Entre son réjouissant retour à New York ("Whatever Works") et son escapade parisienne saluée par tous ("Midnight in Paris"), Woody Allen était revenu faire un petit tour à Londres pour une oeuvre gentille, mais discrète, aussi mineure qu'on le dit.
Comme souvent avec le cinéaste américain, nous avons le droit à un véritable vaudeville et un paquet de personnages. Ici, nous retrouvons le brave et riche Alfie (Anthony Hopkins, très bien) qui décide de changer de vie malgré son âge avancé, laissant de côté Helena (Gemma Jones, excellente), son épouse qui n'arrive pas à suivre sa terrible envie de jeunesse. Tandis que le premier va jouir de sa liberté auprès d'une cruche plus jeune, Charmaine (Lucy Punch, pas mal), la seconde sombre dans la dépression jusqu'à rencontrer une voyante qui lui redonne espoir. Mais les prédictions de cette dernière ennuient profondément la fille du couple, Sally (Naomi Watts, bien), qui se démène dans le milieu de l'art londonien, et encore plus son mari, Roy (Josh Brolin, bien aussi), écrivain en quête d'un deuxième roman à succès. La relation de ces derniers est au plus bas, Sally lorgnant sur son chef, Greg (Antonio Banderas, sobre), tandis que Roy espionne amoureusement leur voisine d'en face, Dia (Freida Pinto, délicieuse). Comment tout cela va-t-il se terminer ?
J'aime :
* Le casting. C'est souvent ce qui peut rattraper un scénario plus faible de Woody Allen. Ici, on a le droit à une jolie troupe qui montre tout son talent à se glisser dans des personnages 100% Alleniens. Pour certains, c'est loin de leurs rôles habituels (Josh Brolin, Antonio Banderas), mais tous jouent très juste !
* La bande originale. Toujours discrète, mais délicieusement jazzy, collant bien avec l'ambiance de vaudeville du film.
* Le scénario. Globalement, il n'y a pas vraiment de fil rouge à part peut-être les aventures d'Alfie avec sa blonde et Helena avec sa voyante, mais les aventures de Sally et Roy sont toutes aussi primordiales. Le tout est assez plaisant, mais...
J'aime pas :
* Trop de légèreté. On aurait aimé plus d'entrecroisements, d'interactions entre les différents personnages, pour complexifier un peu les choses et rendre un peu plus denses les compositions de ces mêmes personnages. Certes, Woody Allen ne fait jamais vraiment dans le happy end et distille son ironie ici et là, mais chaque petite histoire est malheureusement un peu trop survolée.
Il y avait beaucoup de potentiel dans ce marivaudage de Woody Allen, mais le cinéaste a sans doute été un peu trop paresseux cette fois-ci pour aller plus loin. Il a en tout cas su profiter de Londres une nouvelle fois et d'une belle brochette de comédiens, et cela nous ravit quand même un minimum.
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