lundi 8 janvier 2024

Napoléon (2023)

Malgré les critiques globalement négatives, j'étais très curieux de voir ce que Ridley Scott ferait de ce personnage ô combien important de l'histoire de France. Les bandes-annonces me donnaient bien envie, mais je dois dire que je fais finalement aussi partie des déçus.

L'histoire est donc celle de l'ascension de Napoléon Bonaparte (Joaquin Phoenix, un peu trop figé), de ses débuts de jeune officier héroïque durant la Révolution grâce à la reprise de Toulon aux Anglais jusqu'à son exil définitif, une vingtaine d'années plus tard, en tant qu'empereur déchu pour Sainte-Hélène. Une carrière marquée par les innombrables batailles pour conquérir l'Europe et sa relation tumultueuse avec l'impératrice Joséphine (Vanessa Kirby, pas mal).

J'aime :

* La reconstitution. Les costumes et les décors intérieurs ont ma faveur, magnifiquement restitués. Pour le reste, rien n'a été tourné en France (ou sur place en fonction du lieu) donc on ressent le manque d'authenticité. Mais de manière générale, c'est soigné. 

* L'action. Les différentes scènes de bataille (Toulon, Austerlitz, Waterloo...) sont épiques et vraiment impressionnantes (même si pas toutes complètement véridiques). Le must du film. 

* Le casting. Si Joaquin Phoenix a un petit air de ressemblance avec l'empereur, on ne le sent jamais vraiment dans son rôle, qui paraît trop grand pour ses épaules pourtant bien larges déjà. La faute sans doute aussi à la mise en scène (on en reparlera), qui fait qu'on ne l'entend pas beaucoup. A ses côtés, Vanessa Kirby se démène déjà plus en épouse de caractère, presque dominatrice selon le point de vue de Ridley Scott, même si elle finira délaissée par Napoléon. Le reste du casting est plutôt bon, mention spéciale à Rupert Everett en Wellington.

J'aime pas :

* Le scénario. Je peux pardonner au cinéaste les nombreuses ellipses (et absence de présentation claire des différents personnages, notamment au moment de la Révolution) car il était impossible de fournir un biopic exhaustif de Napoléon, même en trois heures. On survole vraiment son épopée, mais comme l'ont dit certains historiens moins rigides, cela permet une bonne introduction au personnage. Néanmoins, même si on peut saluer que Ridley Scott ait choisi de mettre Joséphine de Beauharnais particulièrement en lumière, les scènes "de couple" occupent beaucoup trop l'espace et sont rarement passionnantes (voire pertinentes), servant juste à montrer Napoléon en mari possessif et minable amant. 

* La mise en scène. On en revient aux séquences avec Napoléon et Joséphine, peu inspirées, notamment les premières, quasi mutiques. 

Si j'attends de redonner une nouvelle chance au film avec sa version longue qui sortira en streaming, j'imagine que cette dernière proposera surtout des scènes d'intrigue "intérieures". Or, c'est bien par là que ce "Napoléon" pêche, Ridley Scott, en bon Britannique (donc cela se comprend), s'efforçant de dépeindre l'empereur, pas très bien incarné par Joaquin Phoenix, en un être humain médiocre et finalement peu sûr de lui. Heureusement que le cinéaste offre de magnifiques batailles pour offrir un minimum de divertissement, sinon c'est l'ennui assuré.

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