mardi 28 mars 2017

Ouvert la nuit (2017)

C'est le premier film d'Edouard Baer qu'il m'est donné d'assister et j'ai plutôt été séduit.

Le fantasque comédien ne s'attribue pas vraiment un rôle de composition avec ce personnage de Luigi (qu'il joue forcément parfaitement !), directeur de théâtre, qui s'apprête à vivre une veille de première rocambolesque. En effet, les dernières répétitions sont compliquées, ses employés menacent de faire grève et le comédien qui devait interpréter un singe se blesse. Le voilà alors parti à travers Paris, en compagnie d'une stagiaire de Sciences Po (Sabrina Ouazani, bien), afin de trouver un (vrai) singe de substitution et des fonds pour rémunérer ses salariés qui n'ont rien touché depuis deux mois...

J'aime : 

* Le casting. On regarde les films d'Edouard Baer moins pour ses scénarios déjantés que pour sa galerie de personnages folkloriques. Je n'ai pas vu ses deux premiers films, néanmoins celui-ci est sans doute le plus "scénarisé". Ce qui n'empêche pas de voir des acteurs connus sympas, Edouard Baer en tête, certes dans un rôle où il est donc lui-même ou presque, charmeur, instruit, beau parleur, bavard et surtout constamment dans son monde à lui. S'il pourrait prendre toute la place, Sabrina Ouazani et Audrey Tautou, qui joue sa meilleure amie et collègue, parviennent à occuper le terrain pour tenter de le ramener sur Terre et justement en touchant aussi du doigt parfois les défauts de son personnage - c'est tout à l'honneur d'Edouard Baer d'avoir conscience de ses manies. Le reste des seconds rôles, essentiellement masculins, sont particulièrement loufoques et réussis, dont le singe !

* Le scénario. Sur une base relativement simple, la quête d'un singe et d'argent, il y a évidemment avec Edouard Baer un rebondissement à chaque rencontre. A l'image d'un "After Hours", la nuit s'avère bien plus agitée que prévu et le héros doit faire face à de multiples contretemps burlesques.

* L'environnement. La course contre la montre se déroule à Paris et Edouard Baer a la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés, nous promenant d'une drôle de maisonnée à Montreuil aux toits de la capitale en passant par les bords de Seine et surtout des troquets bien parigots.

J'aime pas : 

* Rien de spécial à signaler si ce n'est que Sabrina Ouazani fait tout de même trop âgée pour son rôle d'étudiante, déjà maman qui plus est.

Edouard Baer, on aime ou on déteste. Si j'étais dans la seconde catégorie à l'époque de ses passages télé, à "Nulle Part Ailleurs" notamment, j'ai appris petit à petit à me faire à son personnage d'infatigable trublion et donc à l'apprécier. D'où mon goût pour son film, qui n'est pas un chef d'oeuvre, mais une comédie fort sympathique.

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