vendredi 19 juin 2020

The man who knew too much (1956)

Continuant ma tournée des grands classiques du cinéma mondial, il fallait bien que j'aborde Alfred Hitchcock, dont j'ai vu que très peu de choses je dois dire. Je suis tombé sur ce remake américain de son propre film de 1934, tourné alors qu'il était encore en Angleterre.

L'histoire est similaire, à quelques détails près. Le couple en vacances, Benjamin (James Stewart, bien) et Jo (Doris Day, très bien) McKenna, est américain (anglais dans l'original). Ils se trouvent cette fois en séjour au Maroc (en Suisse dans l'original) et ont un fils Hank (une fille dans l'original). Ils sont abordés par un espion français, Louis Bernard (Daniel Gélin, bien aussi), qui les confond avec un autre couple, les Drayton, qui prépare l'assassinat d'un ambassadeur à Londres. Le Français est tué, révélant ce qu'il se trame à Benjamin McKenna avant de mourir. Pendant ce temps, les Drayton, qui ont fait connaissance des McKenna au restaurant, enlèvent leur fils afin qu'ils ne parlent pas...

J'aime : 

* Le scénario. Même si l'on reste parfois autant dans le brouillard que les McKenna, surtout dans la première partie, il est haletant et rondement mené. Une première partie à Marrakech particulièrement réussie, avec beaucoup d'humour autour de la découverte par le couple des moeurs locales.

* Le casting. Si James Stewart est bon, mais classique, j'ai été épaté par la performance de Doris Day, dont c'était sans doute le premier film que je voyais. Outre sa jolie interprétation musicale, son personnage est très complémentaire de celui de son mari, pas du tout faire-valoir ni naïve - c'est même elle qui se méfie la première de Louis Bernard - et c'est appréciable pour un film de cette époque. L'autre couple, les Drayton, est excellent aussi et Daniel Gélin n'est pas un stéréotype du Français. Un choix d'actrices et d'acteurs optimal donc.

* Les décors. Mention spéciale encore une fois à la première partie à Marrakech, fascinante car elle n'a guère changé depuis le tournage, même si on reste évidemment un peu dans les clichés.

* La mise en scène. Alfred Hitchcock maîtrise parfaitement bien son sujet, encore plus car il s'agit d'un remake et qu'il a pu améliorer sa première copie (il l'a dit lui-même). On plonge dans l'intrigue dès la première scène et on termine par une fin un peu abrupte mais assez cocasse. Et puis il y a cette fameuse séquence à l'opéra, sans dialogue, de huit minutes.

* La bande originale. Signée de l'inévitable Bernard Hermann, qui apparaît d'ailleurs en chef d'orchestre, elle est mémorable, avec en bonus la jolie chanson "Que sera, sera", chantée donc par Doris Day.

J'aime pas :

* Si la première partie est enlevée et colorée, la seconde, à Londres, est plus sombre et austère. Un peu plus longuette aussi - la scène du concert aurait pu être la fin, mais cela se poursuit encore ensuite - alors que cela démarrait bien avec la mauvaise piste du taxidermiste.

Si les deux parties de ce remake de "The man who knew too much" par Alfred Hitchcock lui-même sont donc, pour moi, inégales, le tout offre globalement un film d'espionnage très bien maîtrisé et interprété.

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