lundi 10 août 2020

Le Professionnel (1981)

Si Jean-Paul Belmondo restera à jamais l'un des "héros", via ses films (plus particulièrement sa période "Bébel" des années 1970-1980), de mon enfance, certains ont très mal vieilli. A l'image de ce "Professionnel", signé Georges Lautner.

Le "Professionnel", c'est Josselin Beaumont (Jean-Paul Belmondo, qui en fait un peu des caisses), agent secret français envoyé dans le pays africain imaginaire du Malagawi pour y abattre le président tyran. Entre-temps, les relations franco-malagawiennes se sont améliorées et l'Elysée sacrifie Beaumont en le dénonçant aux autorités du Malagawi. Il est alors condamné sur place aux travaux forcés. Deux ans plus tard, Josselin Beaumont parvient à s'échapper et rentrer à Paris. Sa vengeance sera terrible...

J'aime :

 * Le scénario. S'il n'innove pas vraiment avec une histoire toute bête de vengeance et de contrat à remplir jusqu'au bout, il est intéressant dans sa remise en question des affaires pas nettes de la Françafrique. Puis, pour arriver à ses fins, Josselin Beaumont devra monter un plan plutôt malin, jusqu'à un dénouement peu orthodoxe.

* Le casting. Jean-Paul Belmondo est évidemment omniprésent et fait du "Bébel", à la fois brutal et facétieux. Robert Hossein compose face à lui un "vilain" charismatique, commissaire aux méthodes contestées mais redoutablement efficaces. Pas de très grands noms sur le reste de l'affiche, mais une bonne distribution avec pas mal de fidèles des films de Belmondo.

* L'action. On peut compter sur Belmondo pour mouiller la chemise durant ses films de cette époque. Ici, les bagarres (même si on voit aujourd'hui trop la simulation) sont nombreuses et les cascades en voiture signées Rémy Julienne sont toujours un must.

J'aime pas : 

* La bande originale. Le morceau "Chi Mai", d'Ennio Morricone, est sans doute encore plus célèbre que le film. Ce n'est pas tant qu'il ait été depuis étiqueté "Royal Canin" qui me gêne que sa redondance, toutes les dix minutes du film. A la fin, c'est l'indigestion. 

 * La mise en scène. C'est sans doute ce qui fait que le film paraît hors d'âge. On lève les yeux au ciel dès la séquence d'introduction, très longue, en Afrique (mal reconstituée en Camargue !), puis à de nombreuses reprises ensuite tellement elle est théâtrale. Le summum est atteint avec l'hommage à Sergio Leone pour le duel Belmondo-Hossein. Dérangeants aussi ces petits moments soudains de comédie, avec des répliques de Michel Audiard, au milieu d'une histoire relativement violente. 

S'il n'est donc plus possible de regarder aujourd'hui "Le Professionnel" au premier degré, comme quand on était enfant, en raison de ses défauts qui sautent aux yeux, on doit encore reconnaître au film une excellente dimension divertissante. C'est déjà ça.

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