mercredi 23 juillet 2014

The Grand Budapest Hotel (2014)

Le dernier chef d'oeuvre de Wes Anderson a mis beaucoup de temps à sortir au Brésil, mais enfin j'ai pu le voir. "The Life Aquatic with Steve Zissou" n'est pas surpassé, mais le délice est toujours au rendez-vous.

La narration de cette histoire est faite sous forme de poupée gigogne. Le narrateur principal est un écrivain qui raconte son séjour en 1968 dans un grand hôtel en déchéance situé dans le petit Etat de Zubrowka, en Europe centrale. Là, il rencontre le propriétaire des lieux, Zero Moustafa qui va alors lui conter comment il en est arrivé là. Tout a commencé en 1932, du temps de la splendeur du Grand Budapest Hotel, lorsque le jeune réceptionniste (Tony Revolori, excellent) débute sa carrière sous la houlette du concierge, Gustave H. (Ralph Fiennes, formidable). Ce dernier agit en véritable mentor sur Zero et l'emmène alors dans une folle aventure sur fond de montée du fascisme et de course à l'héritage...

J'aime : 

* Le casting. On n'a cité que les deux protagonistes principaux, joués par les magnifiques Ralph Fiennes (son personnage de maître d'hôtel amateur de vieilles dames et de richesses restera dans les annales) et Tony Revolori, mais une pluie de stars sont à l'affiche et, malgré leur moindre temps de jeu (parfois une seule scène), elles s'intègrent parfaitement à l'histoire, on citera notamment Mathieu Amalric, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Jude Law, Bill Murray, Edward Norton ou encore Jason Schwartzman.

* Le scénario. Comme à chaque film ou presque de Wes Anderson, on retrouve deux constantes : le voyage (ici la grande évasion de Gustave et Zero) et la famille (illustrée concrètement par cette sombre histoire d'héritage, mais aussi par la filiation qui se crée peu à peu entre Zero et son mentor Gustave). Encore une fois, l'histoire est malgré tout assez simple, mais remplie d'action et de rebondissements. Le rythme est ici particulièrement élevé, on en est presque à bout de souffle.

* Les décors. Comme d'habitude, Wes Anderson soigne son environnement et on imagine combien il a dû se régaler avec ce palace à l'ancienne et tous ces personnages en uniforme (personnel, soldats, prisonniers, etc.). C'est sans doute l'un de ses films les plus beaux visuellement.

* Le style. Evidemment, Wes Anderson fait du Wes Anderson et c'est pour cela qu'on l'aime (ou le déteste) : précision des cadrages, travellings linéaires, dialogues coupés au cordeau, humour caustique, palette de couleurs, l'utilisation de parties animées (pour le téléphérique ou encore en stop motion pour la magnifique course-poursuite en ski-luge) ...

J'aime pas :

* Le seul reproche qu'on pourrait faire est de ne pas savourer assez les passages de la plupart des "guests" du film même si on peut se réjouir qu'autant d'acteurs géniaux acceptent de faire partie de la troupe de Wes Anderson. De bonne augure pour la suite !

Chaque film de Wes Anderson est un petit chef d'oeuvre de plus. Si on compare par rapport au précédent, le cinéaste a troqué la mélancolie de "Moonrise Kingdom" pour une trame plus classique, plus noire aussi (meurtres en série et montée du fascisme), mais qui reste une véritable aventure, pimpante et picaresque, où l'on n'oublie pas la nostalgie et l'amour des choses bien faites. Vivement le prochain !

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