On avait envie de croire qu'il fallait bien un nouvel et dernier épisode d'"Indiana Jones" pour effacer la déception du "Royaume du crâne de crystal" qui restait en nous. James Mangold a pris le flambeau des mains de Steven Spielberg et livre une conclusion malheureusement pas beaucoup plus convaincante.
L'histoire débute par un flashback de 1944 lors duquel Indiana Jones (Harrison Ford, excellent) et son compère Basil Shaw (Toby Jones, bien) tentent de récupérer la lance de Longinus auprès des nazis en France. Lors de leur fuite à bord d'un train, ils tombent sur de nombreux objets archéologiques dont une partie de la machine d'Anticythère sur laquelle travaille un scientifique nazi, Jürgen Voller (Mads Mikkelsen, très bien). Indiana Jones et Basil Shaw la lui volent. Vingt-cinq ans plus tard, le premier est sur le point de terminer sa carrière d'universitaire à New York, vieux et déprimé, quand la fille du second, Helena Shaw (Phoebe Waller-Bridge, intéressante), vient lui rendre visite pour reparler de la machine d'Anticythère...
J'aime :
* Le casting. Toujours un plaisir de revoir Harrison Ford dans ses costumes les plus populaires. Ici, il avait exigé de "faire" son âge et, même s'il reste un minimum fringant, il est parfait en vieil aventurier grincheux à qui il reste malgré tout une petite flamme pour les découvertes archéologiques. J'ai été surpris du choix féminin à savoir la piquante Phoebe Waller-Bridge, que je n'aurais jamais imaginé dans ce type de film, mais je dois reconnaître qu'elle dépote, apportant une fraîcheur malicieuse. Autrement, Mads Mikkelsen est un savoureux adversaire et on est aussi heureux de voir, même furtivement, les revenants John Rhys-Davies et Karen Allen, ainsi que l'apparition d'Antonio Banderas. Et enfin Toby Jones est un compère d'aventure sympa dans la première partie, rappelant furieusement le brave (et regretté) Marcus Brody.
* Les décors. Le voyage est évidemment à l'honneur et les destinations (la France, New York, le Maroc, la Grèce, la Sicile...) sont appréciables. Après le prologue, la première partie dans la Grosse Pomme est particulièrement inédite et originale.
* L'action. Malgré ses vieux os, Harrison Ford tient encore bien la route, et les combats et autres courses-poursuites sont légion. On aurait même pu se passer des deux principales séquences "artificielles" (dont le prologue).
* La bande originale. John Williams, forcément.
* Le scénario. On est heureux de voir les scénaristes utiliser de nouvelles légendes historiques véritables (ici la machine d'Anticythère) pour tisser leur aventure pleine de rebondissements et de faux semblants. Mais...
J'aime pas :
* La nouvelle jeunesse donnée à Harrison Ford grâce à l'intelligence artificielle ne m'a pas enchanté, car ce n'est pas si bluffant que cela, on ressent que quelque chose est différent et on ne croit même pas que c'est bien lui dans ce corps. Ainsi toute cette longue séquence paraît limite factice. Et l'avant-dernière séquence, sans la dévoiler, est certes majestueuse mais, là encore, les scénaristes sont allés beaucoup trop loin pour moi, avec des éléments de science-fiction qui ne m'ont pas vraiment convaincu, me rapprochant de la déception de l'épisode précédent . Et Indiana Jones ne termine même pas comme je l'aurais aimé.
Si la mise en scène de James Mangold est irréprochable et que cela reste un plaisir de revoir Indiana Jones se lancer dans une ultime quête, accompagné de personnages charismatiques, ce dernier épisode nous laisse tout de même un goût un peu amer. A revoir.
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