Il me manque un sacré paquet de chefs d'oeuvre à voir. Manque corrigé avec "Taxi Driver", LE film de Martin Scorsese (avec "Goodfellas que je n'ai pas encore vu !). Et bien, j'ai plutôt été gâté, même si j'émettrais bien un petit bémol.
Martin Scorsese, ou plutôt son scénariste Paul Schrader, nous emmène dans le New York hétéroclite et interlope des années 1970. Travis Bickle (Robert de Niro, époustouflant) est un jeune vétéran du Vietnam, insomniaque, qui trouve un boulot de chauffeur de taxi. Il tombe amoureux de Betsy (Cybill Shepherd, très bien), volontaire pour la campagne aux primaires démocrates du candidat Charles Palantine (Leonard Harris, bien). Alors que sa cour semble fonctionner, Travis se fait finalement éconduire par la belle blonde lorsqu'il l'emmène maladroitement voir un film porno au cinéma. Furieux qu'elle ne veuille plus le voir, Travis décide de préparer un attentat contre Charles Palantine. Au même moment, il rencontre Iris (Jodie Foster, formidable), une prostituée mineure qu'il va vouloir prendre sous son aile...
J'aime :
* La mise en scène. "Taxi Driver" permet de voir tout le talent du jeune Martin Scorsese et notamment son style bien à lui, brut et tranchant, avec une foule de plans splendides, très créatifs, dont on retiendra notamment celui de la scène de crime.
* Le casting. De grands acteurs en devenir, et déjà très grands d'ailleurs, à l'image d'un Robert de Niro qui crève l'écran, à la fois suave et hyper inquiétant, presque imprévisible. Autre étoile qui brille déjà, la toute jeune Jodie Foster dans un rôle complexe d'ado prostituée, mais qu'elle joue avec une justesse phénoménale. A noter aussi les quasi débutants Harvey Keitel et Albert Brooks.
* La musique. Martin Scorsese s'est attaché les services du compositeur fétiche d'Alfred Hitchcock, Bernard Hermann, qui signait là sa dernière bande originale, sous le signe du jazz, hallucinée et hallucinante, collant parfaitement à l'atmosphère nocturne du film.
* La photographie. Signée Michael Chapman, elle est somptueuse, nous glissant parfaitement dans cette ambiance chaotique du New York chaud des années 1970, où la violence rôde à chaque coin de rue.
* Le scénario. C'est le seul point sur lequel je vois quelque chose à redire (voir ci-dessous), même si cette descente aux enfers du vétéran frustré Travis Bickle se terminant par une rédemption est tout de même une histoire fascinante.
J'aime pas :
* Le dénouement. C'est un peu la frustration du film que ce changement de scénario aux 3/4 du film. Pas qu'il ne soit inintéressant, au contraire, mais il intervient trop tard et au final, la relation entre Travis et Iris est réduite à la portion congrue, alors qu'il y avait quelque chose de très fort derrière.
Mis à part ce dernier point qui est un peu dommage, "Taxi Driver" mérite entièrement tous les éloges qu'il continue de susciter encore aujourd'hui. C'est un film très fort, porté par un tout (mise en scène, casting, musique, etc.) au zénith. Bravo Martin Scorsese.
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