu de l'univers de George Lucas, mais qui manque cruellement d'originalité et de panache pour rendre hommage à son personnage principal, chéri de tous.

jeudi 15 novembre 2018

Isle of dogs (2018)

J'étais heureux de savoir que le dernier film de Wes Anderson serait une oeuvre animée, ayant adoré "Fantastic Mr Fox". Avec un casting toujours plus prestigieux, mon cinéaste préféré s'en sort encore avec maestria, même si j'ai plus apprécié son précédent film d'animation.

Nous sommes cette fois dans un Japon post-industriel et plus particulièrement dans la ville de Megasaki dont le maire, l'infâme Kobayashi, décide d'interdire les chiens à la suite d'une grippe propagée par les animaux. Ces derniers sont exilés sur une île qui sert de décharge. Le jeune neveu du maire, Atari, a lui aussi vu son chien, Spots (voix de Liev Schreiber), déporté à son grand regret. Il décide ainsi de partir à sa recherche six mois plus tard à l'aide d'un avion. Atari se crashe sur l'île, mais est alors aidé dans la quête de son meilleur ami canin par une bande de cinq chiens : Chief (voix de Bryan Cranston), Rex (voix d'Edward Norton), Boss (voix de Bill Murray), Duke (voix de Jeff Goldblum) et King (voix de Bob Balaban).

J'aime :

* Le casting. Alors certes, ce n'est pas le principal intérêt d'un film d'animation, mais quelle troupe formidable ! Je crois que Wes Anderson n'a jamais réuni autant de grands acteurs dans ses précédents films. Outre ceux déjà cités, on retrouve, entre autres, Greta Gerwig, Frances McDormand, Scarlett Johansson, Harvey Keitel, Tilda Swinton, Anjelica Huston et même Yoko Ono !

* L'animation. Comme pour "Fantastic Mr Fox", Wes Anderson a choisi le stop-motion, ce qui correspond bien à son style et lui permet d'offrir une belle aventure pleine de détails réalisée à partir de figurines et décors "réels". Pour ma part, j'aime beaucoup, cela donne énormément de cachet, un mélange de vieille recette et de modernité, propre au cinéaste.

* L'environnement. Il y a eu des critiques sur le fait que Wes Anderson ose faire de l'appropriation culturelle en situant son film au Japon. Or, il y a un vrai respect du pays, de sa culture et de ses cinéastes, dont il s'est inspiré. Mieux, il a confié tous ses rôles d'humains japonais à des Japonais, en ne traduisant pas tout ce qu'ils disent. Une autre forme de respect. Ainsi, on sent beaucoup de recherche et on est loin des clichés.

* La bande originale. Signée une fois de plus du Français Alexandre Desplat et évidemment inspirée de la musique japonaise et notamment de ses instruments traditionnels, elle est particulièrement réussie.


J'aime pas :

* Le scénario. En dehors de son lieu d'action et de ses personnages, ce n'est pas son histoire la plus originale. On va dire qu'elle est même plutôt "traditionnelle" dans sa structure et ses rebondissements. On aurait apprécié peut-être un peu plus de folie et de digressions, un peu comme il se l'était permis dans "Fantastic Mr Fox", dont le scénario était inspiré d'une histoire de Roald Dahl.

En attendant, comme toujours impatiemment, sa prochaine oeuvre, "Isle of dogs" est néanmoins une pépite de plus à mettre dans le panier merveilleux de Wes Anderson. Difficile d'être trop critique d'un film aussi beau, avec un vrai univers une fois de plus, et un casting dément. Arigatou gozaimasu Wes san !


mercredi 7 novembre 2018

Three Billboards outside Ebbing, Missouri (2017)

Martin McDonagh est assurément un cinéaste singulier. Trois films seulement à son actif, particulièrement originaux, dont le dernier, à la fois épatant et déroutant.

Comme son titre l'indique, l'histoire se situe dans la petite ville d'Ebbing, dans le Missouri. Près de sept mois après le viol et le meurtre de sa fille, Mildred Hayes (Frances McDormand, géniale) décide de dénoncer l'inaction de la police locale en louant trois grands panneaux publicitaires situés au bord d'une route peu empruntée. La phrase suivante s'inscrit alors : "Violée pendant son agonie/Toujours aucune arrestation/Pourquoi chef Willoughby?". Bill Willoughby (Woody Harrelson, bien), c'est le shérif d'Ebbing, en phase terminale de cancer. L'opinion publique étant ainsi avec ce dernier, Mildred va devoir se battre, seule ou presque contre tous, pour le maintien de ses publicités, prise particulièrement à partie par Jason Dixon (Sam Rockwell, très bien), l'un des policiers brutaux et bas du front de la ville. 

J'aime :

* Le casting. Il est royal, mais surtout avec de très grandes performances (justement récompensées), en particulier de Frances McDormand et Sam Rockwell, dans leurs personnages de deux écorchés vifs, chacun à leur manière, qui finiront par trouver un terrain d'entente. Woody Harrelson dégage lui aussi beaucoup d'humanité dans la peau de ce shérif mourant et surtout impuissant dans l'affaire par manque de preuves.

* Le scénario. Comme toujours avec Martin McDonagh, il est original, mais aussi déroutant (on en reparlera plus bas), car il n'a pas fait dans le classique de la mère, par exemple, qui se mettrait à enquêter par elle-même pour retrouver le meurtrier de sa fille. Non, le cinéaste s'attarde plutôt sur le bras de fer de Mildred avec la police locale et tout le reste de la ville par la même occasion. Et cette tension qui s'installe peu à peu est haletante.

* L'atmosphère. Il a beau être britannique, Martin McDonagh réussit aussi la prouesse de réaliser un film 100% redneck américain. Tout y est au niveau de l'ambiance, des personnalités bien trempées et couleurs locales, dans une ville où on ne parle pas beaucoup et surtout on ne veut pas d'ennui.

J'aime pas :

* Comme indiqué plus haut, contrairement à ce qu'on pourrait attendre, le réalisateur et scénariste laisse plus ou moins de côté le fil rouge du film soit le viol et le meurtre de la fille de Mildred Hayes. L'enquête va tout de même avancer, malgré des policiers qui traînent les pieds, mais quant à son dénouement... un peu frustrant, mais c'est un choix d'auteur !

Déjà très surprenant avec son premier film, "In Bruges", Martin McDonagh récidive ici dans un tout autre genre, qui pourrait paraître bien lointain des moeurs britanniques, mais avec beaucoup de maîtrise et un scénario donc passionnant servi par une solide mise en scène et des acteurs formidables. Il mériterait trois panneaux de félicitations.