Même si c'est loin d'être mon préféré, "Top Gun" est un film qui a marqué ma vie, car c'est, dans mon souvenir, le premier que j'ai pu voir. J'avais 5-6 ans et mon voisin, l'un de mes premiers amis, en était un grand fan et regardait la VHS en boucle. Je n'attendais pas particulièrement cette suite, signée du peu connu Joseph Kosinski, mais la curiosité ainsi que les bonnes critiques m'ont encouragé à y aller.
Nous retrouvons donc plus de trente ans plus tard Pete "Maverick" Mitchell (Tom Cruise, qui renfile parfaitement sa combinaison), qui a refusé les promotions dans la Navy pour continuer à piloter. Désormais pilote d'essai, il est envoyé à "Top Gun" afin de former un commando de jeunes pilotes de chasse dans le but de détruire une installation nucléaire dans un "Etat voyou". Une mission plus complexe qu'il n'y paraît...
J'aime :
* L'action. Je crois que c'est ce qui est le plus frappant dans le film, des scènes d'aviation à couper le souffle, avec des acteurs qui ont réellement expérimenté ces sensations. Du grand art.
* Le casting. Evidemment, le film est fait pour servir Tom Cruise, qui semble prendre beaucoup de plaisir à reprendre ce rôle. On est heureux de revoir le quelque peu oublié Jon Hamm et surtout le très diminué Val Kilmer, pour une unique scène très émouvante avec Tom Cruise (et où on sent que rien n'est feint, c'est de l'émotion pure). Du côté des apprentis pilotes, c'est banal mais assez éclectique (la diversité est respectée avec au moins une femme, un afro-américain et un latino, mais ce sont les deux WASP, bien caricaturaux, surtout Glen Powell, qui sont mis en avant). Et puis il y a la faire-valoir féminine Jennifer Connelly, qui prend assez inutilement la place de Kelly McGillis dans les bras de Tom Cruise.
* Le scénario. Comme le premier épisode, il ne casse pas des briques, mais, malgré un schéma assez prévisible, il est plutôt malin (Maverick va-t-il reprendre du service ?) et plus spectaculaire qu'on ne s'y attend.
J'aime pas :
* La mise en scène. Dès la toute première scène, Joseph Kosinski rend hommage au "Top Gun" de Tony Scott et les plans en forme de clins d'oeil - virées à moto sans casque, la séance de sport au coucher du soleil, les échanges virils... - se multiplient tout au long du film. A ne surtout pas regarder au premier degré, sinon c'est écoeurant.
* L'ennemi. N'ayant plus de Soviétiques sous la main, les scénaristes ont préféré laissé un gros flou sur la nation hostile visée. Vu cette histoire d'enrichissement d'uranium, on imagine assez facilement l'Iran. Si on peut admettre que son nom ne soit pas cité pour ne pas provoquer ses foudres, le minimum aurait été de proposer un décor approprié. Là, on devine tout de suite que cela a été tourné en Amérique du Nord. On se croirait dans "MacGyver" quand les épisodes se déroulant en Amérique centrale étaient tournés au Canada... Cheap.
Malgré cette célébration de l'armée américaine attendue mais à laquelle on n'était plus habitué, ce manque de rigueur pour les décors étrangers et ces hommages stylistiques qui frôlent le remake, le retour de Tom Cruise dans sa combinaison de pilote de chasse est tout de même une réussite. On en prend plein les yeux et c'est tout ce qu'on avait demandé.