Après "Elvis", "Priscilla". Mais Sofia Coppola est à l'extrême opposé de Baz Luhrmann en termes stylistique et cela convient bien aussi à la vie de son héroïne, dans l'ombre constante de son rocker de mari.
L'histoire est donc celle de Priscilla Beaulieu (Caillee Spaeny, pas mal), de sa rencontre en Allemagne avec Elvis Presley (Jacob Elordi, sans plus), en 1959, jusqu'à leur séparation en 1973, après des années d'ennui à vivre cachée ou presque à Graceland.
J'aime :
* Le scénario. Il est fidèlement adapté de l'autobiographie de Priscilla Presley, qui fait partie de la production. Néanmoins, pour une fois, on ne sent pas que le récit a été édulcoré ou romancé, tant on tend à croire la protagoniste principale. D'ailleurs, Elvis Presley n'apparaît pas spécialement non plus comme un monstre, juste une rock star de son époque (Cynthia Lennon a vécu une situation assez similaire avec John Lennon, mise à l'écart pour ne pas que les fans ne sachent que la vedette est en couple et s'en désintéressent). "Elvis" montre qu'il est lui-même victime du Colonel Parker (quasiment absent ici).
* La reconstitution. Tout comme la mise en scène, elle n'a rien à voir avec le film de Baz Luhrmann, bien plus sobre et tout aussi soignée, voire mieux.
J'aime pas :
* Le casting. Les acteurs ne sont pas mauvais, mais, au vu des photos, Caillee Spaeny fait légèrement moins mature que le personnage qu'elle incarne (et la différence d'âge choque vraiment pour le coup), et Jacob Elordi manque singulièrement de charisme.
* La bande originale. Comme pour "Marie Antoinette", Sofia Coppola joue avec une partition parfois plus contemporaine, mais le problème principal est l'absence de la moindre chanson du "King". Choix volontaire ou non, c'est tout de même un manque majeur.
* Le film est plutôt long, mais passe trop rapidement sur les circonstances de l'attirance d'Elvis pour Priscilla. Comme tout est montré du point de vue de cette dernière, on ne comprend pas vraiment en quoi elle lui a plu. Coup de foudre ou plus? On aurait préféré que Sofia Coppola s'attarde un peu plus sur cet élément, pour couper dans les nombreuses scènes d'ennui et de frustration à Graceland.
Dans la même veine que "Marie Antoinette", la cinéaste a voulu mettre en lumière une icône féminine qui valait bien plus que ce qu'on sait d'elle. Si cet aspect-là, et ce témoignage historique, est intéressant et bien rendu, on regrette ici une œuvre un peu trop sage, à l'image de son casting et de ses omissions.
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