jeudi 7 avril 2022

Le Discours (2021)

Encore un film français découvert dans l'avion. Et qui s'y regarde très bien. Le dernier long-métrage de Laurent Tirard, adaptation du roman de l'excellent Fabcaro, est une comédie fine et drôle. 

L'histoire est celle d'Adrien (Benjamin Lavernhe, parfait), que Sonia (Sara Giraudeau, bien), a quitté pour "une pause" dans leur couple. Trente-huit jours plus tard, il décide de lui envoyer un SMS pour reprendre contact. En attendant sa réponse, il se rend chez ses parents (Guilaine Londez et François Morel, bien aussi) pour dîner. Sa soeur (Julia Piaton, pas mal) et son beau-frère (Kyan Khojandi, pas mal aussi) sont là, ce dernier lui demandant de préparer un discours pour leur mariage à venir. La soirée s'annonce longue...

J'aime :

* Le casting. Il fallait un sacré acteur pour jouer Adrien, qui parle presque du début à la fin, qui soit aussi tête à claques qu'attachant, qu'on ait surtout envie d'écouter jusqu'au bout. Benjamin Lavernhe, de plus en plus présent au cinéma, remplit parfaitement cette mission, dans un rôle à la Woody Allen. Il est entouré d'une troupe sympa, avec quelques têtes connues, mais qui ne lui volent pas la vedette. 

* Le scénario. Il y a autant de flashbacks que de projections (notamment du fameux discours), ce qui peut apparaître répétitif, mais le rythme est heureusement soutenu et le film pas trop long pour éviter l'ennui. Et même si finalement, ce discours n'est pas la chose la plus emballante qui soit, on est diverti tout au long de l'histoire par les différentes aventures d'Adrien.

* La mise en scène. Le point central du film, c'est ce dîner chez les parents d'Adrien. Là, c'est vraiment du théâtre, avec dialogues au millimètre et un Benjamin Lavernhe s'exprimant la plupart du temps face caméra. C'est très fluide et très bien fait.

J'aime pas :

* Pas de reproches particuliers, peut-être des séquences comiques inégales, mais rien de bien grave.

"Le Discours" n'est pas non plus un très grand film, mais Laurent Tirard propose une oeuvre drôle et originale, et ce n'est pas si commun dans les comédies françaises contemporaines. Merci !

mardi 5 avril 2022

11.6 (2013)

Je n'avais absolument jamais entendu parler de ce film avant de le voir par hasard lors d'un voyage en avion. J'ai été curieux de voir cette adaptation par Philippe Godeau de l'affaire Toni Musulin, que j'avais bien suivie à l'époque. 

Se voulant très fidèle à la réalité, l'histoire raconte ainsi la genèse du vol de 11,6 millions d'euros du fourgon conduit par le convoyeur de fonds Toni Musulin (François Cluzet, bien, mais...) à Lyon en novembre 2009. 

J'aime : 

* Le scénario. Même si Toni Musulin reste à ce jour un personnage dont on n'a pas encore vraiment percé les mystères et motivations (on ne sait même pas où sont les millions qu'il avait emportés avec lui !), Philippe Godeau s'attache à montrer tous les éléments dont il dispose, glanés notamment dans un livre documenté consacré à l'affaire. Et c'est intéressant. 

* Le casting. François Cluzet est un excellent acteur, il le prouve une fois de plus, mais j'ai des réserves pour ce film, dont je parlerai par la suite. Il est surtout entouré de deux solides seconds rôles : Bouli Lanners, qui joue son collègue le plus proche, et Corinne Masiero, qui joue sa compagne.

J'aime pas :

* Revenons donc sur François Cluzet. Ce que je reproche à son choix : il ne ressemble pas du tout à Toni Musulin (et rien n'a été fait pour qu'il lui ressemble) et je n'arrive pas à me détacher du fait que c'est François Cluzet et non Toni Musulin car je trouve que ce rôle de convoyeur de fonds mutique, costaud et adepte des arts martiaux ne lui va pas du tout, moi qui suis plutôt habitué à ses rôles de Français moyen. 

* De même, pour ce qui est du scénario, comme les zones d'ombre sont légion, on sent qu'une majorité du film est du remplissage pour faire passer le temps entre les moments connus importants. Et vu le style de vie de Toni Musulin, c'est loin d'être divertissant... 

Ainsi, je reste assez mitigé quant à ce "11.6". Quitte à ne pas tout savoir et à vouloir absolument François Cluzet dans le rôle titre (ce qui fut le cas), Philippe Godeau aurait mieux fait de proposer un film "inspiré" du casse de Toni Musulin plutôt qu'une oeuvre se voulant proche de la réalité mais bien imparfaite.