mercredi 7 novembre 2018

Three Billboards outside Ebbing, Missouri (2017)

Martin McDonagh est assurément un cinéaste singulier. Trois films seulement à son actif, particulièrement originaux, dont le dernier, à la fois épatant et déroutant.

Comme son titre l'indique, l'histoire se situe dans la petite ville d'Ebbing, dans le Missouri. Près de sept mois après le viol et le meurtre de sa fille, Mildred Hayes (Frances McDormand, géniale) décide de dénoncer l'inaction de la police locale en louant trois grands panneaux publicitaires situés au bord d'une route peu empruntée. La phrase suivante s'inscrit alors : "Violée pendant son agonie/Toujours aucune arrestation/Pourquoi chef Willoughby?". Bill Willoughby (Woody Harrelson, bien), c'est le shérif d'Ebbing, en phase terminale de cancer. L'opinion publique étant ainsi avec ce dernier, Mildred va devoir se battre, seule ou presque contre tous, pour le maintien de ses publicités, prise particulièrement à partie par Jason Dixon (Sam Rockwell, très bien), l'un des policiers brutaux et bas du front de la ville. 

J'aime :

* Le casting. Il est royal, mais surtout avec de très grandes performances (justement récompensées), en particulier de Frances McDormand et Sam Rockwell, dans leurs personnages de deux écorchés vifs, chacun à leur manière, qui finiront par trouver un terrain d'entente. Woody Harrelson dégage lui aussi beaucoup d'humanité dans la peau de ce shérif mourant et surtout impuissant dans l'affaire par manque de preuves.

* Le scénario. Comme toujours avec Martin McDonagh, il est original, mais aussi déroutant (on en reparlera plus bas), car il n'a pas fait dans le classique de la mère, par exemple, qui se mettrait à enquêter par elle-même pour retrouver le meurtrier de sa fille. Non, le cinéaste s'attarde plutôt sur le bras de fer de Mildred avec la police locale et tout le reste de la ville par la même occasion. Et cette tension qui s'installe peu à peu est haletante.

* L'atmosphère. Il a beau être britannique, Martin McDonagh réussit aussi la prouesse de réaliser un film 100% redneck américain. Tout y est au niveau de l'ambiance, des personnalités bien trempées et couleurs locales, dans une ville où on ne parle pas beaucoup et surtout on ne veut pas d'ennui.

J'aime pas :

* Comme indiqué plus haut, contrairement à ce qu'on pourrait attendre, le réalisateur et scénariste laisse plus ou moins de côté le fil rouge du film soit le viol et le meurtre de la fille de Mildred Hayes. L'enquête va tout de même avancer, malgré des policiers qui traînent les pieds, mais quant à son dénouement... un peu frustrant, mais c'est un choix d'auteur !

Déjà très surprenant avec son premier film, "In Bruges", Martin McDonagh récidive ici dans un tout autre genre, qui pourrait paraître bien lointain des moeurs britanniques, mais avec beaucoup de maîtrise et un scénario donc passionnant servi par une solide mise en scène et des acteurs formidables. Il mériterait trois panneaux de félicitations.

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