lundi 20 novembre 2023

Barbie (2023)

J'ai été assez décontenancé de voir que la géniale et surtout indépendante Greta Gerwig puisse réaliser un film sur la poupée Barbie, qui plus est produit par Mattel. Mais la bande-annonce était prometteuse et a plutôt tenu ses promesses.

L'histoire est celle de Barbie (Margot Robbie, très bien), qui vit dans le monde enchanté de Barbieland peuplé d'autres Barbie et Ken variés. Mais un jour, Barbie est bouleversée par des pensées négatives, puis ses pieds deviennent plats au lieu d'être courbés pour intégrer parfaitement ses chaussures à talon. Elle se rend alors chez une Barbie différente (Kate McKinnon, bien), maltraitée par l'enfant qui la possédait. Cette dernière lui recommande de se rendre dans le monde réel afin de rencontrer sa propriétaire et de comprendre pourquoi elle subit cette crise. Alors qu'elle s'y rend, elle découvre son Ken (Ryan Gosling, excellent) caché dans sa voiture. Une épopée remplie de remises en question commence alors pour le couple...

J'aime :

* Le casting. C'est un peu l'actrice du moment qu'on voit partout, mais Margot Robbie est évidemment parfaite pour le rôle de Barbie, aussi bien pour son physique que pour sa capacité à se fondre dans une œuvre qui, justement, va bien au-delà de la mise en valeur de sa plastique. Au cœur de projet, puisqu'elle produit le film, l'Australienne démontre tout son potentiel comique ici. Et que dire, dans ce registre de Ryan Gosling, qui lui vole carrément la vedette en Ken macho et bête comme ses pieds. Ils sont entourés d'une foule de personnages secondaires assurés par de nombreuses têtes connues et appréciées : Kate McKinnon, Michael Cera, Will Ferrell... Bref, on se régale de ce côté-là.

* Le scénario. Epaulée par son compagnon Noah Baumbach, que j'aime beaucoup, Greta Gerwig a eu la liberté totale sur l'histoire et c'est évidemment tant mieux, même si, financement oblige, Mattel a forcément dû garder un certain contrôle. Mais l'entreprise et sa célèbre poupée en prennent tout de même suffisamment pour leur grade, et la réalisatrice a eu le loisir de concocter une comédie certes rose mais aussi totalement orientée par le féminisme avec une histoire plutôt bien troussée, même si elle n'aborde forcément pas ses thèmes avec beaucoup de profondeur. Mais même superficiellement, cela peut faire du bien au plus grand nombre.

* L'humour. Le couple de scénaristes s'est bien amusé avec les stéréotypes liés à Barbie et Ken, ce qui donne son lot de situations absurdes et drôles.

* Les décors. Très roses, très colorés, mais aussi très inventifs dans la manière dont ils ont été conçus, "Barbieland" en particulier. 

* La bande originale. Les doués Mark Ronson et Andrew Wyatt ont concocté une playlist des plus cools et enjouées. 

J'aime pas :

* Forcément, on ne peut s'enlever de la tête que Mattel réalise ici une énorme opération marketing, ainsi que du purplewashing (même si l'entreprise s'est tout de même forcée à faire évoluer ses poupées avec le temps). Par ailleurs, on compte aussi quelques longueurs sur la fin, dont la scène de comédie musicale avec les Ken, pas forcément nécessaire.

"Barbie" n'est pas exempt de défauts dus à l'énorme machine que le film représente et de l'entreprise qui le finance, mais on peut remercier cette dernière d'avoir donné carte blanche à Greta Gerwig pour apporter sa touche de cinéaste féministe et indépendante à un produit hyper commercial. Cela donne une comédie très drôle, servie par une troupe de comédiennes et comédies qui semble s'amuser autant que nous.

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